Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Biographies Jean Racine (1639-1699) - Biographie courte

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Jean Racine (1639-1699) - Biographie courte

jean racineJean Racine fait partie, avec Corneille et Molière, des dramaturges les plus marquants du siècle de Louis XIV. Figure emblématique de la tragédie classique, Racine peint la victoire funeste des Passions sur la Raison et jette sur les planches des héros tourmentés voués à se détruire et ne pouvant échapper à leur destin.

 


Une éducation janséniste

Né à la Ferte-Milon en 1639, Jean Racine est orphelin dès l'âge de quatre ans et est élevé par les religieuses des Petites Écoles de l'abbaye de Port-Royal-des-Champs. Il fut élève des Jansénistes jusqu'en 1658 et restera très marqué par leur vision rigoriste et pessimiste de la Foi. Les Jansénistes considèrent en effet que l'homme est pécheur, attiré par le mal et qu'il ne pourra connaitre la rédemption que dans une autre vie et seulement s'il est élu de Dieu pour cela (les bonnes actions à elles seules ne suffisent pas). Les écoles de Port-Royal sont alors parmi les meilleures écoles du Royaume, Jean Racine reçoit donc une instruction de grande qualité, c'est là qu'il est sensibilisé à la Littérature et à la culture antique.

Une carrière littéraire hyperbolique

À la sortie des écoles jansénistes Jean Racine mène une vie mondaine à Paris (1658 – 1661) et s'essaie à la poésie. Inquiète, sa famille l'envoie à Uzès dans l'espoir qu'il obtienne un bénéfice ecclésiastique. C'est un échec et en 1663 Jean Racine est de retour à Paris où il commence sa carrière de dramaturge : il fait représenter ses deux premières pièces : La Thébaïde et Alexandre. Peu à peu, il se brouille avec ses amis jansénistes tandis que sa carrière dramaturgique se confirme : entre 1667 et 1677 il fait représenter huit tragédies(Andromaque, Britannicus, Bérénice, Bajazet, Mithridate, Iphigénie en Aulide et Phèdre) !

Remarqué par le Roi Louis XIV pour ses odes (Ode à la nymphe de la Seine, Ode sur la convalescence du Roi), il obtient sa protection et tend à effacer à la cour son rival, Corneille. Le climat est alors des plus tendus entre les différents dramaturges, notamment entre Racine et Molière. Courtisan vivant dans l'entourage du souverain, Jean Racine a une vie privée tumultueuse, se faisant l'amant de ses deux interprètes favoris : la Du Parc puis ma Champmeslé.

Un retour au jansénisme

En 1677 il est l'objet d'une cabale contre sa pièce Phèdre, Racine renonce alors au théâtre. Cette année marque un profond revirement dans la vie du dramaturge : il est nommé historiographe par le Roi, il épouse la petite-fille d'un notaire parisien et mène une vie bourgeoise marquée par un retour au jansénisme qui se caractérise par une piété austère. Ses dernières pièces (Esther et Athalie) sont des pièces bibliques commandées par la dévote compagne du Roi : Mme de Maintenon. Il écrit également des Cantiques spirituels et un Abrégé de l'histoire de Port-Royal avant de rendre son âme au crépuscule du siècle (1699).

 phedre et hippolyte. pierre narcisse baron guerin. 1815

La tragédie racinienne

La tragédie racinienne s'inspire d'auteurs anciens (Euripide, Virgile, Tacite, Suétone...) exploités librement pour traiter de grandes fresques de la mythologie, de l'histoire antique gréco-romaine, biblique, voire orientale. Dans la tragédie classique, écrite en alexandrins, on respecte les trois unités (unité de temps, de lieu et d'action), les péripéties sont vraisemblables, les héros sont des nobles, poussés par les dieux à une passion destructrice. Pour mettre fin à cette passion destructrice (souvent l'Amour), le héros tragique cherche à détruire l'objet de sa passion et il se détruit par la même occasion. Le dénouement est donc obligatoirement funeste et fini dans le sang. Toutefois, il convient de nuancer, car Racine ne fait pas systématiquement mourir physiquement ses héros. Ainsi, il écrit dans la préface de Bérénice : « ce n'est point une nécessité qu'il y ait du sang et des morts dans une tragédie : il suffit que l'action en soit grande, que les acteurs soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s'y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie ».

Les œuvres de Jean Racine mettent en lumière le tragique de la condition humaine, l'individu apparaissant comme le jouet d'un amour passionnel, irrésistible et destructeur qui l'éloigne des préceptes moraux. Quoi qu'il fasse, le héros racinien court à sa perte, il n'a aucune prise sur sa propre vie et suit son funeste destin (une vision pessimiste marquée par le jansénisme).

Dès l'Acte I, les violentes passions entrainent une réaction en chaine, une montée en tension, une marche à la mort qui ne semble généralement pouvoir s'éviter qu'à l'Acte IV... Fol espoir qui ne se concrétise pas à l'Acte V. Le registre tragique est caractéristique de certains champs lexicaux : celui de la famille, du sang, de la fatalité, de l'amour et de la mort. De même, le discours tragique comporte de nombreuses figures de style : des hyperboles, des antithèses, des parallélismes, des oxymores...
D'un point de vue formel, Jean Racine ne bouleverse pas les règles de la tragédie, il se distingue par une maitrise parfaite de la langue et sa grande capacité à faire ressentir au lecteur / spectateur des émotions intenses tout en respectant le cadre contraignant de la tragédie classique.

Bibliographie

- ETERSTEIN Claude (sdd), La littérature française de A à Z, Hatier, 2011.