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Accueil Actualité Expo : Le Comte de Chambord, Les lys et la République (Chambord)

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Expo : Le Comte de Chambord, Les lys et la République (Chambord)

L'exposition « Les Lys et la République » dédiée au Comte de Chambord (1820-1883) se tient jusqu'au 22 septembre 2013 au château de Chambord même. 130 ans après le décès du Comte, l'exposition retrace le parcours de ce personnage entêté et atypique grâce à une riche collection de 250 œuvres et documents. Longtemps exilé, le comte aurait pu rétablir la monarchie en 1873 et régner sous le nom d'Henri V s'il n'avait pas rejeté le drapeau tricolore.

 

Henri Dieudonné d'Artois est le fils posthume du Duc de Berry et le petit-fils de Charles X. Il est aussi connu sous le nom du Duc de Bordeaux, Comte de Chambord et Henri V. Il sera exilé pendant près d'un demi-siècle.

Le contexte politique est très instable au XIXème siècle. A la naissance du Comte en 1820, le roi de France est alors Louis XVIII (branche Bourbon) qui reste sur le trône jusqu'à sa mort en 1824. Charles X (branche Bourbon) lui succède et se heurte en 1830 aux trois glorieuses : soulèvement de Paris suite à l'impopularité des ordonnances. Il est dans l'obligation d'abdiquer. Louis-Philippe d'Orléans, roi des Français, lui succède jusqu'à la révolution de 1848 qui donne naissance à la Deuxième République. D'abord président, Louis Napoléon Bonaparte fera un coup d'Etat laissant place au Second Empire de 1852 à 1870. L'Empire s'éteint avec la Guerre franco-prussienne qui sera suivie par la Commune de Paris mars-mai 1871 où les Parisiens s'insurgeront contre la capitulation et le désarmement.

Une journée d'étude passionnante en guise d'introduction

Le 10 juin dernier, Histoire pour tous s'est rendu à une journée d'étude tenue à l'Assemblée Nationale et destinée à introduire l'exposition «les Lys et la République ». Placée sous le parrainage du Président de l'Assemblée Nationale : Claude Bartolone, cette journée a rassemblé historiens et doctorants [1] venus relater la jeunesse et l'exil du Comte. Les dix études présentées offrent une analyse philosophique, poétique, politique et iconographique du personnage.

Jeunesse du comte et iconographie : "l'enfant du martyr et du miracle"

Premières armes de Monseigneur le duc de Bordeaux  Domaine national de ChambordLa première partie du colloque portait sur la jeunesse du comte et le contexte de sa naissance en pleine fragilité monarchique. Le jeune duc hérite d'un passé douloureux. Lamartine, poète romantique, le qualifie de « l'enfant du miracle» né 6 mois après l'assassinat de son père. En 1610, son ancêtre, Henri IV avait lui aussi été assassiné.

Sa naissance, en 1820, suscite des célébrations poétiques et chansonnières comme pour conjurer le mauvais sort. Il porte le nom du Duc de Bordeaux en référence à cette ville, qui la première, a soutenu le retour des Bourbons en 1814. C'est au cours de ses voyages qu'il décide de prendre le seul titre de Comte de Chambord (de 1830 à sa mort en 1883) mais le domaine lui appartient effectivement depuis 1821.

En 1830 Charles X abdique en faveur de son fils, Louis XIX qui renoncera au trône en faveur du jeune comte. L'édit promulgué, en 1830, le force à fuir avec sa famille à Rambouillet puis à Cherbourg afin de prendre un bateau direction Edimbourg. Le comte possèdera de nombreuses résidence en Europe : Paris, Edimbourg, Prague ,Gortiz, Frohsdorf près de Vienne et Venise et multipliera les séjours : Rome, Londres, Terre Sainte, Bruges, Versailles.. Malgré la distance, il est l'objet d'une iconographie idéalisée aspirant à son retour sur le trône. A travers ce culte, il incarne un certain "romantisme du désespoir" comme l'affirme l'historien Emmanuel de Waresquiel.

L'exil en Europe propice à la préparation d'un retour... raté

La seconde partie était consacrée à l'exil du prince, ses séjours en Europe, son programme politique et au rétablissement manqué de la monarchie. Lorsqu'il est en exil avec sa famille et anciens employés, notamment dans sa résidence de Frohsdorf (1844), le comte ne cherche pas à créer un système de cour et se concentre plus sur son retour. "Le Comte n'a jamais renoncé au trône et a consacré 20 ans de sa vie à préparer son projet politique" explique le biographe Daniel de Montplaisir. Il s'intéresse à la vie économique et sociale française et manifeste son soutien envers les ouvriers et les paysans. De ses lettres, on retient notamment la Lettre aux ouvriers en 1865 et la Lettre sur l'agriculture en 1866.

Portrait du comte de Chambord FANTIN LATOUR Théodore   Domaine national de ChambordEn 1871, la situation est propice : les lois d'exil sont abrogées et les Monarchistes (légitimistes et orléanistes) majoritaires à l'Assemblée sont favorables au retour du Comte. Puisque ce dernier n'a pas de descendants, les Orléanistes espèrent que Philippe d'Orléans, le Comte de Paris, lui succèdera. Pour mémoire, les légitimistes (branche capétienne des bourbons) soutiennent le Comte de Chambord et les Orléanistes soutiennent leur prétendant : le Comte de Paris (petit-fils de Louis Philippe Ier). A plusieurs reprises, le Comte de Chambord rédige des manifestes à la gloire du drapeau blanc qui compromet fortement son retour au trône. Le drapeau tricolore est un acquis auquel les Français tiennent depuis 1789.

