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Les Godillots : « L’Oreille coupée » – BD

Godillots

La Grande Guerre en bande dessinée, vous connaissez. Mais la Grande Guerre aux côtés des Godillots c’est une toute autre histoire où l’aspect comique est primordial, sans pour autant délaisser la beauté graphique et une certaine recherche de l’exactitude historique. Dans ce second tome, le lecteur est plongé dans une blanche nuit de l’hiver 1917, dans les Vosges, dans une aventure palpitante et forte en rebondissements autour de la découverte de l’oreille d’un soldat allemand coupée par un soldat d’une compagnie franche française. Le rire, une nouvelle façon d’aborder la Der des Der et de perpétuer l’image des Poilus !coup-de-coeur

 

 

Synopsis

Les Godillots, c’est une poignée de poilus plongée dans l’enfer de la Première Guerre mondiale, c’est un petit groupe de soldats français aux caractères aussi marqués que différents. Il y a Palette, le sergent vétéran et pragmatique, Le Bourhis le colosse bourru avec son casque anglais, Bixente le frêle cadet de l’équipe toujours accompagné de son petit singe, et enfin pour cette aventure Ledru l’intellectuel raffiné qui contraste avec la rusticité de leurs conditions de vie. Le premier tome des aventures des Godillots nous avait plongés en pleine bataille de la Somme, de juillet à novembre 1916. Ce second opus quitte les tranchées et nous emmène dans les Vosges enneigées des premiers jours de l’année 1917. Ces fois-ci les Godillots vont faire une macabre découverte : après une altercation avec une compagnie franche, l’un de ces hommes laisse tomber un petit paquet contenant… Une oreille allemande ! Pas de doute, il s’agit d’un cas de mutilation sur l’ennemi comme s’en offusque le capitaine Mougin à qui Palette fait son rapport. Ulcéré, le capitaine ne voit qu’une seule façon de réparer cet acte abominable qui entache l’honneur de l’armée française : il décide de partir dans un périple solitaire et chevaleresque pour rapporter l’odieux trophée à ceux d’en face. Il n’y a guère que les braves Godillots pour flairer l’entêtement du capitaine et sentir venir le roussi : il y a fort à parier que les Allemands ne verront pas d’un bon œil le capitaine quand ils l’auront entre leurs mains avec cette oreille coupée… Palette et Le Bourhis se lance à la poursuite du capitaine, et se dirigeant avec lui tout droit dans la gueule du loup. Et, comme si la situation n’était pas assez critique, le commandant vient inspecter le cantonnement du 435 RI dans l’usine désaffectée de Kuhlbaum : s’il apprend que Le Bourhis, Palette et le capitaine Mougin sont partis parler aux Allemands, il ne fait aucun doute qu’il les fera passer au conseil de guerre et fusiller pour fraternisation avec l’ennemi !

Notre avis
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« L’Oreille coupée » est bien entendu, une suite du « Plateau du croquemitaine », mais cette bande dessinée forme une histoire à part que le lecteur pourra découvrir sans avoir lu le tome précédent.

Pour ceux qui ne connaissent pas les Godillots, il ne faut pas s’attendre à une BD crue et réaliste décrivant dans les moindres détails les horreurs de la Grande Guerre, nous ne sommes pas dans le même registre qu’une série comme « L’Ambulance 13 ». Au contraire, avec les Godillots, le lecteur est invité à découvrir la guerre de 14 dans un contexte moins sombre à travers un style que l’on pourrait qualifier de tragicomique. Tragique, car malgré tout la mort reste présente, la guerre est bien la toile de fond, la confrontation des vices et grandeurs humaines tissent bien ce scénario et le rendent poignant. Mais pour autant, dans ce climat qui pourra être lourd, on ne cesse de rire avec les Godillots que ce soit par le burlesque des situations ou par l’amalgame culturel que favorisait l’armée et qui n’est pas sans créer des situations comiques dans la promiscuité entre personnages fondamentalement différents dans la culture, le langage et les références. Pour les amateurs de petit écran, on retrouve chez les Godillots cet humour efficace que l’on retrouvait dans Kaamelott par exemple entre des personnages plus ou moins caricaturaux au caractère bien marqué. Au final, les Godillots sont certainement l’une des BD à contexte historique où l’on rit le plus ! Et sur ce point, on doit dire qu'Olier (le scénariste), a fait fort.

