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Napoléon : La conquête lombarde - BD

Lombarde couvertureLe troisième tome de la saga d'André Osi est arrivé ! Avec le général Bonaparte lançons-nous dans la célèbre campagne d'Italie dont il reviendra auréolé de gloire. Première étape : séparer Piémontais et Autrichiens et marcher sur Turin pour imposer une paix séparée au Royaume de Piémont-Sardaigne. La série biographique d'André Osi s'affirme comme une référence de la BD napoléonienne, une BD qui prend le temps de raconter, de façon complète et nuancée, sans tomber dans la légende dorée, ni dans la légende noire.coup-de-coeur

 

La conquête de la Lombardie

Au printemps 1796 le général Bonaparte quitte Joséphine qu'il vient d'épouser pour prendre le commandement de l'armée d'Italie à Nice. Pour le Directoire le moment est venu d'en finir avec la menace autrichienne, deux armées (celle de Sambre et Meuse et celle du Rhin et Moselle) sont chargées de culbuter les Autrichiens et de menacer Vienne tandis que l'armée d'Italie doit mener une guerre de rapine (les caisses de l'État sont vides...) et de diversion dans le Nord de la péninsule pour empêcher l'armée de Beaulieu de rejoindre le gros des opérations au Nord des Alpes.
Après s'être imposé à ses confrères qui ne le voient que comme un général de salon, et avoir galvanisé les troupes qui manquent de tout, Bonaparte longe la côte méditerranéenne en direction de Savonne. Il doit faire faces aux Autrichiens de Beaulieu et d'Argenteau, ainsi qu'aux Piémontais de Colli, il sait pertinemment qu'il doit diviser ces forces pour les vaincre. Pensant que les Français marchent sur Milan, et souhaitant tuer dans l'œuf tous les projets de Bonaparte, Beaulieu se lance dans une politique offensive qui lui vaut la défaite de Montennote. Cette victoire française créée une brèche entre les Piémontais et les Autrichiens dans laquelle Bonaparte s'engouffre pour l'élargir, menant les batailles de Millesimo, du village de Dego qui change plusieurs fois de mains, de San Michel... Les troupes piémontaises, comprenant qu'elles sont isolées des troupes autrichiennes, ne cessent de retraiter vers Turin qui apparait alors comme le véritable objectif des Français. À Mondovi les Piémontais sont une nouvelle fois défaits et sont contraints à signer une paix séparée pour sauver leur capitale. Bonaparte quant à lui s'élance déjà sur Milan, marchant vers la ville de Lodi il doit franchir l'Adda.

Lombardie2

Notre avis

« La conquête lombarde » est le troisième tome de la saga d'André Osi dédié à Napoléon. Il fait suite à « Toulon » et au « Général Vendémiaire ». Cette série se caractérise par le temps qui est pris pour traiter la vie de l'illustre personnage. Alors que dans d'autres séries sur le même thème nous sommes déjà au mariage avec Marie-Louise (1810) au bout du troisième tome, ici nous n'en sommes qu'au début de la campagne d'Italie (1796). Du coup vous l'aurez compris, il s'agit actuellement de la série la plus complète et la plus détaillée. En refusant de faire rentrer plusieurs années dans le court format qu'est la BD, André Osi s'engage sur un travail de longue haleine, mais aussi un travail de référence dans le milieu de la bande dessinée historique. Qui plus est, cette série prolixe est aussi très bavarde et chaque planche comporte une quantité non négligeable de texte que ce soit la narration en cartouche ou le discours direct des bulles. Du coup le scénariste offre au lecteur une description relativement bien détaillée des considérations stratégiques et tactiques de la campagne, et même des batailles, là où d'autres se seraient contentés d'enchainer les victoires de cases en cases sans s'y attarder. En faisant ainsi, André Osi donne une certaine Lombardie1profondeur à la campagne d'Italie, qui n'apparait plus comme une promenade de santé pour un général de génie. On y voit Bonaparte élaborer certes des plans audacieux, mais aussi devant s'adapter sans cesse aux offensives autrichiennes et aux contre-attaques parfois inattendues des Piémontais. La campagne n'apparait plus non plus comme UNE troupe renversant tout, ici les autres généraux aux ordres de Bonaparte retrouvent toute leur place avec leurs initiatives plus ou moins heureuses. On touche également du doigt ces considérations stratégiques, dans les deux camps, consistant à mettre une petite troupe dans une situation plus que difficile, où elle est certaine de perdre, mais avec l'objectif de retarder l'ennemi pour laisser au gros des troupes le temps de manœuvrer... Dans cette BD la conquête de la Lombardie prend une intensité qu'elle n'avait jusqu'alors jamais connue dans le neuvième art !

