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Histoire des curieux et des cabinets de curiosités

cabinet curiosite gravureCurieux, curiosités et cabinets de curiosités sont les ancêtres de nos collectionneurs, collections et musées. En effet, sous l'Ancien Régime, le « curieux » recherchait et entreposait des « curiosités » dans son « cabinet ou sa galerie ». Alors que de nos jours, nous arrivons à collectionner presque tout et rien, les curieux de l'Ancienne France étaient attachés aux objets créés par l'Homme et par Dieu.

 

Le curieux

Les curieux sont au départ des Princes et Grands Seigneurs car ils ont plus de savoir, de connaissance et de moyens financiers. François Ier était un grand curieux d'objets naturels, alors que Charles IX et Henri III se sont faits dépouillés de leurs curiosités. Il faut attendre Richelieu qui va reprendre le flambeau en se constituant une énorme collection et Louis XIV grand amateur de médailles. Puis les nobles, les ecclésiastiques, les gens de Robe, les professions de santé s'y intéressent, mais il s'agit toujours d'une élite. Ces curieux se procurent des statues antiques, des beaux livres et manuscrits anciens ainsi que des médailles car « posséder un médailler devient une marque de distinction » pendant le Grand siècle.

Dans les années 1650, il y avait une trentaine de curieux dans Paris ; vers 1700/1720, on en comptait 150 et l'âge d'or se situe entre 1750/1790 regroupant environ 500 personnes, les nobles représentant 10 % des curieux au XVIII è siècle. D'après les inventaires, Paris et le Midi sont les deux grandes provinces où l'on en trouve le plus. A côté de l'élite (Grands Seigneurs, ecclésiastiques), les financiers et les négociants se mettent à la curiosité, car pour le particulier il est très difficile financièrement de réunir des objets précieux.
Avec le temps, le curieux se spécialise dans un domaine particulier, regroupant des séries d'objet du même thème, comme le faisait les médecins ou les apothicaires. L'amateur de ce thème particulier prend alors le nom de « collectionneur » et le « collectionnisme » est né en 1828.

La curiosité

Musee maison Rembrandt cabinet de curiositiesLa curiosité apparait entre la Renaissance et l'Age classique, ayant pour caractéristique la rareté, l'exotisme et la bizarrerie. Les objets collectionnés étaient habituellement ceux dont on n'avait pas ou plus l'usage, et devenaient objets de décoration et de contemplation. Ils étaient aussi des objets de communication car les grands seigneurs montraient leur fortune, leur puissance et plus tard leur connaissance.

Les curiosités avaient toujours un lien avec l'Antiquité et le Moyen-âge, les trésors des Princes et le domaine religieux. A partir de la XVI è siècle, grâce aux Grandes Découvertes et au savoir qui augmente, les objets se diversifient.

Ces objets sont classés en deux thèmes : les œuvres créées par les hommes et les œuvres créées par Dieu. Les créations de Dieu sont principalement les pierres précieuses, les fossiles, les cornes de licornes, les coraux, les fleurs rares. Dans les œuvres des hommes, il y a les peintures, les sculptures, les objets d'orfèvrerie, les instruments physiques, les armes, les antiquités, les médailles. Mais tous ces objets exotiques étaient un ornement obligé des cabinets de curiosités.
Les médailles ont une place de choix. C'est un objet fascinant, mélangeant l'art et l'histoire. Elles sont diverses et peuvent être des médailles antiques, médailles modernes, médailles impériales.

Les antiquités, quant à elles, occupent une place prépondérante, presque vénérée. Elles sont des curiosités dignes d'intérêt et regroupent les pierres gravées, les vases, les sarcophages, les statues et statuettes, mais surtout égyptiennes. Les grands vont rechercher des portraits d'illustres hommes pour les accrocher dans leur galerie, à tel point que cette mode gagne la France au temps d'Henri IV qui fait décorer le Louvre.

Les objets étaient très souvent nombreux et très diversifiés comme chez Hans Sloane médecin colonial qui rassemblaient ses curiosités dans onze salles regroupant entre autre 5 440 insectes, 660 oursins, 520 serpents dans de l'alcool, 7000 fruits, 23 000 pièces de monnaies. Entre 1680 et 1720, les médailles laissent place aux coquillages, la peinture italienne à la peinture du Nord et les curieux vont chercher des objets utiles. Les grands collectionneurs vont se procurer des faïences. En pleine période des Lumières, le curieux va s'attacher à la science. Le Beau fait place au Vrai. Le merveilleux et l'exotique sont remplacés par des objets dont parlent les hommes de science. De nombreux cabinets de curiosité scientifiques voient le jour (physique, chimie) qui deviendront nos laboratoires. Et les objets vont être classés en catégories, en séries et de manière chronologique.
A la mort de leurs propriétaires, les collections sont souvent vendues par l'intermédiaire des catalogues qui apparaissent vers 1700 à Paris et seulement vers 1745 à Lille ; certains autres propriétaires lèguent leurs collections à des centres éducatifs ou d'intérêt public afin d'en faire un objet de mémoire et de culture.

Le cabinet et la galerie

cabinet de curiositéLes curiosités sont installées dans un endroit spécifique le « cabinet » et classées par ordre alphabétique, puis par familles selon la taille ou la forme. Les cabinets de curiosités sont des pièces spéciales, très souvent sises à côté de la chambre. Cet endroit devient alors un lieu d'étude, d'émerveillement et de méditation. Le tout est organisé, rangé et classé, dans des tiroirs, sur des étagères, les gros objets sur le sol ou au plafond, les plantes rares dans un jardin botanique, mais l'ensemble doit être agréable et plaisant à la vue.

Suivant la catégorie des curieux et la spécificité des objets, les lieux diffèrent : les peintures et les sculptures sont exposées dans la galerie. Depuis l'Antiquité, la galerie avait valeur de musée. Sous l'Ancien régime, c'était la pièce où l'on réunissait une collection, « l'endroit que l'on attache le plus à rendre magnifique et que l'on embellit de richesses des beaux arts ». Cette pièce n'existait pratiquement que dans les demeures royales ou chez les Grands, Henri IV avait lui-même commencé en créant la « Petite Galerie » au Louvre. Avec le temps, ces collections royales vont se transformer pour devenir les musées.

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