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Le tombeau perdu d’Alexandre le Grand – BD

Couv_187804Un journaliste égyptien, Omar Le-Chéri, passe ses vacances à Alexandrie quand il se retrouve embarqué dans une des plus fameuses quêtes de l’archéologie : le tombeau perdu d’Alexandre le Grand ! De mosquées en cimetières en passant par les catacombes Omar mène l’enquête, mais il ne sait pas encore que dans l’ombre une mystérieuse secte veille à ce que le tombeau ne soit pas découvert… Une aventure grand public, accompagnée d’un dossier de l’archéologue français Jean-Yves Empereur pour en apprendre plus sur l’histoire de ce tombeau et les recherches qu’il suscite à Alexandrie.

 

Une nouvelle aventure d’Omar Le-Chéri

Vous serez sûrement étonné d’entendre parler d’une « nouvelle » aventure d’Omar Le-Chéri, car cela sous-entend que ce n’est pas la première et il y a de fortes chances que le nom de ce personnage ne vous dise rien… Et pourtant Omar Le-Chéri est déjà très connu… En Égypte ! Le personnage, dont le nom est inspiré de celui du célèbre acteur égyptien Omar Sharif (Omar El-Sharif en arabe), est né en 1991 sous le crayon du français Gilles Kraemer. Ses histoires sont publiées dans le supplément jeunesse du quotidien de langue française Le Progrès égyptien, cela dans le cadre d’un programme du ministère égyptien de l’Éducation et du Service culturel français pour redynamiser l’enseignement du français dans les écoles. Les aventures prennent alors la forme d’un récit, avec une illustration et un lexique. Héraut de la francophonie, Omar Le-Chéri est connu des dizaines de milliers d’étudiants égyptiens apprenant la langue de Voltaire et des professeurs qui n’hésitent pas à l’utiliser en classe, de la même manière que les professeurs d’Espagnol en France s’approprient le personnage de Mafalda. Omar Le-Chéri a toutefois déjà fait ses premiers pas en France il y a quelques années, en 1997, en donnant son nom à une association présidée par l’Alexandrin et ancien journaliste du Monde : Paul Balta. L’association Omar Le-Chéri anime des ateliers d’écriture journalistique et de blogs pour tous les jeunes francophones du bassin méditerranéen. En 2011, soit vingt ans après la création du personnage, Damir Niksic (originaire de Bosnie-Herzégovine) transpose en bande dessinée les aventures d’Omar. La publication de l’aventure est un peu retardée à cause de la révolution égyptienne, mais Omar Le-Chéri en feuilleton BD fait néanmoins son apparition dans ce contexte troublé, de février à août, dans l’hebdomadaire francophone Al-Ahran Hebdo. La même année, une exposition de planches de la BD ouvre la fête de la francophonie à la Galerie nationale de Sarajevo.

Dans cette aventure, le journaliste Omar Le-Chéri prend quelques jours de vacances à Alexandrie quand il apprend avec surprise qu’on reparle de la découverte probable du tombeau du charismatique fondateur de la cité : Alexandre le Grand ! Arrivé à l’Institut français d’Alexandrie il fait la connaissance fortuite d’un touriste allemand, Klaus Meyer, lui-même en quête du fameux tombeau perdu. Commence alors pour les deux hommes une enquête effrénée qui va les mener de la mosquée Nabi-Daniel aux catacombes de Kôm el-Chougafa en passant par le cimetière latin de Terra Santa… Mais la mystérieuse secte des Alexandres veille à garder secret l’emplacement de la dépouille du plus grand des conquérants.

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Notre avis

À première vue, avec un design de couverture bien en deçà de ce qui se fait aujourd’hui en France pour les BD d’aventure (au niveau dynamisme, mise en couleur…), et un dessin noir et blanc très classique qui rappelle justement celui de Mafalda, cette bande dessinée risque de ne pas attirer au premier coup d’œil le lecteur français lambda qui ignore tout du personnage.

L’histoire elle-même, qui fait une quarantaine de planches, est axée sur le duo Omar / Klaus, deux hommes aux caractères bien différents qui ne sont pas sans rappeler d’autres duos célèbres de la bande dessinée tel que Tintin et Haddock ou encore Blake et Mortimer. On retrouve d’ailleurs de nombreux lieux communs de ce type de BD d’aventure grand public : un mystérieux trésor caché, une enquête dans une ville pittoresque et de mystérieux individus qui tentent d’empêcher les deux héros d’arriver à leurs fins. On retrouve aussi tout ce qui fait de ces BD des BD grand public : pas de violence explicite, pas de vulgarité (mise à part quelques citations de Cambronne…) et encore moins de sexualité. Ainsi, parents et grands-parents peuvent offrir sans tracas et les yeux fermés cette BD, comme ils le feraient avec le reporter à la houppette qu’ils connaissent mieux.

 

Pour le lecteur français, « Le tombeau perdu d’Alexandre le Grand » est une réelle invitation à découvrir Alexandrie, ses rues bruyantes, sa corruption notoire (le bakchich traditionnel…), son histoire, ses spécialités culinaires comme la Molokheya et ses grands sites historiques comme les catacombes, les mosquées, les cimetières ou encore le fort de Quait-Bey à l’emplacement exact où se trouvait la 7e merveille du monde antique : le fameux phare d’Alexandrie. Afin de ne pas se perdre, la BD comporte une carte d’Alexandrie où sont localisés les principaux sites. Pour le lecteur égyptien, c’est l’occasion d’enrichir sa langue française, de découvrir les richesses (patrimoniales et historiques) de son pays, mais aussi de prendre conscience des nombreuses collaborations culturelles entre l’Égypte et la France, à travers l’association Omar Le-Chéri, à travers l’Institut français d’Alexandrie, mais aussi à travers les recherches d’archéologues comme Jean-Yves Empereur. En effet, Jean-Yves Empereur, bien connu en France puisque très médiatisé, surtout il y a quelques années lors de ses découvertes sous-marines exceptionnelles des vestiges du phare antique, est l’auteur avec Charis Tzala d’un dossier documentaire d’une trentaine de pages dédié au tombeau d’Alexandre.
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Dans ce dossier particulièrement clair et synthétique, on apprend qu’il n’y a pas un tombeau d’Alexandre, mais certainement trois : le premier à Memphis réalisé par Ptolémée Ier, le second à Alexandrie réalisé par le même Ptolémée devenue roi d’Égypte, et un troisième enfin réalisé par Ptolémée IV soucieux de réunir ses ancêtres et l’illustre conquérant. Trois tombeaux évoqués par les sources (Strabon, Pausanias, Zénobie, Sozomenos…), mais aussi de nombreuses autres spéculations qui placent le tombeau en Macédoine ou en Syrie… L’occasion de revenir sur les luttes intestines entre les généraux macédoniens pour faire inhumer dans leur zone d’influence la momie du héros déifié, l’occasion aussi de s’intéresser au culte qui lui était voué et les illustres visiteurs qui se rendirent en pèlerinage sur son sarcophage de verre (Jules César, Octave Auguste, Caligula qui vola l’armure, Septime Sévère, Caracalla…), mais aussi l’occasion de s’attarder sur la disparition du tombeau au IVe siècle de notre ère quand l’édit de Théodose Ier interdisit les cultes païens. Reprenant divers sites évoqués dans la BD, Jean-Yves Empereur explique ce qui fit le succès de la mosquée Nabi-Daniel tout en démontrant qu’elle ne pouvait abriter le fameux tombeau, contrairement à la tombe d’albâtre du cimetière latin qui, lui, pourrait peut-être être l’un des deux tombeaux d’Alexandre dans la capitale ptolémaïque.

Pour conclure, « Le tombeau perdu d’Alexandre le Grand » nous plonge dans une des plus grandes quêtes archéologiques d’une façon très didactique. Entre cette description pittoresque d’Alexandrie, cette promotion de la francophonie et ce dossier de Jean-Yves Empereur qui vulgarise avec brio l’état de nos connaissances sur le sujet, Omar Le-Chéri se positionne comme une grande figure de la promotion culturelle méditerranéenne !

 

- Le tombeau perdu d’Alexandre le Grand

Scénarion : Gilles Kraemer

Dessin : Damir Niksic

Dossier : Jean-Yves Empereur & Charis Tzala

Éditions : Riveneuve

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