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Chronologie de la guerre d'Algérie

mosaique_guerre_algerieLa guerre d’Algérie, longtemps appelée « les événements d’Algérie », débute traditionnellement le 1er novembre 1954, pour se terminer aux accords d’Evian, le 18 mars 1962. Mais pour avoir une vision plus précise de ce conflit complexe et encore douloureux dans l’histoire de France, il faut élargir le cadre chronologique, et tenter de revenir un peu aux origines.


 

 

De la conquête à la Seconde Guerre mondiale

1830-1857 : conquête de l’Algérie par la France.

- 1865-1867 : échec des réformes de Napoléon III (sénatus-consulte du 14 juillet 1865 accordant la nationalité aux indigènes juifs et musulmans,…).

- 1870 (24 octobre) : décret Crémieux accordant la nationalité française aux Juifs d’Algérie.

- 1870-1871 : la dernière grande révolte indigène, celle du cheikh El Mokrani, est vaincue.

1881 (28 juin) : mise en place du Code de l’indigénat.

- 1936 (décembre) : projet Blum-Viollette visant l’accès à la citoyenneté de vingt-cinq mille Algériens sans abandon du statut personnel. Mais il est abandonné sur pression des colons d’Algérie.

- 1937 : le Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj succède à l’Etoile nord-africaine.

- 1939 : le PPA est interdit.

- 1943 (10 février) : Ferhat Abbas publie le Manifeste du peuple algérien, avec une allusion à une « nation algérienne ».

- 1944 (7 mars) : le général de Gaulle signe l’ordonnance du 7 mars 1944 visant à rompre l’inégalité entre les habitants de l’Algérie existant depuis le XIXe siècle. Selon certains critères (notamment militaires), plusieurs dizaines de milliers d’Algériens accèdent au droit de vote aux élections nationales. A terme, le Code de l’indigénat doit être supprimé (il l’est officiellement en 1946). Dans la foulée de l’ordonnance du 7 mars, Ferhat Abbas créé l’AML (Amis du Manifeste et de la liberté).

De Sétif à l’appel du FLN

- 1945 (mai) : après l’arrestation et la déportation de Messali Hadj, chef du PPA (devenu clandestin), ses partisans rejoignent en masse l’AML et les manifestations se multiplient, tout comme les arrestations. Le 8 mai, des manifestations dégénèrent à Sétif et Guelma. Des Européens sont tués, et l’armée française enclenche une répression sanglante qui dure plusieurs semaines et fait des centaines de victimes. Ces journées sont fondamentales dans l’esprit des nationalistes algériens.

- 1946 : fondation par Messali Hadj du MTLD, qui succède au PPA, et par Ferhat Abbas de l’UDMA, succédant à l’AML.

- 1947 : le Statut de l’Algérie : création d’une Assemblée algérienne de cent-vingt membres, avec deux collèges égaux en nombre, l’un représentant essentiellement les Européens (plus de 800 000 personnes), l’autre les Algériens (plus de 7 millions). Le MTLD et l’UDMA rejettent cette inégalité représentative. En février, le congrès du MTLD créé une Organisation spéciale clandestine (OS) pour organiser la lutte armée.

- 1949 : « crise berbériste » au sein du MTLD. Ben Bella arrive à la tête de l’OS.

- 1952 : Messali Hadj est expulsé d’Algérie.

mosaique_guerre_algerie1954 : Scission entre messalistes et centralistes au sein du MTLD, avec création à terme du MNA. Le 10 octobre est fondé le FLN (et sa branche armée l’ALN), qui appelle à l’insurrection le 1er novembre, après une première nuit d’attentats sur le territoire algérien. Pour François Mitterrand, ministre de l’Intérieur, « l’Algérie, c’est la France ».

L’enlisement du conflit

- 1955 : fin janvier, Jacques Soustelle est nommé gouverneur général, et commence à négocier secrètement avec le FLN. Le 3 avril, Edgar Faure décrète l’état d’urgence. Le 20 août, des milliers de paysans du Nord-Constantinois se soulèvent, entraînant une répression sanglante. Premier rappel des appelés du contingent.

