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La civilisation grecque : la Grèce antique

acropole_athenesParmi les grandes civilisations qui ont marqué l’histoire, la Grèce antique reste l’une des plus remarquables. En art, en politique, en littérature, en philosophie ou en science, son héritage influence encore notre monde. La civilisation grecque a presque tout inventé, à commencer par la démocratie. C’est pourtant au rythme des guerres que vivaient les cités-états grecques.


 

A l’aube de la civilisation grecque

Au cours du IXe siècle avant notre ère, la Grèce émergea des ténèbres ou l’avait plongé la disparition de la civilisation mycénienne. Une nouvelle vague d’envahisseurs, les doriens, introduisit l’usage du fer, qui redonna un nouveau souffle à la vie urbaine. Les villes évoluèrent en cités-états indépendantes, gouverné d’abord par des rois. Les échanges commerciaux se développant, les gouvernants mandaient leurs citoyens outre-mer pour fonder des colonies marchandes. Cette migration leur permettait de résoudre en partie le problème de surpeuplement de la péninsule, due notamment à la pénurie de terres cultivables. D’importantes villes grecques jalonnaient alors le littoral d’Asie mineure (Anatolie), celui de la mer noire, de la Sicile et du sud de l’Italie, et de l’Espagne. Seuls les phéniciens pouvaient rivaliser avec la puissance grecque.

Au cours des IXe et VIIIe siècles av. J.-C. — période qui nous est surtout connue par les récits d’Homère et d’Hésiode — se mettent en place certains des traits qui vont distinguer l’époque archaïque à venir : ainsi, parallèlement à la redécouverte de l’écriture et à la renaissance d’une vie religieuse, émergent des structures sociales (très petites unités territoriales dirigées par un basileus, un roi, c’est-à-dire celui qui possède le plus riche domaine, avec des classes sociales allant des nobles, principaux compagnons du roi, aux esclaves, exclus de toute vie politique et de l’armée) et un système de valeurs (fondé sur l’hospitalité et le courage), caractéristiques d’une culture grecque commune.

L’émergence des Cités-Etats

Il y avait déjà deux siècles que la majorité des cités-états de la Grèce, délaissant la monarchie, était dirigée par des aristocrates ou des chefs de clans héréditaires, à l’exception de Sparte et d’Argos. Peu à peu le ressentiment des citoyens à l’égard de la noblesse s’accentua : le peuple réclamait le droit de se prononcer sur la manière dont il était gouverné. Ça et là éclatèrent des révolutions, menée par des chefs charismatique qui pour gagner la confiance du peuple, confisquaient la terre aux riches pour la distribuer aux pauvres.

jeux_olympiquesLes tyrans gouvernent sans les nobles, et parfois même contre eux. Certains se révèlent des dirigeants avisés et accroissent la puissance de leur cité, à l’instar de Polycrate (qui règne approximativement en 535-522 av. J.-C.), à Samos. La période de la tyrannie (v. 650-500 av. J.-C.) correspond à une ère d’essor culturel et économique. Les échanges commerciaux, en particulier par la voie maritime, se multiplient, et l’usage de la monnaie devient essentiel.

Le développement d’activités culturelles communes à toutes les cités grecques est l’un des grands facteurs d’union dans la Grèce antique, malgré l’émiettement politique, parallèlement à la langue et à la religion. Des pratiques comme les jeux panhelléniques organisés à Olympie (jeux Olympiques), Delphes, Némée et sur l’isthme de Corinthe, contribuent à la prise de conscience par les Grecs de leur appartenance à une même civilisation.

Les tyrans puisque que tel étaient leur nom, en abusant eux-mêmes de leur autorité, devinrent a leur tour la cible de la vindicte du peuple, décidé à se faire entendre.

La démocratie athénienne

Ce fut Athènes qui la première consenti au partage du pouvoir. A la fin du VIe siècle, des réformes politiques favorisèrent l’émergence d’une nouvelle forme de gouvernement : la démocratie. En 508-509 av. J.-C., Clisthène, membre d’une famille aristocratique, fait adopter une série de mesures fondées sur des principes démocratiques, qui donnent un cadre aux institutions athéniennes des Ve et IVe siècles av. J.-C. et font de lui le véritable « père » de la démocratie.

La démocratie autorisait les citoyens à s’exprimer par le biais du vote sur toutes les grandes décisions tels que les déclarations de guerre ou les dépenses gouvernementales. Ils pouvaient également élire leurs représentants civils et militaires, et se prononcer sur l’exil de tous notables jugés trop puissants. Si aux quatre coins du monde les démocraties actuelles s’inspirent du modèle grec, aucune ne concède autant de pouvoir aux citoyens que ne le fit l’antique cité athénienne. Toutefois le droit de citoyenneté était réservé aux hommes libres de plus de vingt ans, nés à Athènes de parents athéniens. Les autres résidants –femmes, esclave et étrangers (la majorité de la population)- en étaient privés.

Guerres médiques et guerres civiles

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La rivalité farouche opposant les cités états qui cherchaient à dominer la Grèce et le bassin égéen se soldait par des guerres incessantes. Sur les champs de bataille, les grecs se distinguaient par leur vaillance et leur discipline. Armés de lances, les fantassins combattaient au sein d’une formation défensive appelée phalange. Chaque homme en bonne santé possédant les moyens de s’équiper en armes et protections se devait de rejoindre l’armée de sa ville en cas de conflit. Cependant c’est la ville de sparte qui fournissait les meilleurs soldats. À l’âge de sept ans, tous les garçons quittaient leurs familles pour recevoir l’éducation dispensée par l’Etat. Celle-ci consistait principalement en un entraînement sportif et militaire.

Leur entraînement rigoureux permis aux grecs de repousser les assauts perses à trois reprises sur terre comme sur mer. En 492 avant J.-C., ce furent les conditions climatiques qui eurent raison des envahisseurs. Deux ans plus tard l’armée athénienne triomphe à la bataille de Marathon. Puis en 479-480 avant J.-C., l’immense armée de Xerxès constituée de 200 000 hommes et de 1.000 navires du s’incliner devant les troupes alliées bien plus modeste d’Athènes et de sparte. Après une première rencontre dans le défilé des Thermopyles, défendu par le Spartiate Léonidas Ier, une bataille navale se déroule à Salamine, en 480. Elle est remportée par Thémistocle et Eurybiade. La défaite totale des Perses a lieu à Platées, en 479 av. J.-C.

"Le siècle de Périclès"

periclesVainqueur incontesté des Perses, la cité-État d’Athènes retire un immense prestige des guerres médiques et devient la cité la plus importante du monde égéen, à la tête de la ligue de Délos. En outre, le conflit a prouvé l’importance croissante de la puissance navale, après la décisive bataille de Salamine. L’armée de Sparte, jusqu’ici la plus grande puissance militaire de Grèce et l’alliée d’Athènes, perd sa suprématie au profit de la flotte athénienne.

Une période de domination politique, culturelle et artistique s’ouvre pour Athènes, qui atteint son apogée sous Périclès. Il renforce les institutions démocratiques de la cité, qui est, grâce au trésor de la ligue de Délos, embellie et dotée de nouveaux monuments : la plupart des édifices de l’Acropole datent de cette époque. Athènes rayonne dans tout le monde antique, tant sur le plan culturel et artistique — avec des auteurs comme Eschyle, Sophocle, Euripide, des philosophes comme Socrate et Platon, des historiens tels que Thucydide et Hérodote, des sculpteurs comme Phidias — qu’économique, Le Pirée étant devenu la plaque tournante du commerce méditerranéen.

La politique extérieure d’Athènes cause sa perte. D’une confédération d’alliés, la ligue de Délos se transforme en un empire inégalitaire où les cités qui se révoltent sont impitoyablement châtiées. Sparte, jalouse de la prospérité d’Athènes et désireuse de recouvrer son prestige, en profite pour créer une confédération de cités hostiles à l’impérialisme athénien. Sparte et Athènes se vouaient une hostilité croissante qui culmina avec la guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-C.), qui s’achève avec la défaite d’Athènes en 404. Affaiblis par ces conflits répétés les villes cédèrent facilement à la montée en puissance de la Macédoine au nord. En 338 avant J.-C., le roi Philippe II, un militaire de génie, s’empara de tout le territoire grec à l’issue de la bataille de Chéronée. Il recueille l’héritage de la civilisation grecque qui sera largement diffusé par son fils Alexandre le grand au fil de ses nombreuses conquêtes.

L’héritage de la civilisation grecque

acropole_athenesSans l’écriture, rien de tout cela n’aurait été possible. Tandis que les autres systèmes antiques utilisaient des symboles différents, les grecs adoptèrent un alphabet phonétique de 20 caractères. L’éducation jouait un grand rôle dans la démocratie : les hommes au pouvoir devaient déployer tous leurs talents d’orateur pour convaincre du bien-fondé de leur politique. On enseignait l’éloquence dans des écoles et l’usage de l’écriture favorisait la circulation des idées. L’éducation physique n’était pas négligée pour autant : l’athlétisme, la lutte et la boxe figuraient parmi les disciplines privilégiées. Lors de grandes manifestations sportives comme les jeux olympiques, une trêve était imposée aux cités en guerre pour permettre de s’y rendre en toute sécurité.

Entre le VIe et le IVe siècle avant notre ère, en dépit des guerres qui se succédaient sur leur territoire, les grecs dominèrent le monde antique. Ils maîtrisaient la sculpture, la peinture et l’architecture. La tragédie et le théâtre s’épanouirent. La littérature, mais aussi les mythes grecs, continuent d’inspirer aujourd’hui les artistes. Quant aux philosophes athéniens (Socrate, Platon, Aristote) ils posèrent les jalons de la pensée européenne. Les grecs rédigèrent les premiers ouvrages historiques, firent progresser les mathématiques et la géométrie, et élevèrent la médecine au rang de discipline scientifique…

La civilisation romaine qui suivit la civilisation grecque fut par bien des aspects une continuation de la culture hellénistique.

Bibliographie

- Histoire du monde grec antique de François Lefèvre. poche, 2007.

- La Grèce antique de Georges Tate. Hachette, 2007.

- Le Siècle de Périclès. Collectif. CNRS Editions, 2010.

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