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Guerre de Sécession : de Belmont au fort Donelson (4/4)

Lewis_WallaceLe 12 février 1862, l’armée du général Grant quitta le fort Henry vers l’est, et marcha sur le fort Donelson. Grant laissait en réserve derrière lui la division de Lew Wallace, encore incomplète, et que devait renforcer une brigade empruntée au département de l’Ohio. Avocat dans le civil, Lew Wallace était également écrivain à ses heures perdues ; il écrirait en 1880 le roman Ben Hur, un best-seller adapté plusieurs fois au cinéma par la suite. De son côté, le capitaine Phelps avait ramené ses trois timberclads après trois jours de raid en amont de la rivière Tennessee.

Une cible plus coriace

La flottille de l’Union avait perdu l’Essex, privée de chaudière après le bombardement du fort Henry, et la Cincinnati légèrement touchée. Mais elle avait reçu le renfort de deux autres canonnières cuirassées, elles aussi construites à St-Louis par James Eads, l’USS Louisville et l’USS Pittsburgh. La force ainsi reconstituée descendit la Tennessee jusqu’à son confluent, remonta brièvement le cours de l’Ohio avant d’obliquer pour rejoindre la Cumberland et se diriger vers le fort Donelson. En 1862, la Cumberland se jetait directement dans l’Ohio, contrairement à son cours actuel, qui conflue d’abord avec la Tennessee.

Situé dans le voisinage immédiat de la petite ville de Dover, le fort Donelson était autrement plus redoutable que le fort Henry. Dressé sur une petite butte surplombant la Cumberland d’une trentaine de mètres, il était à l’abri des inondations. La dotation en artillerie était également bien meilleure, puisqu’on en comptait une soixantaine de pièces. Le fort lui-même étant bien trop exigu pour contenir 16.000 soldats, les hommes de Floyd avaient entrepris sitôt arrivés d’établir une ligne de défense extérieure d’environ quatre kilomètres serpentant à travers un paysage boisé et vallonné. La droite de la position est garantie par une rivière, la Hickman Creek, le centre court le long des crêtes, la gauche est couverte par un petit ruisseau, et les arrières sont solidement tenus par le fort Donelson.

GenJBFloydC’est une bonne position défensive, mais non exempte de défauts. Les soldats qui l’occupent sont encore, pour beaucoup, armés de vieux mousquets à silex sensibles à l’humidité. De surcroît, l’aile gauche confédérée fait face à une ligne de crête qui, une fois tenue par les Nordistes, leur permettrait de couper la seule voie acceptable de retraite par la terre. Enfin, le moindre de ces points négatifs n’est certainement pas le commandement. L’incurie notoire de Pillow s’était déjà exprimée quinze ans plus tôt au Mexique, et plus récemment à Belmont. Floyd était un homme politique dépourvu de talent militaire. Quant à Buckner, son moral était au plus bas, car il tenait la défense pour un sacrifice inutile dépourvu d’échappatoire. Initialement, c’était Beauregard qui devait commander cette force mais, malade, il s’était fait poliment excuser.

Une brigade de cavalerie ad hoc avait été déployée au contact des éléments avancés nordistes, et confiée à un lieutenant-colonel de 41 ans, Nathan Bedford Forrest. Ce Tennesséen originaire de Memphis était pour ainsi dire l’antithèse de l’idée qu’on pouvait se faire du « gentleman sudiste ». D’extraction modeste, il n’appartenait en rien à cette aristocratie terrienne qui régnait sur les plantations de coton et de tabac. Mais il était doué pour les affaires, et avait réussi, avant guerre, à amasser une fortune colossale grâce à diverses entreprises, y compris un fructueux commerce d’esclaves. Millionnaire en dollars, Forrest pouvait se vanter d’être encore plus riche que Leonidas Polk – en fait, il était probablement l’un des individus les plus riches de tout le Sud.