- 1956 : René Coty désigne Guy Mollet comme président du Conseil. Création d’un ministère de l’Algérie. Mollet, conspué à Alger, doit remplacer le général Catroux par Robert Lacoste. Le 12 mars est votée la loi sur les pouvoirs spéciaux : l’exécutif peut gouverner en Algérie par décrets dans les domaines économique, administratif et du maintien de l’ordre. 20 août : congrès FLN de la Soummam, mettant en place la plate-forme de la révolution algérienne. Les tensions augmentent entre le FLN (rejoint par Ferhat Abbas) et le MNA. En novembre, la France s’engage dans la campagne d’Egypte contre Nasser, qu’elle soupçonne de soutenir les indépendantistes algériens. L’année 1956 est globalement celle d’un durcissement du conflit, même si le gouvernement refuse de parler de « guerre ». Nouvel envoi d’appelés du contingent.

- 1957 : entre janvier et octobre se déroule la bataille d’Alger, lutte entre les militaires français menés par le général Massu et les indépendantistes qui commettent de nombreux attentats. Fin mai, la rivalité sanglante entre le FLN et le MNA culmine au massacre de Melouza. Le 21 mai, le gouvernement Mollet chute.

De Gaulle et la menace de la guerre civile

1958 : la situation politique en France ne cesse de se dégrader (chute du gouvernement Gaillard en avril). Le 13 mai, le gouvernement général d’Alger est pris par les généraux Massu et Salan. On en appelle à De Gaulle qui, investi le 1er juin, fait un voyage triomphal en Algérie (« Je vous ai compris ! », mais aussi « Vive l’Algérie française »…). Le 19 septembre est créé par le FLN, le GPRA, qui refuse « la paix des braves » proposée par De Gaulle. Le 28 septembre, les Français votent « oui » au referendum sur la Constitution. De Gaulle sépare pouvoirs civil et militaire et nomment les généraux Delouvrier et Challe à la place de Salan.

- 1959 : plans Challe et Constantine. Le 16 septembre, le général de Gaulle prononce son discours sur le droit à l’autodétermination des Algériens.

- 1960 : fin janvier, semaine des barricades à Alger : les Algériens français refusent l’autodétermination des Algériens musulmans, et protestent contre le rappel de Massu. Le général Challe rétablit l’ordre. Le 14 juin, De Gaulle se prononce pour une « Algérie algérienne » (et une « République algérienne » en novembre). Débuts timides des négociations avec le GPRA. Le 6 septembre, publication du Manifeste des 121.

L’indépendance de l’Algérie

1961 : le 8 janvier, le referendum sur l’autodétermination de l’Algérie recueille 75% de « oui » en métropole, et 69% en Algérie. De Gaulle reconnaît le principe d’indépendance. En février, création de l’OAS. Le 23 avril : putsch des généraux à Alger ; c’est un échec. Le 20 mai, ouverture officielle des négociations avec le GPRA à Evian, et trêve. Début du retrait des troupes d’Algérie (la France a mobilisé plus de 400 000 soldats). Les attentats de l’OAS se multiplient. Le 17 octobre, la police réprime violemment une manifestation organisée par le FLN à Paris.

1962 : le 8 février, neuf manifestants appartenant à des orgnaisations de gauche sont tués au métro Charonne après une charge de la police. Les attentats de l’OAS continuent, mais les accords d’Evian sont signés le 18 mars. Plusieurs semaines de grande tension en Algérie (avec notamment l’insurrection menée par le général Salan), jusqu’à la proclamation de l’indépendance le 3 juillet (malgré l’éclatement entre FLN et ALN). Deux jours plus tard, c’est le massacre d’Oran : Pieds Noirs et harkis doivent quitter l’Algérie, le plus souvent abandonnés par le pouvoir français. Le 22 août : attentat de l’OAS au Petit-Clamart contre De Gaulle. Le 26 septembre, le gouvernement Ben Bella est investi en Algérie.

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