Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Actualité Expo : De Lorient à l’Orient, Les compagnies françaises des Indes

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Expo : De Lorient à l’Orient, Les compagnies françaises des Indes

Dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire de Blois, consacrés cette année au thème de l’Orient, le château royal de Blois accueille jusqu’au 20 novembre 2011 une exposition sur la célèbre Compagnie des Indes détentrice du monopole du commerce entre la France et l’Orient aux XVIIe et XVIIIe siècles. L’exposition De Lorient à l’Orient permet ainsi de découvrir cet Ailleurs rêvé et désiré qui fut à l’origine d’âpres sacrifices et de luttes intenses mais également à l’origine de la création ex-nihilo d’une ville et de destins à la recherche d’aventures, de gloire et fortune.

 

La genèse de la Compagnie des Indes

Affiche_de_Lorient_a_lOrientNous pouvons chercher les racines de création de la Compagnie des Indes au Moyen Âge, période où les produits de l’Orient étaient déjà l’objet d’un précieux commerce et dont Marco Polo s’est fait le narrateur. Mais au XVe siècle, la fameuse route de la soie est contrôlée par les musulmans. L’Occident se met alors en quête de nouvelles routes commerciales via la voie maritime. Nous pensons bien évidemment à Christophe Colomb qui resta convaincu même au seuil de sa mort avoir découvert les Indes mais également à Vasco de Gama. Le Portugal au XVIe siècle puis l’Angleterre et la Hollande au XVIIe siècle se partagent le monopole du commerce asiatique, fondant les premières compagnies de commerce.

Il faut attendre le règne de Louis XIV et la nomination de Colbert au poste d’intendant de la Marine en 1663 pour assister à la création de la Compagnie des Indes une année plus tard. Colbert désirait en effet doter le royaume de France d’une marine puissante tant sur le plan militaire que commercial. Ainsi crée-t-il sur le modèle hollandais une compagnie de commerce qui s’installe au Port-Louis sur la côte sud de Bretagne. De cette politique naquit une ville et quelque trente ans plus tard, elle comptait déjà plus de 20 000 habitants : Lorient, devenue la porte des Indes.

L’exposition : De Lorient à l’Orient

Le_Comte_d-Artois_-_collection_et_credit_musee_de_la_compagnie_des_Indes_LorientL’exposition a dû s’adapter à l’espace spécifique du château d’un point de vue scénographique. Elle comporte trois salles précédées d’un vestibule. Ce dernier présente une synthèse sur les échanges mondiaux. Il rappelle l’antériorité de ces échanges et le bouleversement de la navigation qui s’opéra à la fin du XVe siècle, à savoir la découverte par les explorateurs portugais d’une voie maritime pour gagner l’Asie et ainsi contrer le monopole arabe du commerce des produits et des biens exotiques. L’occasion d’admirer la maquette du Comte d’Artois, vaisseau de 1200 tonneaux et 64 canons, construit en 1759.

La première salle est consacrée à la question économique, autrement dit au pouvoir et à l’argent aboutissant à la naissance de la ville de Lorient. Car si le voyage vers l’Orient comporte une part de mythologie et d’exotisme, il est aussi et avant tout une étape essentielle pour les États qui cherchent à assurer les fondements de leur puissance commerciale et marchande. Nous sommes au cœur d’un « capitalisme » où se déroulent déjà les folies de la spéculation – la banqueroute de Law – et dont l’art, notamment à travers des porcelaines de Chine, fera la caricature.

La deuxième salle aborde l’épopée des marins en route vers l’Orient. Cette épopée donna une nouvelle vie à des personnes qui n’avait plus leur place dans la société, mais une nouvelle vie non sans risque alors que d’autres objets de l’exposition rappellent que l’enrichissement de la Compagnie des Indes ne se limitait pas uniquement au commerce avec l’Asie mais comprenait le commerce avec les comptoirs d’Afrique et donc le trafic négrier.

Armoire_a_epices_-_Collect_du_Musee_de_la_compagnie_des_Indes_LorientLa troisième et dernière salle se veut évocatrice des marchandises et des rêves d’Orient. Entre autre, notons les splendides palempores, toiles de coton indiennes ou encore les intéressantes porcelaines de Chine qui fascinèrent avec la soie les cours européennes au point de devenir un véritable produit de pure exportation. En effet, issues d’une technologie non maîtrisée avant la seconde moitié du XVIIIe siècle en Europe, les porcelaines chinoises furent tellement prisées que leur production s’adapta aux goûts et à la table des européens. Nous pouvons ainsi découvrir certaines porcelaines chinoises représentant des gravures européennes célèbres ou encore les armes d’une famille, témoignant de ce formidable commerce passé.

Entre mythe et réalité

Retraçant l’histoire de la Compagnie des Indes, l’exposition De Lorient à l’Orient nous interpelle sur la réalité de ces expéditions en exposant cartes, coupes de navires, témoignage d’époque mais nous fait également rêver avec les marchandises rapportées. Ces marchandises sont par ailleurs parmi les plus belles pièces de la collection du musée de la Compagnie des Indes de la ville de Lorient, ce qui explique notamment la brièveté de cette exposition, n’attendez donc pas !

 

De Lorient à l’Orient. Les compagnies françaises des Indes, exposition au château royal de Blois du 13 octobre au 20 novembre 2011.

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire