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Collections L'Histoire : L'âge d'or des abbayes

Il y a 900 ans, en 1115, saint Bernard et ses compagnons partaient fonder en Champagne, dans le Val d'Absinthe, l'abbaye de Clairvaux. En ce XIIe siècle, monastères et prieurés clunisiens, cister­ciens, chartreux ou camaldules peuplaient par milliers les campagnes de l'Europe. Phénomène total, religieux mais aussi économique, social, politique et culturel, le monachisme a façonné l'Occident médiéval. Le dernier numéro des Collections du magazine L'Histoire revient sur les raisons de ce succès.

 

Une utopie médiévale

col histoire abbayeCette pratique religieuse est née dans le désert égyptien, lorsque des ermites ont voulu vivre en solitaire une expérience intense de Dieu. En Occident, la retraite « au désert » restera le privilège de quelques personnalités exceptionnelles. Les hommes et les femmes désireux de se consacrer à la prière se sont vu rassembler en communautés, sous la direction d'un abbé. Sous Charlemagne et ses succes­seurs la fondation des monastères était une prérogative royale. Rapidement, ces lieux qui rassemblaient l'élite chrétienne devinrent des puissances économiques et des relais de pouvoir pour les grands seigneurs .C'est le cas de Cluny, fondé en Bourgogne vers 910 par le duc d'Aquitaine, et dont l'ordre allait regrouper des centaines de monastères, de l'Angleterre à l'Italie. Ses abbés eurent une influence considérable, jouant le rôle d'arbitre entre le pape ou l'empereur ou faisant tra­duire pour la première fois le Coran pour mieux le combattre.

Face à l'opulence de ces cités monastiques, des réformateurs plus radicaux recherchèrent l'isolement. Cîteaux, fondé en 1098 dans une zone marécageuse près de Dijon, devint le symbole de cette plus grande austérité. Mais, une fois encore, le nouvel ordre ne resta pas longtemps hors du monde : les Cisterciens portèrent haut l'idéal de saint Bernard, soldat de Dieu parti à l'assaut de la société.

Cet âge d'or du monachisme est l'aboutissement de la réforme grégorienne qui vit l'Église prendre le contrôle de la société au tournant des xie et xne siècles. Or les moines étaient perçus comme les seuls vrais chrétiens. Monde à part, auto-suffisant et réglé sous tous ses aspects, le monastère était un centre de prière et une préfiguration de l'au-delà, nécessaire au salut de tous. C'est cette utopie qui explique le succès de l'institution. Elle fut ébranlée au xme siècle avec l'appari­tion des ordres mendiants. Le monachisme ne disparut pas pour autant, mais il déclina lentement. Le dernier coup lui fut porté en France par la Révolution. Aujourd'hui, les grandes abbayes du Moyen Age appartiennent au patrimoine. Ce que nous révèlent ces vestiges imposants, c'est bien une autre idée de l'orga-nition de la société des hommes. 

L'âge d'or des abbayes : Une révolution religieuse au Moyen Age, Collections L'Histoire, avril 2015. En kiosque et sur abonnement.

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