Forrest1Forrest était aussi connu pour ses aptitudes physiques, qui servaient à merveille un tempérament agressif et, à l’occasion, un sens de l’honneur assez chatouilleux. Avec 1,88 m pour 95 kilos, il était largement au-dessus du gabarit moyen de l’époque et de l’aveu de ses contemporains, c’était un excellent escrimeur doublé d’un cavalier hors pair. Le fait qu’il ait survécu à de nombreux combats et blessures a largement alimenté son image, encore populaire aujourd’hui, de héros légendaire de la cause sudiste. Une légende oscillant entre dorure et noirceur, notamment à cause de sa participation controversée à un massacre de prisonniers noirs au fort Pillow en 1864. Et Forrest joua un rôle incontestable dans le succès, après la guerre, de la première incarnation du Ku Klux Klan.

Placé à la tête d’un régiment de cavalerie qu’il avait recruté et équipé à ses frais, il démontra bientôt des aptitudes au commandement suffisamment notables, en dépit de son absence totale de formation militaire, pour gravir les premiers échelons de la hiérarchie. Il allait en monter d’autres encore, mais pour l’heure, il ne put guère que retarder de peu la progression de l’armée de Grant. À la fin de la journée du 12 février, les Nordistes étaient au contact de la principale ligne confédérée. Ils déployèrent la division C.F. Smith à gauche, et la division McClernand à droite.

CFSmithUne citadelle assiégée

Grant entendait bien attendre l’arrivée de la division de Lew Wallace pour l’insérer au centre de son dispositif. Celle-ci n’était pas encore au complet, une de ses brigades devant arriver par voie fluviale. Le général nordiste donna des ordres pour éviter de lancer des attaques irréfléchies mais dès la matinée du 13, il fut confronté à l’impatience de ses subordonnés : Smith et McClernand lancèrent chacun de leur côté des attaques limitées. Quant à Foote, pas encore arrivé avec ses canonnières, il fit tester vers 11 heures les canons du fort Donelson par un élément avancé de sa flotille, l’USS Carondelet.

Si Smith, tout proche du QG de Grant, se contenta d’une brève démonstration avant de faire ouvrir le feu sporadiquement à ses canons et de faire avancer tireurs isolés et lignes de tirailleurs, McClernand en fit davantage. Déployant ses troupes, il s’aperçut que la longueur des lignes confédérées l’obligerait à étirer dangereusement les siennes s’il voulait couper à l’ennemi toute retraite. Il fut également pris à partie par l’artillerie que les Confédérés avaient placée sur une position avancée, en hauteur, au centre de leur ligne. Confiant, McClernand chargea la brigade de William Morrison de s’en emparer, et la fit renforcer par un régiment de la brigade de William H. L. Wallace – un homonyme dépourvu de parenté avec Lew Wallace.

John_Alexander_McClernandBientôt pilonnés par une seconde batterie confédérée, les Nordistes n’en montèrent pas moins à l’assaut. Parvenus tout près de la position ennemie, ils furent repoussés par la brigade sudiste d’Adolphus Heiman, dont le soutien aux artilleurs avait été sous-estimé. Le colonel Morrison fut blessé, mais ses hommes renouvelèrent leur attaque, sans succès, une première fois puis une seconde. Ce n’est que lorsque les feuilles mortes et les buissons prirent feu que la brigade, désormais aux ordres du colonel Leonard Ross, abandonna son attaque. Les infortunés blessés qui n’avaient pu s’extraire du brasier périrent carbonisés. En tout, environ 150 Nordistes furent tués ou blessés pour un résultat nul.

Ayant enfin reçu les renforts tant attendus, Grant put détacher la brigade de John McArthur de la division Smith pour donner un peu de profondeur au dispositif de McClernand. Son armée était fin prête : il n’y avait plus qu’à attendre que la flottille de canonnières, qui avait fait merveille au fort Henry, n’entre en jeu. Dans l’intervalle, les troupes de deux camps vécurent un enfer malgré l’absence de combats d’envergure. Des tirs sporadiques continuèrent durant toute la journée du 13 février et la nuit suivante. Allumer un feu pour faire la cuisine exposait à devenir la cible des tireurs d’élite.

Pour ne rien arranger, les conditions météorologiques se dégradèrent subitement. Un vent glacial se leva à la tombée de la nuit et les températures, jusque-là anormalement élevées et quasi printanières, chutèrent largement en-dessous de zéro. Il neigea une bonne partie de la nuit. De nombreux soldats avaient commis l’erreur de laisser en arrière leurs couvertures et leurs manteaux… Ceux qui n’allaient pas mourir de pneumonie les semaines suivantes allaient retenir la leçon. Quant aux blessés, après les flammes, ils devaient à présent faire face à l’hypothermie.

Fort_Donelson_river_battery_1Le lendemain, ayant couvert le débarquement des renforts à présent terminé, Foote se trouvait disponible avec ses canonnières. Il attaqua à 15 heures. Comme au fort Henry, il déploya ses quatre ironclads en ligne et laissa les trois timberclads en réserve. Tirant avec la même intensité que huit jours plus tôt, les canonnières nordistes causèrent des dégâts significatifs au fort Donelson. Ce dernier, néanmoins, avait du répondant. Sa position en hauteur permettait à ses canons de pratiquer un tir plongeant contre les navires nordistes, qui s’étaient rapprochés dangereusement – à 350 mètres seulement de leur cible.

Ainsi placés, les artilleurs confédérés pouvaient atteindre le pont des canonnières qui, contrairement à leurs flancs inclinés, n’était pas blindé. Cet avantage finit par payer. Un boulet pénétra par le toit dans la passerelle de l’USS St. Louis et emporta la roue du gouvernail, tuant au passage le timonier et manquant de peu le commodore Foote qui fut blessé par des éclats de bois – ironiquement, au pied. Incontrôlable, la St. Louis ne put être dirigée pour faire face au courant et se mit à dériver. La Louisville eut également sa direction endommagée et subit le même sort. Les deux canonnières fédérales survivantes se retirèrent pour couvrir les autres, et le bombardement du fort Donelson par la flottille fluviale s’arrêta là.

Espoir de sortie

Ce succès remonta le moral des défenseurs sudistes… mais pas celui de leurs généraux. Floyd réunit ses subordonnés durant la nuit du 14 au 15 février à son quartier général, l’unique hôtel de la ville de Dover. Tous furent unanimes : le fort Donelson était intenable. Il fallait tenter une sortie. La retraite de Foote laissait ouverte la voie fluviale vers Nashville, mais il n’y avait pas assez de bateaux pour évacuer toute la garnison. Il faudrait donc attaquer dans la seule direction possible par voie de terre : vers l’est, sur la route menant à Charlotte.
Fort_Donelson_Feb14La situation au soir du 14 février 1862, après l'échec du bombardement fluvial nordiste (copyright Hal Jespersen via Creative Commons).

Pour ce faire, Floyd réorganisa complètement ses forces. Pillow, avec cinq brigades, et couvert sur son flanc gauche par les cavaliers de Forrest, aurait pour tâche d’effectuer la percée principale en attaquant la division nordiste de McClernand. Quant à Buckner, il devrait mener ses deux brigades dans une attaque de soutien contre le centre fédéral, avec l’appui de la brigade Heiman, dans le but d’empêcher Grant d’envoyer des renforts à McClernand. Ce plan était audacieux car ce faisant, les Confédérés ne laissaient sur leur flanc droit qu’un unique régiment pour occuper les défenses extérieures, et la brigade de John Head pour tenir le fort Donelson proprement dit.

Avant l’aube, le 15 février 1862, les soldats sudistes reçurent des vivres pour trois jours. Les Fédéraux, pour leur part, étaient restés passifs. Grant avait quitté le champ de bataille pour conférer avec Foote de la stratégie à suivre après l’échec des canonnières, à une dizaine de kilomètres de son quartier général. Lancée au lever du soleil, l’attaque confédérée prit les Nordistes au dépourvu. Non seulement leur chef n’était pas là pour y faire face, mais les guetteurs fédéraux, sans doute trop occupés à lutter contre le froid, n’avaient rien remarqué du redéploiement des Confédérés. Pour ne rien arranger, Grant n’entendit pas le bruit du combat, et ne regagna son QG que lorsqu’un messager vint le prévenir. Cette absence momentanée allait manquer, ultérieurement, de lui coûter sa carrière.

