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Accueil Les grandes batailles La bataille de Reichshoffen (1870)

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La bataille de Reichshoffen (1870)

La_Charge_du_9e_cuirassier__Morsbronn._Source__Muse_Saint-Remi2Dans la culture populaire, la bataille de Frœschwiller-Woerth est conne sous le nom de « bataille de Reichshoffen », du nom des fameux cuirassiers dits « de Reichshoffen » qui se sacrifièrent héroïquement le 6 août 1870 lors de charges inutiles contre un ennemi bien plus nombreux et puissamment armé, durant la guerre franco-prusienne de 1870.

 

La guerre franco-prussienne de 1870

Suite à la dépêche d’Ems volontairement offensante envers la France, la guerre est déclarée le 19 juillet 1870. Les troupes se mettent alors en marche et foncent vers l’ennemi : les Prussiens. Les officiers français, aventuriers plutôt que tacticiens, agissent dans le désordre et les Prussiens prennent l’avantage, tant par leur supériorité numérique (1 200 000 hommes contre 900 000 Français) que par leur habileté tactique.

La guerre fut courte (six mois) et l’armée française subit des défaites dans pratiquement toutes les batailles qui l’opposa aux Prussiens. Par ailleurs, toutes les batailles –sauf la première- se déroulèrent sur le sol français, dont la bataille de Frœschwiller-Woerth qui eut lieu le 6 août 1870 dans le nord de l’Alsace.

La défaite la plus retentissante est sans nul doute celle de Sedan qui se déroula les 31 août et 1er septembre 1870. Napoléon III y engagea ses troupes commandées par Mac Mahon contre celles de Von Moltke. Malgré l’efficacité du fusil français Chassepot et la combativité des troupes françaises, les Prussiens et les Bavarois l’emportèrent et Napoléon III y fut fait prisonnier le 2 septembre. La guerre impériale devint une guerre républicaine lors de la proclamation de la Troisième République le 4 septembre 1870, soit deux jours après la capitulation de Sedan. La défaite ouvrit alors la porte de Paris et la guerre se poursuivit jusqu’au 28 janvier 1871, date à laquelle la France reconnut sa défaite et se résolut à signer un armistice. Le 10 mai 1871, la paix fut ratifiée par le traité le Francfort. La France avait perdu. Elle céda alors l’Alsace et une partie de la Lorraine (assimilable au département de la Moselle) sauf Belfort, dut verser une indemnité de 5 milliards de francs or et, condition particulièrement humiliante, elle dut autoriser le défilé des troupes allemandes sur les Champs-Elysées.

Cette guerre exacerba les nationalismes et agita la France d’un courant revanchard et elle fut l’une des causes, en sous-main, de la Première Guerre mondiale.

La bataille de Frœschwiller-Woerth

La bataille dite « de Reichshoffen » se déroula le 6 août 1870 principalement sur les territoires des communes de Woerth (nom donné à la bataille par les Allemands), de Frœschwiller (nom donné par les Français) et de Morsbronn. Le nom de Reichshoffen est passé à la postérité car l’état major de Mac Mahon s’y trouvait ainsi que plusieurs escadrons de cuirassiers qui y étaient basés et qui se sacrifièrent pendant la bataille.

Après la défaite de Wissembourg, le 4 août, les Prussiens se dirigèrent vers Woerth. Les Allemands, commandés par le Kronprinz Frédéric-Guillaume de Prusse, sont au nombre de 100 000 et font face aux 43 000 soldats de Mac Mahon.

La bataille commença dès 7 heures du matin par des échanges de coups de canons et des accrochages de patrouilles. C’est d’ailleurs ces quelques échauffourées dispersées qui précipitèrent l’engagement du gros des troupes.

Courageusement, les Français se battirent à un contre quatre et les fameux  « cuirassiers de Reichshoffen » (de la brigade Michel) se sacrifièrent héroïquement lors de grandes charges contre les Prussiens qui les piégèrent et qui les abattirent quasiment à bout portant, comme ce fut notamment le cas à Morsbronn où les cuirassiers chargèrent contre le village et s’engouffrèrent dans les rues étroites, s’offrant ainsi à l’ennemi embusqué dans les maisons du village.

Après la bataille

Les Allemands dénombrèrent 487 officiers et 10 153 hommes tués et du côté Français, les chiffrent varient mais on estime le total des pertes à environ 10 000 tués et entre 6 000 et 9 000 prisonniers.

Les conséquences de cette bataille furent terribles pour l’armée française car celle-ci, par cette défaite, abandonna l’Alsace aux Allemands. Toutefois, le sacrifice des soldats permit la retraite en bon ordre de l’armée. Cette journée du 6 août fut si terrible que les civils des villages voisins furent réquisitionnés pour enterrer les morts qui jonchaient le champ de bataille et mirent près de huit jours pour tous les ensevelir.

Par ailleurs, nous l’avons vu, le nom de « bataille de Reichshoffen » ou « charge de Reichshoffen » est passé à la postérité alors que la véritable bataille ne se déroula pas dans ce village mais à environs neuf kilomètres de là.

 

La_Charge_du_9e_cuirassier__Morsbronn._Source__Muse_Saint-Remi

 

D’après Edouard Detaille, La Charge du 9e cuirassier à Morsbronn, musée Saint-Remi (Reims)

 

Bibliographie

LECAILLON, Jean-François, Les Français et la guerre de 1870, Paris, 2004.

MILZA, Pierre, L'année terrible : septembre 1870 - mars 1871, la guerre franco-prussienne Perrin, Paris, 2009.

ROTH, François, La guerre de 1870, Fayard, Paris, 1990.

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