Rechercher dans le site
Catégories
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil BD Histoire Nous, Anastasia R : Les cendres de Koptiaki - BD

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Nous, Anastasia R : Les cendres de Koptiaki - BD

Anastasia 3Russie, 31 décembre 1918 : un petit groupe d'officiers loyalistes fêtent le Premier de l'an dans une petite maison des faubourgs d'Ekaterinbourg. Le colonel Volodine a à ses côtés sa cousine Nastya... Ou plutôt sa pseudo-cousine... Car Nastya n'est autre que la grande duchesse Anastasia qu'il a sauvée lors du massacre de la famille impériale par les troupes bolcheviques ! Avec « Nous, Anastasia R », tirée du roman éponyme, plongez dans une brillante uchronie historique ! 

 Synopsis

1918, la Russie est déchirée par la guerre civile entre les troupes révolutionnaires de la jeune Armée Rouge et les soldats loyaux au Tsar : l'armée blanche. Prisonniers des rouges la famille impériale russe est détenue à la Villa Ipatev. Dans la nuit du 17 au 18 juillet, sur ordre de Lénine, ils sont éliminés. Le Tsar Nicolas II, l'impératrice Alexandra Fiodorovna, leur fils Alexis, leurs quatre filles Olga, Tatiana, Maria et Anastasia sont exécutés et dissous dans l'acide avant que leurs cendres ne soient enterrées. Pour les bolcheviks il ne doit plus rien rester des Romanov ! Mais ce qui leur échappe c'est que parmi eux se trouve un loyaliste infiltré, l'officier blanc Félix Volodine qui parvient à exfiltrer la jeune Anastasia, grièvement blessée... Mais vivante ! Peu de temps après l'armée blanche libère Ekaterinbourg et la villa du crime, Volodine fait soigner Anastasia qu'il présente comme une cousine recueillie pour la protéger des persécutions des Rouges. Il sait que pour l'instant la survie de la princesse ne doit être révélée sous aucun prétexte. Lénine de son côté a de gros doutes sur l'élimination complète de la famille impériale, il envoie ses sbires pour traquer une éventuelle survivante et éliminer les traces du massacre et ainsi devancer l'enquêteur envoyé par l'amiral Koltchak, chef de l'Armée Blanche. Le colonel Volodine, tout en cachant sa « cousine », prête main-forte à l'enquêteur pour étudier les lieux du forfait et exhumer les corps malgré les éléments bolcheviks qui tentent de les éliminer... En parallèle, en Roumanie, une pauvre femme traumatisée par le massacre, faible psychologiquement, se nourrit d'illustrés sur la famille impériale. Remplaçant peu à peu ses souvenirs par une vie de cour imaginaire, elle se convainc d'être une princesse échappée au massacre...

Anastasia 2B

Notre avis

Cette bande dessinée est une adaptation du roman éponyme de Patrice Ordas et de Patrick Cothias. Il s'agit de la suite de « Villa Ipatev » qu'Histoire pour Tous vous avait présenté l'an dernier. Les dessins de Nathalie Berr et la mise en couleurs de Sébastien Bouet sont dans un style réaliste, suffisamment riche et détaillé pour être immersif et plonger le lecteur dans l'ambiance froide et pesante de cet hiver 1919. Les grandes forêts de sapins, la neige, la boue du dégel, les ossements que l'on sort de terre, les bolcheviks embusqués, tout participe à cette mise en tension permanente qui rend la BD particulièrement prenante et dynamique.

Histoire pour Tous s'était déjà exprimée sur le scénario de ce roman, et donc par extension de la série en bande dessinée qui en découle. L'hypothèse de la survie de la grande duchesse Anastasia a longtemps semé la discorde entre les journalistes, les érudits, les historiens... On sait aujourd'hui, grâce aux corps exhumés en 1998 et en 2007, qu'Anastasia a hélas bien était exécuté avec sa famille. Toutefois, le mythe de sa survie persiste toujours, notamment parce qu'une certaine Franziska Schwanzkowska a prétendu être Anastasia. Ce scénario est donc une uchronie, mais très bien insérée dans l'Histoire, avec son contexte politique, ses personnages réels et le véritable doute qui fut entretenu sur la survie d'Anastasia et sur la véritable identité de Franziska.

Toutefois, l'histoire de la révolution russe est assez complexe et surtout très peu connue du grand public qui considère généralement que tout s'est fait en 1917. L'armée loyaliste, oubliée politiquement à l'époque, et aujourd'hui oubliée historiquement pour la majorité des non spécialistes, et en particulier par le jeune public amateur de bandes dessinées. Dès lors, le rôle de l'amiral Koltchak ou du général Denikine cités dans la BD sont très certainement plus que flous pour l'immense majorité des lecteurs. L'existence réelle de Franziska Schwanzkowska n'est pas non plus une évidence pour le néophyte. Du coup, il est fort possible que beaucoup de lecteurs passent à côté du beau travail de recherche qu'ont fait Ordas et Cothias et qu'ils passent en plus à côté de l'occasion d'en apprendre un peu plus sur la révolution russe. À n'en pas douter un dossier historique, même succinct, manque cruellement à cette BD. De nombreux thèmes mériteraient à être évoqués, dont en priorité : le contexte politique et sa chronologie, la véritable histoire d'Anastasia et ce qu'on sait de celle de Franziska. Non seulement cela servirait à vulgariser l'Histoire, ce que par définition nous apprécions ici, mais en plus cela mettrait réellement en valeur le travail des scénaristes.

Pour conclure nous avons là un très bel exemple de bande dessinée d'Histoire contre factuelle, digne héritière du roman dont elle est tirée. Une histoire qui gagnerait grandement à être accompagnée d'un corpus documentaire, ce qui sera peut-être le cas à l'avenir, car la saga n'est pas finie !Anastasia 1B

Le roman :
- Nous Anastasia R.

 

Les BD :
- Villa Ipatev
- Les cendres de Koptiaki

 

Scénario : Patrice Ordas & Patrick Cothias
Dessins : Nathalie Berr
Couleurs : Sébastien Bouet
Éditions : Bamboo
Collection : Grand Angle

 

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire