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Les armées de la guerre de Sécession (2/7)

regularsacw150En 1860, la situation militaire des Etats-Unis est ainsi quelque peu paradoxale. D'un côté, la nation a atteint un degré de militarisation non négligeable, avec l'existence des milices d'États, d'arsenaux (fédéraux ou non) abondamment pourvus, et l'idéal du "citoyen-soldat" hérité de la guerre d'Indépendance. Mais de l'autre, le pays n'entretient que de minuscules forces armées professionnelles, ce qui en fait un véritable nain militaire en comparaison de la plupart des autres pays. En somme, un pays militairement faible, mais capable de monter en puissance très vite si le besoin s'en fait sentir - ce qui allait globalement caractériser l'armée américaine de sa naissance jusqu'à la Seconde guerre mondiale.

L'armée fédérale des Etats-Unis

À la fin de 1860, l’armée des Etats-Unis demeure une force intégralement professionnelle, mais minuscule en comparaison des nations européennes et même du Royaume-Uni, qui ne pratique pourtant pas non plus la conscription. Ainsi, l’effectif théorique est d’environ 13.000 hommes, mais une loi permet au pouvoir exécutif d’augmenter légèrement l’effectif de certaines unités s’il le juge nécessaire, et le nombre réel de soldats est plus proche de 16.000. C’est très peu pour un pays de 31 millions d’habitants et 8 millions de kilomètres carrés, et ce malgré l’expansion autorisée par l’administration Pierce (1853 – 1857), sous l’impulsion de son secrétaire à la Guerre, le futur président confédéré Jefferson Davis.

D’un point de vue administratif, l’unité de base est le régiment. L’armée en compte 19 : dix d’infanterie, cinq de cavalerie et quatre d’artillerie. Par rapport aux armées européennes, ces régiments – du moins en ce qui concerne l’infanterie – sont d’ailleurs plutôt l’équivalent de bataillons, de par leur effectif. À cela, s’ajoutent le corps du génie (cartographes inclus) et divers services auxiliaires ou administratifs : armement, santé, soldes, subsistances, ravitaillement, inspection, justice et administration. Au total, ces éléments n’emploient pas plus de 1.000 hommes.

Les divers régiments sont presque tous organisés sur le même mode. L’unité tactique de base est la compagnie, et chaque régiment en compte dix – sauf les régiments d’artillerie, qui en comportent douze. La compagnie est commandée par un capitaine, assisté de deux lieutenants (le premier lieutenant et le second lieutenant, une distinction qui a survécu jusqu’à nos jours dans l’U.S. Army, même si elle n’a plus le même sens). L’état-major du régiment est pour sa part constitué, outre le personnel administratif et les éléments de soutien, d’un colonel (qui commande le régiment), d’un lieutenant-colonel et de deux majors. L’échelon « bataillon » n’a pas d’existence fixe : le terme est seulement employé pour désigner un regroupement ad hoc de plusieurs compagnies, constitué temporairement si le besoin s’en fait sentir. Les bataillons ainsi formés peuvent être commandés par un des officiers supérieurs ou par le commandant de compagnie ayant le plus d’ancienneté à ce grade, à la discrétion du colonel.

L’armée fédérale des Etats-Unis est dispersée à travers tout le pays mais concrètement, les trois-quarts de ses effectifs se trouvent à l’ouest du Mississippi. Elle y assure à la fois la sécurité des frontières (surtout celle avec le très instable Mexique), la souveraineté dans les territoires nouvellement acquis (Californie, Texas, Nouveau-Mexique et Oregon), et la protection des colons qui s’installent dans des territoires encore peu anthropisés, si ce n’est par des Amérindiens. Ces derniers étant relativement peu nombreux, divisés, et leur attitude étant variable, leur contrôle ne nécessite pas d’effectifs très importants. Dans l’Est, le rôle de l’armée consiste surtout à garder les installations militaires, essentiellement les forts et les arsenaux, disséminés dans la partie la plus peuplée du pays. Ce rôle de présence et de garnison est surtout l’apanage de l’infanterie.

Pour sa part, la cavalerie est surtout employée dans la lutte contre les Indiens, de par la mobilité accrue que nécessitent les vastes espaces sans infrastructures du « Far West », et un ennemi lui-même assez mobile. De fait, le vocable de « cavalerie » désigne en réalité trois types d’unités différentes, basées – initialement – sur l’équipement et la façon de combattre. On compte ainsi deux régiments de dragons, soldats polyvalents censés pouvoir combattre aussi bien à pied qu’à cheval et armés de carabines ; deux régiments de cavalerie, équipés seulement de sabres et de pistolets pour le combat à cheval ; et un régiment d’infanterie montée, qui comme son nom l’indique, se déplace à cheval mais combat à pied. Avec le temps, ces unités durent cependant être adaptées aux engagements auxquels elles participaient et concrètement, en 1860, elles utilisent essentiellement le même équipement et les mêmes tactiques, qui se rapprochent en fait de ceux des dragons. Ces variations de désignation seront abolies en août 1861 et les deux régiments de dragons, le régiment d’infanterie montée et les deux régiments de cavalerie seront tous rebaptisés « régiments de cavalerie » et renumérotés respectivement de 1 à 5. Il est à noter que dans la cavalerie, les compagnies sont parfois appelées troop au lieu de company.

Tant à cause de la nature défensive de l’armée des Etats-Unis que du terrain accidenté, peu favorable au déplacement de canons de campagne, que l’on rencontre dans l’Ouest, la mission de l’artillerie consiste surtout à fournir des servants aux canons des forts. De ce fait, chaque régiment est constitué de douze compagnies (parfois appelées « batteries »), soit onze lourdes (artillerie de forteresse) et une légère (artillerie de campagne). Toutefois, le 1er et le 2ème régiment d’artillerie ont deux batteries légères au lieu d’une seule. Le corps du génie, à l’effectif très réduit – moins de 200 hommes – est quant à lui surtout chargé de concevoir les forts, frontaliers et côtiers, et de superviser leur construction. La nécessité de protéger les ports, disséminés sur une façade maritime immense, a en effet conduit à la réalisation d’un imposant système de fortifications côtières. À noter que la batterie d’artillerie a une organisation qui lui est propre : constituée de trois sections de deux canons chacune, elle compte donc trois lieutenants au lieu de deux.

Il n’existe pas, en temps normal, d’échelon opérationnel supérieur à celui du régiment. Ceux-ci sont eux-mêmes éclatés et dispersés : les 198 compagnies que compte l’armée se répartissent sur plus de 70 postes et installations, sans compter les détachements plus petits. Cette dispersion est compensée par une organisation géographique : le pays est ainsi divisé en départements militaires (parmi les principaux : Nord, Sud, Centre, Ouest, Texas, Missouri, Pacifique), eux-mêmes subdivisés en districts. Durant la guerre de Sécession, cette organisation variera beaucoup, et départements et districts militaires seront créés ou supprimés en fonction des besoins ; il sera également formé des régions militaires (appelées military divisions) , rassemblant plusieurs départements.

 

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Le territoire des Etats-Unis au début de 1860. En orange : les États admis dans l'Union ; en bleu, les territoires ; en vert, les régions non organisées, administrées directement par le gouvernement fédéral. L'essentiel des forces armées est concentré dans la moitié occidentale du pays.

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