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Le fils de l'officier - BD

Fils_5Le dessin de Christelle Galland et la plume de Patrick Cothias et Patrice Ordas nous replongent dans le XXe siècle naissant pour suivre l’histoire d’un orphelin manchot, passé par le bagne pour enfant, et qui découvre avec une institutrice de 23 ans l’amour, mais aussi le pouvoir de la presse pour mettre un terme aux injustices vécues dans ces colonies pénitentiaires. Un scénario sur fond d’enquête policière bien mené, épaulé par un dessin réaliste qui garde le lecteur en haleine en gardant une large part de mystère autour de son personnage principal. Un bon choix de lecture pour les vacances.coup-de-coeur

 

Synopsis

Sidoine est un enfant doué, mais malheureux, trop grand pour son âge, orphelin de père et de mère, habitant chez un beau-père facteur porté sur la bouteille qui n’a pas les moyens de lui payer des études au lycée. Lui, Sidoine, ne rêve que des exploits de son vrai père, officier dans la Coloniale en Indochine. Un jour lui aussi se hissera dans la société par l’armée, et peut-être retrouvera-t-il son géniteur. Quand son beau-père se suicide (mais est-ce un suicide ?) en 1912, Sidoine orphelin mineur est transféré dans une colonie pénitentiaire, un bagne pour enfant. Là il fait la triste expérience des brimades, de la violence, des viols, de la zoophilie… Travaillant à l’atelier d’emboutissage, abruti pas la fièvre typhoïde, une erreur d’inattention lui vaut de perdre sa main et voit s’envoler tous ses rêves de carrière militaire. Sidoine rentre alors chez lui, en Bretagne, pour retrouver la maison de son beau-père : sa maison. Mais, à sa grande stupéfaction, cette maison ne lui appartient plus, il y trouve Aurélie, fille d’un de ses anciens patrons et institutrice de son état. La jeune femme aux manières de suffragettes se montre hospitalière envers le jeune homme, bouleversée par son histoire elle lui ouvre rapidement son cœur et son lit. La jeune institutrice décide alors de révéler à la société l’horreur des bagnes pour enfants. Avec l’aide de l’avocat Maitre Merzin elle mène une véritable campagne d’information qui trouve un écho favorable auprès de l’Association Nationale Contre le Bagne pour Enfant, mais aussi auprès de grands journaux comme Ouest-Eclair, l’Aurore de Jaurès… Mais tout le monde ne voit pas d’un bon œil la popularité soudaine de l’orphelin, il y a une certaine jalousie de la part d’un ancien camarade communiste, mais aussi de la part du conseil municipal dont certains membres ne voient en lui qu’un anarchiste. Au faîte de sa gloire, de nouveaux éléments viennent remettre en cause l’histoire de Sidoine, après une longue enquête menée par des détectives privés Maitre Merzin est en mesure de donner une nouvelle version de la paternité du jeune homme et constate que ce dernier laisse derrière lui une longue file de cadavres…

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Notre avis

Avec « Le fils de l’officier », nous retrouvons un scénario de Cothias et Ordas qui a déjà largement fait ses preuves dans les romans (« R.M.S. Lusitania ») et leurs adaptations en bande dessinée (« L’Ambulance 13 », « Nous, Anastasia R ») qui rendent à merveille l’ambiance du début du XXe siècle. Une fois de plus, derrière une intrigue policière et un scénario bien mené, les scénaristes recréent pour nous tout l’univers de ce siècle naissant : la France coloniale, les événements qui précèdent la Première Guerre mondiale (assassinat de l’Archiduc), les fractures de la société (patrons, pieux petit peuple des campagnes, ouvriers communistes, intellectuelle, peur des anarchistes…), les mouvements de revendication politique (la SFIO, les suffragettes…) et tout l’univers matériel de l’époque : les premières automobiles, les premières douches privées, les feuillets au fond de la cour, les intérieurs modestes… Le résultat est des plus convaincants et résulte à n’en pas douter d’un véritable travail de recherche. Certains bâtiments sont les copies conformes de ce qu’ils avaient été en 1912. Lorsque nous vous présentions la BD « La Rafale » des mêmes scénaristes, nous avions mis en parallèle certaines vignettes avec des photos d’époque pour montrer a quel point elles avaient inspiré les dessins. Nous pourrions faire de même avec « Le fils de l’officier » en prenant par exemple la façade de la Poste de Châtellerault, qui certes n’a guère évolué entre 1912 et aujourd’hui, mais se retrouve (assez) fidèlement restituée dans la BD par Christelle Galland. D'ailleurs, le dessin très réaliste offre suffisamment de détails pour permettre une immersion complète : détails vestimentaires, accessoire, mobilier… Mais si bien entendu on en voudrait toujours plus… L’expressivité des visages est aussi très bien réussie, et l’on pourrait parfaitement comprendre le déroulement d’une conversation sans lire les bulles, simplement en regardant l’évolution des traits des personnages.

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« Le fils de l’officier » est donc une nouvelle réussite des Editions Grand Angle qui fondent pourtant étrangement une seconde saga sur le thème des bagnes pour enfant déjà traité dans « Les innocents coupables » par Galandon. Mais ces temps-ci force est de constater que le milieu de la BD aime enchainer sur des grandes thématiques communes comme cela avait notamment été le cas autour des gueules cassées de la Grande Guerre.

 

Le fils de l’officier

T1 : La tête abîmée.

T2 : Un cauchemar dans la tête…

 

Scénario : Patrick Cothias & Patrice Ordas

Dessin : Christelle Galland

Couleurs : Sébastien Bouet

Editions : Grand Angle

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