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Expo : La Sainte-Anne, l’ultime chef d’œuvre de Vinci (Louvre)

Le Louvre propose une exposition exceptionnelle autour de La Vierge à l’enfant avec sainte Anne, de Léonard de Vinci. Ce chef d’œuvre restauré est replacé dans son contexte, et sa genèse est présentée étape par étape, jusqu’au résultat final. Mais l’artiste florentin, dont la sainte Anne est une forme d’aboutissement artistique, a également influencé ses contemporains, jusqu’aux plus grands, tel Raphaël. Ce que l’exposition La Sainte-Anne, l’ultime chef d’œuvre de Léonard de Vinci met également en valeur.

 

L’histoire de La Vierge à l’enfant avec sainte Anne de Léonard de Vinci

steanneL’exposition du Louvre nous apprend que le tableau aurait été commencé en 1500 ou 1501, selon une lettre de Fra Pietro da Novellara envoyée à Isabelle d’Este (qui souhaitait un portrait fait par le maître), lettre présentée au Louvre et dans laquelle Fra Pietro évoque les travaux du moment d’un Léonard de Vinci dont « la vie est si changeante et fort indéterminée qu’il paraît vivre au jour le jour ». Le nom du commanditaire de l’œuvre est en revanche inconnu, même si certains ont évoqué Louis XII.

Par la suite, Léonard de Vinci s’interrompt plusieurs fois, notamment vers 1503, quand il doit s’atteler à La Bataille d’Anghiari. Il la reprend en 1506. Puis entre en scène le roi de France, Louis XII. Sont exposées au Louvre les lettres entre celui-ci, Charles d’Amboise, Francesco Pandolfini (ambassadeur de Florence) et la Seigneurie de Florence, et l’on voit qu’entre 1507 et 1508, l’artiste est très demandé…Florence doit cependant le laisser aller à Milan, sous la protection du roi de France, et l’on découvre une lettre de Léonard de Vinci lui-même qui, pour justifier sa pension auprès de Charles d’Amboise, mentionne deux de ses travaux, dont certainement la sainte Anne.

En 1513, le Florentin entre au service du pape Médicis, Léon X. Le contexte n’étant pas des plus faciles, il répond finalement à l’appel de François Ier, en 1516. Ce qui va devenir La Vierge à l’enfant avec sainte Anne l’accompagne. Malheureusement, le tableau ne sera pas achevé quand Léonard de Vinci meurt en 1519. L’œuvre a probablement servi de retable dans une chapelle royale du Val de Loire, et sera finalement exposée pour la première fois au Louvre à la fin du XVIIIe siècle.

L’exposition La Sainte-Anne, l’ultime chef d’œuvre de Léonard de Vinci

Après une introduction rappelant le succès de la figure de sainte Anne dans l’art de la fin du XVe siècle, à travers des tableaux, des sculptures ou des émaux venant de toute l’Europe, l’exposition débute avec « L’exploration du sujet », qui montre les premiers pas (et les premières esquisses) de Léonard de Vinci dans son travail sur son futur tableau.

La partie « Les débuts de l’exécution picturale » montre que l’artiste est entré dans le vif du sujet, mais qu’il inspire déjà les autres, notamment ceux de son atelier. On voit ainsi différentes ébauches de la sainte Anne, ou des esquisses, qui ne sont pas de la main du maître, mais « d’après Léonard de Vinci ». Par « L’obsession du détail », on découvre comment le Florentin a bien cerné son sujet et met en place l’œuvre finale.

C’est presque paradoxalement dans la partie de l’exposition « Une œuvre inachevée » que l’on découvre la version définitive  de La Vierge à l’enfant avec sainte Anne. Si le tableau est bien mis en valeur, il arrive dans la progression et, quand on le voit, pas besoin de chercher un panneau (d’ailleurs très discret, et sur le mur mitoyen, pas tout près du tableau), c’est une évidence. Le choc est vraiment réel, et d’ailleurs le silence qui prend les spectateurs regroupés est, si l’on peut dire, parlant. A la gauche du tableau, tout aussi bien mise en valeur, une version en pierre noire de la même taille, mais avec des poses différentes et saint Jean-Baptiste à la place de l'agneau.

steanne_vinciL’exposition ne s’achève cependant pas là. Fidèle au mystère Léonard de Vinci, La Vierge à l’enfant avec sainte Anne a aussi ses secrets. « Les dessins du revers » ont été découverts en 2008 et, depuis, plusieurs interprétations ont été faites. Trois croquis sont visibles : une tête de cheval, la moitié d’un crâne, et un enfant tenant un agneau. Si le second a été fait par un droitier, et donc pas par Léonard de Vinci, il y a doute pour les deux autres, notamment le premier. En effet, le cheval représenté ressemble à l’un de ceux de la fameuse Bataille d’Anghiari. Mais, comme toujours avec Léonard de Vinci, le mystère demeure…

Le reste de l’exposition s’intéresse d’abord à la restauration du chef d’œuvre, puis à son influence. En effet, La Vierge à l’enfant avec sainte Anne serait l’aboutissement du travail de l’artiste, et il inspire dès les ébauches à Florence et Milan, rien moins que des artistes comme Raphaël (dont plusieurs œuvres sont exposées) ou plus tard Michel-Ange (pour la notion de non finito). Cette partie permet également d’admirer d’autres œuvres de Léonard de Vinci, tel son célèbre Saint Jean-Baptiste.

La dernière partie montre une influence qui continue, des maniéristes jusqu’au XXe siècle. Le tableau aurait même inspiré Freud, dont l’interprétation aurait elle-même inspiré Le Baiser, de Max Ernst, dernier tableau de cette remarquable exposition.

L’avis d’Histoire pour tous

L’exposition La Sainte-Anne, l’ultime chef d’œuvre de Léonard de Vinci est incontournable pour bien des raisons.

La première est le tableau lui-même, et il est impossible de ne pas être frappé par La Vierge à l’enfant avec sainte Anne, même si l’on n’est pas amateur ou connaisseur d’art. Et, détail qui a son importance, la cohue est bien moindre que devant La Joconde, et l’on peut donc l’admirer sans problème (on conseille de faire de même avec La Belle Ferronnière, trop méconnue par rapport à sa « concurrente »).

L’exposition est également très intéressante pour situer Léonard de Vinci dans son époque, et l’œuvre dans sa vie mouvementée. A ce titre, on a un réel plaisir à découvrir les différentes lettres mentionnées plus haut. Comprendre aussi comment il a influencé ses contemporains, et les suivants, est évidemment fondamental.

Enfin, et la « redécouverte » de  La Vierge à l’enfant avec sainte Anne en était l’occasion idéale, assister au processus menant à un chef d’œuvre est une chance rare, qu’il ne faut donc manquer sous aucun prétexte.

 

- La Sainte-Anne, l’ultime chef d’œuvre de Léonard de Vinci, musée du Louvre (Paris), jusqu’au 25 juin 2012.

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