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La Lignée : Diane & David 1994 - BD

album-cover-large-16287Grand Angle dévoile le quatrième et ultime volet de la saga « La Lignée », aboutissement d’un étonnant travail collaboratif qui aura réuni quatre scénaristes et autant de dessinateurs. Pour ce dénouement nous retrouvons Antonin et ses arrières petits-enfants Diane et David au cœur d’un des événements les plus tragiques de la fin de ce siècle : le génocide rwandais. L’occasion aussi de vulgariser ce sujet peu traité dans le milieu de la bande dessinée.

 

Synopsis

Antonin, que tout le monde croyait mort en 1937 durant la guerre d’Espagne, s’était en réalité réfugié en Colombie au sein d’un puissant cartel de drogue qui écoule son poison jusqu’en Europe. C’est là que l’incroyable destinée lui fait croiser la route de son petit-fils, Maxime, venue dans le Nouveau Monde pour rencontrer les Ramones et en cavale après avoir volé au Metropolitan Museum la statuette muisca que leur ancêtre avait découverte dans un temple précolombien et qu’il pensait être à l’origine de la malédiction. La fameuse malédiction de la lignée Brossard qui jusqu’à Antonin avait vu tous les ainés mourir à 33 ans. Mais la rencontre des deux hommes qui ignorent mutuellement leur identité tourne mal, Maxime est abattu et Antonin doit endosser le crime qu’il n’a pas commis. La découverte du carnet des Brossard sur le corps inanimé lui révèle l’identité de son petit-fils. Antonin a 20 ans pour cogiter en prison jusqu’à sa libération en 1994. Il décide alors de retrouver en France ses deux arrières petits-enfants, deux jumeaux dans leur trente-troisième année, tourmentés par la malédiction : Diane et David. Si Antonin retrouve rapidement Diane, David, lui, s’est fourré dans une situation critique : en voyage au Rwanda il se retrouve au beau milieu du massacre des Tutsi par les Hutus. En France on commence à parler de génocide, les informations peinent à arriver, Antonin décide d’activer ses réseaux mafieux pour monter une opération de sauvetage.

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Notre avis

Après la guerre d’Espagne dans les années 1930’s, les prêtres ouvriers dans les années 1950’s et les mouvements rock’n roll des années 1970’s, la saga de la lignée s’achève sur un des événements les plus dramatiques des années 1990’s : le génocide rwandais. Comme pour le premier tome, le défi est de rendre intelligible un événement important de l’Histoire, tout en l’intégrant au scénario de la saga et le tout en une seule bande dessinée d’une cinquantaine de pages. Dans cette saga collaborative qui a mis au travail quatre scénaristes différents, c’est cette fois-ci Damien Marie qui a relevé le défi. Défi relevé des plus dignement puisque de nombreux éléments clefs nécessaires à la compréhension du génocide sont égrainés de planche en planche : le rôle de la colonisation belge qui a favorisé les Tutsi et abaissé les Hutus, attisant ainsi la rancune entre les deux ethnies, la guerre postcoloniale qui en découla entre les Hutus au pouvoir et l’armée rebelle Tutsi , les crimes et les intimidations, la mort dans un attentat du président Juvénal Habyarimana dont la responsabilité est mise sur le dos des Tutsis, l’appel au massacre diffusé par la radio des milles collines, les massacres systématiques et les viols orchestrés par les Hutus, l’inaction des Casques bleus de l’ONU et de l’armée française qui ne prend en compte que l’évacuation des ressortissants étrangers… En ce qui concerne le contexte historique de la BD le scénario de Damien Marie se tient donc bien, il a même une réelle capacité didactique, et cela même pour le néophyte. En tant que site dédié à la vulgarisation de l’Histoire, nous aurions juste peut-être souhaité que les quelques pages du dossier à la fin de la série soient consacrées à expliciter un peu plus en détail ces événements : une présentation chiffrée du génocide, quelques photos d’époque pour faire sortir le lecteur de la fiction, une présentation des différents débats encore très chauds notamment autour de la responsabilité de l’attentat contre l’avion présidentiel, les accusations portées contre les troupes de l’ONU qui n’ont pas joué un rôle d’interposition… Nul doute qu’un africaniste aurait volontiers résumé cela en quelques lignes. Mais le dossier n’est finalement consacré qu’à la saga en elle-même, certes très originale dans sa formule « d’écriture multitêtes », avec un court topo de chaque scénariste sur la façon dont il a abordé le tome de la série qu’il avait en charge. Finalement le seul point qui peut paraitre étrange dans ce scénario c’est de retrouver le héros du premier tome, Antonin, parcourant le monde, enquêtant, baroudeur toujours sur la brèche jusqu’au cœur du génocide rwandais… Étonnamment en forme pour un vieil homme de 90 ans… Mis à part cela force est de constater que Damien Marie a de réels talents scénariste, sachant parfaitement jouer sur la corde du tragique en inventant ces deux jumeaux dizygotes, un homme et une femme enceinte qui ignore totalement lequel des deux est l’ainé, lequel des deux est visé par la pseudo-malédiction, lequel des deux vivra et lequel des deux verra sa moitié disparaitre…

Côté dessin le style de Frédéric Blier est à la fois simple et relativement précis. À titre d’exemple et contrairement à d’autres opus de la saga, l’armement des différents protagonistes est aisément reconnaissable ce qui apporte une touche d’authenticité très appréciable ! Quant à Scarlett Smulkowski, elle aura finalement été la seule à intervenir directement dans chaque album, au niveau de la mise en couleurs.

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Pour conclure, nous aurions parfois souhaité un peu plus de dossiers historiques dans cette saga, comme ce fut le cas pour le second tome, car ils permettent vraiment au lecteur de passer en douceur de la fiction à la réalité historique, de trancher le faux, du probable et du vrai, et qu’ainsi faisant la BD devient un formidable outil de vulgarisation, un vecteur de savoir d’autant plus efficace que ce support est accessible à tous. Néanmoins, nous soulignons le grand intérêt que nous avons porté à cette saga, aventure éditoriale des plus originales, laissant les scénaristes se relayer autour d’une trame commune, comme lors de l’élaboration des séries TV américaines. Une saga qui réalise quatre flashs, quatre instantanés sur l’histoire du XXe siècle : 1937, 1954, 1974 et 1994, quatre immersions dans une époque, une génération, initiant à leur manière le lecteur à une prise de conscience du cours rapide de l’Histoire et levant le voile sur quelques événements et phénomènes de ce siècle plus ou moins bien connus du grand public. Le tout, bien entendu, dans un style vif, prenant, entrainant : un style très cinématographique qui est la marque de fabrique de la collection Grand Angle.

« La lignée »
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- Antonin 1937

- Marius 1954

- Maxime 1974

- Diane & David 1994

 

Scénario : Damien Marie

Dessins : Frédéric Blier

Couleurs : Scarlett Smulkowski

Éditions : Bamboo

Collection : Grand Angle

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