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Expo : La France en relief (Grand Palais)

La Nef du Grand Palais accueille la première exposition co-organisée par la Maison de l’histoire de France. Les choses sont faites en grand avec la présentation des gigantesques plans-reliefs de villes françaises, construits entre la fin du XVIIe siècle et le XIXe, d’abord pour des raisons militaires, puis pour manifester la puissance de la France. Un voyage en plein air impressionnant qui, dans la logique de la Maison de l’histoire de France, vise à faire découvrir le patrimoine national. Dans cet esprit, l’exposition La France en relief est résolument destinée à tous les publics, enfants compris.


 

Les maquettes de La France en relief

expo-la-france-en-reliefL’exposition présente seize maquettes au 1/600 de villes-forteresses « françaises » (qui le sont encore ou l’ont été), issues d’une collection de plus de deux cents plans-reliefs, dont la construction a commencé en 1668 et s’est achevée en 1873, de Louis XIV à la IIIe République. A l’origine, ces reconstitutions sont à but militaire. En effet, la première maquette est commandée par le ministre Louvois, et vise à montrer l’évolution des travaux de fortification de la ville de Dunkerque, récemment conquise. Sur ordre de Louis XIV, auquel le projet plaît, d’autres maquettes sont commandées (le Mont Saint-Michel, le château d’If, Montmélian, Bergues ou Belle-Île par exemple). L’influence de Vauban, conseiller de Louvois, est évidemment incontestable et les plans-reliefs construits permettent de réfléchir sur la façon de fortifier des villes stratégiques du royaume, alors que la guerre de siège est justement théorisée par Vauban. La collection sert également au roi et à ses conseillers à visualiser les « frontières » de la France, à travers ce réseau de fortifications et leur environnement. La frontière n’est alors encore qu’un concept relativement vague, un ensemble de points (les bastions justement), qui ne forme pas encore une ligne continue. De plus, les frontières de la France ne sont pas encore définitives. L’exposition montre bien cet aspect, par une vidéo très claire.

Dès Louis XIV, la collection déborde de son domaine militaire pour devenir un élément de prestige. Les successeurs du Roi-soleil, Louis XV surtout, enrichissent la collection, et les anciennes maquettes sont actualisées. Sous Louis XVI, pourtant, on pense un temps détruire le tout, mais finalement les plans-reliefs sont transférés aux Invalides en 1777.

Napoléon relance la construction de maquettes, notamment celles de Luxembourg (1802) et Brest (1811), mais la défaite de 1870 sonne le glas du projet, définitivement terminé en 1875. La collection est toutefois monument national en 1927, et devient propriété du secrétariat des Beaux Arts en 1940, quittant ainsi ses fonctions géographiques et militaires, pour devenir objet d’histoire et de culture.

Le parcours de l’exposition La France en relief

L’espace de la Nef du Grand Palais est idéal pour présenter ces plans-reliefs, dont certains font plus de 100 m2. A nos pieds, une carte de France de 650 m2 où sont indiquées les villes dont les maquettes sont exposées, mais qui permet également de s’amuser à chercher bien d’autres endroits tant la précision est impressionnante.GRENOBLE

Le début du parcours, à droite de l’entrée, après une présentation et une histoire de cette collection, nous fait découvrir la « frontière » des Alpes qui, selon les commissaires de l’exposition, n’a jamais été naturelle, mais plutôt une zone-tampon. Parmi les maquettes, celle qui impressionne le plus est peut-être Grenoble, dans laquelle 126 000 arbres et 372 000 pieds de vigne ont été soigneusement reconstitués ! Un travail de dix ans…

La partie centrale de l’exposition est consacrée à l’Est, avec l’Alsace et la Franche-Comté, et au Nord, « à la recherche d’une frontière ». Dans tous les cas, d’ailleurs, se pose la question des frontières, qui est sans doute le véritable sujet de l’expo. Pour l’Est, on peut principalement retenir la belle maquette de Besançon, et surtout celle de Strasbourg, alors qu’au nord, celles de Luxembourg et de Berg-op-Zoom montrent bien l’évolution historique des frontières.

Enfin, la dernière partie s’intéresse au littoral ouest, avec les maquettes de Cherbourg et de Brest. Les ports sont restés au XXe siècle des places plus stratégiques que les anciennes fortifications terrestres. L’exposition l’illustre en revenant sur le bombardement de Brest durant la Seconde Guerre mondiale par une projection vidéo sur grand écran, avec l’environnement sonore adéquat, alors que la maquette du port et de la ville permet de se rendre compte de son état avant ce bombardement.


Plan-relief-de-la-ville-de-Strasbourg-a-l-echelle-1-600_gallery-itemTout au long du parcours sont proposés des dispositifs interactifs, notamment des cartes tactiles et le Liquid Galaxy, de Google. Des petites longues-vues ou des jumelles permettent également de profiter des détails des maquettes, comme ceux des petites rues ou des cathédrales. Des vidéos et des panneaux expliquent la constitution politique du réseau de fortification ainsi que la guerre de siège (avec un petit film sur la doctrine de Vauban). Enfin, les maquettes elles-mêmes, malgré leur taille imposante, sont exposées de telle façon qu’on peut les admirer de n’importe quel angle, y compris « de dessus ».

L’avis d’Histoire pour tous

Dans un cadre splendide, où il ne faut cependant pas oublier de se couvrir très chaudement, la Maison de l’histoire de France et le Grand Palais nous proposent une exposition très originale. Visuellement impressionnante, elle est un voyage dans la géographie et l’histoire, amorçant une réflexion sur la frontière au cours de périodes décisives pour l’histoire de France.

La beauté et la précision des maquettes sont remarquables, et elles plairont aux grands comme aux petits (pour lesquels un parcours ludique est proposé). Les dispositifs interactifs sont une très bonne idée, même s’ils ne fonctionnent pas toujours correctement, particulièrement le Liquid Galaxy de Google. Et le prix modique est une bonne surprise.

Cette première exposition à l’initiative de la Maison de l’histoire de France est donc une réussite.

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- La France en relief. Chefs d’œuvre de la collection des plans-reliefs, de Louis XIV à Napoléon III, jusqu’au 17 février 2012, au Grand Palais. Renseignements et bien d’autres choses sur le site de l’exposition.recommande

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