D’un point de vue graphique, il faut également garder en tête que nous sommes en présence d’une BD comique : il ne faut donc pas s’attendre à un réalisme pointilleux dans les formes, les couleurs, les proportions… C’est d’autant plus net pour les traits de personnages tout aussi accentués que leur caractère. Toutefois, et cela peut paraitre étonnant, le réalisme historique n’est en rien sacrifié ! En effet, malgré quelques erreurs (soldats et officiers saluant de la main gauche par exemple), la BD regorge de détails qui tiennent la route historiquement, tant dans l’organisation militaire que dans l’équipement, l’armement et tout ce que l’on regroupe sous le terme générique de « militaria ». Ainsi, on ne se s’arrête pas au casque Adrian, mais on reconnait facilement un fusil Lebel d’un Mauser, une baïonnette Rosalie, les piquets en queue-de-cochon, la cantine roulante… Une bonne surprise de la part de Marko donc, pour une BD comique dont on eu pu craindre qu’elle fasse fi des détails techniques. Notons également que Marko ne s’est pas seulement occupé du dessin, mais a aussi pris en charge la mise en couleur des planches enveloppant l’histoire dans l’ambiance bleu horizon d’une nuit d’hiver. Du lavoir en bordure des grands sapins enneigés aux sombres ruines des villages traversés au clair de lune, le lecteur ne peut qu’être totalement immergé dans l’environnement des Godillots.

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Enfin, et pour finir, le premier tirage comporte également « La gazette des Godillots », huit pages imitant les journaux de la guerre de 14 où un certain Yvon Touffer-Paitey, journaliste de son état, nous fait part de ses impressions et de ses observations pendant les quelques jours qu’il passe dans l’escouade du capitaine Mougin. Le journaliste découvre ainsi l’ennui de l’attente des soldats, tout juste égayés par « La Crapoulette Menteuse », jeu de cartes original dont le seconde classe Ledru raffole d’autant plus qu’il remporte toutes les manches (mais vu les règles pourrait-il en être autrement ?). Il découvre également le soin à porter à l’entretien de l’armement, de l’équipement et de l’uniforme aux côtés du soldat Pignol qui seul a le secret pour amidonner suffisamment son linge de manière à lui donner une rigidité suffisante pour qu’il tienne en position debout le poids d’un homme endormi (lors de gardes par exemple…). Conciliants, nous nous garderons de reprocher aux éditeurs l’omniprésence de la publicité dans cette gazette, que ce soit le vin de phosphoglycerate de chaux (recommandé entre autres aux ressortissants britanniques…), la liqueur Bénédicité (la compagnie du gouter de l’écolier…) ou encore le baume Tue-Dents Miriga (à ne pas utiliser plus de 32 fois par patient…). On pourrait juste regretter que l’auteur ne nous en dise pas un peu plus sur l’anecdote authentique à partir duquel il a brodé son scénario. Le lecteur se consolera avec le bon de commande du Polymorphe Tubulaire Ledru ou avec la recette du Gulasch hongrois. Si vous vous demandez ce que cela vient faire dans une BD sur la Première Guerre mondiale, vous n’avez plus qu’à lire « L’Oreille coupée » pour éclairer votre lanterne (type Monjardet de préférence) et passer un bon moment avec les Godillots !

 

Les Godillots

- Le Plateau du croquemitaine

- L’Oreille coupée

 

Scénario : Olier

Dessin & couleurs : Marko

Éditions : Bamboo

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