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Expo : Trésor des Médicis (musée Maillol)

200px-angelo_bronzino_040Dans les rapports entre le prince et les arts, la famille Médicis peut être définie comme l’exemple parfait. Banquiers, seigneurs et mécènes de Florence, ils ont soutenu et financé les plus grands artistes de la Renaissance, contribuant comme aucune autre famille italienne au rayonnement artistique et culturel de l’Italie, et ce jusqu’au XVIIIe siècle. L’exposition proposée au musée Maillol de Paris sur le trésor des Médicis est l’occasion rêvée de faire mieux connaissance avec eux, mais surtout avec les artistes et les œuvres de leur époque.


 

Les Médicis, princes et mécènes

L’exposition du musée Maillol offre au public le trésor des Médicis, accumulé grâce au mécénat et au goût de la collection qu’ont pratiqués les Florentins pendant plusieurs siècles.

C’est surtout à partir de Côme l’Ancien (1389-1429) que commence  à Florence la politique de soutien aux artistes, qui se transforme en mécénat avec ses successeurs, Pierre dit le Goutteux, et surtout Laurent le Magnifique (1449-1492). L’un et l’autre protègent des génies comme Botticelli ou le jeune Michel-Ange, et commandent des œuvres aux plus grands architectes. Le retour éphémère de la République au début du XVIe siècle et la perte de pouvoir des Médicis (à laquelle il faut ajouter les difficultés de leur banque) ralentissent le mouvement, mais dès l’avènement d’Alexandre de Médicis comme duc par Charles Quint (en 1532), le goût du faste reprend la dynastie ; de plus, les Médicis accèdent au trône papal, avec Léon X (1513-1521) et Clément VII (1523-1534), qui pratiquent aussi le mécénat. Côme Ier (1519-1574), devenu lui grand-duc de Toscane, enfonce le clou en s’installant au Palazzo Vecchio et en demandant des aménagements à Vasari en personne. Cela continue avec la plupart de ses successeurs.

Le clan Médicis garde et consolide son influence les siècles suivants grâce à ses relations avec l’étranger, bien loin de Florence, avec une politique de mariages. Les exemples les plus connus sont évidemment Catherine et Marie de Médicis, respectivement femmes d’Henri II et d’Henri IV, rois de France. Leur influence permet aussi à l’aura italienne de se diffuser en Europe, et évidemment surtout en France. Il faut attendre la deuxième moitié du XVIIe siècle, les problèmes de l’Italie et des princes moins habiles à Florence (et souvent plus religieux) pour que les Médicis perdent de leur superbe. Heureusement, la dernière représentante de la dynastie, Anne-Marie-Louise (1667-1743), décide avec son « Pacte de famille » de veiller à ce que toutes les œuvres d’art et trésors collectionnés par les Médicis durant tous ces siècles soient légués à Florence, « afin qu’ils restent à la disposition de toutes les nations ». C’est grâce à cela que le musée Maillol peut aujourd’hui présenter cette exposition.

L’exposition « Trésor des Médicis »

Le musée Maillol propose donc de découvrir le « goût des Médicis » à travers une exposition construite de façon thématique, et un peu chronologique (la logique est plus compréhensible dans la deuxième partie du musée). L’occasion, à travers le regard des Florentins, d’avoir un panorama des arts entre le XVe et le XVIIIe siècle.

botticelli

Nous découvrons dans une première partie le mécénat de Côme Ier et de Laurent le Magnifique, et plusieurs œuvres marquantes comme « L’Adoration des Mages » de Sandro Botticelli (1476), le portrait d’Eléonore de Tolède par Bronzino (qui sert d’affiche à l’exposition, 1543) ou le « Persée libérant Andromède » de Cellini (1545). Nous admirons aussi des pièces de l’Antiquité (comme « L’Orateur », ou une somptueuse « Tête de cheval » du IVe siècle av-.JC), preuve de l’humanisme des Médicis dès la fin du Moyen Âge, et des camées impressionnantes de détails. Il ne faut pas non plus passer à côté de la grande tapisserie de Bronzino et Rost, « Le Printemps » (1545).

L’exposition continue avec la présentation des œuvres « exotiques » conservées par les Médicis à Florence, traces de la découverte du Nouveau Monde, comme ce masque de Teotihuacan, ou d’autres régions du monde (de l’Afrique à la Chine). Un peu plus loin, il est assez émouvant de découvrir des lettres de François Ier, de Catherine de Médicis ou le recueil de poèmes de Laurent le Magnifique.

A l’étage, aménagé de jolie façon, nous pouvons admirer entre autres les grands portraits de Catherine de Médicis par Le Mannier et de Marie de Médicis par Pourbus, ainsi que deux salles consacrées aux papes Médicis, Léon X et Clément VII, les œuvres les plus marquantes étant sans doute une sculpture d’un « Apollon » (ou David ?) par Michel-Ange en personne, et un Raphaël (« Portrait de Tommaso Inghirami, dit Fedra Inghirami ») !cathymed


Les Médicis étaient aussi des amateurs de poésie et de musique, ce qui nous permet en découvrant les autres salles d’écouter des œuvres de Jacopo Peri, comme « Euridice » (1600). Le temps avance, et les pièces sont de plus en plus variées : vases, pierres dures, natures mortes, jusqu’à l’art des palais et des jardins illustré par la peinture de Giusto Utens, « Vue du palais Pitti et du jardin Boboli » (1598-1599). On apprend l’intérêt des Florentins pour la nature et la science, avec une collection d’instruments scientifiques et des écorchés en cire et en bronze impressionnants ; on croise même un portrait de Galilée ! L’orfèvrerie n’est pas en reste, en particulier au XVIIe siècle. Les portraits des Médicis, eux, se font plus graves et austères à mesure que la dynastie perd de son influence et de sa superbe (influencée aussi par l’art de l’époque). Les dernières salles, consacrées à Jean-Gaston de Médicis et surtout Anne-Marie-Louise sont assez émouvantes, comme ce tout petit berceau en or et perle (4.9 x 5.5 cm), symbole de l’infertilité de la grande-duchesse et de la fin de la dynastie florentine.

Riche de près de 200 œuvres, parmi lesquelles celles citées mais aussi des pièces de Fra Angelico, Del Sarto, Le Primatice ou Titien, l’exposition « Trésor des Médicis » est donc incontournable, et pas seulement pour les candidats au CAPES travaillant sur « Le prince et les arts en France et en Italie, XIVe-XVIIIe siècle ». Cela peut être une première étape, avant celle sur « Rubens et Poussin », ou « France 1500 » à venir…

 

Renseignements

Exposition « Trésor des Médicis », du 29 septembre 2010 au 31 janvier 2011.

Musée Maillol, 61 avenue de Grenelle, 75007 Paris. Ouvert tous les jours de 10h30 à 19h, nocturnes le vendredi (jusqu’à 21h30). Tarif : 11 euros (tarif réduit : 9 euros).

A lire

- « Trésor des Médicis », Connaissance des Arts, hors-série 466, septembre 2010.

- M. Sframeli (dir), Trésor des Médicis, catalogue de l’exposition, Skira/Flammarion, 2010.

- M. Sframeli, Les fastes des Médicis, Gallimard, 2010.

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