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Le Figaro Histoire (magazine)

Le groupe Le Figaro lance le 29 mars 2012 un nouveau magazine : Le Figaro Histoire. Sur un marché encombré, mais un créneau porteur (l’histoire est populaire, quoi qu’on en dise), Le Figaro mise sur sa réputation et sur une formule haut de gamme, tout en étant grand public. Le premier numéro est consacré, entre autres, à la campagne de Russie de Napoléon, en 1812.

 

Les créateurs du Figaro Histoire

L’idée a principalement été portée par Michel De Jaeghere (directeur de la rédaction) et Lionel Rabiet (éditeur), avec le soutien du directeur général du Groupe Figaro, Marc Feuillée. Le fait que les hors-série thématiques du Figaro consacrés à l’histoire battent régulièrement des records de ventes est en partie à l’origine de la création du magazine, intérêt confirmé par une enquête auprès des lecteurs du Figaro, dont 71% affirment leur goût pour l’histoire. Un projet qui s’inscrit plus largement dans la politique culturelle du Figaro, comme par exemple la collection « Ils ont fait la France », dirigée par Max Gallo, et vendue à plus de 300 000 exemplaires.

fighistoire« Pédagogie, Beauté, Découverte »

Face à un marché en plein essor, et où la concurrence est rude, les créateurs du Figaro Histoire veulent séduire ce qu’ils voient comme un nouveau type de public, « plus féminin, plus jeune, moins académique, et tourné vers l’évasion ». Pour cela, ils comptent s’appuyer sur trois « valeurs » : d’abord la pédagogie, grâce à l’expérience des hors-série du Figaro, et « une volonté d’éviter tout snobisme, en s’adressant à l’honnête homme, pour une vulgarisation intelligente ». La forme ensuite, suivant Platon et son « le beau, c’est la splendeur du vrai », avec une maquette pensée comme celle d’une revue d’art. Enfin, la découverte, pour sortir l’histoire du cercle des historiens, et aller vers le reportage, l’histoire de l’Art, la défense du patrimoine.

Un Figaro Histoire en trois parties

Le magazine consacre sa première partie (entre trente et quarante pages) à l’actualité de l’histoire, au sens large, c’est-à-dire films, livres, expositions, émissions et séries de télévision, ainsi que les controverses, la découverte du patrimoine ou de l’archéologie. Se basant sur l’expérience de la concurrence, et les plaintes régulières de lecteurs déçus, le Figaro Histoire offre en deuxième partie un dossier d’une soixante de pages (la moitié de la revue), soit bien plus que la plupart des magazines d’histoire. Enfin, la partie intitulée « l’esprit des lieux », plus orientée histoire de l’art, avec pour but de « partir des lieux pour arriver aux faits », et de s’intéresser autant à la petite qu’à la grande histoire, ainsi qu’aux métiers d’artisans de l’histoire.

Le comité scientifique du Figaro Histoire

Le projet est soutenu tout particulièrement par Jean Tulard, président du comité scientifique. Il est entouré essentiellement d’historiens issus de Paris IV-Sorbonne (Jean-Paul Bled, Marie-Françoise Baslez, Jacques Heers,…), et également d’historiens étrangers comme le professeur Dimitrios Pandermalis, président du musée de l’Acropole d’Athènes. On peut également citer Maurizio De Luca (ancien directeur du laboratoire de restauration des musées du Vatican) ou Jean Sévillia (qui a participé au Livre noir de la Révolution française, et a publié entre autres Historiquement incorrect).

Un premier numéro prometteur

C’est le 29 mars 2012 que le premier numéro du Figaro Histoire paraît en kiosques, au prix de 6,90 euros (pour plus de 130 pages). Son thème central est la campagne de Russie de Napoléon, dont on fête les deux cents ans cette année.

Le numéro est fidèle au projet annoncé : épais et somptueux sur la forme, il est très agréable à parcourir. Le dossier sur la campagne de Russie est extrêmement complet, notamment en termes de documents (cartes de batailles en couleur comprises). La partie « Esprit des lieux » comporte deux articles passionnants sur les Borgia et sur l’exposition du Louvre consacrée aux fouilles du Rhône. Quant à la partie « Actualités », un article évidemment sur la guerre d’Algérie avec, en plus, un extrait de l’Historiquement incorrect de J. Sévillia, mais également un très intéressant sujet sur le téléfilm Toussaint Louverture, diffusé récemment sur France 2, et qui est ici vertement critiqué par le magazine pour ses libertés prises avec les faits historiques. Enfin, outre les différentes news, un long entretien avec Jean Tulard, dans lequel l’historien se pose en successeur des positivistes du XIXe siècle, et explique son intérêt (entre autres) pour Napoléon.

Evidemment, le lecteur qui achète un magazine du groupe Figaro doit s’attendre à une vision disons conservatrice de l’histoire. La composition du comité scientifique parle d’elle-même, et les articles à fond polémique du premier numéro également. Que Jean Tulard se revendique de l’école positiviste (remise en cause par les Annales dès…les années 1930) au moment où l’historiographie est en pleine ébullition, et bien plus tournée vers la world history ou les postcolonial studies (certes pas seulement) montre tout autant la ligne du Figaro Histoire, très ethnocentrée. On peut se douter que les prochains numéros seront avant tout consacrés à la France, ou éventuellement à l’Europe (une certaine Europe tout de même), et qu’on y retrouvera les critiques récurrentes (et souvent non justifiées) sur la fin de l’enseignement de l’histoire de France aux enfants, ou la disparition des Grands Hommes dans les programmes. Mais le lecteur sait à quoi s‘attendre, et le public visé sera très certainement satisfait de ce magazine, dont beaucoup d’autres devraient s’inspirer, au moins sur la forme.

 

- Le Figaro Histoire, magazine bimestriel, 6,90 euros, en kiosques (également disponible en format numérique).

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