Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Biographies Vauban (1633-1707) - Biographie

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Vauban (1633-1707) - Biographie

Le_Brun_-_VaubanPersonnage incontournable du règne de Louis XIV, Sébastien le Prestre de Vauban est né en 1633 à Saint-Léger-de-Foucherets, dans le Morvan. Issu de la petite noblesse, il connaît une carrière riche mais mouvementée au service du Roi-Soleil, pour lequel il exerce ses talents d’ingénieur militaire. Mais Vauban était bien plus qu’un expert en poliorcétique. Autodidacte, sa vision mathématique et visionnaire du monde préfigure en effet les philosophes des Lumières, tout comme ses critiques virulentes sur la fiscalité royale, qui lui valent quelques « années de misère ». Il meurt en 1707, à Paris, respecté du roi malgré tout.


La jeunesse de Vauban

Vauban naît dans une famille de petite noblesse du Morvan. Il est baptisé le 15 mai 1633, en tant que « fils d’Albin Le Prestre, escuyer, et de damoiselle Edmée de Carmignolle, fille d’un escuyer ». Ses études débutent au collège de Semur-en-Auxois mais, dès ses 17 ans, il commence sa carrière dans les armes, cadet dans l’armée du prince de Condé. Nous sommes alors en pleine Fronde, et Vauban est ainsi aux côtés des ennemis du jeune Louis XIV.

Le jeune homme s’illustre rapidement, lors du siège de Sainte-Menehould (1652). Il est toutefois fait prisonnier un peu plus tard par les troupes du roi, et montre à nouveau sa bravoure en refusant de descendre de cheval. Le cardinal de Mazarin le repère alors, et décide de le rallier à la cause royale, comme il l’a déjà fait avec d’autres frondeurs. Par un clin d’œil du destin, c’est une nouvelle fois à Sainte-Menehould que Vauban se fait remarquer, cette fois-ci dans le camp adverse, en participant à la reconquête de la ville, puis aux réparations de ses fortifications.

vaubanDès lors, devenu ingénieur ordinaire du roi en 1655, Vauban participe à la plupart des sièges majeurs de la fin des années 1650, où il se fait remarquer tant par son courage (il est blessé plusieurs fois) que par son habileté militaire, notamment en poliorcétique. En revanche, s’il monte progressivement en grade, son origine modeste ralentit un temps sa carrière par rapport à ses principaux concurrents.

La paix des Pyrénées (1659) lui permet de rentrer chez lui et de se marier avec Jeanne d’Osnay. Mais rapidement, il doit repartir, et ne verra que rarement sa femme et ses petites filles. Louis XIV lui ordonne de démanteler les fortifications de Nancy, puis lui confie régulièrement d’autres missions. Toute sa carrière, Vauban ne cesse de chevaucher et d’être sur le terrain.

Vauban et le « pré carré »

Si ses promotions ne sont pas aussi rapides qu’il le souhaiterait (surtout au vu de ses états de service), Vauban est régulièrement récompensé par le roi, par des gouvernements (citadelle de Lille en 1668), ou des grades (brigadier en 1677, lieutenant général en 1688). Surtout, en 1678, il succède au chevalier de Clerville en tant que commissaire général des Fortifications. Il obtient ensuite la grand-croix de Saint-Louis en 1693, et devient membre honoraire de l’Académie des sciences en 1699. Il est maréchal, enfin, en 1703, devenant le premier ingénieur à obtenir cette distinction.

Son expérience et ses compétences, mais aussi son franc-parler, font qu’il est écouté par les principaux ministres du roi, tels Colbert et Louvois, et surtout par Louis XIV lui-même. C’est toutefois par l’intermédiaire de Louvois, en 1673, qu’il convainc le Roi-Soleil de « tenir son fait des deux mains », c’est-à-dire de mettre en place aux frontières (souvent mouvantes à l’époque) une ceinture de fortifications, que Vauban appela lui-même « le pré carré ». Cet espace délimité et protégé devait permettre au roi d’y exercer pleinement toute sa souveraineté.

Vauban, maître de la poliorcétique

Au service de Louis XIV pendant plus de cinquante ans, Vauban participe à la plupart des sièges marquant les nombreuses guerres du règne, dont le célèbre siège de Maastricht (1673). Cette expérience conduit le roi à lui commander, pour son petit-fils, un traité de l’attaque des places. Vauban s’exécute en 1704, dans un manuscrit où il détaille, croquis à l’appui, les douze phases du siège. Un ouvrage devenu rapidement une référence pour l’époque, au-delà des frontières françaises. On parle désormais de « siège à la Vauban ».Vauban2

A la fin des années 1680, Vauban est au sommet de sa carrière, ce qui lui permet de racheter le château de Bazoches, dans son Morvan natal, auquel il reste attaché. Néanmoins, l’ingénieur commence à se faire critique du règne dispendieux de Louis XIV.

Vauban et les « Oisivetés »

Les années 1690 sont souvent qualifiées « d’années de misère » dans la vie de Vauban. En effet, ses chevauchées aux quatre coins de la France lui permettent de se rendre compte de la misère grandissante du peuple, en bonne partie due aux pressions financières provoquées par les guerres à répétition. Vauban s’oppose d’ailleurs aux financiers du gouvernement, et ne se comporte pas en courtisan.

Les réflexions de Vauban, dès la fin des années 1680, le conduisent à écrire des mémoires qui montrent qu’il est bien plus qu’un ingénieur de génie. Ce sont les « Oisivetés », son œuvre majeure, douze tomes entre 1689 et 1705. Il y disserte sur la situation du royaume, sa population, et sur bien d’autres sujets comme la botanique, les colonies d’Amérique, les forêts, et évidemment ses thèmes de prédilection, comme le siège (« L’attaque des places », cité plus haut, est le huitième tome des « Oisivetés »).

Cette liberté de pensée lui attire des inimitiés, surtout qu’il n’hésite pas à critiquer la politique fiscale du royaume, et même à proposer des réformes comme la Dîme Royale. Il va jusqu’à s’opposer à la révocation de l’Edit de Nantes !

La mort de Vauban

Au début des années 1700, le règne de Louis XIV n’a plus le lustre des années 1670-1680. Vauban, même s’il devient maréchal, est tout aussi vieillissant, et ses écrits critiques agacent.

Dans les dernières années de sa vie, Vauban décide quand même de faire relier et imprimer lui-même son œuvre, notamment « La Dîme Royale », estimant qu’il se doit de rester utile au royaume, malgré un contexte qui ne favorise pas les réformes.

Quand il décède le 30 mars 1707, à Paris, la monarchie ne lui rend pas les honneurs officiels, montrant ainsi qu’il gêne au plus haut niveau. Il n’est cependant pas une victime du roi, comme on le lit souvent. Louis XIV aurait même parlé de lui « avec beaucoup d’estime et d’amitié », peu de temps avant sa mort. Inhumé à Bazoches, Vauban reçoit tout de même les honneurs de l’Académie des sciences, par la bouche de Fontenelle.

 

Bibliographie

-          M. Virol, Vauban : De la gloire du roi au service de l’État, Champ Vallon, 2007.

-          M. Barros, N. Salat, T. Sarmant, Vauban, l’intelligence du territoire, éd. N. Chaudun, 2006.

-          J. Cornette, Le Roi de guerre. Essai sur la souveraineté dans la France du Grand Siècle, Payot, 2000.

-          H. Drévillon, Les rois absolus (1629-1715), Belin, 2011.

-          « Vauban, l’homme de l’année », Historia, no 106, mars-avril 2007.

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire