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Exposition : L'Epée (musée de Cluny)

expopeL’épée est le symbole du Moyen Âge par excellence. Associée aux chevaliers, au sacre, mais également aux légendes, comme la célèbre Excalibur, elle ne cesse de fasciner jusqu’à aujourd’hui. C’est pourtant un objet méconnu dans son histoire, l’évolution de sa fabrication et ses différents rôles, bien au-delà du combat. L’exposition présentée au musée de Cluny, L’Epée. Usages, mythes et symboles, est une occasion parfaite pour mieux connaître cet objet à la fois profane et mythique, tout en admirant des œuvres magnifiques, du haut Moyen Âge à l’époque moderne, et même au-delà.recommande


 

Un parcours thématique

Le musée de Cluny a choisi de présenter l’histoire de l’épée à travers différents thèmes : la technique, les usages, le mythe.

L’exposition s’ouvre avec le portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud (1701), ce qui peut choquer au cœur du musée national du Moyen Âge ! Explication toute simple cependant : le roi-Soleil porte à sa ceinture l’épée des rois de France (et, selon la légende, de Charlemagne), Joyeuse. De plus, Louis XIV a âprement négocié dans les années 1650 pour obtenir les fragments de l’épée de Childéric, père de Clovis, trouvés lors de fouilles, et évidemment présentés au musée de Cluny.

Le parcours continue avec la technique de fabrication et l’évolution de la forme des épées tout au long du Moyen Âge, de l’époque mérovingienne jusqu’au XVe siècle, en passant par les Vikings. L’épée s’allonge, devient pointue, à mesure qu’on l’utilise de taille (par le tranchant) puis d’estoc (de la pointe). Sont ainsi exposées des épées très différentes, ainsi que des pommeaux de diverses inspirations, y compris orientales.

L’épée a différents usages : on pense évidemment de suite au combat, et l’exposition nous montre les dégâts sur un crâne humain, d’un homme qui aurait cependant survécu (les plaies sont cicatrisées) ! L’arme sert également à la chasse, ce qui donne parfois des hybrides curieux, comme une épée-lance destinée à la chasse au sanglier. L’utilisation de l’épée s’apprend par l’escrime, et les techniques sont bien plus diverses et parfois surprenantes qu’on pourrait l’imaginer, comme le prouvent les différentes pièces exposées (ainsi, une demi-épée avec un emplacement pour la main gauche sur la lame). Les femmes et les enfants ne sont pas oubliés, possédant des épées adaptées, dites « des faibles »…Quel que soit cet usage, l’épée est toutefois signe de valeur, une arme noble, y compris pour les exécutions, au contraire de la hache ; l’épée est, aussi, un symbole d’ordre (justice) et de désordre (meurtre, trahison, suicide). Les usages sont symboliques et allégoriques : sur les gravures, les sculptures ou les enluminures, l’épée courbée est généralement représentative de l’Orient, et donc du Mal. On peut de plus s’attribuer une épée ennemie en y ajoutant une inscription (nous voyons par exemple une épée latine du XIVe siècle portant une inscription arabe). Même les saints sont pour certains représentés avec une épée, comme arme ou comme instrument du martyre.

Les princes sont bien évidemment les principaux propriétaires des épées, symboles de leur pouvoir et parfois fief elles-mêmes ; elles deviennent éléments d’apparat plus que de combat aux débuts de l’époque moderne. Cela concerne également les papes, princes à part entière au Moyen Âge, comme le montre un estoc pontifical de 1446. L’épée faisant partie des regalia (ensemble des objets symbolisant le pouvoir du roi), cela nous permet dans la suite du parcours d’admirer des « épées nationales », parmi lesquelles Joyeuse, évoquée plus haut, ou des armes de célébrités (ou inspirées par elles), comme l’épée dite de Jeanne d’Arc, ou celle du Cid.