Ce qui fait aussi tout le succès de l'œuvre d'Osi, c'est sa capacité à jouer avec les échelles. Nous sommes tantôt à la tête de l'armée au milieu des cartes (des cartes d'ailleurs très opportunes pour permettre au lecteur de suivre le déroulement des opérations) et des réunions d'État-major, tantôt au milieu des soldats montant à l'assaut ou fêtant leur victoire dans l'alcool. Cette façon de faire permet d'avoir une vue globale de la campagne, mais aussi de s'intéresser à quelques actions d'éclats ou faits divers locaux. Cette proximité avec la troupe permet d'aborder les horreurs de la guerre, trop souvent estompées par l'éclat de la légende napoléonienne. Chaque bataille fait l'objet de plusieurs planches (cinq par exemple pour Montenotte) où l'on ne nous épargne ni les membres mutilés, ni les sanglants coups de sabre ou de baïonnette. Les pillages et les viols commis par l'armée française en Italie sont également traités sans aucun tabou, noircissant l'image d'Épinal des armées républicaines apportant dans leurs gibernes la liberté et les valeurs du nouveau régime.

Graphiquement, ces 46 planches sont une parfaite réussite et jouent elles aussi, bien entendu, sur la totale immersion du lecteur. On peut certes noter, ça et là, quelques petites erreurs : par exemple, tous les fantassins français portent un sabre-briquet alors que les compagnies du centre ne devraient pas en avoir, et ces briquets ont visiblement des gardes aux lignes courbes comme ce sera le cas à partir du Consulat alors qu'elle devrait avoir les lignes anguleuses du modèle 1767 (/ 1793 pour la variante révolutionnaire). Il serait aussi esthétiquement intéressant d'équiper quelques fusiliers de casques types 1791. Autre exemple, les hussards devraient être équipés de mousquetons, et non de fusils. Mais en règle générale le dessin est tout ce qu'il y a de plus réaliste et de satisfaisant d'un point de vue historique. L'armement lui-même fait l'objet d'une certaine attention et l'auteur n'a pas peur de faire quelques gros plans sur un fusil. C'est une chose hélas de plus en plus rare en BD, où beaucoup de dessinateurs se contentent d'un trait marron surmonté d'un trait gris pour obtenir une silhouette de fusil... À la grande désolation des Lombardie3amateurs de la période qui sont aussi souvent des amateurs d'armes anciennes... Dans l'ensemble, nous avons donc un dessin et une mise en couleur de qualité, offrant des visuels pour les trois armées impliquées le tout dans un paysage italien parfaitement rendu.

En définitive, nous avons là la bande dessinée de référence sur la vie de Napoléon. Une BD qui prend le temps de raconter, qui ne tombe ni dans la légende dorée, ni dans la légende noire, et offre un récit nuancé, dynamique et relativement complet de ces heures cruciales de notre Histoire. Indispensable pour les fans de la période, immanquable pour les amateurs d'Histoire et plus que recommandé pour les néophytes qui veulent découvrir le personnage le plus célèbre de l'Histoire de France via ce vecteur ludique et sérieux.

 

« Napoléon »

- Toulon
- Le Général Vendémiaire
- La conquête lombarde

Scénario & Dessins : André Ossi
Couleur : Véronique Robin
Édition : Joker.

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