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Saga « J’ai tué » - BD

Jai tué 3La terreur souffle sur les Éditions Vents d'Ouest avec cette nouvelle saga dédiée aux assassinats qui ont bouleversé leur époque et eu un impact important sur l'Histoire. De Philippe II de Macédoine succombant sous le glaive de Pausanias à l'Archiduc François-Ferdinand succombant sous les tirs de Gravilo Princip, les auteurs et dessinateurs se relaient pour scénariser et mettre en scène ces meurtres fondateurs.

 

Le concept

Dans le monde de la bande dessinée la mode depuis quelques années est aux sagas thématiques mettant à contribution divers scénaristes, dessinateurs et coloristes qui se relaient d'une BD à l'autre, chaque ouvrage étant un petit projet autonome, pouvant s'acheter et se lire de façon totalement indépendante, mais s'intégrant de fait à une saga plus ou moins longue autour d'une thématique commune : ici les assassinats les plus cruciaux de l'Histoire.

Trois tomes sont sortis à ce jour : « J'ai tué Philippe II de Macédoine », « J'ai tué François-Ferdinand Archiduc d'Autriche » et plus étonnamment « J'ai tué Abel ».

Notre avis

Le choix de commencer la saga par le meurtre d'Abel peut surprendre, car ce meurtre originel tient plus du mythe fondateur que de l'Histoire. Mais en fait le scénariste de ce premier tome, Serge Le Tendre, ne traite pas réellement le mythe commun aux trois religions abrahamiques : il le réinvente totalement en lui offrant une suite. Plaçant le récit Jai tué 1dans le temps biblique du Royaume de Jérusalem, approximativement vers un VIe siècle avant notre ère un peu imaginaire, le scénariste cherche à raconter la vie du premier des meurtriers, Caïn, condamné à une interminable vie éternelle alors que tout succombe autour de lui. Devenu monarque mésopotamien, assez inspiré de Nabuchodonosor, le meurtrier cherche en vain celui qui pourra mettre fin à sa malédiction et l'envoyer ad patres. Ce premier tome n'est donc pas l'adaptation en bande dessinée d'un récit biblique, mais bien la ré-exploitation d'un mythe originel pour fonder un tome originel à une saga ensuite dédiée à des sujets plus historiques.

Traitant en un tome, soit une soixantaine de planches, un épisode historique clef, les scénaristes sont contraints à l'efficacité. Il convient de placer rapidement le contexte historique et de présenter les personnages pour consacrer l'essentiel de l'histoire aux péripéties qui font la dynamique du scénario et qui tiennent le lecteur en haleine. Il en découle parfois un peu d'artificialités des dialogues avec des comploteurs un peu enclins à crier leurs mauvaises intentions sur tous les toits... Mais on comprend qu'il s'agisse avant tout de mettre le lecteur dans la confidence. On Jai tué 2regrettera que chaque tome ne soit pas complété par un corpus documentaire permettant au lecteur de voir comment la BD fut construite à partir de diverses sources littéraires ou policières. Pourquoi ne pas offrir au lecteur le texte original du mythe de Caïn et Abel ? Un extrait de Plutarque sur Pausanias ? Des extraits de journaux et des rapports d'enquête sur l'assassinat de l'Archiduc ? Ces documents, présentés par un historien, permettraient de comprendre et le travail de ce dernier et le travail du scénariste. Qui plus est, en commençant par ces dossiers, on offrirait au lecteur le savoir nécessaire pour profiter de scénarios bien ficelés où l'on ne serait plus obligé de faire venir les comploteurs avec leurs gros sabots et où le sous-entendu aurait toute sa place.

Quoi qu'il en soit, scénaristes et dessinateurs nous offrent trois belles BD avec des scénarios entrainants et un graphisme réaliste facilitant l'immersion. Aux côtés de ces hommes devenus assassins, nous nous interrogeons sur le rôle moteur de la violence dans les sociétés humaines et sur le retour de l'acteur individuel dans l'historiographie de notre discipline.


- J'ai tué Abel
- J'ai tué Philippe II de Macédoine
- J'ai tué François-Ferdinand Archiduc d'Autriche

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