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Guillaume le Conquérant (docu-fiction)

Le genre du docu-fiction est toujours un peu risqué. Ce mélange entre interventions d'historiens et scènes jouées par des acteurs pas toujours très professionnels donne encore trop souvent l'impression de reconstitutions en toc et bon marché, sans parler d'une certaine habitude à tomber dans la fiction pure, ce qui est un souci pour un documentaire d'histoire. Nous étions donc un peu méfiants en lançant ce « Guillaume le Conquérant » mais, très vite, l'inquiétude a fait place à une véritable surprise, une très bonne surprise.

 

Un docu-fiction très soigné

Après une courte ouverture assez cinématographique, évoquant notamment Hastings, le réalisateur Frédéric Compain a la bonne idée de commencer son film par les coulisses du tournage du docu-fiction. Cela donne un côté décalé assez charmant, tout en permettant de ne pas mentir sur la marchandise. De plus, dès les premières images du film, on a remarqué qu'on serait loin du côté « cheap » de certaines productions.

Guillaume-le-Conquerant-film-ArteA partir de là, le documentaire alterne entre des interventions d'historiens, des scènes de reconstitution jouées par des acteurs, et des visuels de sources et de monuments. D'ailleurs, la qualité de la photo donne envie d'aller visiter les sites normands, même si on regrettera qu'ils ne soient pas tous nommés.

Les quatre historiens sont des références sur le sujet, et on salue le choix de deux français (Pierre Bouet et François Neveux) et deux britanniques (Edward Impey et Lindy Grant). Leurs interventions sont toujours extrêmement claires, avec même parfois une pointe d'humour.

Le côté « fiction », on l'a dit, est une excellente surprise. On a un peu de mal au début avec le jeu du comédien incarnant Guillaume (Vincent Deniard), mais finalement il s'en sort très bien, comme tous les autres. Leurs interventions, comme souvent dans ce genre de production, font un peu trop théâtrales, mais comme elles sont la plupart du temps tirées de sources d'époque, ce n'est pas si étonnant. Ce qui est en tout cas à saluer est la qualité des reconstitutions, le camp de Guillaume, sa flotte et surtout la bataille de Hastings, dont le réalisme (certes, le sang et la violence en moins) est rare à ce niveau. L'utilisation du numérique pour augmenter le nombre de navires ou d'hommes est à peine visible ! Pour les châteaux et les églises, le choix de tourner dans des décors réels est bon, même si ce n'est pas toujours dans les lieux précis des faits.

Saluons aussi la très bonne idée d'animer la tapisserie de Bayeux, remarquable façon de commenter une source de façon ludique. Les cartes et les croquis ne sont pas en reste.

Un vrai documentaire d'histoire

A l'inverse de docu-fictions se prenant à tort pour des péplums de Ridley Scott, ce « Guillaume le Conquérant » utilise tous ses moyens pour nous donner une véritable histoire, sans en appeler à la fiction ou aux fantasmes, ni en rajouter sur les effets.
Chose trop rare, le commentaire a une analyse critique des sources, et il arrive même que deux des historiens débattent un court moment sur telle ou telle interprétation (le serment d'Harold, le siège de Londres,...). Et c'est toujours aussi clair.
La vie de Guillaume est retracée de façon chronologique, en s'arrêtant à chaque moment important, des révoltes des barons contre le « bâtard » jusqu'à sa mort un peu pathétique, en passant évidemment par Hastings, cœur du documentaire, avec une reconstitution excellente, et même impressionnante.

On prend conscience que Guillaume n'est pas si connu finalement. Les parties sur ses relations avec Harold (les difficultés à communiquer), la présence autour de lui de lettrés italiens ou flamands, le rôle majeur de sa femme Mathilde, seront pour beaucoup des découvertes.

Une grande réussite

Avec ce « Guillaume le Conquérant », nous avons enfin trouvé un docu-fiction réussi à tous les niveaux : reconstitutions, clarté des interventions des spécialistes, animations et réflexion sur les sources et le travail des historiens. On regrettera seulement des bonus un peu limités (le making-of trop court), mais ce n'est finalement qu'un détail tant le film s'avère incontournable sur le sujet.

« Guillaume le Conquérant », de Frédéric Compain, DVD. Editions  ZED, 2014.

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