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Vidocq : Le suicidé de Notre-Dame – BD

album-cover-large-25425Vous aimez les polards dix-neuvièmistes ? L'univers hugolien des Misérables vous inspire ? Alors vous aimerez certainement cette nouvelle série qui nous invite à suivre les enquêtes du célèbre Vidocq et de la Brigade de Sureté dans la capitale de l'Empire napoléonien. Quand un ancien bagnard mène la chasse dans les bas fonds de la ville des Lumières, vous n'avez plus qu'à suivre sans perdre haleine le claquement sec des bottes de l'inspecteur sur les pavés des bords de Seine... vous êtes sur les pas du « Napoléon de la police » !

Un scénario dynamique dans un univers hugolien

Paris 1813, dans la capitale napoléonienne un ancien bagnard est à la tête d'une équipe atypique pour traquer les truands des bas fonds. Cet homme qui infiltre la pègre avec aisance c'est bien entendu Vidocq, à la tête de la brigade de Sûreté ! Dans ce premier tome de la série, Vidocq est dépêché pour constater le suicide d'un homme devant l'autel de Notre-Dame sur lequel il laisse une lettre (le récent suicide de Dominique Verner, dans des conditions similaires, aurait-il inspiré le scénariste ?). Un certain baron Louis de Saint-Romain... Ou pas... Vidocq en est certain, il a déjà vu cet homme et ce titre de baron est usurpé ! Le début d'une enquête palpitante qui n'est pas sans rappeler la véritable affaire du comte de Pontis de Sainte-Hélène !

Nous ne révélerons pas plus l'histoire ici, laissant ce plaisir au lecteur, mais tenons à signaler un scénario bien mené qui tient le lecteur en haleine ! L'utilisation de l'argot (avec la définition en note de bas de page bien entendu) vient parachever l'immersion. Du quai des orfèvres aux quartiers malfamés nous découvrons un Paris du début du XIXe siècle qui n'est pas sans rappeler celui des Misérables d'Hugo... Et d'ailleurs le scénariste fait directement un clin d'œil à cet univers en faisant du jeune Javert un important personnage secondaire. Retour à l'envoyeur pourrait-on dire puisque Victor Hugo lui-même se serait peut-être inspiré de Vidocq pour créer son personnage de Jean Valjean ! Un étroit mélange entre histoire, légende et littérature qui intéressera peut être les étudiants préparant le CAPLP Lettre-Histoire et devant travailler sur « Histoire et fiction ».

 vidocq 2

Un graphisme réaliste... mais...

Le dessin se veut réaliste et permet une immersion complète dans le Paris du XIXe. Du sang de la guillotine, des arrières boutiques de boucherie et des salles de dissection, jusque dans les beaux bureaux de la Préfecture de Police nous suivons la marche déterminée du charismatique Vidocq !

Le dessin est soigné et même les armes font l'objet d'un travail relativement détaillé. Oui mais il y a un « mais »... Il manque un petit quelque chose à ces dessins d'armes, un petit quelque chose qui fait toute la différence et qui choque la vue : toutes ces armes à silex n'ont pas de silex ! Nous rappelons que c'est le silex qui fait l'étincelle en s'abattant sur la batterie pour enflammer la poudre du bassinet qui transmet la flamme par la lumière afin de permettre l'explosion de la charge dans la chambre et l'expulsion de la balle par le canon. Sans silex ces armes sont inoffensives ce qui d'un coup fait perdre en crédibilité le Vidocq vociférant, la catin avec son petit pistolet sous les dentelles, les bandits ou même les soldats napoléoniens... Même le suicide introductif n'aurait pu avoir lieu en réalité... Hélas cette erreur se retrouve un peu partout, ponctuant la BD de petites exaspérations pour le passionné de la période. Même sur la couverture, Vidocq prend une posture déterminée devant la galerie des rois de Notre-Dame mais avec un An XIII de cavalerie rendu inoffensif... Un détail certes, mais qui laisse comprendre que l'armement représenté, et plus largement l'univers vidocquien, ne sont pas encore parfaitement maitrisés. Un petit détail lourd de conséquence donc, mais nul doute que ce point sera corrigé au prochain tome.

D'autres éléments ne sont pas très historiques, comme la galerie des rois (reprise en gros plan sur la couverture elle aussi...) dont les statues, détruites sous la Révolution et refaites lors du chantier de Viollet-le-Duc à partir de 1843, ne devraient pas être là en 1813. Ou encore les fantassins du 126ème de Ligne représentés avec les plaques de bonnet d'ourson des Grenadiers à pied de la Garde Impériale.

 platineDessin de PA. sur Graphistoire.

 Notre avis

Outre ce problème de pierre à fusil, reconnaissons que la saga Vidocq s'annonce passionnante et immersive, évoluant dans un univers romanesque baignant dans le XIXe siècle parisien. Saluons également la présence en fin d'ouvrage d'une notice biographique sur Vidocq (qui mériterait néanmoins une bibliographie pour justifier certaines affirmations) permettant au lecteur enthousiasmé par la lecture de cette aventure de parfaire sa culture historique et d'être en mesure de démêler l'Histoire de la fiction. Une bonne initiative pour la vulgarisation historique ! 

Se procurer la BD « Vidocq »

Scénario : Richard D. Nolane
Dessin : Sinisa Banovic
Couleurs : Matteo Vattani
Editions : Soleil

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