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Guerre de Sécession : les Sept Jours (6/6)

1John_RodgersMalgré son caractère indécis sur le plan tactique, la bataille de Glendale – ou Frayser’s Farm pour les Sudistes – était doublement un succès pour les Fédéraux. Lee, une fois de plus, n’était pas parvenu à scinder l’armée du Potomac en deux pour la détruire au moins en partie, et son adversaire s’était échappé. Qui plus est, les Nordistes étaient parvenus à garder le contrôle de la principale route menant à Harrison’s Landing, et purent ainsi poursuivre leur retraite sans perdre leur sang-froid. Dans la matinée du 1er juillet 1862, les derniers convois de chariots de ravitaillement atteignirent le débarcadère, où ils se placèrent sous la protection de la flotte du commodore John Rodgers. Au moins McClellan pouvait-il se féliciter d’avoir sauvé sa logistique.

 

Excès de confiance

Encore la retraite nordiste ne s’était-elle pas déroulée en ordre parfait, loin de là. En une semaine, l’intendance confédérée allait capturer 30.000 fusils et une cinquantaine de canons, de quoi moderniser à moindre coût une bonne partie de l’armée de Virginie septentrionale. Lee crut voir dans ces monceaux de matériel abandonné la preuve que le moral de l’armée ennemie avait été brisé par les récents combats. Il s’en convainquit d’autant plus aisément que la semaine écoulée avait vu ses plans successifs pour la détruire déjoués les uns après les autres. Une partie de la flotte nordiste couvrait la gauche de l’ennemi ancrée sur la James. Que l’armée du Potomac atteigne Harrison’s Landing, et Lee n’aurait plus aucune chance de la détruire s’il ne l’avait pas brisée d’ici là.

Le terrain jouait contre lui. La disposition des lignes ennemies, très resserrées, ne lui laissait plus la possibilité de la diviser pour mieux la détruire. L’échec de Holmes le 30 juin avait montré que la gauche nordiste était trop solide pour être enfoncée. Se lancer dans une nouvelle manœuvre de flanc pour contourner la droite des Yankees demanderait à coup sûr trop de temps à son armée, dont la fatigue commençait à se faire sentir. Surtout si Jackson faisait une nouvelle fois preuve de la léthargie qui était la sienne depuis le début de l’offensive. Lee se décida donc rapidement à lancer une attaque frontale, sa dernière chance de remporter une victoire décisive – et peut-être la guerre. Un excès de confiance qui allait lui coûter cher, tout comme le même symptôme allait s’avérer pour lui plus coûteux encore un an plus tard.

2Private-Francis-JemisonEn se déplaçant vers le sud, le champ de bataille avait changé de physionomie. Les rives boueuses de la Chickahominy et de ses affluents avaient laissé la place à un paysage plus vallonné. Même si les champs cultivés y étaient plus nombreux et plus vastes, la rive nord de l’estuaire de la James demeurait coupée de nombreux ravins et de sous-bois épais. La route qui menait à Harrison’s Landing transitait par une colline qui dominait les autres, baptisée Malvern Hill. À l’ouest, un petit cours d’eau, le Crewes Run, creusait un profond sillon qui rejoignait la rivière James. Ses pentes escarpées, et la présence des navires nordistes sur le fleuve, rendaient illusoire la possibilité d’attaquer par ce côté-ci de la colline. Même chose pour le côté est, où le Western Run créait une configuration similaire, rendant facile la défense.

Le nord de Malvern Hill était bien différent : aucun ruisseau ne venait fournir d’abri aux défenseurs, et la colline s’étalait en pente douce jusqu’à son sommet. L’œil non averti y aurait aussitôt décelé un terrain plus propice à l’attaque, mais il n’en était rien. Le sommet de Malvern Hill était large, plane, et dégagé. Il était idéal pour les grandes concentrations d’artillerie, choses relativement rares durant la guerre de Sécession. Qui plus est, la pente montante consistait elle aussi en champs cultivés, sans arbres pour bloquer la ligne de visée des canons nordistes, leur offrant ainsi un vaste champ de tir où déchaîner toute leur puissance. Dans le meilleur des cas, les assaillants auraient à traverser au moins 250 mètres de terrain découvert avant même d’être à portée de fusil des canons ennemis.

3Seven_Days_July_1Positions le 1er juillet 1862. Carte de Hal Jespersen (www.cwmaps.com).

