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La lignée - BD

La_ligneSi vous appreniez qu’il vous reste moins d’un an à vivre : que feriez-vous de votre vie ? C’est le sujet de cette BD où une famille maudite voit à chaque génération l’ainé périr sa trente-troisième année. L’occasion pour le scénariste de suivre quatre générations tout au long du XXème siècle : 1937, 1954, 1973 et 1994. Le premier tome nous plonge dans l’entre deux guerres, en pleine montée des régimes fascistes, dans le cadre de la guerre d’Espagne.

 

Synopsis

1855 : l’aventurier Aimable Brossart rentre d’une expédition en Amérique du Sud. Dans les calles de son navire il ramène une idole précolombienne de la culture Muisca trouvée le jour de ses 33 ans lors de ses fouilles archéologiques. Durant le voyage de retour vers la France le navire est malmené par les tempêtes, les marins accusent l’étrange statue d’en être la cause. Mais Aimable refuse de s’en débarrasser, pourtant un mal étrange l’épuise et finit par avoir raison de lui…

1883 : Joseph Brossard, fils d’Aimable, est renversé par un fiacre à Paris. Il succombe : 33 ans.

1914 : le lieutenant Jacques Brossard meurt au champ d’honneur : 33 ans.

1937 : Antonin Brossard, fils de Jacques, enterre sa mère. Il fait alors la rencontre de son oncle qui lui révèle l’étrange malédiction qui pèse sur la famille. Peu superstitieux Antonin ne semble guère prêter attention aux élucubrations du vieux fou. Mais le doute et un contexte familial difficile le poussent à quitter femme et enfant pour partir combattre avec sa maitresse d’origine espagnole dans les brigades internationales qui s’opposent aux phalangistes dans la guerre civile qui déchire l’Espagne.

Sans être communiste, ni même anarchiste, Antonin se retrouve dans les rangs d’une armée républicaine pleine de grands idéaux libertaires et communautaires, à combattre des nationalistes dépeints comme sanguinaires et sans pitiés. La réalité de cette guerre le mènera de désillusion en désillusion, tout d’abord dans les méthodes des républicains, que ce soit les exécutions sommaires ou les motivations peu honorables de certains combattants. Mais aussi des désillusions par rapport à sa maitresse, farouche républicaine quand elle était à Paris, mais qui à présent ne songe plus qu’à déserter… Et ce n’est pas la dernière des désillusions, mais nous laissons un peu de suspens pour le lecteur.

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Notre avis

La malédiction (réelle ou fantasmée) d’une statuette antique arrachée à sa terre est un grand classique du roman, et même de la BD de « Tintin et l’oreille cassée » à « Tintin et les sept boules de cristal » pour ne reprendre que les plus connues… Pour autant c’est une bonne façon d’introduire les deux principes de cette série : premièrement enchainer quatre volets à des époques différentes, deuxièmement mettre en lumière quatre destins face à l’échéance imminente de la mort. L’occasion de décrire des profils passionnés, qui se donnent avec l’énergie de celui qui n’a rien à perdre, dans un contexte historique varié.

Le premier tome « Antonin 1937 » nous plonge en plein dans la guerre qui déchira l’Espagne de 1936 à 1939 entre « républicains » et « nationalistes » et qui vit la victoire de ces derniers et l’établissement de la dictature de Franco. Dans le contexte tendu de la montée en puissance des fascismes européens (Hitler en Allemagne, Mussolini en Italie), de l’apogée de l’idéologie communiste et des tensions politiques exacerbées, la guerre d’Espagne apparait comme une grande répétition avant la Seconde guerre mondiale. Le scénariste s’est attaché à bien rendre ce contexte, en assurant à travers Antonin une promiscuité constante avec les volontaires européens partis d’eux-mêmes aider les républicains abandonnés par les gouvernements voisins. On y retrouve un communisme pur jus des années trente, plein de valeurs internationalistes, mais aussi profondément anti-bourgeois et anticlérical jusqu’à en devenir inhumain. A cela se superpose l’histoire d’amour avec cette jeune parisienne d’origine espagnole, infirmière de profession, qui rêve d’être actrice et qui interroge sans cesse le lecteur sur l’ordre de priorité à donner entre les idéaux politiques, les sentiments amoureux, le style de vie choisi et les opportunités professionnelles… Sur la frontière entre engagement et opportunisme.

Le scénario est un peu simple, mais cela se comprend parfaitement par le format choisi pour cette saga. Chaque tome est indépendant, il forme une histoire, un scénario, avec sa propre fin. Il faut donc qu’en 48 planches l’intrigue soit bouclée. On peut donc dire que ce côté-là, compte tenu de cette contrainte, le scénario parvient parfaitement à traiter sa part de « la lignée » et à faire découvrir la guerre d’Espagne.

Le dessin est réaliste, fruit d’un travail de recherche préalable (le style de la statuette par exemple correspond bien à la culture Muisca), fidèle à l’époque représentée (pas d’anachronisme flagrant) mais hélas peu précis. Ce dernier point est particulièrement notable pour ce qui est de l’armement, et tout spécialement les fusils et carabines. Le cas le plus concret se trouve avec les carabines à levier de sous-garde, elles étaient en effet très présentes sur le front espagnol et notamment avec la Winchester 94, mais dans cette BD elles se résument bien trop souvent à une crosse suivie de deux rectangles marrons pour le bois et gris pour le métal… Quand ces couleurs sont bien placées… On retrouve parfois le chien de l’arme au-dessus d’une partie en bois… Autrement dit les carabines sont très stylisées et pour ainsi dire inidentifiables, à la grande déception des amateurs.

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Au final « la lignée » est une BD qui de part son scénario court et tragique, dirigé vers une mort imminente, est très cinématographique, en plein dans la ligne éditoriale des éditions Grand Angle. Le choix de la période, 1937, et du contexte, la guerre d’Espagne, est très original pour le milieu de la bande dessinée. Une bonne occasion de donner un aperçu de ce conflit parfois oublié du grand public car ombragé par l’impact historiographique de la Seconde guerre mondiale.

 

La Lignée :

- Antonin 1937

- Marius 1954

- Maxime 1973

- Diane & Davide 1994

 

Scénario : Olivier Berlion, Jérôme Félix, Laurent Galandon, Damien Marie.

Dessins : Olivier Berlion.

Couleurs : Scarlett Smulkowski

Editions : Grand Angle

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