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Napoléon (A. Osi) - BD

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L'ombre d'une silhouette se détache... On distingue un bicorne, une redingote, une paire de botte, une épée... L'Empereur est de retour dans le milieu de la BD ! Napoléon est une nouvelle fois le sujet d'une bande dessinée bibliographique. La préface de Jean Tulard à cette œuvre d'André Osi était de bon augure pour le passionné de l'épopée napoléonienne... Le résultat est des plus réussi ! Partez pour Toulon pour suivre le début de la carrière de ce jeune corse qui par son génie et des concours de circonstances se hissa en peu de temps au sommet de la hiérarchie européenne.

 

 

Présentation

Napoléon, encore, toujours, partout...

Depuis quelques mois les bandes dessinées touchant de près ou de loin à l'homme providentiel ou à l'Empire abondent, au plus grand plaisir des nombreux passionnés de cette période.

A n'en pas douter Napoléon a gagné sa dernière bataille, celle de la postérité. Pour le site Histoire Pour Tous, n'ai-je pas eu à analyser cinq BD sur le petit caporal et ses hommes ? Et je n'ai vu arriver aucun équivalent pour les armées coalisées... Pas de Wellington, pas d'Alexandre, pas de Blücher...

Napoléon est le mythe de ce début de XIXème siècle, héritier des idéaux de la Révolution, grand conquérant, martyr, il est la grande figure romantique qui marqua l'Histoire.

Ce premier tome d'André Osi, intitulé « Toulon », veut nous faire découvrir les débuts fulgurants de celui que l'on surnomme alors le « capitaine canon » lors du siège de cette ville révoltée au nom des Girondins et occupée par une force armée étrangère composée de Sardes, de Portugais et bien sur d' Anglais qui tiennent la rade grâce à leur flotte.

Arrivé comme capitaine d'artillerie le jeune Buonaparte, fin connaisseur des théories militaires de Guibert, conçoit le plan génial d'obliger la flotte anglaise à fuir en s'emparant des forts qui bloquent la rade et en y plaçant des batteries d'artillerie en mesure de prendre les navires sous un tir croisé.

Prendre la cité toulonnaise simplement en exposant la flotte à l'artillerie est une idée qui révulse le général Carteaux qui considère

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l'artillerie comme une simple arme d'appui et prône une attaque massive et frontale de l'infanterie. Le général Carteaux, ancien peintre en bâtiment, n'est pas un fin tacticien, en suit un délicat conflit d'autorité avec le capitaine d'artillerie qui prend de l'assurance avec le soutien du représentant Salicetti, délégué de la Convention.

Entre le soutien de ce Montagnard tout puissant et l'incompétence des ces supérieurs successifs (le général Dopet, qui succède à Carteaux, est un ancien médecin qui peine à assumer son nouveau grade), le « capitaine canon » devenu chef de bataillon réorganise de façon autonome l'artillerie : de nouvelles batteries de campagne et des mortiers sont acheminés depuis Marseille, les batteries sont placées de manière à balayer la rade et, à l'arrivée du fameux général Dugommier, le plan de Bonaparte pour faire tomber Toulon est quasiment prêt.

Le 15 Décembre 1793 et pendant deux jours, sous une pluie battante, l'artillerie déchaine l'enfer sur les positions anglaises. Puis le canon se tait et le 17 l'infanterie française monte à l'assaut du fort du « Petit Gibraltar ». La furie des soldats de la République emporte tout sur son passage, malgré la pluie de fer et de feu qui s'abat sur eux les Français s'emparent du premier rempart. Mais la résistance est des plus farouches, au pied du deuxième rempart les assaillants sont mitraillés à brûle-pourpoint. Le sort de la bataille flanche, Dugommier engage ses bataillons de réserve avec à leur tête : Buonaparte. Le jeune officier, conscient que sa carrière se joue sur la réussite de cet assaut, fruit de sa stratégie, s'élance à son tour sur le fortin ! La pluie fouette son visage, l'acre odeur de la poudre lui sèche la gorge, il fait autant que possible abstraction du cri des blessés et des balles qui sifflent de part et d'autre. Les pertes sont lourdes mais les troupes de réserve commandées par Buonaparte font pencher la balance, le petit Gibraltar est emporté, le fort Mulgrave aussi, et tandis que les navires anglais ouvrent le feu sur l'infanterie Bonaparte continue sa charge furieuse pour emporter les forts de l'Eguillette et de Balaguier bientôt emportés à leur tour. Les canons sont retournés et la flotte anglaise, domptée par ce jeune officier corse, et contrainte d'abandonner la ville... Suivie par une partie des troupes coalisées et des Toulonnais qui quittent la ville comme les rats cherchent à sortir du navire en naufrage...

Durant ces jours décisifs pour sa carrière militaire le jeune Bonaparte ne cesse de penser au chemin parcouru. Une fois la victoire acquise il ne songe plus qu'au chemin à parcourir...

 

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Notre avis

Nous le répétons, pour la BD, Napoléon est un sujet prometteur et difficile.

Prometteur car qu'on l'adule ou qu'on le méprise Napoléon ne laisse pas indifférent et cette icône de l'Histoire européenne est certaine d'intéresser un nombre conséquent de lecteurs.

Un sujet difficile car les nombreux fans du Premier Empire sont très pointilleux et examinent attentivement ce qu'on leur propose, du respect des faits historiques jusqu'à l'exactitude du bouton de manchette, scénaristes et dessinateurs n'ont pas le droit à l'erreur.

Sur ce point nous félicitons le travail d'André Osi qui nous offre une magnifique bande dessinée !

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Le dessin est précis, réaliste, soigné, détaillé, c'est un véritable plaisir pour les yeux ! De l'uniforme de général à celui de simple fusilier du bataillon de volontaires de la Garde Nationale d'Ajaccio tout est des plus fidèles. Seul bémol à ces éloges, la présence à de nombreuses reprises du drapeau tricolore (bleu, blanc, rouge) à bandes parallèles, tel que nous le connaissons aujourd'hui, pour des scènes se déroulant de 1769 à 1793 alors que ce type de drapeau n'existe qu'à partir de 1812 !

Erreur des plus dommages quand on voit la qualité du reste de l'œuvre, nul doute que le coloriste réparera cela dans les prochains opus, jusqu'à ce que les tomes de cette série prometteuse dépassent la tragique année 1812...

Mais la qualité historique du dessin n'assure pas à lui seul le succès d'une BD, surtout d'une BD bibliographique. Ce genre est en effet souvent un peu lourd et lancinant, surtout pour le public des bandes dessinées toujours en quête de ludique, d'agréable, de passionnant... Et il semble qu'André Osi l'ait bien compris. En effet il ne nous invite pas à regarder le jeune Bonaparte, il nous invite à le suivre ! Les traits accentués du jeune homme, son visage osseux, ses cheveux en bataille sont magistralement rendus. Tout au long de la BD les expressions du visage sont parfaitement rendues, il nous suffit de regarder un personnage pour cerner ses sentiments. Ce procédé, entre autre, accentue la dynamique des scènes de bataille, les traits des visages décidés pointent comme les baïonnettes vers un ennemi abasourdi dont les traits révèlent une panique à peine contenue...

L'action est toujours entretenue par ces batailles bien dessinées et bien développées. A notre grand plaisir on s'étonne de voir qu'André Osi a pris le temps par exemple de consacrer trois planches à un assaut manqué des troupes anglaises et coalisées sur les positions françaises le 30 novembre 1793. Offensive ennemie, enclouage des pièces d'artillerie, ralliement des troupes par le général Dugommier, mouvement de contournement du général Garnier avec ses volontaires du Dauphinois, vue plongeante sur les manœuvres des bataillons qui prennent à revers les assaillants... On n'est pas habitué à des batailles si bien décrites dans le milieu de la BD ! C'est une excellente surprise ! Et on se plait à imaginer les grandes batailles de l'Empire si elles sont traitées de la même façon par André Osi !

Le siège de Toulon et ses multiples rebondissements est parfait pour la BD. Il regorge tellement d'action qu'il a été décidé d'intégrer à cet opus de nombreux flash-back pour nous raconter les débuts du jeunes Bonaparte, moins épiques pour être efficacement racontés dans une BD. Le choix est pertinent, commencer une série par une monotone histoire de Napoléon à Brienne aurait pu être mal reçu par l'ensemble des lecteurs, pas forcément tous fanatiques du personnage. Intégrer cette jeunesse à un événement plus dynamique, permettant au lecteur de ne jamais s'ennuyer, est une belle opération stratégique. Cependant, si parfois les flash-back sont bien introduits, Napoléon plongeant dans ses pensées le soir au bivouac, d'autres sont plus impromptus. Ainsi, le siège de Toulon sans cesse entrecoupé de flash-back souvent assez longs peut perdre de sa cohérence pour un lecteur peu familier avec le sujet.

Pour conclure, malgré quelques anicroches qui seront très certainement réparées dans les prochains tomes, la bibliographie qu'André Osi nous propose en BD est à ce jour la meilleure que nous ayons eu à lire !

Qualité du dessin, action prenante, alternance savante entre la jeunesse de Buonaparte et le tumultueux siège de Toulon... André Osi a trouvé la recette alchimique géniale pour faire d'une biographie historique une histoire accessible à tous !

Une bande dessinée que je conseille à tous les amateurs de l'épopée napoléonienne et que j'aimerai aussi voir dans les bibliothèques de nos établissements scolaires pour pallier quelque peu au honteux boycott du personnage par l'éducation nationale.

 

Editeur: Joker Editions

Auteur: André Osi

 

Tome 1: Toulon

Tome 2: Le général Vendémiaire

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