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La civilisation maya

Temples mayasLe monde maya, civilisation précolombienne d’Amérique centrale, a connu son apogée à l’époque classique entre 200 et 900 après J-C. Les territoires s’étendaient sur les états actuels du Guatemala, Belize, Mexique et une partie du Honduras et du Salvador. Tout comme les aztèques, la société est hiérarchisée et pratique des sacrifices rituels mais également l’autosacrifice. L'univers maya que l’on peut penser éteint depuis l’invasion espagnole et les maladies, subsiste pourtant à travers les descendants actuels qui ont conservé les traditions ancestrales, quelque 3 millions de personnes en quête de reconnaissance.

Des origines lointaines et morcelées

La provenance attribuée aux mayas est commune aux civilisations précolombiennes. Il s’agirait initialement d’un peuple venu d’Asie, arrivé sur le continent américain lors de la glaciation du détroit de Behring. Il faut savoir que la civilisation maya a été inégale selon les périodes, car les différentes régions ne se sont pas développées au même rythme. Le monde mésoaméricain et le monde maya s’articuleraient autour de plusieurs chronologies. Celles-ci commencent à la période paléoindienne avec les nomades chasseurs cueilleurs (12 000 à 7000 avant J-C), et s’achèvent à la période postclassique et la conquête espagnole (1000-1542 après J-C).

La période préclassique (2000 à 400 avant J-C) est une période d’expansion et de cohésion. C’est à partir de 2000 avant J-C que de petits groupes s'installent au Yucatan, des fouilles attestent de l' utilisation de la poterie. L’apogée de la civilisation a lieu à la période classique de 200 à 900 après J-C. Elle caractérise une ère d’économie prospère et d’épanouissement culturel grâce à la diffusion de l’écriture, du calendrier mais aussi de la céramique polychrome. A la fin du VIIIe siècle, le territoire s’étend sur 324 000 Km2.

Parmi les plus grandes cités, on peut compter du IIIe et IXe siècle : Tikal et Calakmul, puis au Xe et XIe la cité de Chichén Itzá et enfin du Xe au XIIIe : Uxmal. La cité de Tikal, située dans le Yucatán au nord-est du Guatemala, comprenait plus de 3 000 édifices et abritait entre 50 000 et 100 000 habitants. Les fortifications protégeaient un territoire de 123 Km2.

Une société hiérarchisée

Codex_Cospi

Il existe de multiples catégories sociales au sein de chaque cité-Etat : artisans, commerçants, guerriers, prêtres, nobles, fonctionnaires ou encore esclaves. Le rang repose sur l’hérédité, mais les exploits guerriers favorisent l’ascension sociale. N’importe quel habitant peut participer à la défense du royaume et se battre. C’est à la période postclassique qu’apparaissent deux ordres militaires d’élite : les guerriers aigles et les guerriers jaguars.

La majorité de la population est composée de paysans qui sont de classes hétérogènes, il en existe des pauvres et des riches. L’artisanat est davantage une activité de noble car elle fait appel à des spécialistes à temps plein, choyés par le pouvoir. En effet, la fabrication de Codex, manuscrit en papier d’écorce comprenant des pictographes et textes en glyphes, demande à l’artisan un véritable savoir-faire. Ce métier suppose une connaissance des techniques de fabrication du papier et une bonne compréhension des dessins. Quant aux habitants des palais, ils sont des fonctionnaires aidant à percevoir le tribut.

Les découvertes de sépultures démontrent bien l’existence d’une société de classe. En témoignent sur les corps des élites, des signes extérieurs de prestige et de richesse : déformation crânienne, dents limées et incrustation de petites plaques de jade sur les dents supérieures. Les découvertes ont également permis de déterminer une espérance de vie assez faible qui oscille entre 35 et 40 ans.

L’économie maya

Agriculture

L’économie repose principalement sur l’agriculture et le commerce. Les mayas pratiquaient l’agriculture sur brulis consistant à défricher un champ et brûler la végétation comme fertilisant, et l’agriculture en terrasse. Ils cultivaient le maïs qui est la ressource de base, les courges et haricots mais aussi les piments, les avocats et les tomates. La chasse et la pêche étaient pratiquées à moindre mesure.

La métallurgie et l’élevage n’existent pas dans la culture maya. En effet, les mayas n’utilisaient pas la roue et la charrue, car ils ne disposaient pas d’animaux de trait. Ils pouvaient porter eux-mêmes  jusqu’à 50 kilos de charge.

Les  populations qui ne vivaient pas en autarcie importaient certains produits sur de longues distances comme le sel, le chocolat, les textiles ou encore la pierre dure : l’obsidienne, une roche volcanique. Les marchés permettaient aux marchands de présenter des produits étrangers essentiels mais aussi de luxe comme les peaux de jaguars, le jade, les plumes de quetzal. L’absence de monnaie favorisait le recours au troc et à certaines alternatives de « monnaies » : graine de cacao,  plume...

La religion et le maintien du cosmos

Le monde mythique maya est peuplé de créatures allégoriques symbolisant la pluie, la force céleste, la foudre ou le vent. Les images sculptées ou peintes représentent des êtres hybrides aux figures monstrueuses. Il en existe deux types : les créatures au nez court qui ont des attributs félins, solaires et celles au museau allongé associées aux reptiles, à la terre. On remarque bien l’opposition des deux forces entre créatures diurnes et nocturnes : le soleil/la terre, la vie/la mort. Il n’existe pas de temples dédiés aux dieux à la période classique, mais des temples pyramides érigés à la gloire du souverain.

Le_Tzolkin_calendrier_maya

Le roi est considéré comme le grand prêtre et le représentant des forces surnaturelles. Il est souvent affublé d’un sceptre et d’une barre cérémonielle et est le garant de l’équilibre du Cosmos. C’est pour cette raison qu’il doit assurer la continuité de l’univers en surveillant le bon déroulement des sacrifices. Aidé de prêtres, sa principale fonction religieuse porte sur l’accomplissement de plusieurs rites : sacrifice, autosacrifice et encensement

Les sacrifices prennent plusieurs formes : décapitation, arrachage du cœur ou autosacrifice qui consiste à faire couler son propre sang en se coupant l’oreille, le lobe, la langue ou d’autres membres. Ces rituels comportent les deux mêmes phases : l’exécution à proprement parlé et l’offrande. Celle-ci revient à présenter dans un bol l’image du sacrifié via un ruban de papier taché de sang. Il faut savoir que les animaux sont eux aussi sacrifiés : poissons, serpents, oiseaux et jaguars. Les offrandes sont essentielles dans la culture maya. Pour accompagner les défunts, les élites déposent au membre de leur famille d’autres catégories d’offrandes : couteaux, objets en jade….

Les rites s’appuient sur deux calendriers annuels. Le premier le Haab détermine les dates de cérémonies sur 365 jours et apporte des prédictions au peuple. Le second, le Tzolkin fait office d’almanach religieux comprenant 260 jours et aidant les chamans à nommer les enfants d’après le jour de leur naissance.

Les mayas aujourd’hui

De nos jours, près de 3 millions de personnes parlent la langue maya, un maya réinventé contenant des termes espagnols. La communauté se répartit entre plusieurs pays : Mexique (Yucatán, Campeche et Chiapas) Guatemala, et Belize. Les Mayas actuels font en majorité partie de la population paysanne et tentent de conserver leurs traditions ancestrales. Ils s’abritent dans des huttes en rondins de bois auxquelles ils ont ajouté de la tôle, et vivent d'agriculture traditionnelle et d'artisanat.

Il est important de noter qu’en 1992, Rigoberta Menchu, une descendante des mayas « quichés » originaire du Guatemala a obtenu le prix Nobel de la paix. Rigoberta Mencha, dont les membres de la famille ont été décimés par la guerre civile, s’est engagée tôt pour la reconnaissance de ses droits. A 20 ans, elle intègre le CUC (Comité de l’Union Paysane), une organisation contestataire et continue d’œuvrer pour la justice sociale et le respect des peuples indigènes.

Bibliographie

- De Claude Baudez , Les mayas, Les belles lettres, 2004

- De Arthur Andrew Demarest, Les Mayas : Grandeur et chute d'une civilisation, Tallandier, 2007

- D'Antonio Aimi, Raphael Tunesi, Les Mayas et les Aztèques, Hazan, 2009

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