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Bloody Sunday : De la tragédie aux excuses officielles

Le 15 Juin dernier, le Premier Ministre Britannique David Cameron, intervenant devant la Chambre des Communes, a accompli un acte d’une grande portée symbolique en présentant des excuses pour le massacre survenu à Derry en 1972 plus connu sous le nom de Bloody Sunday, un évènement dramatique rendu célèbre par le groupe de rock U2. Il s’agissait de l’aboutissement des travaux d’une commission d’enquête formée en 1998 et présidée par Lord Saville.


Dans son rapport final publié ce 15 juin, celle-ci contredisait les thèses soutenues jusque là par l’armée britannique. La mort de 13 civils nord-irlandais non armés ne pouvait être attribuée qu’à la perte de tout contrôle par les soldats du 1er Bataillon du Régiment Parachutiste. Londres venait de tourner le dos à presque 4 décennies de mensonge officiel.

Bloody Sunday : douze années d'enquêtes

Alors que s’est-il réellement passé ce 30 Janvier 1972 dans ce quartier de Bogside à Londonderry ? L’Irlande du Nord de l’époque est agitée par une vague de violences interconfessionnelles de proportion inédite. Depuis 1969 les troupes britanniques y sont chargées du maintien de l’ordre et y affrontent plusieurs groupes armés nationalistes catholiques dont l’IRA provisoire. La ville de Derry est au cœur de ces troubles, les soldats anglais y ayant déjà subi d’importantes pertes face aux snipers de l’IRA Provisoire.

En Janvier 1972 Association nord-irlandaise pour les droits civiques (NICRA), décide d’organiser une manifestation à Derry afin de protester contre les procédures d’internement administratif. Ces dernières ont en effet permis aux autorités d’enfermer sans procès des centaines de militants catholiques. La manifestation de la NICRA est conçue comme une marche pacifique, mais ses organisateurs ne peuvent empêcher les débordements habituels. Ainsi lorsque le cortège aborde une barricade de l’armée de jeunes militants s’en séparent et provoquent les soldats à coups de jets de pierres. La riposte des militaires est d’abord mesurée, mais lorsqu’ une rumeur portant sur la présence de snipers de l’IRA se répand ; l’officier commandant le secteur : le lieutenant colonel Wilford, panique.

Décidant (en violation d’un ordre issu d’un supérieur direct) de l’envoi de renforts dans le quartier de Bogside, il finit par autoriser ses hommes à tirer sur les manifestants, prétendument armés et hostiles. Dans les minutes qui vont suivre les parachutistes vont tuer treize personnes et en blesser 14 autres. L’histoire retiendra cette photo du père Daly agitant un mouchoir blanc taché de sang afin de sauver la vie de John Duddy, 17 ans, abattu alors qu’il fuyait.

bloodysundayrunningsoldierLe jour suivant le massacre, la position officielle de l’armée sera exprimée devant la Chambre des Communes : les parachutistes n’avait fait que se défendre face à une attaque armée de militants de l’IRA provisoire. Une version d’emblée condamnée par des centaines de témoins et par le fait qu’aucun soldat britannique ne fut blessé par balle ce jour-là.

Dans les jours, mois et années qui suivirent le Bloody Sunday, deviendra un symbole d’injustice et de la cruauté, inspirant nombre d’artistes de Paul McCartney à U2. Eternel point de friction entre les communautés nord-irlandaises, il ne sera pas pour rien dans la radicalisation des groupes armés catholiques durant les années 1970.

Gageons que le discours de David Cameron devant les Communes apaisera enfin le ressentiment engendré par cette tragédie.

Pour aller plus loin

- Le site officiel de la commission d'enquête Bloody Sunday.

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