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Les armées de la guerre de Sécession (4/7)

Michigan_infantryCompte tenu de la faiblesse de l’armée fédérale, peu nombreuse et dispersée à travers tout le pays, et de l’inadéquation de la milice à une telle tâche, il s’avéra immédiatement nécessaire, dès le début de la guerre de Sécession, de lever des unités de volontaires pour écraser la rébellion. En effet, accroître la taille de l’armée régulière n’était pas une option envisageable : la législation alors en vigueur soumettait toute création d’unité à un vote en bonne et due forme du Congrès, une nécessité incompatible avec l’urgence de la situation.


Des armées de volontaires

De fait, de nouvelles unités régulières furent effectivement créées ; ordonné par une proclamation présidentielle du 3 mai 1861, ce recrutement ne fut confirmé que le 29 juillet par le Congrès ; le recrutement proprement dit eut lieu en août et septembre, et c’est seulement en octobre que l’entraînement débuta – alors que la guerre faisait rage depuis belle lurette. Aucun des onze régiments ainsi formés n’était organisé de la même manière que les régiments déjà existants : les neuf régiments d’infanterie (numérotés de 11 à 19) comprenaient 24 compagnies (réparties en trois bataillons de huit compagnies chacun) au lieu de 10 ; le 6ème régiment de cavalerie comptait 12 compagnies au lieu de 10 ; et si le 5ème régiment d’artillerie était constitué comme les autres de 12 batteries, elles étaient en revanche toutes armées de canons de campagne. Les unités de l’armée régulière servirent de manière extensive pendant le conflit, sur tous les théâtres d’opération. Les batteries d’artilleries furent dispersées dans les armées ou les forts. Les régiments de cavalerie servirent en tant que tels dans l’Ouest, ou virent leurs compagnies détachées pour servir d’escorte aux états-majors. Il en fut de même pour les régiments d’infanterie, dont certains furent éclatés pour protéger les convois de ravitaillement des armées de l’Union, et d’autres servirent en première ligne au milieu des régiments de volontaires.

Il était donc plus aisé pour le président Abraham Lincoln de créer de toutes pièces une armée « provisoire », prévue seulement pour la durée de la guerre, une prérogative que la constitution du pays lui accordait. Il constitua donc, aussitôt après l’annonce de la capitulation du fort Sumter, une force totalement distincte de l’armée régulière, les « volontaires des États-Unis ». En anglais, cette armée à part entière est généralement désignée U.S. Volunteers (en abrégé U.S.V.) pour la différencier de l’armée régulière ou U.S. Army (U.S.A.). Alors que cette dernière ne dépassera pas 25.000 hommes durant le conflit, la première atteindra le million de soldats, fournissant donc l’essentiel de l’effort militaire nordiste.

UnionOfficersInitialement, personne n’imaginait que de tels chiffres seraient atteints. L’idée dominante au printemps 1861, au Nord comme au Sud, était qu’une seule bataille décisive suffirait à régler le conflit. De ce fait, la guerre n’était pas envisagée autrement que comme courte, et l’appel aux volontaires émis par le président Lincoln le 15 avril reflète parfaitement cette idée : 75.000 hommes, pour une durée de trois mois seulement. Les engagements dépassèrent d’ailleurs toutes les espérances : alors même que 7 des 24 États sollicités refusèrent d’envoyer des troupes – 4 d’entre eux allaient faire sécession – près de 95.000 volontaires répondirent à l’appel. Certains États, comme le Massachusetts ou le Rhode Island, fournirent plus du double de leur quota ; le district de Columbia, non concerné, vit se constituer une force de 4.000 hommes, et plus de 10.000 Missouriens unionistes formèrent leurs propres régiments, alors que leur gouverneur, partisan de la sécession, avait proclamé la neutralité de l’État.

Ces volontaires étaient initialement recrutés, armés et équipés aux frais de leur État d’origine, même si l’initiative privée permettait occasionnellement d’alléger la charge financière que cela représentait. Ils étaient donc, en théorie, subordonnés à l’autorité de leurs gouverneurs, qui ne faisaient que les mettre à la disposition du gouvernement fédéral ; d’où le fait que chacun portait une désignation propre à son État d’origine telle que 20th Maine Infantry ou 1st New York Heavy Artillery. Conformément à la tradition américaine alors en vigueur – une tradition qui découlait elle-même d’un idéal de démocratie directe – les officiers de ces régiments furent élus par leurs hommes. Le choix de ces derniers se porta souvent sur les notables de leur quartier ou de leur comté qui s’étaient enrôlés avec eux, indépendamment de leur aptitude à commander ou de leur expérience de la chose militaire. Si leur professionnalisme faisait défaut, en revanche, les hommes ne manquaient pas.

Mais pour nombreux qu’ils furent, ces premiers « volontaires de trois mois » s’avérèrent vite insuffisants pour résoudre le conflit. Dès le lendemain de la cuisante défaite de Bull Run, Lincoln et le Congrès comprirent que la guerre serait longue. Le 22 juillet 1861, ils autorisèrent l’appel de 500.000 nouveaux volontaires, cette fois pour une durée de trois ans. Deux ans plus tard, lorsque le volontariat ne suffit plus à combler les pertes énormes causées par les combats et les épidémies, le gouvernement fédéral dut recourir à la conscription, une décision si impopulaire – car considérée par beaucoup comme une atteinte aux libertés individuelles – qu’elle provoqua à New York de sanglantes émeutes. Il y eut en tout quatre mobilisations partielles – effectuées par tirage au sort – en juillet 1863, et en mars, juillet et décembre 1864.

Sans surprise, on retrouve un schéma similaire de l’autre côté de la ligne de front. Aussitôt après leur naissance, les États Confédérés d’Amérique créèrent non pas une, mais deux armées. La première était une force régulière baptisée Army of the Confederate States of America (en abrégé A.C.S.A., parfois simplement C.S.A. pour Confederate States Army). Sur le papier, elle devait compter 15.000 hommes mais dans les faits, elle n’atteindra jamais ce chiffre. Peu connue faute de sources, l’activité de cette armée régulière sudiste se limitera semble-t-il à fournir des escortes de cavalerie aux états-majors, quelques batteries d’artillerie de campagne, et une garde d’honneur aux institutions confédérées. Sa contribution à l’effort de guerre sudiste sera en tout cas nettement moindre que celle de sa contrepartie nordiste.

prisonnierssudistes1863Pour les mêmes raisons que le gouvernement de l’Union, les dirigeants confédérés savaient fort bien que leur future armée régulière ne permettrait pas de répondre aux besoins posés par la guerre civile. Ils constituèrent donc eux aussi une force de volontaires et ce, avant même la création de leur armée régulière. Baptisée Provisional Army of the Confederate States (P.A.C.S.), cette « armée provisoire de la Confédération » allait soutenir l’essentiel des combats à venir. Recrutés de la même manière que dans le Nord – c’est-à-dire par État – les 100.000 volontaires appelés dès le 6 mars 1861 allaient initialement être renforcés par la milice de chaque État. Néanmoins, la Confédération allait très vite être victime d’un de ses propres fondements idéologiques : le droit des États. Jaloux de leurs prérogatives, les gouverneurs de certains États firent obstacle autant qu’ils purent à l’utilisation de leur milice ou de leurs volontaires par le gouvernement confédéré. Celui de Géorgie, Joseph Brown, alla même jusqu’à interdire, en vain, aux troupes de son État d’en quitter le territoire : elles n’avaient été, selon lui, levées que pour défendre la Géorgie. La prise de contrôle des forces armées des États par le gouvernement central passait aux yeux de beaucoup pour une ingérence dans leur souveraineté. Ces réticences accrurent les difficultés qu’éprouva le gouvernement sudiste pour coordonner la défense de ses frontières.

Compte tenu de la démographie étriquée du Sud, le volontariat allait s’avérer insuffisant encore plus vite que dans le Nord. En février 1862, le Congrès confédéré accepta de lever 400.000 volontaires supplémentaires mais, dès avril suivant, il apparut que la conscription était la seule issue au problème. Aussi mal perçue que dans le Nord, elle concernait initialement les hommes de 18 à 35 ans. Dès septembre, l’âge maximal fut porté à 45 ans, et en décembre 1863, il ne fut plus possible d’échapper au service militaire en payant un remplaçant, comme c’était le cas jusque-là. En février 1864, la conscription fut étendue aux hommes de 17 à 50 ans. Bien entendu, ces mesures ne concernaient que les hommes blancs. C’est seulement en dernier recours que la Confédération se résolut à accepter les Noirs dans l’armée : une loi du 13 mars 1865 autorisa à en lever 300.000, mais à quelques semaines de la défaite, elle resta quasiment lettre morte. Malgré cela, à aucun moment l’effectif de l’armée sudiste n’excéda 500.000 hommes, et hormis en de rares cas, elle se battit toujours en sévère infériorité numérique.

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