Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Actualité Pour un aggiornamento de l’enseignement de l’histoire-géographie

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Pour un aggiornamento de l’enseignement de l’histoire-géographie

classe3Les Rendez-vous de l’Histoire à Blois permettent chaque année aux historiens et aux enseignants, mais également aux passionnés et aux élèves et étudiants, de se rencontrer, de débattre et d’échanger sur l’histoire, de la recherche à l’enseignement. Outre les nombreuses conférences et expositions, sont proposées des tables rondes où des professionnels réfléchissent sur leur métier. Histoire pour tous s’est ainsi intéressé à la présentation du collectif Pour un aggiornamento de l’enseignement de l’histoire-géographie. Nous résumons ici l’intervention de Laurence De Cock, l’une des initiatrices de ce projet.


 

 

Genèse du collectif Pour un aggiornamento de l’enseignement de l’histoire-géographie

A l’origine, il y a un projet qui a émergé à la fin des années 1960, à l’initiative de Suzanne Citron (auteure entre autres de Le Mythe national, l’histoire de France en question, Les éditions ouvrières, 1987), l’une des pionnières de la déconstruction critique des programmes scolaires, qu’elle trouve alors trop ethnocentrés et axés sur le « mythe national ». En 1968, elle publie dans les Annales un article intitulé Pour un aggiornamento de l’enseignement de l’histoire-géographie, postfacé et soutenu par Fernand Braudel. Dans ce texte, Suzanne Citron affirme que l’on ne peut pas réformer l’enseignement de l’histoire-géographie sans revenir à une définition globale et moderne de la finalité éducative. De plus, l’historienne estime qu’il faut réfléchir plus globalement à la nature et à la place de l’histoire-géographie dans le développement des sciences humaines en général, en ne se focalisant pas uniquement sur l’enseignement et le contenu des programmes. Enfin, elle appelle à un décloisonnement disciplinaire, critique la linéarité, la place du récit et le souci d’encyclopédisme, et milite pour l’instauration de liens particuliers entre le supérieur et le secondaire.

Le collectif veut se situer dans l’héritage de Suzanne Citron, dans le contexte d’une frénésie de réformes (programmes, formation des enseignants,…) qui questionne le métier de professeur d’histoire-géographie. Le projet s’inscrit parallèlement dans la logique de l’ouvrage La fabrique scolaire de l’histoire (Agone, 2009), qui visait à amorcer une première mise à jour des questions posées par l’enseignement de l’histoire-géographie. Le but est de construire un lieu d’interpellation, une nébuleuse de professeurs, de chercheurs et d’enseignants-chercheurs, souhaitant réfléchir sur l’enseignement et les programmes, pour éventuellement être entendus de ceux qui sont chargés des décisions. L’aggiornamento se voit également comme un pas de côté par rapport au CVUH, un élargissement possible à des collègues ne se sentant pas forcément dans la ligne politique du CVUH, mais tout de même intéressés par une réflexion sur leur métier de professeur d’histoire-géographie ou d’historiens.

Buts et modalités

Tout d’abord, il faut définir les contours de l’identité professionnelle des enseignants, dans un contexte où chacun, même sans être professeur, a son idée sur comment il faudrait enseigner et régler les éventuels problèmes scolaires. Ce qui est quasiment une spécificité de cette profession. La deuxième chose, dans le prolongement, est de pouvoir faire valoir la qualité d’experts des membres du collectif : le professeur d’histoire-géographie a une qualité d’expertise sur son travail, et il se doit d’être une force d’interpellation et de proposition. Comment alors intervenir dans l’espace public ? Le collectif lance des expérimentations, par exemple un blog pour mettre l’accent sur la complémentarité entre la recherche et l’enseignement dans le secondaire. Une plateforme ouverte à tous, un lieu de réflexion et d’intervention, tout autant qu’un espace de proposition. Les enseignants doivent ainsi pouvoir devenir des maillons de la chaine.

En conclusion, le collectif Pour un aggiornamento de l’enseignement de l’histoire-géographie se veut fédérateur, un lieu de démocratisation dans lequel la prise de parole est libre et légitime, à partir du moment où il s’agit de professionnels de l’enseignement de l’histoire et de la géographie.

 

Blog de Pour un aggiornamento de l’enseignement de l’histoire-géographie.

A lire

- L. De Cock, E. Picard (dir), La fabrique scolaire de l’histoire, Agone, 2009.

- S. Citron, Le Mythe national, l’histoire de France en question, Les éditions ouvrières, 1987.

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire