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Henri VIII d'Angleterre (1491-1547) - Biographie

Henri-VIIIRoi d’Angleterre de 1509 à 1547, Henri VIII est surtout connu pour ses rapports compliqués avec ses femmes, puisqu’il en a fait exécuter deux, et que l’annulation de son premier mariage est à l’origine du schisme avec Rome ! Néanmoins, Henri VIII fut aussi le roi d’une Angleterre ayant eu la volonté de se poser en arbitre dans la lutte entre Charles Quint et François Ier dans le contexte, décisif pour l’Europe, de la Réforme. Enfin, la crise avec Rome allait amener à la création de l’anglicanisme, entériné sous le règne de la fille d’Henri VIII, Elisabeth Ire.

 

l’héritier des Tudors

Tout comme sa fille Elisabeth, Henri VIII n’est pas le premier héritier du trône. En effet, second fils d’Henri Tudor, il passait après son frère Arthur, fils préféré du souverain, qui n’hésitait pas à le placer comme lointain héritier du roi légendaire du même nom. Pressé d’assurer sa succession, Henri VII marie Arthur à la fille des Rois Catholiques, Catherine d’Aragon. Nous sommes en 1501, les deux époux n’ont pas seize ans, leur union pleine de promesses pour les deux royaumes est bien reçue en Angleterre, jusqu’à Thomas More, qui voit en Catherine « toutes les qualités qui font la beauté d’une charmante jeune fille ».

Pourtant, le drame intervient. De santé fragile, le jeune Arthur décède cinq mois après son mariage ! Le roi d’Angleterre, son chagrin passé, négocie avec Isabelle la Catholique pour qu’elle accepte de remarier sa fille avec le nouvel héritier, Henri. Ils sont fiancés en 1503, et le mariage doit être acté aux quinze ans du futur souverain. L’Espagne compte sur cette union pour, à terme, contrôler indirectement l’Angleterre.

Les choses se compliquent quand Henri VII décède en avril 1509. Son fils lui succède, et doit épouser Catherine comme prévu, sous la pression, et non sans quelques interrogations. Après tout, il épouse la femme de son frère décédé…L’union est quand même célébrée en juin 1509, et le couple couronné quinze jours plus tard en Westminster.

Le jeune roi n’en est pas moins légitime et populaire, au contraire d’un père reclus et devenu dévot. Henri VIII, à l’opposé, est jeune, grand et beau, quasiment vu comme un nouveau messie selon Thomas More. Est-il cependant prêt à gouverner ?

L’entourage d’Henri VIII

A peine sur le trône, Henri VIII décide de faire l’inverse de son père. Il libère des prisonniers politiques, en fait arrêter d’autres, dont ceux qu’il estime corrompus, comme Edmund Dudley et Richard Empson, rapidement exécutés. Il rappelle ensuite le marquis Thomas Grey, éloigné par son père. En revanche, il conserve le chancelier William Warham (archevêque de Canterbury) et Richard Foxe. En ce début de règne, Henri VIII compte d’abord profiter plutôt que gouverner.

Le roi va cependant savoir s’entourer par la suite d’hommes compétents, même s’il n’hésitera pas à se débarrasser, parfois de façon radicale, de certains d’entre eux. On peut citer Thomas Wosley, Thomas Cromwell, et évidemment Thomas More.

Toutefois, Henri VIII est bien décidé à gouverner avant tout pour sa gloire personnelle, et ainsi se hisser au niveau de ses rivaux européens. Le contexte international lui en donne rapidement l’occasion.

A la recherche de la gloire

La fin du XVe siècle a vu éclater les guerres d’Italie et les ambitions de la France. Pressé d’entrer dans le jeu international, y voyant l’occasion d’acquérir du prestige, Henri VIII rejoint la Ligue que le pape Jules II a montée contre Louis XII en 1511. Il doit cependant attendre 1513 pour débarquer en France, où il prend Thérouanne. C’est l’occasion de commencer une propagande à sa gloire, présentant sa victoire comme un nouvel Azincourt. Toutefois, il doit rentrer en urgence en Angleterre sous la menace écossaise, et ne peut vraiment profiter de sa victoire de prestige. Il y gagne tout de même une grande aura dans son royaume, célébré comme un nouvel Henri V.

Henri VIII et l’Eglise

La « grande affaire » du règne d’Henri VIII est le schisme avec Rome. Mais les raisons en sont multiples et complexes, et pas uniquement dues à un caprice pour se remarier.

Anne_BoleynTout d’abord, l’entente n’est pas excellente entre le roi et Catherine d’Aragon, tout comme les relations avec le père de celle-ci, surtout entre 1511 et 1514. Henri VIII n’est pas le prince docile que les Espagnols espéraient. De plus, il reproche à la reine de ne pas lui donner de fils (un garçon est mort à quelques semaines en 1511) ; ils ont cependant une fille, Marie, née en 1516. Tout s’accélère quand le roi tombe amoureux d’Anne Boleyn…

Parallèlement, la Réforme progresse en Europe, jusqu’en Angleterre. Si Henri VIII la combat férocement, se plaçant en « défenseur de la Foi », il ne se range pas non plus derrière le pape, dont il commence à contester la suprématie, avec le soutien de Wosley.

Le tournant intervient en 1527, quand Henri VIII décide d’annuler son mariage avec Catherine d’Aragon, provoquant le scandale avec Rome et l’Espagne, désormais sous la coupe de l’empereur Charles Quint. Le roi d’Angleterre charge Wosley des négociations avec le pape Clément VII. Au droit se mêlent les intrigues politiques et les luttes de pouvoir entre Henri VIII et Charles Quint (qui a refusé d’épouser Marie Tudor). Le pape choisit ce dernier au bout de plusieurs années qui voient la disgrâce de Wosley, au profit de More et surtout Cromwell.

En 1531, l’archevêque de Canterbury déclare : « Nous reconnaissons que Sa Majesté est le Protecteur particulier, le seul et suprême seigneur et, autant que la loi du Christ le permet, le Chef suprême de l'Église et du clergé d'Angleterre ». Le schisme est bien là, et le pape excommunie Henri VIII deux ans plus tard.

La politique extérieure d’Henri VIII

Le roi d’Angleterre passe une grande partie de son règne à jouer le balancier entre les deux puissances continentales, la France et l’Empire.

drap_d_orHenri VIII ne veut pas seulement faire de l’Angleterre une grande puissance, il se pose aussi comme un prince en concurrence avec les autres princes, en particulier avec François Ier, au profil proche. Les deux souverains se rencontrent au Camp du Drap d’Or en juin 1520, où ils rivalisent de luxe ostentatoire. Toutefois, Henri choisit son camp, suite à la défaite de François Ier à Pavie (1525), et se rapproche de l’empereur par le traité de Westminster, en 1527.

La crise avec la papauté montre malgré tout les limites de la stratégie d’Henri VIII. Son influence reste relative, face à l’Empire, mais aussi face à la France, une fois François Ier libéré. L’Angleterre reste en retrait des affaires internationales durant les années 1530, puis revient dans le jeu en 1542. Henri VIII (roi d’Irlande depuis un an) combat en France, où il prend Boulogne (1544), et en Ecosse. Les acquis stratégiques sont néanmoins relatifs, l’Ecosse toujours indépendante, Boulogne rendue deux ans après sa prise.

Finalement, si Henri VIII a permis à l’Angleterre de tenir face aux ambitions de ses rivaux, il n’est pas parvenu à réellement les concurrencer. Pire, ses efforts ont saigné le royaume à blanc…

Henri VIII et les femmes

Le « divorce » avec Catherine d’Aragon permet au roi d’officialiser sa liaison avec Anne Boleyn en 1533. Il espère d’elle un fils, mais elle accouche d’une fille, Elisabeth. Leur relation s’envenime vite, Anne faisant une fausse couche en 1536. De plus, la réputation de la reine est de plus en plus sulfureuse. Henri VIII en profite pour s’en débarrasser, et elle est exécutée en 1536.

Le roi jette ensuite son dévolu sur Jane Seymour, dont il tombe très amoureux. Miracle, elle lui donne un fils, Edouard, en 1537 ! Malheur, elle meurt la même année…Henri VIII ne s’en remet jamais vraiment.

Le quatrième mariage, avec Anne de Clèves, est politique, pour se rapprocher des protestants allemands. La reine est répudiée quelques mois plus tard.

Vieilli et affaibli, Henri VIII tente de retrouver sa jeunesse et sa vigueur avec Catherine Howard, en 1540. C’est un fiasco, et la reine est exécutée, tout comme ses amants présumés…

La dernière heureuse élue, Catherine Parr, semble lui redonner un peu d’équilibre. Les deux époux se respectent, et cette fois elle lui survit, décédant un an après la mort du roi.

La déchéance

Le roi, à partir de la disgrâce de Wosley, a des rapports de plus en plus compliqués avec ses conseillers. Ainsi, Thomas More, puis son rival Thomas Cromwell, sont exécutés en 1535 et 1540 pour des motifs parfois obscurs.

Jusqu’à la fin de son règne, Henri VIII continue les purges et gouverne de plus en plus seul, alors que sa popularité est un lointain souvenir, à mesure que le royaume plie sous les taxes pour financer les guerres. Sa déchéance est également physique suite à une blessure reçue en tournoi : obèse, impuissant, il devient un cauchemar pour son entourage.

C’est donc un soulagement quand Henri VIII meurt le 28 janvier 1547. Il laisse un royaume exsangue et divisé. Lui succèdent brièvement son fils Edouard (1547-1553) et Marie Tudor, dite « Bloody Mary » pour son retour sanglant au catholicisme. Enfin, Elisabeth Ire (1558-1603), fille d’Anne Boleyn, si elle devient l’une des plus grandes reines d’Angleterre et fait de son pays une grande puissance, ne parvient pas à perpétuer la dynastie des Tudors, qui s’éteint avec elle. Entretemps, son père est entré dans la légende.

 

Bibliographie

- B. Cottret, Henri VIII, le pouvoir par la force, Payot, 2005.

- G. Minois, Henri VIII, Fayard, 1989.

- L. Crété, Les Tudors, Flammarion, 2010.

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