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Gaulois, une expo renversante (Cité des sciences)

g1bLes Gaulois ont une place à part dans l’histoire de France. Souvent récupérés, parfois méprisés (y compris aujourd’hui), toujours caricaturés, ils ont été longtemps une énigme pour les historiens. Pourtant, depuis une trentaine d’années, les découvertes archéologiques se sont multipliées et ont permis de redécouvrir les Gaulois et de modifier en profondeur nos connaissances à leur sujet. Le changement d’image est néanmoins assez lent à passer au sein du grand public, et l’exposition proposée par la Cité des sciences, à l’image de son intitulé (Gaulois : une expo renversante), vient à point nommé pour accélérer le mouvement, et rendre enfin aux Gaulois leur vrai place dans l’Histoire.recommande


 

 

Bousculer les idées reçues sur les Gaulois

Le but de l’exposition temporaire de la Cité des sciences est assez clair : réhabiliter la civilisation gauloise. Pour cela, les organisateurs s’appuient sur les plus récentes découvertes archéologiques, qu’ils mettent en miroir avec ce que l’on pensait jusque là des Gaulois, à travers un parcours varié et ouvert à tous les publics, en particulier aux enfants. A la fin de l’exposition, nous sommes invités à nous poser la question : l’image que nous avions des Gaulois a-t-elle changé après ce petit voyage ?

Le parcours est divisé en cinq parties, de l’histoire pour aller vers l’archéologie et le musée, en passant par la découverte et le ludique.

« 2000 ans d’imaginaire gaulois »

La première séquence de l’exposition est la partie historique. Elle retrace, principalement par l’iconographie, l’histoire des Gaulois, mais surtout celle de leur image les siècles qui ont suivi. On passe ainsi de la Tène à la Guerre des Gaules de Jules César, et de Lavisse à Astérix et Obélix. Une image des Gaulois qui n’a cessé d’osciller entre mépris ou rejet, et récupération. Ainsi, s’ils ont été oubliés par le Moyen Âge et la monarchie absolue (car vaincus et trop « barbares »), ils sont célébrés par la France de la Renaissance (on pense à l’Hercule gaulois qu’affectionnait François Ier) ou le Second Empire et la IIIe République. La récupération va même jusqu’à Vichy, ce qui n’est peut-être pas pour rien dans la désaffection qu’ils subissent aujourd’hui…g8b

La Cité des sciences propose pour ce prologue une quarantaine de sculptures, tableaux, affiches ou manuels scolaires du temps d’Ernest Lavisse. On part donc de ces images multiples que l’exposition compte déconstruire.

« De la fouille aux laboratoires »

A l’étage, le parcours amène à la partie probablement la plus originale de l’exposition. Nous sommes ici dans l’esprit de la Cité des sciences ou du Palais de la découverte. Sont présentés deux chantiers de fouilles reconstitués, et proposés sept ateliers. L’objectif est de découvrir comment travaillent les archéologues qui ont redécouvert les Gaulois, par le biais de toutes les techniques utilisées aujourd’hui (sur le pollen, les os, etc). Les ateliers permettent par des jeux interactifs d’apprendre comment les Gaulois cultivaient, organisaient leurs villes (avec la coupe d’un murus gallicus), élevaient leurs animaux, façonnaient leurs armes,…Le clou, surtout pour les enfants, est un atelier de fouilles actif où, pendant vingt minutes, on peut se prendre pour un archéologue.DSC01177b

 

« De la fouille au musée »

Plus traditionnelle sur la forme, la suite du parcours est tout de même très intéressante. En effet, le musée propose des pièces pour beaucoup inédites, dont certaines issues des fouilles du sanctuaire de Tintignac en 2004. Les thèmes abordés : la guerre, les arts, les échanges (avec des monnaies par exemple) et le sacré. On remarque en particulier un magnifique casque en forme de cygne et des carnyx (grandes trompettes servant à la guerre comme aux rituels religieux). Outre des objets tous remarquables, cette partie bénéficie de deux autres atouts : tout d’abord, des tombes reconstituées et présentées dans une ambiance sombre de circonstance ; et, plus original encore, une jolie scénographie multimédia (conçue par Renaud Chabrier et Nathalie Chignardet) qui montre chaque étape d’une cérémonie religieuse, décortiquée grâce aux découvertes récentes dans le sanctuaire de Tintignac.g3b

 

« Légères perturbations en Centre-Gaule »

Soyons franc, nous n’avons pas été spécialement conquis par cette séquence. Un film de quinze minutes est projeté sur grand écran. En 70 avant J-C, on suit les aventures de Catos qui doit se rendre à Bibracte, capitale des Eduens, pour récupérer l’épée de son fils. Si les décors sont joliment reconstitués et nous permettent de découvrir la vie quotidienne des Gaulois avant la conquête romaine, l’interprétation (les comédiens font partie des « Chevreaux suprématistes »), l’intrigue et les dialogues ne sont guère convaincants. Et l’humour tombe souvent à plat. Une partie qui pourra cependant être appréciée par les (jeunes) enfants.

« Adieu les mythes ? »

L’exposition se termine par une sorte de bilan demandé au visiteur, actif tout au long du parcours. A-t-il, grâce à l’exposition, changé d’avis sur les Gaulois ? Des panneaux illustrés par Jochen Gerner reviennent sur la plupart des mythes et idées reçues sur les Gaulois, et y répondent : pourquoi la Gaule « chevelue » ? Le coq était-il gaulois ? Et le sanglier, leur plat préféré ? L’occasion d’en apprendre un peu plus, et de confirmer le poids de la civilisation gauloise, par les toponymes des territoires (Arvernes/Auvergne, Parisii/Paris, et tant d’autres) ou les noms communs restés dans la langue malgré le passage du latin (cheval, brasserie, drap, tonneau, valet,…).g9b

On ressort de Gaulois, une expo renversante débarrassé de pas mal d’idées reçues sur la civilisation gauloise. Le parcours est agréable, varié et assez dense, mais convient parfaitement à des enfants (pas avant sept ou huit ans quand même), particulièrement tous les jeux interactifs et les activités de fouille. Si le petit film est un peu décevant, les remarquables œuvres présentées dans la partie musée valent à elles seules le détour, tandis que le prologue et l’épilogue remettent bien en perspective le complexe imaginaire gaulois, et rend hommage à une civilisation à laquelle, quoiqu’on en dise, nous devons beaucoup…

 

-          Gaulois, une expo renversante, à la Cité des sciences et de l’industrie (Paris) du 19 octobre 2011 au 2 septembre 2012. Pour tout renseignement, consulter le site de l’exposition.

Voir également :

-          le catalogue de l’exposition : F. Malrain, M. Poux, Qui étaient les Gaulois ?, La Martinière/Universcience, 2011, 208 p.

-          le numéro spécial des Cahiers de Science et Vie, Les Gaulois, qui étaient-ils vraiment ?

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