 

Lee décida malgré tout de tenter une attaque frontale, convaincu qu’il était qu’il suffirait de malmener un peu l’armée du Potomac pour qu’elle s’effondre et impatient d’en finir une fois pour toutes. Daniel Harvey Hill était loin de partager son optimisme : « J’avais exprimé ma désapprobation quant à une plus ample poursuite des Yankees au général commandant [Lee, NdA] et aux majors-généraux Jackson et Longstreet avant même que je connaisse la force de leur position. » Lorsque sa brigade de tête, celle de G.B. Anderson, débouche au pied de Malvern Hill, elle est accueillie par un tir meurtrier de l’artillerie nordiste. Anderson est blessé et ses hommes sont ramenés précipitamment en arrière en attendant que soient menées les reconnaissances adéquates. « [Cet] examen me démontra qu’une attaque ne pouvait qu’être hasardeuse pour nos armes. » Son supérieur, néanmoins, ne se laissa pas convaincre aussi facilement.

4hunthLa bataille de Malvern Hill

Le chef de la réserve d’artillerie de l’armée du Potomac, le colonel Hunt, profite aussitôt de l’avantage que lui fournit Malvern Hill pour y déployer une cinquantaine de canons. Malgré les pertes des jours précédents, 150 à 200 autres sont encore disponibles dans le reste de l’armée pour les relever si nécessaire. Le Vème Corps tient l’aile gauche du dispositif nordiste : la division Morell en première ligne, celle de Sykes plus en retrait (les restes de la division McCall sont en route pour Harrison’s Landing). La division Couch (IVème Corps) tient la droite avec le soutien d’une partie de la division Richardson – les brigades Caldwell et Meagher. Le IIIème Corps et le reste du IIème sont plus en arrière, servant à la fois de réserve et de garantie contre une hypothétique attaque de flanc.

Reconnaissant la force de la position nordiste, le général Lee espère pouvoir l’affaiblir par un bombardement d’artillerie préalable. Il fait disposer ses batteries sur deux hauteurs situées au nord de Malvern Hill, d’où ses canons doivent accabler les Fédéraux d’un feu croisé auquel ils auront du mal à riposter efficacement. Une fois la batterie nordiste réduite au silence, la brigade de Lewis Armistead doit avancer en hurlant le fameux Rebel Yell, celui-ci devant servir de signal au reste de l’armée pour lancer l’attaque générale. Les divisions Huger et D.H. Hill doivent constituer la première vague contre, respectivement, la gauche et la droite nordistes. Elles bénéficieront du soutien de Magruder sur la droite confédérée, et de Jackson sur la gauche. Holmes se contentera de rester en couverture à l’ouest de Malvern Hill. Quant aux divisions Longstreet et A.P. Hill, encore marquées par les combats de Glendale, elles resteront en réserve.

5armisteadToutefois, Hunt remarque le déploiement en cours des batteries sudistes et les fait bombarder avant qu’elles ne soient concentrées. Ce tir de barrage débute à 13 heures et se poursuit pendant l’heure et demie qui suit, empêchant l’artillerie sudiste de coordonner son action. Contraintes d’entrer en action les unes après les autres, les batteries confédérées se voient de la même manière « réduites en morceaux », pour reprendre l’expression de D.H. Hill dans son rapport sur la bataille. De plus, une partie des réserves d’artillerie de l’armée de Virginie septentrionale ne sera pas engagée du tout, à tel point que Hill allait se plaindre à Jackson, sur le ton sarcastique dont il était coutumier, que « le feu de nos batteries revêtait le caractère d’une farce ». Dans son propre rapport, Lee précisera que les difficultés du terrain n’auront rien fait pour faciliter la tâche de ses canonniers.

De manière générale, les carences de la chaîne de commandement sudiste, déjà mises en exergue à plusieurs reprises depuis le début de l’offensive de Lee, vont une nouvelle fois se faire sentir. Une fois de plus, les différents corps de troupe impliqués ne chercheront guère à coordonner leur action, se privant ainsi de la possibilité de saturer les défenses nordistes par une attaque simultanée. Pour ne rien arranger, Magruder se trompe de route et emmène son corps d’armée vers le sud-ouest, à l’écart du champ de bataille ; il n’y parviendra que vers 16 heures, obligeant Huger à combattre initialement sans soutien. L’échec total de son bombardement préliminaire n’empêche pas Lee de donner à son infanterie l’ordre d’attaquer, comme prévu. À 14 heures 30, la brigade de Lewis Armistead s’avance en hurlant sur la pente nord de Malvern Hill.

