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Exposition : Androuet du Cerceau (Blois)

affiche_du_cerceau_800pxArtiste et architecte méconnu de la Renaissance, Jacques Androuet du Cerceau (1511- 1586 ?) fait l’objet d’une exposition au château de Blois (après celle de Paris, en 2010), lieu auquel il est très attaché par son œuvre et par le soutien que les rois de France, propriétaires des lieux, lui ont apporté durant toute sa carrière. Contemporain entre autres de François Ier, Catherine de Médicis et Henri III, Androuet du Cerceau est un témoin précieux pour qui s’intéresse aux arts à la Renaissance. De plus, son grand œuvre, Les plus excellents bâtiments de France, a permis aux restaurateurs du XIXe siècle, et jusqu’à aujourd’hui, de mieux connaître l’architecture de l’époque, dont bien des éléments ont disparu.


 

Biographie de Jacques Androuet du Cerceau

L’architecte est une personnalité mal connue, et l’on vient même de trouver dans des sources inédites ce qui est sans doute sa date de naissance définitive : 1511. Nous sommes donc sous le règne de Louis XII.

Originaire de l’Orléanais, d’une famille qui n’a pas grand-chose à voir avec les arts (son père est négociant en vin), Androuet du Cerceau vient à l’architecture par des chemins qui nous sont en grande partie inconnus, même si on suppose qu’il a fréquenté l’école de Fontainebleau. On sait toutefois que, dans les années 1540, il produit déjà des ouvrages pour de riches commanditaires et, inspiré par l’Italien Sebastiano Serlio (1475-1554), il commence des gravures d’architecture, qu’il édite.

Le premier tournant de sa carrière intervient en 1545, quand il est « fait » architecte officiellement par François Ier. C’est à ce moment que Du Cerceau semble être rentré dans l’entourage royal, qu’il ne va plus quitter. En effet, il va bénéficier par la suite du soutien de Catherine de Médicis (à laquelle il dédie son grand œuvre, Les plus excellents bâtiments de France) et d’Henri II.

Installé à Orléans entre 1546 et 1554, il revient à Paris pour travailler sur l’architecture française, et publie deux Livres d’architecture en 1559 et 1561. Les tensions religieuses augmentent en France mais Du Cerceau, pourtant protestant, ne perd pas ses soutiens, même s’il se réfugie un temps chez Renée de France, à Montargis. C’est là qu’il commence à travailler sur Les plus excellents bâtiments de France, dont deux volumes paraissent en 1576 et 1579. Sa volonté est alors de célébrer l’architecture nationale, et de s’émanciper du modèle italien.

Il meurt quelques années plus tard, entre 1584 et 1586 (sous le règne d’Henri III). Trois de ses fils deviendront comme lui architectes, ainsi que deux petits-fils, dont Salomon de Brosse (architecte de Marie de Médicis qui travailla, entre autres, sur le palais du Luxembourg).

L’exposition Jacques Androuet du Cerceau (Blois)

Sous-titrée « L’architecte qui dessina Blois et les châteaux de la Loire », l’exposition est complémentaire de celle de Paris, car adaptée aux lieux, avec une nouvelle scénographie et des pièces inédites comme des moulages, des éléments d’architecture conservés par le château de Blois, et une partie entière consacrée aux châteaux de la Loire vus par Du Cerceau.

Mise en scène afin de démontrer l’originalité et la modernité d’Androuet du Cerceau, l’exposition de Blois s’inspire des dessins mêmes de l’architecte, et de ses effets de perspective, dont certains sont restitués durant le parcours. Celui-ci se déroule sur trois salles, thématiques et chronologiques, après un vestibule où Du Cerceau est placé « dans son siècle, celui des Valois », avec des portraits des rois de France, de François Ier à Henri III, et un tableau allégorique du XIXe représentant l’architecte lui-même.

La première salle est à la fois une présentation globale de son œuvre, et des éléments de la première partie de sa vie (1540-1560 environ). Divisée en trois sections, elle vise à montrer la variété de la décoration de la Renaissance et les différents travaux de Du Cerceau, « fin connaisseur de l’Antiquité », sur l’optique, l’ornementation (objets d’art, mobilier,…) et la perspective. C’est également dans cette partie que sont traités ses ouvrages d’architecture.
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La seconde salle est principalement consacrée à l’œuvre majeure d’Androuet du Cerceau : Les plus excellents bâtiments de France, l’une des particularités de l’exposition de Blois. Cet ouvrage, dédié à Catherine de Médicis, a pour ambition de faire une anthologie des trente plus beaux châteaux du royaume, parmi lesquels les plus célèbres, ceux du Val de Loire : Chambord, Chenonceau, Amboise, mais aussi Bury, Beauregard, et évidemment Blois. L’exposition insiste sur ce dernier, et sur l’importance de Du Cerceau : en effet, c’est d’abord grâce à l’œuvre de l’architecte que Félix Duban a pu restaurer le château au XIXe siècle, mais c’est également par lui (et ses représentations en vue cavalière) que nous connaissons les jardins de Blois, aujourd’hui disparus.

La dernière salle, quant à elle, s’intéresse aux châteaux d’Île-de-France vus par Androuet du Cerceau. Il s’agit principalement du Louvre et des Tuileries (chantier lancé par Catherine de Médicis en pleines guerres de religion), mais également d’Ecouen ou du disparu château de Madrid. L’exposition ouvre ainsi sur le XVIIe siècle et l’époque classique, sur laquelle Du Cerceau a eu une influence certaine, inspirant des architectes comme François Mansart (qui a construit une aile du château de Blois sur commande de Gaston d’Orléans, dans les années 1630). Influence qui perdure jusqu’au XIXe siècle donc, avec principalement Félix Duban, qui n’aurait jamais pu faire revivre Blois sans l’œuvre d’Androuet du Cerceau.

L’exposition Jacques Androuet du Cerceau, l’architecte qui dessina Blois et les châteaux de la Loire est donc à visiter avec plaisir, en profitant en plus du château. Composée d’œuvres de l’architecte et d’autres pièces (comme du mobilier et des objets d’art, des moulages et maquettes), elle est également animée par des écrans numériques qui permettent d’aller encore plus dans le détail du travail de Du Cerceau. Une occasion de découvrir un artiste important pour la connaissance de la Renaissance, tout en voyageant au cœur de celle-ci grâce aux belles gravures des plus excellents bâtiments de France…

Exposition Jacques Androuet du Cerceau, l’architecte qui dessina Blois et les châteaux de la Loire, présentée au château de Blois, du 21 mai au 18 septembre 2011. Tous les renseignements sur le site.

 

Pour aller plus loin

-          J. Guillaume (dir), Jacques Androuet du Cerceau, Picard, 2010.

-          F. Boudon, C. Mignot (dir), Jacques Androuet Du Cerceau. Les Dessins des plus excellents bâtiments de France, Le Passage, 2010.

-          M. Bouron, P. Guérin, L’architecte qui dessina Blois et les châteaux de la Loire (petit journal de l’exposition).

-          « Androuet du Cerceau (1520-1586), l’inventeur de l’architecture à la française ? » in Dossier de l’Art, n°171, février 2010.

 

Remerciements à Elisabeth Latrémolière (commissaire général), Pierre-Gilles Girault (commissaire-adjoint), Morgane Bouron (commissaire associée), Morgane Lecareux (régie des œuvres) et Danielle Escher.

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