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Guerre de Sécession : les Sept Jours (5/6)

1Virginia-SwampQuand l’aube se lève sur le dernier jour de juin 1862, l’armée du Potomac presque toute entière est passée sur la rive sud de la White Oak Swamp. Cet obstacle, cependant, ne la protège que partiellement, et les Confédérés menacent toujours sa ligne de retraite depuis l’ouest. Malgré l’incapacité de Magruder et Jackson à coordonner leurs efforts et à retenir les Fédéraux autour de Savage’s Station, Lee conserve globalement son plan initial, espérant toujours prendre au piège au moins une partie de l’armée nordiste en s’emparant du carrefour de Glendale. Jackson et D.H. Hill reçoivent l’ordre de franchir la White Oak Swamp. Quant à Magruder, il contournera le marécage pour venir se placer en soutien du reste de l’armée sudiste, Huger, Longstreet et A.P. Hill devant continuer à marcher sur Glendale.

 

Siestes au bord de la White Oak Swamp

Durant la nuit, McClellan a continué à gérer à distance la retraite de son armée. Celle-ci est toujours en danger, mais moins que les jours précédents. En effet, ses cinq corps ne sont plus disposés de part et d’autre d’une rivière susceptible de les empêcher de s’épauler mutuellement. Toutefois, le IVème Corps, qui forme l’avant-garde, continue à marcher sur Harrison’s Landing pour y préparer ce que McClellan imagine déjà être son ultime ligne de défense, où il pourra compter sur l’appui de la marine et de ses canons pour tenir à distance un ennemi qu’il pense toujours être très supérieur en nombre. Alors que la division Peck fonce vers Harrison’s Landing, celle de Darius Couch demeure en réserve – même si elle n’interviendra pas dans les combats du 30 juin.

Les Fédéraux étaient parvenus à atteindre la rivière James, ancrant leur gauche sur un méandre de la rivière surmonté d’une colline. Le Vème Corps s’y installa solidement, rejoint sur sa droite par le IIIème Corps de Samuel Heintzelmann. Le reste de la ligne fédérale était plus ou moins continu et cohérent. En fait, le VIème Corps s’était intercalé au milieu du IIème. La division Sedgwick tenait une position située immédiatement à l’ouest de Glendale. La division Slocum, du VIème Corps, continuait la ligne nordiste jusqu’à la White Oak Swamp, sur laquelle elle s’appuyait. Enfin, tout à droite du dispositif nordiste, les divisions Baldy Smith (VIème Corps) et Richardson (IIème Corps) tenaient solidement les deux routes qui enjambaient la White Oak Swamp, faisant face à Jackson.

2Seven_Days_June_30Les Sept Jours : situation le 30 juin 1862. Carte de Hal Jespersen (www.cwmaps.com).

 

Ce dernier fait à nouveau preuve de lenteur. Son corps d’armée est encore au nord de la Chickahominy quand le jour se lève. Arrivé à Savage’s Station dans la matinée, il est encore retardé par l’importante quantité d’équipement que les Fédéraux ont laissé derrière eux. Ses soldats ont été éreintés par les marches répétées de sa campagne dans la vallée de la Shenandoah, qui les ont aussi laissés en haillons. Aussi les stocks de matériel et de vivres que les Nordistes n’ont pas incendiés exercent-ils sur eux un irrésistible attrait. Ce n’est que vers midi que les Confédérés atteignent la White Oak Swamp, deux heures seulement après que leurs ennemis aient incendié le pont sur lequel Jackson devait franchir la rivière. Sur l’autre rive, les hommes de Richardson viennent juste de s’installer en position défensive.

3whiteoakswampJackson fait avancer son artillerie pour tester la force de la position ennemie. Deux heures sont perdues à amener les canons à proximité du pont détruit et à les positionner. Toutefois, les batteries confédérées cueillent les Fédéraux à froid et, une fois n’est pas coutume, les canons sudistes ont le dessus. Les sapeurs confédérés commencent alors à réparer le pont, mais ils sont pris à partie par des tirailleurs nordistes et leur travail ne progresse que lentement. Jackson envoie alors le 2ème régiment de cavalerie de Virginie de Thomas Munford explorer le cours de la rivière afin de découvrir d’autres points de passage. On découvre rapidement un gué, puis un autre point propice au lancement d’un pont sommaire.

Étrangement amorphe, Jackson ne tire pas avantage de ces trouvailles. Il craint des pertes considérables s’il tente de passer en force. En vérité, le général sudiste est épuisé, physiquement et psychiquement, au point de s’autoriser une sieste au beau milieu de l’après-midi. Pendant ce temps, les Fédéraux, alertés par la canonnade, ont reçu des renforts. Sumner, qui craint une attaque massive contre la division Richardson, lui expédie deux des trois brigades de la division Sedgwick. La canonnade le long de la White Oak Swamp se poursuivra jusqu’au soir, sans aller plus loin malgré le bruit des combats livrés à Glendale, située à seulement quelques kilomètres au sud-ouest. Jackson s’endormira de nouveau – cette fois au beau milieu du repas – et les quatre divisions confédérées situées sur la rive nord de la White Oak Swamp resteront l’arme au pied.

4gunboats_malvern_hillAu carrefour de Glendale

Pendant ce temps, l’autre pince de la tenaille sudiste ne progresse guère mieux. Holmes et Huger devaient frapper les premiers, afin d’attirer les réserves fédérales aux deux extrémités de la ligne tenue par les Nordistes entre la James et la White Oak Swamp. La division Huger, notamment, doit attaquer à l’angle quasiment droit que forment entre elles les deux divisions du VIème Corps, et le son de la canonnade doit servir de signal à Longstreet et A.P. Hill pour qu’ils entament eux-mêmes leur avancée sur le carrefour de Glendale. Mais les soldats de Huger sont confrontés aux obstacles que la division Slocum a disposés sur sa seule route d’accès, et ils perdront la journée entière à ouvrir une autre route à travers les sous-bois. Ils ne tireront pas un seul coup de feu.

De leur côté, les hommes de Holmes, sans expérience ni soutien, ne peuvent guère progresser. Porter tient solidement ses positions grâce à un petit affluent de la James et aux collines qui lui permettent de déployer son artillerie sur une position avantageuse. Les Sudistes sont également pris en enfilade par le cuirassé USS Galena et la canonnière USS Aroostook, ancrés sur la James. Aussi Holmes reste-t-il prudent en attendant l’arrivée de Magruder, que Lee lui a envoyé en renfort. Mais le commandant de l’armée de Virginie septentrionale changera d’avis une fois que l’action principale aura commencé à Glendale. Le temps que le contrordre arrive et que les troupes de Magruder fassent demi-tour, le soleil sera sur point de se coucher, et ces forces ne participeront pas non plus aux combats du 30 juin.

5jenkinsmLes divisions Longstreet et A.P. Hill verront toutefois leur tâche facilitée, indirectement, par… Jackson. En prélevant deux de ses brigades pour les envoyer à Richardson, Sumner n’en a laissé à Sedgwick qu’une seule, la Philadelphia Brigade de Burns déjà engagée la veille. Ce faisant, une brèche s’est creusée dans la ligne fédérale, précisément à la hauteur du carrefour de Glendale. Heintzelmann accepte d’étendre ses lignes vers le nord pour y remédier, envoyant la division Kearny se placer sur la gauche de la division Slocum. C’est toutefois insuffisant : la brigade Burns à elle seule ne peut couvrir l’espace laissé entre les deux divisions du IIIème Corps. Porter est mis à contribution à son tour et envoie la division McCall. Celle-ci, très diminuée par les combats de Beaver Dam Creek et Gaines’ Mill, est formée presque intégralement par les « réserves de Pennsylvanie », des régiments surnuméraires que cet État a formés en excès de son quota de volontaires.

Vers 14 heures, le bruit de l’attaque attendue de Huger n’est toujours pas parvenu aux oreilles de Lee, qui effectue personnellement une reconnaissance en compagnie du président Davis – venu tout spécialement de Richmond, comme un mois auparavant à Seven Pines. Les deux hommes et leurs aides de camps s’approchent dangereusement près des positions d’artillerie que McCall a fait établir en avant de sa division pour en compenser la faiblesse. À ses quatre batteries s’en sont ajoutées deux autres expédiées en renfort. Elles ont devant elles plusieurs centaines de mètres de terrain dégagé leur offrant un large champ de tir. Les artilleurs nordistes finissent par repérer le petit groupe de cavaliers qui vient d’émerger à la lisière des bois et, certains qu’il s’agit de généraux, ouvrent le feu. Plusieurs officiers sont tués ou blessés. Lee et Davis sont indemnes, mais A.P. Hill doit leur intimer fermement l’ordre de se retirer pour qu’ils consentent à se mettre à l’abri.

Ayant fait le constat de première main que la concentration d’artillerie nordiste en avant de la division McCall constitue une menace sérieuse, Lee ordonne à Longstreet de la réduire au silence et le charge de coordonner les opérations dans ce secteur. Longstreet fait d’abord avancer son artillerie, mais celle-ci n’est ni assez nombreuse, ni assez puissante pour venir à bout de sa contrepartie nordiste. Au bout d’une demi-heure, les piquets de la division McCall sont repoussés par la brigade de tête de la division Longstreet, celle commandée par Micah Jenkins. Dans l’heure qui suit, la bataille va gagner graduellement en intensité : Jenkins commence d’abord par lancer deux de ses régiments dans des attaques limitées pour sonder son adversaire, puis avance en force avec le soutien des brigades de Cadmus Wilcox et James Kemper.

6meadeL’armée du Potomac ne craque pas

Pendant deux heures, la division McCall va repousser tous les assauts. Sa tâche est facilitée par le manque de coordination des brigades confédérées, qui attaquent les unes après les autres plutôt que simultanément et n’engagent pas non plus tous leurs régiments en même temps. Les Sudistes sont reçus par le feu meurtrier des canons et de l’infanterie nordistes. Toutefois, McCall n’a guère que 6.000 hommes et doit régulièrement faire appel à sa réserve – en l’occurrence la brigade Reynolds, désormais commandée par le colonel Seneca Simmons. Celle-ci parvient efficacement à épauler les deux brigades qui tiennent la ligne principale, celles de Seymour et Meade, mais Simmons est mortellement blessé durant le combat.

Avant 18 heures, les assaillants parviennent enfin à coordonner leurs efforts pour frapper simultanément les deux flancs de la position nordiste. Attaquant cette fois en masses désordonnées, les Confédérés réussissent à atteindre les canons malgré le déluge de plomb qui s’abat sur eux. Certaines unités nordistes perdent pied, mais d’autres résistent : aucun des deux camps ne veut céder. Un corps à corps impitoyable se déroule sous les yeux de McCall : « Il me fut donné ici de voir un des combats à la baïonnette les plus acharnés, peut-être, à avoir été livré sur ce continent. Des blessures par baïonnette, mortelles comme légères, furent données et reçues. Je vis des crânes broyés par les crosses des mousquets, et tous les efforts déployés par chaque camp dans cette lutte à mort, prouvant de fait que chacun avait trouvé un adversaire à sa mesure. »

7glendale-longstreetsBataille de Glendale, 30 juin 1862 : l'attaque de la division Longstreet. Carte du Civil War Preservation Trust.

 

Le nombre et l’obstination des Sudistes finissent par payer, envoyant la division McCall en déroute. Au milieu du carnage, Meade est grièvement blessé à trois reprises. Les Confédérés s’emparent de quatorze canons, dont deux batteries au complet. Pendant que ses hommes s’éparpillent dans toutes les directions, McCall s’efforce de les rallier tout en réclamant désespérément des renforts. Il tente de rameuter la division Kearny mais celle-ci a ordre de ne pas bouger de sa position. D’ailleurs, elle est bientôt attaquée à son tour : Longstreet a choisi de développer son attaque, lançant contre elle les brigades de Roger Pryor et Winfield Featherston. Bien que l’effondrement de la division McCall laisse son flanc gauche sans protection, la division nordiste parvient à soutenir le choc.

8taylorgwEn effet, l’action sans suite de Jackson sur la White Oak Swamp, après avoir dans un premier temps favorisé les entreprises de Longstreet, se retournait contre lui. Réalisant que la canonnade sudiste ne déboucherait pas sur une attaque en règle, Sumner avait rappelé les deux brigades de la division Sedgwick qu’il avait envoyées soutenir Richardson. Ce dernier n’allait pas tarder à se voir enjoindre de rendre la politesse, envoyant à son tour deux de ses brigades en direction de Glendale – où le gros du IIème Corps allait par conséquent se retrouver engagé. De son côté, sans coordonner le moins du monde son action avec celle de Sumner, Heintzelmann cherche désespérément de quoi combler la brèche que le retrait de McCall a rouverte entre ses deux divisions. L’absence de McClellan aurait pu ici coûter cher à l’Union : personne ne dirige réellement la bataille côté nordiste. Chaque commandant de corps d’armée mène son propre combat, empruntant des renforts à qui veut bien lui en donner.

Finalement, Heintzelmann en obtient : Henry Slocum n’étant pas attaqué, il lui envoie la brigade de George W. Taylor. Ses quatre régiments du New Jersey arrivent juste à temps pour contre-attaquer les Alabamiens de Jenkins. Non seulement les Fédéraux les empêchent de tourner la gauche de Kearny, mais ils parviennent également à reprendre une des batteries perdues. Au même moment, Sedgwick contre-attaque lui aussi avec la brigade Burns, le reste de ses forces étant encore en train de revenir de la White Oak Swamp au pas de course. Hooker fait avancer son artillerie pour le soutenir et lui offre également le concours de la brigade commandée par Cuvier Grover. Longstreet contre l’attaque avec la brigade virginienne d’Eppa Hunton, mais il apparaît rapidement qu’elle ne suffira pas. Longstreet la fait renforcer par la brigade Branch, et ordonne à A.P. Hill de se préparer à faire monter en ligne le reste de sa division.

9awaud_glendaleBataille au crépuscule

La lutte se poursuit sur l’aile droite sudiste, mais le reste de la division Sedgwick – les brigades d’Alfred Sully et Napoleon Dana – arrivent et font finalement pencher la balance en faveur des Nordistes. Les hommes de Hunton et Branch se replient, faisant courir à tout le dispositif confédéré le risque d’être flanqué. Les Fédéraux les suivent de près, rendant la situation d’autant plus critique. La division d’A.P. Hill arrive juste à temps : les brigades de James Archer et Dorsey Pender contre-attaquent à leur tour, bloquant puis refoulant les Nordistes. Alors que le crépuscule approche, les combats finissent par baisser d’intensité dans ce secteur du champ de bataille. Hooker ne lancera pas ses deux autres brigades dans la bataille.

À l’autre bout du théâtre de ce drame sanglant, les réserves sudistes entrent aussi en jeu. Pryor et Featherston lancent derechef un assaut massif contre la division Kearny, appuyés cette fois sur leur gauche par la brigade de Maxcy Gregg. Les Fédéraux tiennent bon mais les Sudistes insistent. Les deux brigades qui tiennent le front de Kearny, commandées par John Robinson et David Birney, semblent vaciller. Mais « Kearny le Magnifique » parvient encore une fois à les rallier dans son style caractéristique. Sa brigade de réserve – celle de Hiram Berry – entre en jeu et réussit à stabiliser la situation.

10glendale-a-p-hillsBataille de Glendale, 30 juin 1862 : attaque de la division d'A.P. Hill. Carte du Civil War Preservation Trust.

 

Dans le même temps, des combats indécis continuent de faire rage pour le contrôle de la position précédemment occupée par la division McCall. Une première attaque par la brigade de Charles Field est repoussée, mais bientôt les Confédérés se regroupent pour un ultime assaut. La dernière réserve sudiste, la brigade de Joseph R. Anderson, charge les hommes de G.W. Taylor avec le soutien des brigades Field et Pender. Les soldats du New Jersey manquent de reculer, mais les renforts qu’a envoyés la division Richardson arrivent juste à temps. La brigade de John Caldwell contre-attaque immédiatement, entraînant dans son sillage l’Irish Brigade de Thomas Meagher. J.R. Anderson est gravement blessé dans le combat et ne pourra plus exercer de commandement sur le terrain. Il passera le reste de la guerre à servir dans le département de l’Armement du secrétariat à la Guerre sudiste, accumulant au passage de substantiels bénéfices – il était en effet le propriétaire de la principale aciérie de la Confédération, l’usine Tredegar à Richmond.

11andersonjrAlors qu’il fait pratiquement nuit et que la bataille touche à sa fin, McCall continue à chercher les restes de sa division partout où il peut les trouver. Au moment où Kearny lance en avant ses dernières réserves, il croise McCall en train de rallier ses hommes. Les deux généraux conviennent que si McCall parvient à trouver suffisamment de combattants, ils ont une chance de reprendre intégralement le terrain perdu en fin d’après-midi. McCall galope alors de plus belle en direction de groupes de soldats isolés, mais dans la pénombre, la couleur des uniformes devient difficile à distinguer. Le général nordiste s’approche ainsi par inadvertance d’une unité confédérée qu’il prend pour une des siennes. Lorsqu’il réalise son erreur, il est trop tard, et McCall est fait prisonnier. Pratiquement détruite, sa division sera prise en main par Truman Seymour, le seul de ses quatre généraux à n’avoir été ni blessé ni capturé au cours de la semaine écoulée.

L’obscurité finit par rendre le combat impossible. À 21 heures, la bataille de Glendale cesse faute de jour. Les pertes sont sensiblement égales : environ 3.800 Fédéraux pour 3.700 Confédérés. Mais encore une fois, la quasi-totalité des Sudistes perdus ont été tués ou blessés. L’artillerie nordiste a fait des ravages dans les rangs ennemis, et les assauts répétés de Longstreet et A.P. Hill se sont avérés coûteux en vies humaines. À l’inverse, environ la moitié des pertes nordistes sont des soldats faits prisonniers ou portés manquants. Si bien que la bataille a coûté à la Confédération deux fois plus de morts et de blessés qu’à l’Union, un ratio comparable à celui des autres batailles des Sept Jours, comme par exemple celle de Gaines’ Mill. En tout, 935 noms viennent rallonger la liste de morts de la guerre de Sécession.

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