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Ils étaient dix - BD

10bUn constat s’impose, les dernières BD parues sur le Premier Empire se veulent profondément psychologiques. Comme si cette période charnière de notre histoire avait tellement exacerbé les passions qu’elle devenait le terreau idéal des meilleurs récits épiques, des meilleures tragédies, autrement dit des styles d’écriture les plus à même d’explorer les tréfonds de l’âme humaine. La nouvelle série d’Eric Stalner s’inscrit dans ce thème en vogue en nous invitant à suivre un groupe hétéroclite de 10 individus en pleine retraite de Russie dans une course effrénée à la vie…

 

Résumé

Tome I,  « Octobre 1812 » : 23 Octobre 1812, les troupes napoléoniennes ont quitté précipitamment Moscou, laissant la ville aux cosaques et aux pillards assoiffés de vengeance et en quête de larcins. Ils étaient dix, emmenés par Jean-Baptiste Grassien, médecin de l'armée française, à fuir les Russes, avec le froid, la faim, la fatigue et la peur. Ils ne pensaient à rien sinon avancer d'un pas, puis un autre et encore un autre. Ils étaient dix au milieu d'une terre glacée, avec des morts et le froid russe qui commençait à s'étendre.

Tome II, « Novgora » : Novembre 1812, Jean-Baptiste Grassien, médecin de l’armée napoléonienne, tente désespérément, avec ses compagnons d’infortune de rejoindre le gros des troupes en débâcle. Voilà tout juste une semaine ils étaient dix… Mais la tourmente glacée de l’hiver russe, les hordes de pillards et les régiments du Tsar auront vite raison de la détermination du groupe de fuyard. Face à un bataillon de cosaques, Jean-Baptiste et ses compagnons se résignent à survivre… Mais à quel prix ?

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Notre avis

Ils_Etaient_Dix_p02Nous avons volontairement choisi de ne pas raconter l’histoire dans notre résumé car contrairement à des BD bibliographiques (comme dernièrement Napoléon Bonaparte) le suspens a une importance majeure dans cette série. La tension y est forte pour le lecteur qui suit pas à pas le tragique périple de ce groupe isolé, en peine pour retrouver l’armée française.

Cette BD ne s’encombre guère de faire un compte rendu historique, seul le cadre de la retraite de Russie est posé. L’isolement du groupe par rapport au reste de l’armée le place en quelques sortes en dehors du récit historique, ce qui permet de mieux concentrer la narration sur la psychologie des personnages. Car ne nous y trompons pas, si l’action est omniprésente, et donne véritablement une dynamique au récit, cette saga n’en reste pas moins profondément psychologique. A travers des individus hétéroclites réunis par la force des circonstances (soldats, sous-officiers, officiers, médecin, infirmier… Et même une comtesse russe…) Eric Stalner nous invite véritablement à explorer les tréfonds de l’âme humaine. C’est dans les revers et les tourments les plus rudes que ressort le mieux le vrai visage des gens, la vraie nature des individus. Et à ce titre le cadre historique est parfaitement choisi,  la retraite de Russie, débâcle dans un univers lugubre et hostile, où la mort est omniprésente, se prêtait parfaitement à cette explosion de passions et de sentiments.

Planche après planche, engourdis par le froid et le cœur palpitant depuis la dernière attaque de Cosaques, le lecteur est le témoin impuissant des tourments physiques et psychiques de ces personnages attachants…Sens de l’Honneur, peur, tristesse, colère, haine, honte, compassion…

Confrontés à l’animalité des leurs et à celle de leurs ennemis les protagonistes sont comme une parcelle d’humanité jetée en pâture aux avatars de la barbarie et de l’animalité. Ont-ils véritablement une chance de survivre ? Ce serait un message d’espoir.

Cette immersion complète dans le scénario voulu par l’auteur est en grande partie le fait des dialogues, parfaitement choisis, mesurés. Le dessin quant à lui est moderne, suffisamment détaillé pour permettre au lecteur de ressentir la pesanteur de ces immensités glacées, de ces sombres forêts de conifères… Et nous apprécions ce choix de ne pas avoir négligé le décor, si important pour planter le contexte tragique.

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On note cependant un certain nombre d’inexactitudes dans l’uniformologie et l’équipement de l’armée napoléonienne (bonnet d’ourson, sabretache et gibernes mal proportionnés, platines de fusils tellement simplifiées qu’on y voit des armes à piston…). C’est d’autant plus regrettable que quelques modestes recherches préventives auraient permis un peu plus de rigueur sur ce point que les nombreux amateurs du Premier Empire (qui se précipiteront, à n’ont pas d’en douter, sur cette saga) ne manqueront pas d’analyser avec attention.

Editions: 12 Bis

Scénario & Dessin: Eric Stalner

- Tome 1: "Octobre 1812" ( 02/2009)

- Tome 2: "Novgora" (03/2010)

- Tome 3: "Paris 1820" (03/2011)

- Tome 4: "Rue Saint-Honoré" (09/2011)


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