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Les nouveaux programmes d'histoire en primaire et en collège

Lors de la présentation du projet de nouveaux programmes au printemps dernier, une polémique avait éclaté suite aux interventions médiatiques de personnalités n'étant pour la plupart pas enseignants en histoire (ou alors il y a très longtemps), qui profitaient de l'aubaine pour tenter d'imposer leur vision de l'histoire scolaire, n'hésitant pas à employer des contre-vérités, tant sur le projet que sur les programmes actuels et le travail des enseignants sur le terrain...

 

Le gouvernement avait alors promis d'écouter les critiques, tandis que le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) promettait de rester serein. Les programmes sont parus ce vendredi 18 septembre. Bilan. 

L'histoire en cycle 3 (CM1-6e)

C'est peut-être pour les plus petits que ces nouveaux programmes sont les plus spectaculaires. Ils creusent encore plus loin dans le sillon de l'histoire des grands personnages, faisant plus que flirter avec le roman national. L'accent est mis sur l'histoire de France avec le retour en force de Clovis et des Mérovingiens, et la présence imposante de Charlemagne, le tout dans une optique « La France avant la France », avec un centrage sur les Gaules pour la période ancienne. Par la suite, les élèves pourront profiter de la dream team Louis IX (Saint Louis), François Ier, Henri IV et Louis XIV. Quant à Napoléon, il n'est pas oublié, loin de là. C'est Dimitri Casali qui va être content.

En CM2, il est assez amusant de voir qu'un thème entier est consacré à l'école de Jules Ferry, tandis que la colonisation est à peine évoquée, et que les migrations économiques ont disparu. 

En 6e, c'est un peu mieux, avec notamment le thème 1, appelé « la longue histoire de l'humanité et des migrations ». On reparle même du néolithique. Mais c'est ajouté à ce qui existait déjà, à savoir la Grèce et la Rome antique, et la naissance du judaïsme et du christianisme. Un programme alourdi, donc, mais c'est encore pire pour les niveaux suivants.

L'histoire en cycle 4 (5e-3e)

nuage histoireLors de la polémique, c'étaient les programmes de 5e et de 4e qui avaient provoqué le plus de remous, particulièrement la place de l'Islam et la soi-disant disparition des Lumières. Autant dire que Brighelli, Glucksmann ou Nora vont être contents car le projet définitif a tout pour les rassurer. Certes, l'Islam est encore là (comme depuis bien longtemps...), mais intégré à un thème très « civilisationnel » dans lequel l'enseignant devra aussi traiter des empires byzantin et carolingien, qui auparavant étaient abordés en 6e, sans oublier les croisades et le commerce en Méditerranée...

Le thème 2 est très classique puisqu'il est consacré à la société médiévale en Occident, avec bien entendu la place de l'Eglise et l'ordre féodal.

Le thème 3, qui renferme des sujets passionnants au cœur d'un grand renouvellement historiographique, est malheureusement un fourre-tout où l'on croise Charles Quint, Soliman le Magnifique, François Ier, Henri IV et Louis XIV, et où l'enseignant doit ne pas oublier l'humanisme, les guerres de religion et « les grandes découvertes », terme pourtant abandonné depuis un moment par l'histoire scientifique.

En 4e, c'est tout aussi imposant, et encore proche de ce qui existe actuellement, avec cependant des traites négrières intégrées à un thème plus large sur le négoce et les marchands bourgeois. Ayant écouté les critiques sur la crainte de la disparition des Lumières, les concepteurs des programmes ont donné à celles-ci une place non négligeable, alors que la Révolution et l'Empire devront encore être traités en accéléré...Quant au XIXe siècle, il sera toujours aussi difficile (impossible) d'étudier correctement l'âge industriel et l'histoire politique (très complexe) de la période...

Enfin, en 3e, on reste encore dans le très classique, pour ne pas dire le conservateur.

Pas de liberté, et toujours plus lourd

La caractéristique des programmes actuels est leur lourdeur et le manque de liberté donnée à l'enseignant. Le fait de pouvoir « terminer le programme » est devenu une blague récurrente dans les salles des profs. Le projet du printemps était une bonne nouvelle sur ces deux points. C'est peu de dire qu'au final le gouvernement et le CSP, malgré l'autosatisfaction de son président Michel Lussault, ont cédé à peu près à toutes les pressions, pour nous servir une nouvelle fois des programmes encyclopédiques infaisables, encore plus franco-centré (c'est même précisé dans le préambule), avec même de fâcheuses disparitions (par exemple l'Afrique au Moyen Âge). Le pire étant que les enseignants d'histoire auront encore moins de temps pour appliquer ces programmes avec l'arrivée des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI), imposés par la réforme du collège. Cerise sur le gâteau, contrairement aux programmes de 2008, ce sont tous les niveaux qui changeront la même année...
Tout ça pour ça.

Lire un exemple de mise en place de ce nouveau programme sur le site Aggiornamento.

Les programmes sont à lire ici.

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