En 1873, la situation est toujours favorable et voit le ralliement des Bonapartistes aux Monarchistes suite à la mort de Louis Napoléon Bonaparte. Cependant, malgré l'envoi d'une délégation de députés conduite par Charles Chesnelong, en Autriche, le Comte rédigera, le 27 octobre 1873, le manifeste de Salzbourg en faveur du drapeau blanc. Les réactions ne se firent pas attendre "Les Légitimites étaient atterrés, de nombreuses lettres lui furent envoyées pour l'inciter à faire marche arrière", précise Eric Anceau, maître de conférences à l'Université Paris IV. Le comte tentera néanmoins de négocier avec le président Mac-Mahon, en novembre, qui refusera de le recevoir. Deux ans après, en 1875, l'amendement Wallon sera voté et stipulera que "le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans. Il est rééligible"

La restauration échoue en raison des erreurs stratégiques du comte : refus de rencontrer le Comte de Paris (branche orléaniste), hostilité envers le drapeau tricolore, vision idéalisée de la France, désaccords entre légitimistes...

Les actes du colloque feront l'objet d'une publication en octobre 2013. Programme de la journée du 10 juin 2013.

Exposition « Les Lys et la République, Henri, comte de Chambord »

L'exposition comprend 250 objets, documents et œuvres issus du Château mais aussi de partenaires privilégiés tels que le Musée des Arts Décoratifs de Bordeaux, le Château de Versailles, la Bibliothèque nationale et les archives nationales de France. L'exposition se divise en quatre parties : La Monarchie ou la République (1870-1875)De l'enfant du miracle au « roi impossible »Le prince, propagande, hagiographie et légendeChambord : le prince et son domaine

Le comte de Chambord : sa jeunesse, son projet et la propagande

Trône dHenri V offert au comte de Chambord par les dames légitimistes de Blois"La Monarchie ou la République (1870-1875)" met en scène à travers des portraits et bustes, les personnages clefs de la période : Adolphe Thiers (président de 1871 à 1873), Léon Gambetta (député républicain), Henri-Alexandre Wallon (député). Cette partie évoque le projet de restauration monarchique, son retour manqué sur le trône et la république renforcée avec l'amendement Wallon. "De l'enfant du miracle au roi impossible" présente les circonstances de la naissance du prince, son exil et ses voyages ainsi que ses dernières années. "Le prince, propagande, hagiographie et légende" est dédiée à la représentation idéalisée du Comte depuis sa naissance par le biais de nombreux supports : lithographies, bijoux, boîtes, pendules, sculptures, objets de vaisselle.

Animation : des totems vidéo ponctuent la visite. Un acteur de la comédie française : Nicolas Lormeau y incarne le comte de Chambord.

Redécouvrir le château et le domaine

La dernière partie de l'exposition, "Chambord : le prince et son domaine" revient sur les débuts de l'acquisition du château par le prince, sa gestion du domaine à travers ses campagnes de restaurations et ses œuvres sociales. A noter : en 1840, le château est consacré monument historique. Plus généralement, l'exposition offre l'opportunité de redécouvrir le magnifique Château de Chambord. "Le domaine de Chambord fait partie des lieux de mémoire qui constituent notre patrimoine national" a déclaré le Président de l'Assemblée Nationale lors de la journée d'étude. Il comprend le plus vaste château de la Loire, construit dès 1519 sous l'impulsion de François Ier. C'est à Chambord que l'on trouve l'escalier à double révolution, brillante invention permettant à deux personnes de monter et descendre sans jamais se croiser.

Animation : une pièce de théâtre « Le garde-chasse de Chambord » réalisée en 1821 suite à l'annonce de l'achat du domaine, sera retransmise à travers une séquence de 8 minutes.

Renseignements

- Exposition du 15 juin au 22 septembre (sans supplément au droit d'entrée) située au 1er et 2ème étages du château
- Horaires : de 9h à 18h sans interruption
- Visites guidées tous les lundi, mercredi et vendredi, ainsi que quelques dimanches du 19 juin au 15 septembre
Durée : 1 heure - Tarif : gratuit
- Informations et réservations : +33 (0)2 54 50 50 40 / Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
- site du domaine national de Chambord

[1] Historiens et chercheurs ayant participé à cette journée d'étude :

Le matin : Jean Garrigues, professeur d'histoire contemporaine à l'Université d'Orléans. Emmanuel de Waresquiel, ingénieur de recherche à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (Paris). Philip Mansel, historien, membre de l'Institute of Historical Research (London). Corinne Legoy, maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université d'Orléans. Hilaire Multon, directeur du Musée d'archéologie nationale et du Domaine national de Saint-Germain-en-Laye. Bruno Centorame, historien et historien de l'art.

L'après-midi : Jean-Paul Bled, professeur émérite à l'Université Paris IV - Sorbonne. Daniel de Montplaisir, historien, biographe du comte de Chambord. Thibaut Trétout, doctorant en histoire contemporaine à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Olivier Tort, Maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université d'Artois. Eric Anceau, maître de conférences à l'Université Paris IV – Sorbonne et à l'Institut d'Etudes Politiques (Paris).

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