6hilldhOrage de plomb

Aussitôt, l’artillerie nordiste délaisse sa contrepartie confédérée pour se tourner vers les assaillants. Obus explosifs et boulets pleins ne tardent pas à déchirer l’air de leurs hurlements mortels. Accablés de projectiles, les Virginiens d’Armistead ne vont guère loin. Devant l’échec manifeste de la préparation d’artillerie sudiste, les officiers concernés hésitent à lancer leurs brigades en avant. D.H. Hill finit par emmener sa division à l’assaut, avec des résultats mitigés. Les pertes sont lourdes. Après la guerre, Hill écrira de la bataille de Malvern Hill : « Ce n’était pas la guerre ; c’était un meurtre ». Du reste, il ne pardonnera jamais à Lee d’avoir ordonné l’attaque en dépit de ses propres remarques, et la relation entre les deux hommes restera tendue par la suite.

Côté nordiste, les canons tirent sans relâche. Hunt se démène, entretenant un ballet constant d’attelages et de servants. À peine une batterie a-t-elle épuisé ses munitions qu’une autre, caissons bien remplis, la remplace sur sa position. La grande batterie de Hunt aura toujours un minimum de trente à quarante pièces en action simultanément. Son feu fait des ravages dans les rangs des brigades sudistes qui montent la faible pente de Malvern Hill. Chaque boulet suffisamment bien ajusté laisse derrière lui un sanglant sillage. Même les troupes les plus disciplinés ne peuvent résister bien longtemps à ce traitement. Les fantassins confédérés n’arrivent même pas à s’approcher assez près des artilleurs nordistes pour essayer de les abattre. Les unes après les autres, les brigades sudistes se retirent pour chercher le couvert dans les bois situés plus au nord.

8battle-of-malvern-hill-3Bataille de Malvern Hill, 1er juillet 1862 : attaque de la division D.H. Hill. Carte du Civil War Preservation Trust.

 

Sur la gauche de la division D.H. Hill, le terrain s’avère plus propice, car un ravin et un petit bois limitent le champ d’action des canons nordistes. Les Confédérés parviennent à s’approcher suffisamment près des lignes ennemies pour se servir de leurs fusils. Leur poussée est assez forte pour obliger les Fédéraux à reculer à deux reprises, mais leurs réserves sont bien en place et, à chaque fois, elles contre-attaquent aussitôt. Jackson envoie en soutien la division Whiting, puis la brigade Stonewall, sans progresser davantage. À 16 heures, Magruder arrive enfin sur le champ de bataille et envoie lui aussi ses brigades à l’attaque comme elles se présentent, sans souci de coordination. À l’instar de ce qui se passe à l’autre bout de Malvern Hill, il tente d’attaquer l’ennemi par sa gauche, où le terrain offre davantage de couvert. Mais là aussi, le ballet des réserves nordistes coupe court à ses tentatives.

11malvern-hill-map-730pm-toBataille de Malvern Hill, 1er juillet 1862 : la division D.H. Hill est relayée par d'autres forces sudistes. Carte du Civil War Preservation Trust.

 

7malvern_hillLa lutte, à sens unique, se poursuit durant tout l’après-midi. À aucun moment, l’armée du Potomac ne sera réellement mise en danger. Aussitôt qu’un régiment se retire faute de cartouches, un autre prend sa place. La pression exercée par les Sudistes n’est pas assez constante pour rendre ces rotations périlleuses. Constatant directement l’épreuve à laquelle sont soumis les assaillants, Jackson ne fait plus donner ses propres réserves qu’avec parcimonie à mesure que le soleil décline. Il finira par faire avancer une partie de la division Ewell, mais lorsque celle-ci sera à pied d’œuvre, D.H. Hill aura déjà battu en retraite. Face à la futilité manifeste de ses attaques, Lee ne fera pas appel aux divisions Longstreet et A.P. Hill. La canonnade, toutefois, ne cessera complètement qu’entre 9 heures et 10 heures du soir.