Enfin, l’épée a gardé (et garde encore) une postérité bien après qu’elle n’a cessé d’être utilisée, pour le combat ou l’apparat. Les armes mythiques telle Excalibur sont reproduites, l’épée devient une figure littéraire et même cinématographique. Elle peut être offerte comme cadeau par des chefs d’Etat au XXe siècle, ou portée comme un symbole nationaliste (par un pilote de la Luftwaffe). L’épée demeure ainsi un objet contemporain.

L’exposition s’achève par la possibilité très agréable et un brin intimidante de prendre en main une épée, et par une vidéo à la fois drôle et instructive d’une démonstration de combat à l’épée en armure.

Des œuvres remarquables

L’exposition du musée de Cluny présente cent-vingt œuvres, et pas uniquement des épées. Parmi ces dernières, il faut cependant insister sur l’extraordinaire beauté de nombre d’entre elles, même si l’avis est subjectif. Notre épée favorite est peut-être celle attribuée à Boabdil, dernier sultan nasride de Grenade, avec son pommeau original et ses inscriptions en arabe. Evidemment, Joyeuse tient une belle place, mais il faut également citer l’épée du connétable ou celle d’un duc de Milan. D’autres portent une charge symbolique importante pour un passionné du Moyen Âge, comme celle ayant servi à la bataille de Castillon (1453), ou les fragments de l’épée de Childéric. Notons de plus l’originalité et la beauté des pièces (épées et pommeaux) qui mélangent les styles latin et arabe (dont des pommeaux des Etats latins). Les épées d’exécution sont intimidantes, celle des saints très curieuses dans leur forme !

Sont également exposées d’autres œuvres magnifiques et parfois étonnantes ; ainsi le crâne évoqué plus haut, ou des enluminures, des traités de combat, des coffres, des vitraux, des tableaux (dont un portrait du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, son épée portée en pal), et une tapisserie…Une rose d’or du XIVe siècle impressionne quant à elle tout autant que les plus belles des épées. Bonus sympathiques enfin : des extraits de films, avec « Les Vikings » de Richard Fleischer (le duel tragique entre Kirk Douglas et Tony Curtis), ou « Monty Python : Sacré Graal », avec son hilarant combat entre Arthur (Graham Chapman) et le Chevalier Noir (John Cleese).

Une exposition à ne pas manquer

Si l’on peut regretter un peu la petite taille de l’exposition, on ne peut que la conseiller sans hésitation. Tout passionné du Moyen Âge devrait y trouver son compte, tant l’épée en est un symbole incontournable, et tant les œuvres exposées sont remarquables et pour beaucoup chargées de mythe.

Nous conseillons également de profiter des activités proposées autour de l’exposition, comme des démonstrations d’escrime durant la nuit des musées (le 14 mai), la lecture de textes médiévaux (le 23 mai), ou différents concerts proposés en avril, août et septembre. Le cinéma s’y met aussi, avec une soirée spéciale le 28 juin, au musée de Cluny, avant le cycle donné au Champo (rue des Ecoles) sur le Moyen Âge. L’épée gardant une certaine importance à la Renaissance, il est possible de continuer le voyage avec l’exposition présentée au château d’Ecouen.

Enfin, si l’épée est fondamentale pour le chevalier et le prince, l’armure ne l’est pas moins. Il faut donc profiter de l’exposition sur l’armure d’apparat au XVIe, proposée aux Invalides (« Sous l’égide de Mars : armures des princes d’Europe »), jusqu’au 26 juin 2011.

 

Exposition « L’Epée. Usages, mythes et symboles », du 28 avril au 26 septembre 2011, musée national du Moyen Âge (musée de Cluny), 6, place Paul Painlevé, 75005 Paris. Page facebook.

A lire

- Le catalogue de l’exposition : L’Epée. Usages, mythes et symboles, éditions RMN Grand Palais, 2011, 144 p

Les œuvres reproduites sont de droits réservés.

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