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L’Anneau d’améthyste (Jean-Yves Duval)

L’Anneau d’améthyste nous présente les destins croisés d’hommes et de femmes inconnus ou méconnus mais qui cependant jouèrent un rôle dans l’histoire de la première moitié du XXe siècle. Et ce rôle concerne avant tout le plus vieux métier du monde et son évolution juridique à travers les siècles que nous conte avec érudition Jean-Yves Duval autour d’une histoire des plus loquaces.

 

Résumé de l’intrigue

Fraichement nommé évêque du Mans au lendemain de la première guerre mondiale, Georges Grente ne peut supporter la proximité d’une maison close de son siège épiscopal. Bien décidé à partir en croisade afin de bouter les prostitués au plus loin, le prélat va se retrouver confronter à des situations et des difficultés qu’il ne pouvait présumer. Débute alors un chemin de croix qui l’amènera à rencontrer diverses personnes allant du journaliste résolument anticlérical à un ténor du barreau parisien sans oublier une ancienne prostituée devenue aviatrice puis espionne agent double pendant la Grande Guerre.

Goupillon et code civil : pour une histoire des maisons closes

anneau_amethysteNe vous laissez pas abuser par l’étrange et fantaisiste couverture de ce livre, nous sommes bien en présence d’un roman historique qui révèle un réel travail d’archives et une grande érudition sur l’histoire des maisons closes tant au niveau de la théologie chrétienne que de la législation française. En témoigne une fantastique plaidoirie, synthétisant en quelques pages toute l’histoire des décisions politiques concernant la prostitution du Moyen Âge à nos jours en France. On ne peut également qu’apprécier la restitution du langage journalistique acerbe de l’époque rappelant parfois dans un autre style les calembours d’Alphonse Allais. On se prendrait même à regretter cette époque où le politiquement correct n’avait pas lieu d’exister. On se laisse ainsi assez facilement entrainer par cette histoire de fermeture de maisons closes alors que le narrateur de l’histoire devient tour à tour l’un des différents protagonistes de ce roman historique.

Entre fiction et histoire : un difficile équilibre

Jean-Yves Duval a voulu raconter et présenter la vie de personnes via un roman avec pour point d’orgue un procès en diffamation entre l’évêque du Mans et le journaliste Georges de la Fouchardière. En guise d’introduction, le lecteur est accueilli par une définition de l’uchronie et un avertissement sur l’adaptation libre d’événements. En conclusion, l’auteur fait la part des choses entre la réalité historique et la partie proprement fictionnelle et inventée du roman. Et nous sentons cette précaution – toute à son honneur – tout au long de la lecture de ce roman historique ce qui le rend cependant inégal. Dans la première moitié de l’ouvrage, Jean-Yves Duval prend le temps d’installer ses personnages réussissant parfaitement à restituer une atmosphère propre à la IIIe République et aux différents milieux auxquels appartiennent ses personnages. Cependant, par soucis d’exposer l’affaire le plus fidèlement possible tout en racontant en parallèle la vie des différents protagonistes, le rythme ne cesse de s’emballer jusqu’à distancer le lecteur. Transposer en quelque trois cents pages autant d’informations et d’anecdotes romancées oblige ainsi l’auteur à procéder à de fréquentes ellipses de plusieurs années ainsi qu’à des digressions hachurant le récit et faisant perdre au roman son âme et son ambiance. Dommage.

 

Jean-Yves Duval, L’Anneau d’améthyste, Éditions Normant, Nantes, 2011.

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