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Éclats – BD

Eclats 3Une fois de plus les Éditions La Pastèque nous offrent un roman graphique qui sort des sentiers battus avec cet ouvrage consacré à Victor, soldat dans une compagnie de DCA néerlandaise balayée par le blitzkrieg allemand en 1940. Sur fond d'invasion et d'occupation des Pays-Bas, cette bande dessinée aborde la difficulté à accepter la défaite, les pertes irréparables qu'elle engendre et ce profond sentiment d'impuissance pour des hommes qui n'ont pas réellement eu le temps de tenir tête à l'ennemi.

 

 

Synopsis

4 mai 1946, Victor s'arrête devant la tombe de son ami Chris. Comment en est-on arrivé là ? La guerre. La guerre déclarée en 1940 par l'Allemagne hitlérienne aux Pays-Bas qui se croyaient protégés par leur neutralité. L'invasion fut soudaine, brutale et rapide, face au blitzkrieg la petite unité de DCA à laquelle appartenant Chris et Victor n'a rien pu faire. D'ailleurs, certains épisodes de cette mésaventure restent sombrement énigmatiques : on s'interroge sur d'éventuels sabotages de matériel, le mot trahison est sur toutes les lèvres.
Dans les allées du cimetière Victor retrouve Esther, son amour d'avant-guerre, jeune juive qui a fui l'antisémitisme des troupes d'occupation et qui a rompu tout contact. Esther n'est plus la même. Plus rien n'est comme avant, pour Victor la guerre c'est avant tout la perte, perte de ses amis, de ses amours, de sa jeunesse, de ses espoirs...

Eclats 1Notre avis

Si la Seconde Guerre mondiale est un sujet relativement souvent évoqué par la bande dessinée, force est de constater que les Pays-Bas sont un théâtre d'opérations largement ignoré. Ne serait-ce que sur ce point, cette BD (ou plutôt ce roman graphique vu le format) a donc une profonde originalité qui ne peut qu'attirer notre attention. L'autre grande originalité est le type de dessin, qui ne se veut pas réaliste, mais est très simplifié et très sobre. Nous laisserons à chacun son appréciation sur ce type de dessin, mais reconnaissons néanmoins que l'on perd forcément en reconstitution historique (pas de détails dans les décors, les uniformes...), mais que l'on gagne en rapidité de lecture tant est si bien que les 260 pages se lisent très très rapidement. Avec ce type de dessin, on ne s'attarde pas sur le décor, mais sur l'expression des visages des personnages et sur les prises de vue ce qui laisse une large part aux émotions.

Le scénario, habile et entrainant, permet de traiter plusieurs thèmes clefs : le doute sur l'inéluctabilité de la guerre, l'impuissance face à l'invasion, le sentiment de trahison, l'occupation, l'antisémitisme, la corruption... Deux thèmes phares caractérisent ce premier tome : la perte et l'impuissance. Ce sont ces deux sentiments qui malmènent les personnages et qui font la dynamique de l'œuvre. On pressent également que ces sentiments sont les germes à une entrée dans la résistance qui sera certainement évoquée dans le prochain tome de ce diptyque.

Ce scénario est fictif, mais il s'appuie sur une réalité historique et sur la mémoire familiale de l'auteur. Erik de Graaf est en effet né aux Pays-Bas, à Vlaardingen, et axe son récit sur l'histoire des soldats de la 4e batterie d'artillerie anti-aérienne cantonnés à Smitshoek, village de ses grands-parents. Ces troupes étant logées chez l'habitant, la famille de l'auteur a hébergé quelques-uns de ces jeunes soldats, et leur hospitalité a rapidement fait du logis familial un point de rassemblement pour les jeunes artilleurs. La famille de l'auteur fut donc aux premières loges quand commença l'invasion allemande et Erik de Graaf a pu s'appuyer en partie sur cette mémoire familiale, sur des photos, ou encore sur des témoignages directs comme le court journal tenu par le soldat Gijs van Dam durant les premiers jours du conflit. Certains de ces documents, et le contexte familial qui servit de terreau à cette œuvre sont présentés à la fin de l'ouvrage dans un dossier d'une petite vingtaine de pages très richement illustrées. Ce dossier est une excellente chose, car il permet au lecteur baignant après avoir lu la BD dans cette lourde ambiance de la défaite et de l'occupation, de sortir de la fiction pour toucher au concret à travers des clichés, des objets, des documents...

Eclat 2


Erik de Graaf a donc parfaitement su utiliser son histoire familiale pour nous offrir une fiction poignante sur un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale tout en alimentant la curiosité du lecteur pour lui donner l'envie premièrement de savoir la suite, et deuxièmement d'en savoir plus sur l'Histoire des Néerlandais durant cette guerre !

- Éclats

Scénario & Dessin : Erik de Graaf
Éditions : La Pastèque

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