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Expo : Les monuments aux morts de la Grande Guerre (Panthéon)

Qui, dans sa commune ou en passant sur la place d'un village lors de vacances, ne s'est jamais arrêté devant un monument aux morts pour y chercher un nom familier ? Voir si par hasard un lointain ancêtre ne ferait pas partie de ces quelques 1 350 000 patronymes inscrits sur l'un des 36 000 monuments aux morts de la Première Guerre mondiale ?

On retient le chiffre de 36.000, mais le débat reste ouvert dans la communauté historienne, car il correspond au nombre de communes françaises. Une manière de rappeler que chaque ville, chaque village, paya son tribut, parfois très lourdement lors de cette guerre. 

Affiche-monuments-aux-morts626Cette exposition, qui se tient du 21 mai au 11 septembre, place ces œuvres d'arts comme un symbole de la mémoire collective en tant que témoignage du choc post-traumatique de ce conflit. Le choix du lieu paraît évident. Le Panthéon, symbole de mémoire de la nation, accueille une exposition qui met en lumière la diversité des hommages rendus par les artistes et les communes françaises aux « enfants de la Patrie mort pour la France ». Les centaines de milliers d'anonymes décédés lors de cet affrontement côtoient d'autres combattants aux patronymes plus prestigieux enterrés dans la crypte.

L'exposition se départage en trois « moments ». Le premier, « 36 000 communes, 36 000 cicatrices » est le fruit du recensement photographique réalisé pour l'édition 2014 des Rencontres de la photographie d'Arles, mené avec la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale et le laboratoire IRHiS de l'Université de Lille-3. Il montre dans une ambiance de ''crypte'' plusieurs milliers de photographies de monuments aux morts, diffusées sur les murs par des vidéoprojecteurs.

Le deuxième, « Présence d'une génération perdue » propose une série de clichés de Raymond Depardon. Le photographe met en lumière le traumatisme d'une génération, qu'incarnent encore aujourd'hui ces monuments. Malgré les messages d'héroïsme, d'espoir ou de paix que les artistes ont voulu donner à leurs œuvres, ces monuments, plantés sur de charmantes places de villages sont presque dérangeants, comme un plaie pas tout à fait cicatrisée, un rappel discret des horreurs survenues au siècle passée.

Le troisième, « La guerre des gosses » présente une série de diapositives, sorties tout droit du fond de la Société française de photographie, de Léon Gimpel qui, en août 1915 à Paris, prend des photographies d'enfants jouant à la guerre rue Greneta. Les scènes exposées dans cette quinzaine de diapositives représentent la guerre sous ses différentes formes en mettant en scène uniquement des enfants.

Notre avis

Les expositions pour commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale sont quantitativement très importantes, et il est souvent difficile savoir lesquelles choisir. Photos d'époques, reconstitution et exhibition de matériels, mise en scène, reportage... En s'intéressant au sujet, on se retrouve rapidement inondé par les différentes expositions proposées. Celle qui ouvre ses portes au Panthéon est définitivement à voir pour l'originalité de son approche. Les photos ''chocs'' qui montrent des poilus sales et recroquevillés dans une tranchée défoncée quelque part en première ligne sont ici remplacées par des clichés qui renvoient à notre patrimoine commun et nous rappellent à notre devoir de mémoire.

Le celebre aviateur   Pepete   triomphant devant sa victimeRien d'époustouflant, rien de sensationnel. Juste une mise à l'honneur de ces monuments devant lesquels nous marchons tous les jours et qui nous sont devenus tellement familiers qu'on oublie parfois de s'y arrêter. Ni frisson ni horreur, simplement une vérité : ces monuments nous sont communs, d'où que l'on vienne en France et quelque soit la taille de notre commune car ils sont le témoignage d'une mémoire citoyenne à l'échelle nationale. Aucune autre construction n'est aussi présente dans le paysage communal français, hormis les églises.

La defense dun reverbereBien que (trop) courte, la partie de l'exposition « La guerre des gosses » mérite vraiment le coup d'œil. La distance prise par ces enfants dans leurs jeux de la guerre, et la manière dont le photographe a su garder tous l'esprit enfantin de ces amusements alors même que l'on est en 1915 et que les pères de ces mêmes enfants sont certainement au front est particulièrement émouvante. Certains clichés comme « la défense du réverbère » ou l' « Aviateur Pépète triomphant » témoignent magistralement de cette mise en perspective.
Enfin, l'exposition qui se parcourt en 15-20 minutes vous obligera à aller au Panthéon, monument majestueux mais souvent délaissé du public qui préfère le contempler de l'extérieur. Rappelons que l'accès au dôme vient de rouvrir et que la vue à 360° en plein cœur de Paris offre l'un des plus beau panorama de la capitale.

Si le projet vous intéresse mais que vous ne pouvez vous rendre à Paris, où encore mieux si vous souhaitez vous y associer, il est à rappeler que le recensement des monuments de la Grande Guerre est toujours en cours et se veut participatif. Pour tous ceux qui veulent se joindre au projet donc, il suffit d'aller sur le site « monuments.univ.lille3.fr » site de l'Institut de recherches historiques du septentrion (IHRis) de l'Université Paris-3 et de regarder si le monument de votre commune y a été mis en ligne. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez prendre la photo vous-même et leur envoyer. Rappelons également que ce site propose un travail historique et artistique qui réunit pour chaque fiche des documents d'archives, des photographies anciennes et récentes et des renseignements sur les artistes ayant créer ces monuments. Le 25 avril 2016, 14041 monuments aux morts français de 1914-1918 étaient en ligne, à vous d'aider à y ajouter les 21 000 autres manquants !

Exposition : Les monuments aux morts de la Grande Guerre 1914-1918, au Panthéon du 21 mai au 11 septembre 2016.

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