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Accueil Les grandes batailles La bataille de Denain (1712)

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La bataille de Denain (1712)

plan_bataille_de_DenainLa guerre de Succession d’Espagne fait rage depuis 1704, mais va s’achever par la dernière grande victoire française, le 24 juillet 1712 lors de la bataille de Denain. Un combat simple en quatre à cinq heures de temps, un modèle de stratégie admiré dans les écoles militaires, qui eut des résultats considérables : cette victoire permet de signer enfin le traité de paix d’Utrecht en avril 1713 et dessine la frontière du Nord de la France, comme elle est à peu près actuellement.

La situation avant la bataille

Cette guerre de Succession est une suite de batailles souvent désastreuses pour notre royaume, face à l’alliance des coalisés composés de l’Angleterre, des Provinces Unies, de l’Autriche, de la Savoie, de la Prusse et du Saint Empire, les armées ennemies étant souvent menées par deux grands chefs Eugène de Savoie et le duc de Marlborough, face à notre maréchal de Villars.

Mais depuis quelques temps, l’Angleterre tente de faire signer un traité de paix, ne pouvant plus faire face à de lourdes charges financières en matière de guerre, et surtout accepte une trêve avec Louis XIV : l’Angleterre se retire du combat le 17 juillet. Le prince Eugène de Savoie ne l’entend pas de cette façon et continue à guerroyer, voulant terminer les conflits par un grand coup d’éclat dans le nord de la France. Ce sera la bataille de Denain.

Ayant déjà pris Lille, Douai et Le Quesnoy, il ne reste plus qu’une place à prendre pour se diriger tranquillement vers Paris : Landrecies. Eugène a 130 000 hommes bien équipés, face à environ 70 000 français fatigués, manquant d’artillerie et de munitions.

L’installation des troupes

situation_des_villes_Denain_Landrecies_Le_Quesnoy_Marchiennes_ValenciennesSur une carte, posons Marchiennes au nord, Landrecies au sud, Denain au milieu, Le Quesnoy sur le côté droit et un peu plus haut à droite Valenciennes. Le 17 juillet, Eugène de Savoie installe ses troupes entre Marchiennes où sont ses magasins de vivres et Landrecies à 60 kms, Denain se trouvant entre les deux où il établit une garnison. Il relie Marchiennes et Denain par une petite route pour le transport des vivres et des munitions qu’il nomme « le chemin de Paris ». De chaque côté il fait creuser des fossés, installer des parapets de pierres et des palissades d’environ huit mètres afin que personne ne puisse voir de près ce qu’il s’y passe, surtout pas le camp des Français à Valenciennes et place le plus gros de son armée, soit 30 à 40 bataillons à Landrecies.

Le maréchal de Villars reçoit l’ordre de livrer bataille. Après avoir hésité plusieurs fois sur le lieu et la meilleure manière d’attaque, ne pouvant pas se lancer sur Landrecies vu les forces ennemies, il se décide pour Denain. L’attaque se fera à l’aube du 24 juillet afin de couper la liaison des ravitaillements ; mais il faut que ses troupes avalent les 30 kms de distance en pleine nuit, passer un fleuve et enfin attaquer le camp.

Le déroulement de la bataille

Le 23 juillet, vers 17 heures, l’avant-garde des troupes jette des ponts sur l’Escaut. En début de soirée, les dragons font diversion devant Landrecies. Pendant ce temps, on avance sans bruit, en ayant mis des tissus sous les sabots des chevaux et les roues des attelages.

Le 24 juillet, à 5 heures du matin, on informe Villars que l’avancée ne se fait pas dans les temps…en plus, il n’est plus sûr du tout que ses troupes soient passées inaperçues : 60 000 hommes qui bougent font du bruit ! Le maréchal de Montesquiou l’informe qu’il n’y a aucun mouvement chez l’ennemi, aucune patrouille n’est en vue : donc on peut continuer !

A 7 heures, les ponts sont enfin installés, l’avant-garde traverse le fleuve. Pendant ce temps, il y a 20 000 Hollandais dans le camp de Denain commandés par le comte d’Albemarle, protégés en plus par 6 bataillons à proximité.

A 8 heures, l’armée française est remarquée par l’ennemi ! 6 coups de canon sont tirés par le comte d’Albemarle pour réveiller l’armée des coalisés…mais c’est trop tard ! Les cavaliers du comte de Broglie bousculent ceux du comte d’Albemarle qui battent en retraite, ils continuent d’avancer sur « le chemin de Paris » et détruisent un bataillon transportant des vivres. Le prince Eugène ne croyant pas en la force des Français, part manger.

Eugne_de_SavoieA 10 heures, Eugène est averti de la déroute de ses troupes ; il envoie les 6 bataillons de secours vers Denain. Villars ne comprend pas la façon de procéder d’Eugène : pourquoi n’a-t-il pas réagit plus tôt ? Quel piège lui tend-il ? Villars donne alors l’ordre à ses troupes qui n’ont pas franchi le fleuve de se mettre en rang pour assurer les arrières, alors que Montesquiou revient à la charge, pousse Villars à avancer et finalement ils traversent ensemble le fleuve.

Le chemin créé par Eugène n’est pas large ! Comment faire avancer les 30 000 hommes ? Villars et Montesquiou sur l’aile droite, Vieux Pont et d’Albergotti à l’aile gauche, le marquis de Nangis et le duc de Montemar au centre sont suivis par 14 colonnes de soldats, espacées chacune de 20 mètres.

Il est 13h30. Les Français avancent en une masse compacte, descendent le fossé, remontent de l’autre côté, se jettent sur les palissades, face au feu et aux canons des Hollandais, tout cela en 20 minutes. Les Hollandais s’enfuient, les Français balaient tout devant eux et poursuivent les fuyards sur le pont de Denain…qui se rompt sous la charge des chariots et des soldats en fuite ! Un grand nombre d’ennemis se noie dans l’Escaut.

Les conséquences de la bataille

Albemarle est fait prisonnier, Denain est repris par les Français, à la cour chez Louis XIV, ce fut « un débordement de joie » comme le raconte Saint Simon.

marchal_de_VillarsCe fut un des plus grands succès militaires français et comme le dit le maréchal de Villars « ce n’est pas une de ces batailles générales qui mettent le royaume en peine ».

Les pertes du côté des Français sont infimes avec 865 tués et 1075 blessés ; l’ennemi doit supporter environ 2 500 noyés, 2 500 tués ou blessés, 3 000 prisonniers et 10 à 15 000 hommes hors d’état de combattre.

Le moral de l’ennemi est atteint : la communication entre Eugène et les magasins de vivres de Marchiennes est rompue ! Sans vivres, impossible de continuer à faire la guerre. Eugène doit lever le siège de Landrecies.

Villars en profite pour reprendre Marchiennes le 31 juillet, Douai le 8 septembre, et Le Quesnoy le 4 octobre, rendant ainsi la gloire à la France.

Le traité de paix d’Utrecht est signé en avril 1713 !

Pour aller plus loin

- Gérard Lesage « Denain (1712), Louis XIV sauve sa mise ». Economica, 1992.

- Magazine Guerres & Hisrtoire n°9, octobre 2012.

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