9Whiting

La nuit cache aux combattants des deux camps un spectacle dantesque. Les pentes nord de Malvern Hill sont jonchées de cadavres déchiquetés et de mutilés suppliant qu’on vienne les aider. Les inutiles assauts contre la position nordiste ont coûté à la Confédération plus de 5.600 soldats supplémentaires. Bien que s’élevant à plus de 2.000 morts et blessés, les pertes de l’armée fédérale demeurent largement inférieures. La seule division de D.H. Hill a perdu en sept jours 715 tués, 3.192 blessés et 48 disparus, soit près de 40% d’un effectif de départ évalué à un peu moins de 10.000 hommes. Au centre de la ligne de front, la supériorité de l’artillerie de l’Union a été telle qu’il n’y a pas un cadavre sudiste à moins de 200 mètres des positions fédérales.

La guerre est relancée

Le lendemain matin, 2 juillet 1862, la pluie vient masquer d’un voile pudique et ténu les horreurs qui s’étalent au pied de Malvern Hill. Les Sudistes peuvent récupérer leurs blessés et enterrer leurs morts en toute quiétude : l’armée du Potomac a une nouvelle fois décroché durant la nuit. La seule influence de la bataille de Malvern Hill sur la campagne des Sept Jours aura été de convaincre Lee qu’il était, cette fois, définitivement vain de s’acharner. Se résignant à voir sa chance passée pour de bon, le commandant de l’armée de Virginie septentrionale se contentera de marquer son adversaire sans chercher à l’attaquer. Au cours de la semaine qui suit, les Confédérés observent, à distance respectueuse, l’armée du Potomac se retrancher solidement autour de Harrison’s Landing.

10After_Battle_of_Savages_StationLe coût humain des Sept Jours est effarant. En une semaine, les deux armées en présence ont essuyé plus de pertes que dans tous les affrontements livrés à l’ouest des Appalaches depuis le début de l’année, bataille de Shiloh incluse. Lee a perdu plus de 20.000 hommes, dont 3.500 tués et 15.800 blessés. En comparaison, les pertes nordistes apparaissent beaucoup plus légères : 1.700 morts et plus de 8.000 blessés « seulement ». Néanmoins, plus de 6.000 Nordistes, dont deux généraux, ont été capturés. Il n’existe aucune infrastructure pour les accueillir, si bien que la majorité d’entre eux ira remplir les prisons de Richmond en attendant d’être échangés. Cela ne suffit pas, toutefois, pour rétablir l’équilibre. Les attaques répétées et pas toujours justifiées de Lee ont coûté à la Confédération deux fois plus de morts et de blessés qu’aux défenseurs. Dans la mesure où le Sud souffrait d’un sérieux désavantage démographique sur le Nord, il n’allait pas pouvoir soutenir très longtemps une telle saignée.

Le déroulement et l’issue de Sept Jours ne sont pas seulement curieux et paradoxaux en regard des pertes des deux belligérants, ils le sont également quant à leurs circonstances. Le Sud a remporté une victoire stratégique majeure tout en perdant plus ou moins nettement toutes les batailles livrées sur le terrain à l’exception d’une seule, celle de Gaines’ Mill. L’habileté manœuvrière de Lee n’y est pas étrangère, tout comme l’ascendant psychologique qu’il a rapidement pris sur McClellan. La prestation du général sudiste, toutefois, n’a pas été exempte de défauts, dont une confiance parfois excessive et une certaine prodigalité quant à la vie de ses soldats ne furent pas les moindres. De son côté, McClellan a presque été universellement vilipendé pour sa conduite. Philip Kearny, qui voulait profiter de la victoire de Malvern Hill pour lancer une contre-offensive en direction de Richmond, s’écriera « Un tel ordre ne peut être inspiré que par la couardise ou la trahison » quand il apprendra que McClellan avait ordonné de poursuivre le repli vers Harrison’s Landing.

12mac15nUne nuance doit être apportée à ce portrait négatif. McClellan était un théoricien talentueux, et les théories militaires accordaient – et accordent plus encore aujourd’hui – la première place à la logistique. En plaçant la sécurité de son ravitaillement au-dessus de tout, il ne faisait qu’appliquer (sans doute trop) à la lettre de sains principes stratégiques. Force est de constater qu’il a su gérer suffisamment bien sa retraite pour éviter que celle-ci ne tourne à la déroute. L’armée du Potomac a gardé sa cohésion sept jours durant, même si elle le doit aussi aux erreurs de ses ennemis, et que l’absence de McClellan, le plus souvent trop éloigné du champ de bataille, aurait pu aboutir à une issue bien moins favorable. De surcroît, ces nuances n’enlèvent rien aux défauts rédhibitoires et récurrents de Little Mac : une tendance à la surestimation de l’adversaire, nourrissant à son tour une pusillanimité paralysante.

