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L’Armée de l’Ombre : « L’Hiver russe » – BD

ombre8Contrairement à ce que pourrait laisser croire le titre, « L’Armée de l’Ombre » n’est pas consacrée à la Résistance, mais à l’armée allemande, et plus précisément à la Wehrmacht engagée sur le front russe durant l’hiver 1942. Cette bande dessinée, dont la sortie coïncide avec les 70 ans de la bataille de Stalingrad, se caractérise par un graphisme réaliste de grande qualité et un scénario des plus convaincants, loin de tout manichéisme. Suivez l’histoire d’un jeune allemand fraichement incorporé dans la 332e compagnie d’infanterie.

 

Synopsis

Nous sommes en automne 1942, et Ernst Kessler vient de terminer sa formation au camp d’entrainement de la Wehrmacht. Jeune homme de 19 ans, plein d’enthousiasme, il porte fièrement l’uniforme de l’armée allemande et ne rêve que de rejoindre le front de l’Est. Formaté par la propagande nationaliste du régime nazi, Kessler adule ses compatriotes de la 6e armée qui combattent héroïquement à Stalingrad contre les « popov » de Staline. Toutefois, la réalité du terrain va rapidement s’imposer à lui, et cela dès le voyage vers ce front qu’il avait idéalisé. De l’Allemagne à la Russie le voyage vers Stalingrad est un véritable périple : en train, en camion, à pied, l’armée du Reich avance lentement dans les immensités enneigées où les températures descendent à plus de trente degrés en dessous de zéro. Les soldats sont contraints à déneiger devant leur convoi, ils sont exténués et soumis en permanence aux coups de main des partisans, le moral a déjà du plomb dans l’aile quand Kessler et ses camarades font leur baptême du feu.

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Notre avis

Si les bandes dessinées consacrées à la Seconde Guerre mondiale sont légion, celles qui suivent un personnage principal côté allemand sont relativement plus rares. Certes on en trouvait quelques-unes par le passé (pensons par exemple à certaines histoires d’Ernie Pike), mais peu. Or on note ces dernières années une part de plus en plus importante laissée à l’histoire des troupes du Reich avec de très bons titres comme « Le Grand Duc » sur la Luftwaffe, ou « U-47 » sur la Kriegsmarine. « L’Armée de l’Ombre » entre donc dans cette continuité en abordant quant à elle la Wehrmacht. On peut y voir une étape de l’apaisement des mémoires sur le second conflit mondial et une résultante de la réconciliation franco-allemande. En effet l’une des idées clefs véhiculées par ces bandes dessinées est qu’il n’y a pas synonymie entre nazisme et armée allemande, et donc plus généralement entre nazis et Allemands. Dans « Le Grand Duc », nous avions un personnage principal ouvertement opposé au régime nazi, ici les choses sont plus nuancées puisque le héros est avant tout un jeune homme embrigadé par la propagande, admiratif des « héros » du Reich. Kessler est avant tout un jeune nationaliste, qui finalement semble apporter peu d’importance aux thèses raciales véhiculées dans son pays. Toutefois, le scénario d’Olivier Speltens n’omet nullement ces sujets, notamment à travers les frères d’armes de Kessler qui ont chacun une approche particulière de la guerre qu’ils soient de jeunes militants du national-socialisme défendant farouchement la pureté de leur race, ou au contraire des vétérans éprouvés qui ne veulent plus être les outils vivants sacrifiés pour satisfaire l’ambition hitlérienne. Cette vision non manichéenne véhiculée par la bande dessinée est une très bonne chose quand on sait qu’elle peut avoir une influence sur la jeune génération, largement influencée par les jeux vidéos qui eux font parfois très mal la différence entre armée allemande et nazisme.

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Artiste complet, le scénariste Olivier Speltens a également pris en charge le dessin et la mise en couleur de cette BD avec tout autant de succès. Le dessin est en effet réaliste et détaillé, ce qui permet une immersion complète et une fidélité historique dans les équipements qui plaira aux amateurs d’histoire militaire et aux collectionneurs de militaria. D’ailleurs dans le milieu du militaria la Seconde Guerre mondiale représente la part du lion et l’armée allemande ne manque pas d’adeptes tant pour la qualité de son matériel, son uniformologie que pour sa réputation d’efficacité. Tout le mal que nous souhaitons à Olivier Speltens c’est que ces amateurs forment un vivier d’éventuels fans pour sa nouvelle BD et les trois prochains tomes à venir.

 

En conclusion nous avons là une BD de grande qualité, tant au niveau du scénario que du graphisme. Une BD réaliste avec une vision non manichéenne de la Seconde Guerre mondiale et de l’armée allemande qui s’intègre parfaitement dans le travail de mémoire franco-allemand, ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cette série s’intègre dans la Collection Mémoire des Éditions Paquet… Une BD qui ravira les collectionneurs de militaria et plus généralement les amateurs d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, mais une BD qui devrait plaire également aux personnes totalement néophytes sur ce thème historique, qui
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apprécieront le périple profondément humain de ce jeune homme incorporé dans une armée au bilan profondément inhumain.

 

L’Armée de l’Ombre

- L’Hiver russe

 

Scénario : Olivier Speltens

Dessin : Olivier Speltens

Couleurs : Olivier Speltens

Éditions : Paquet

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