L’attaque confédérée porta en premier lieu contre la brigade nordiste du colonel Oglesby. La brigade McArthur se porta à son secours mais, mal déployée, elle fut de peu d’efficacité. Les deux unités résistèrent malgré tout pendant deux heures, notamment grâce au soutien de W.H.L. Wallace. Ce dernier put intervenir parce que Buckner était, contrairement au plan initialement prévu, resté l’arme au pied. Il ne se mit en marche que lorsque Pillow le somma de le faire, mais son attaque accrut encore la pression déjà grande exercée sur les Nordistes. Forrest se montra décisif, manœuvrant à cheval pour flanquer à plusieurs reprises les Fédéraux avant de les attaquer à pied. Ces facteurs, combinés à l’épuisement progressif des munitions des Nordistes, finirent par obliger les hommes de McClernand à reculer.
Fort_Donelson_Feb15amLes combats de la matinée du 15 février : les Sudistes enfoncent la division McClernand, qui se rétablit grâce à l'aide de la division Wallace et de la brigade M.L. Smith (copyright Hal Jespersen via Creative Commons).

Leur retraite manqua de peu de se transformer en déroute, mais en l’absence de Grant, McClernand réussit à persuader Lew Wallace de venir à son aide. Ses deux brigades parvinrent à rétablir une ligne de défense que Buckner assaillit à trois reprises, sans succès. Vers 12h30, la progression des Confédérés était stoppée. Malgré cela, leur succès était incontestable : ils étaient maîtres des hauteurs qui commandaient la route de Charlotte et par conséquent, la voie du salut leur était essentiellement assurée.

De la victoire à la capitulation

Environ une heure plus tard Gideon Pillow fit la démonstration définitive de son incompétence : estimant que l’armée ennemie était vaincue pour de bon, il ordonna à ses forces de regagner leurs positions de départ pour se ravitailler en munitions. Stupéfié, Floyd perdit alors son sang froid et ordonna à Buckner de se replacer avec ses hommes sur la droite du périmètre défensif sudiste, ne laissant sur la colline chèrement acquise le matin même qu’un mince rideau de troupes pour garder ouverte la route de Charlotte.

Grant, pour sa part, était enfin arrivé sur le champ de bataille, vers 13 heures. Sans se départir de son calme habituel, il prit aussitôt des mesures énergiques. Il ordonna à Foote d’envoyer ceux de ses navires encore en état de marche effectuer une prudente démonstration contre le fort Donelson afin de soutenir le moral vacillant de ses soldats. Il fit renforcer la division Wallace par la brigade Ross et deux régiments de la division C.F. Smith, le tout confié à son homonyme Morgan L. Smith. Lew Wallace reçut pour mission de reprendre le terrain perdu sur la droite, tandis que C.F. Smith se vit chargé de lancer une attaque de diversion sur la gauche.

Cette dernière réussit au-delà de toute espérance : le 30ème régiment du Tennessee, unique force confédérée tenant l’enceinte extérieure, ne put tenir très longtemps malgré le soutien des canons du fort. Ramenant ses troupes de l’aile gauche confédérée, Buckner tenta sans succès de reprendre ses ouvrages à C.F. Smith. Sur la droite nordiste, Lew Wallace ne tarda pas à être victorieux lui aussi. La brigade de M.L. Smith progressa rapidement, par bonds, en se couchant entre deux mouvements pour se mettre à couvert. Lew Wallace laissera de leur chef en action cette description pittoresque : « Le cigare du colonel Smith fut emporté [par une balle] tout près de ses lèvres. Il en prit un autre et réclama une allumette. Un soldat accourut et lui en donna une. « Merci. Reprenez votre place, à présent. Nous sommes presque en haut » répondit-il et, tout en fumant, il éperonna son cheval. »
Fort_Donelson_Feb15pmLa contre-attaque nordiste dans l'après-midi du 15 février : les Fédéraux reprennent le terrain perdu après le retrait des Sudistes. Simultanément, la division C.F. Smith perce les défenses extérieures des Confédérés (copyright Hal Jespersen via Creative Commons).

