Rechercher dans le site
Catégories
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil BD Histoire L’homme de l’année 1848 - BD

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

L’homme de l’année 1848 - BD

L'homme de l'année 1848Année exceptionnelle d'un point de vue historique, 1848 se devait de figurer dans cette saga en bande dessinée consacrée aux étapes de notre Histoire marquée par l'action silencieuse, mais déterminante d'anonymes qui ont incarnés leur époque ! Dans le tumulte du Printemps des Peuples un petit essai politique va peser lourd pour les années à venir : le Manifeste du Parti communiste ! Un sujet de choix, qui n'est toutefois peut-être pas traité au mieux de son potentiel pédagogique.

 

 

Synopsis

La saga « L'homme de l'année » continue en bande dessinée, se focalisant toujours sur un homme (connu ou resté anonyme et nécessitant une approche plus romanesque) dont l'action cette année-là marqua profondément l'Histoire. Sont ainsi traités l'homme qui trahit Jeanne d'Arc en 1431, l'homme qui cria « Merde ! » à Waterloo en 1815, l'homme qui tua Che Guevara en 1967 ou encore le soldat inconnu dans « L'homme de l'année 1917 » et Esterhazy dans « L'homme de l'année 1894 ». Au total neuf tomes parus et deux autres en attente. Le dernier opus est consacré à l'année 1848, année riche s'il en est au niveau historique : le printemps des peuples en Europe, la fin de la Monarchie en France, abolition de l'esclavage... et publication du Manifeste du Parti communiste rédigé par Marx et Engels ! C'est ce dernier événement marquant que le scénariste Jean-Pierre Pécau traite dans cet épisode.

L'homme de l'année 1848


Notre avis

L'homme de l'année 1848 est l'occasion de plonger dans un univers dix-neuvièmiste, une ambiance prenante bien rendue par les dessins de Benoît Dellac mis en couleur par Morgann Tanco. C'est avec plaisir que le lecteur se laisse porter sur les docks et dans les bas quartiers de la capitale victorienne pour y suivre la démarche boiteuse d'un personnage charismatique en longue redingote, chapeau haut de forme et à la traditionnelle canne qui lui sert autant à porter le poids des âges qu'à se battre...

On peut se demander si le choix de cet homme qui est chargé de la publication du Manifeste du Parti communiste est judicieux puisqu'il s'agit ni plus ni moins que de Jean Lafitte ! Jean Lafitte, corsaire français qui officia sous le Consulat dans le Golfe du Mexique avant de s'installer à Barataria qu'il transforme en repère de pirate et plaque tournante du trafic d'esclaves. Il se mit au service des USA durant la guerre contre le Royaume-Uni en 1812. La mort de Jean Lafitte reste encore aujourd'hui entourée d'un certain mystère, on la situe généralement entre 1821 et 1826, mais sans sources fiables. On ne peut même pas préciser les conditions de ce décès : bataille navale ? Ouragan ?

Un manuscrit à l'authenticité controversée raconte comment le pirate aurait vécu quelques années aux États-Unis après l'annonce de sa mort avant de rendre l'âme seulement vers 1840. Dans cet ouvrage plus que douteux, Jean Lafitte est présenté comme un antiesclavagiste de retour en Europe et qui aurait des contacts avec Marx et Engels et c'est à partir de ce document qu'est tracé tout le scénario de la BD. Étrange choix donc que ce pirate d'outre-tombe, figure du premier XIXe qui apparait comme une pièce rapportée un peu artificielle dans ce second XIXe siècle industriel. Mais Jean Lafitte est l'occasion de longs flashbacks qui renvoient le lecteur à l'aube du siècle pour des histoires de pirateries épiques et exotiques et de présenter la baie de Barataria comme un endroit utopique d'égalité, de partage et de liberté un brin anarchiste présentée comme « une expérience de société communiste des communautés pirates ». Au final, on reste toujours assez loin de Marx, encore plus d'Engels et jamais le lecteur n'est vraiment confronté à l'idéologie communiste. L'accent est plutôt mis sur le côté rebelle et anarchiste, partageux, du vieux loup de mer ce qui fait perdre un peu l'intérêt historique et pédagogique qu'aurait pu avoir une bande dessinée sur ce sujet. Aucun dossier final ne vient éclaircir l'affaire, démêler le faux du vrai, seules quelques lignes sur la dernière planche viennent expliquer que l'histoire est basée sur ce fameux journal dont « les historiens débattent encore de l'authenticité »...

Au final, nous avons plus là une petite BD d'aventure, à lire pour le plaisir, mais sans grand intérêt pédagogique que ce soit sur le communisme, l'année 1848, le manifeste ou même Jean Lafitte qui mériterait un dossier biographique un peu sérieux plutôt que de terminer en le comparant à Jack Sparrow...

Le manifeste du parti communiste

Se procurer "L'homme de l'année 1848"

Scénario : Jean-Pierre PECAU
Dessin : Benoît DELLAC
Couleur : Morgann TANCO
Couverture : MANCHU & Fred BLANCHARD
Éditions : Delcourt

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire