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Après-Guerre : « L’espoir » - BD

aprs_guerre_c1947, dans Berlin occupé un homme est abattu par les Russes alors qu’il passe sous la Porte de Brandebourg : le corps sans vie du fugitif s’effondre dans le secteur britannique, il porte sur lui des documents sur des prisonniers de l’URSS, parmi eux : Assunta Lorca. Dès lors, Thomas n’a plus qu’un objectif : délivrer son amante des camps soviétiques. Une aventure qui le mène de Bruxelles à Paris et jusqu’à Berlin pendant les premiers événements de la guerre froide qui commence entre les deux blocs.

 

Synopsis

Belgique, 1947, les tourments de la Seconde Guerre mondiale ont pris fin : l’occupation, la résistance et la collaboration ne sont que des souvenirs. Et pourtant pour les survivants le calvaire ne semble pas fini, notamment pour Thomas. Thomas est un être déchiré, qui espère contre vent et marrée faire libérer la femme qu’il aime, Assunta Lorca, républicaine espagnole qu’il avait rencontrée aux Açores alors qu’elle fuyait les franquistes… Et qui se retrouve aujourd’hui prisonnière dans un camp de détention soviétique… Thomas est un Belge pragmatique, qui a beaucoup voyagé (notamment au Congo) et qui va déployer tout son réseau de relations, de connaissance, de contacts divers et variés pour atteindre son objectif. Avec l’aide d’amis, et notamment de Lucie, et après avoir accumulé un pactole suffisant via le marché noir, il va établir des contacts avec les anciens résistants belges, l’intelligentsia communiste parisienne et l’US Army pour acheter le chef de camps et organiser l’exfiltration d’Assunta.

Une opération souterraine qui se heurte aux premières tensions de ce que l’on va dès lors appeler la guerre froide : le rideau de fer mis en place par l’URSS et le blocus de Berlin Ouest.

Notre avis :

« Après-Guerre » est la suite du diptyque « Les Temps nouveaux » où l’on découvrait le personnage de Thomas, de son engagement aux côtés d’Assunta pour la cause révolutionnaire et de son opposition avec son ami Charles qui avait choisit le camp rexiste : celui de l’extrême droite nationaliste belge. Le scénario de cette suite est axé sur les débuts de la guerre froide, et sur la libération d’Assunta, dans un contexte d’après-guerre belge original et bien rendu. En effet, si la Belgique est la nation de la bande dessinée, force est de constater qu’en France les bandes dessinées traitant de la Belgique durant la Seconde Guerre mondiale ne sont pas légion. Il est vrai qu’entre notre histoire franco-française, et la richesse événementielle chez nos autres voisins (Espagne, Italie, Allemagne, Royaume-Unis…) : la Belgique est généralement laissée pour compte comme un acteur secondaire de l’Histoire. Du coup la BD de Warnauts et de Raives nous font découvrir cette histoire méconnue de ce si proche voisin : le rexisme, la crise autour de la question du retour du roi… Mais le scénario nous invite aussi à découvrir Paris, ses intellectuels du café de Flore, son parti communiste à son apogée, son parti gaulliste qui se structure au sein du RPF, ses

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spectacles de Ionesco, ses bars, ses troquets… Qui tranche avec Berlin, ancienne capitale du IIIe Reich qui n’est plus qu’un amas de ruines que l’on déblaie jour après jour, une ville où règne la pénurie, le rationnement, et l’occupation par les forces alliées. Si la séparation de la ville est alors effective, et justifie la montée des tensions entre les deux blocs, les habitants gardent en mémoire les horreurs de la phase d’occupation et les exactions des troupes russes. Ces quelques éléments cités se retrouvent tous dans la bande dessinée qui fourmille de référence, à travers des personnages,en arr

la narration ou tout simplement le décor. Car, en effet le dessin, fruit d’une étonnante collaboration entre Warnauts et Raives, est dans un style réaliste qui fourmille de détails : en vous attardant ici ou là sur une affiche ière-plan ou la couverture d’une revue jetée dans un coin, vous vous immergé dans l’ambiance culturelle et politique de l’après-guerre. D’ailleurs, pour que le lecteur ne soit pas perdu dans ce florilège événementiel des années 1947 et 1948, une chro

nologie a été judicieusement prévue à la fin de la BD. Il s’agit d’une chronologie synthétique, bien entendu non exhaustive, mais particulièrement bien synthétisée et donnant un bon aperçu des événements politiques (la doctrine d’endiguement de Truman, la conférence de Moscou, la création de l’OECE…) et culturels (invention du transistor, « Les mains sales » de Sartre au théâtre, jeux olympiques de Londres…).

En conclusion « Après Guerre » s’avère être une œuvre originale tant par la façon de travailler des artistes (Warnaut et Raives étant tout deux scénaristes et dessinateurs) que par le contexte spatiotemporel choisi : la Belgique, la France et l’Allemagne des années 1947 et 1948. Le tout tenu par un scénario convaincant nous invitant par divers chemins à découvrir tout le contexte politico-culturel de cette époque. Un travail réussi.

 

Les Temps nouveaux

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- Le retour

 

Après Guerre

- L’Espoir

 

Scénario : Warnauts & Raives

Dessin : Warnauts & Raives

Couleur : Raives

Éditions : Le Lombard

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