Au soir du 15 février, la retraite que les Confédérés s’étaient ouverte était désormais refermée, même si, dans les faits, la division de Lew Wallace était trop étirée pour couper efficacement la route de Charlotte. Peu importait : les Sudistes avaient laissé passer leur chance. Leurs généraux tinrent de nouveau conseil à l’hôtel de Dover. La situation militaire était précaire : toute la droite des défenses extérieures était enfoncée. Estimant que toute résistance supplémentaire causerait des pertes terribles et inutiles, Floyd et son état-major estimèrent qu’il n’y avait plus qu’à capituler. Triste fin pour une armée qui, quelques heures plus tôt, avait son salut bien en main.

Mais les avanies infligées aux troupes sudistes par leurs chefs ne s’arrêtèrent pas là. Floyd, accusé d’avoir délibérément fait transférer du matériel dans le Sud durant les mois précédant la guerre pour que les rebelles s’en emparent plus facilement, faisait l’objet d’une inculpation dans le Nord. Craignant d’être pendu s’il était capturé, il décida de s’éclipser en emmenant avec lui les régiments qu’il avait amenés de Virginie. Il embarqua sur deux transports avec environ 1.500 hommes et remit le commandement à Pillow. Celui-ci, redoutant un sort similaire à celui que craignait Floyd, profita de la nuit pour traverser la Cumberland sur une petite embarcation. À l’incompétence, l’un et l’autre avaient ajouté la couardise…

Dover_HotelBuckner, défaitiste, hérita du commandement. Forrest sollicita de son supérieur l’autorisation de quitter la place avec ses cavaliers, et l’obtint. Il franchit les lignes adverses sans grande difficulté, avec 700 hommes. Grant, de son côté, avait prévu un assaut général pour le 16 février à l’aube, mais Buckner le devança en demandant à négocier les conditions de sa reddition. Les deux hommes se connaissaient bien : ils avaient servi ensemble dans l’armée fédérale, et Buckner avait même prêté de l’argent à Grant pour que celui-ci puisse regagner l’Illinois lorsqu’il avait démissionné. Le général sudiste s’attendait donc à se voir offrir des termes magnanimes.

Il n’en fut rien. Pour toute réponse, Grant lui écrivit : « Votre pli de ce jour, proposant un armistice et la nomination de commissaires pour définir les termes d’une capitulation, a bien été reçu. Aucun terme autre qu’une reddition inconditionnelle et immédiate ne peut être accepté. Je propose de m’installer immédiatement dans vos ouvrages. » Lorsqu’elle fut connue de la presse après la bataille, cette courte missive souleva l’admiration de tout le Nord, le public applaudissant à la fermeté de son auteur. Le général nordiste devait gagner là un surnom, basé sur ses initiales, Unconditional Surrenderreddition inconditionnelle ») Grant. Buckner accepta de mauvaise grâce, car il n’avait guère le choix.

nashvilleRRcivilwarEn tout, la chute du fort Donelson avait coûté à la Confédération près de 14.000 hommes, dont environ 12.500 prisonniers. L’Union, pour sa part, avait perdu 2.700 soldats, dont 500 tués. Les nombreux prisonniers sudistes prirent le chemin des premiers camps établis à leur intention dans le Nord, notamment autour de Chicago. Ils firent l’objet, par la suite, d’échanges contre des prisonniers nordistes – y compris Buckner, échangé en août.

Le reste de l’armée sudiste d’A.S. Johnston avait pu rejoindre Nashville, mais la ville était à présent indéfendable. Les Confédérés l’évacuèrent une semaine plus tard, le 23 février. Deux jours après, les navires de Foote firent leur jonction avec les soldats de Buell, qui avançaient enfin depuis le nord, et occupèrent la ville. La perte de ce nœud ferroviaire impliquait aussi l’isolement de Columbus, qu’il n’était plus possible de renforcer rapidement, et la position fortifiée fut évacuée à son tour, le 2 mars. Vaincu, mais non abattu, A.S. Johnston regroupa ses forces à Corinth, une petite bourgade du nord-est de l’État du Mississippi, et attendit les renforts qu’il avait demandés au président Davis. Le Tennessee central, lui, passait sous la coupe de l’Union.

Sources


- Après la guerre, Lew Wallace prit la plume pour raconter son expérience de commandant de division durant la bataille du fort Donelson.

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