Si l’armée du Potomac ne s’est pas débandée malgré les tentatives des Confédérés pour la détruire, elle le doit tout autant à ses soldats. Contrairement à ce qui est parfois écrit çà et là, les Nordistes se sont comportées en troupes aguerries. La seule unité fédérale a avoir réellement paniqué durant les Sept Jours fut la division McCall, à Glendale – et encore, ce fut après avoir livré trois engagements majeurs en cinq jours et à l’issue d’un corps-à-corps acharné, type de combat dont les deux armées n’avaient pas encore fait l’expérience à une telle échelle. L’armée du Potomac, en réalité était tout à fait prête à devenir un instrument victorieux de la stratégie nordiste dès l’été 1862, mais il lui manquait encore un général susceptible de l’utiliser au mieux de ses capacités. Les Sept Jours, toutefois, lui auront infligé un coup sérieux, mais temporaire, au moral. À l’inverse, l’armée de Virginie septentrionale aura vu le sien monter en flèche. Elle aussi a fait ses preuves devant Richmond, même si elle a dû pour cela payer le prix fort.

13Pennsylvania-HarrisonsToutefois, deux facteurs décisifs l’auront empêché de détruire son adversaire, totalement ou partiellement. Le premier est la chaîne de commandement. Les Sept Jours ont démontré que l’organisation héritée de Joseph E. Johnston n’était absolument pas adaptée à la direction d’une armée de cette importance. Lee le comprendra très vite, et dès les semaines suivantes, il en réorganisera complètement la structure, écartant au passage les généraux les moins compétents. Ces derniers auront été le second facteur à prendre en considération : des occasions uniques ont été manquées parce qu’un ordre avait été mal rédigé par un officier d’état-major ou mal interprété par un général. Toutefois, Lee gardera auprès de lui celui qui, paradoxalement, fut peut-être le plus fautif – même si ce fut souvent à son corps défendant – de tous : Stonewall Jackson. La suite des opérations allait prouver que c’était là une heureuse décision de sa part.

De toutes les victoires sudistes de la guerre de Sécession, les Sept Jours sont peut-être la moins célébrée. C’est pourtant la plus décisive de toutes, et de loin. Alors qu’une semaine auparavant, Richmond était encore assiégée, et que la majorité des observateurs s’attendaient à une victoire nordiste à plus ou moins brève échéance, les combats des Sept Jours, combinés aux échecs nordistes devant Vicksburg, allaient complètement ressusciter l’incertitude quant à l’issue du conflit. Richmond délivrée, la guerre de Sécession se voyait relancée pour presque trois ans. Accessoirement, l’armée du Potomac se trouvait dans l’incapacité d’entreprendre une nouvelle offensive avant un certain temps. Les Sept Jours redonnaient à la Confédération l’espoir, mais aussi l’initiative stratégique, et le général Lee n’allait pas se faire prier pour la saisir une nouvelle fois. Il y avait une autre armée fédérale à défaire dans le nord de la Virginie, et c’est vers elle que Lee allait bientôt tourner son attention pour l’en chasser, voire – pourquoi pas ? – pour menacer le territoire nordiste.

Sources

Une page regroupant des documents sur les Sept Jours, dont plusieurs articles donnant le point de vue sudiste sur la campagne, ainsi que :

-      Une chronologie des événements entre mars et août 1862

-      Un extrait de Lee’s Lieutenants, a Study in Command de Douglas S. Freeman consacré à l’expédition de Stuart autour de l’armée du Potomac

On y trouve également les rapports de plusieurs généraux engagés dans les combats :

-      George McClellan

-      Joseph Hooker

-      John Sedgwick

-      Israel Richardson

-      Thomas Meagher

-      Robert Lee

-      Thomas Jackson

-      Daniel H. Hill

-      Richard Ewell

-      J.E.B. Stuart

Cette page du Civil War Preservation Trust regorge d’articles, de cartes et de ressources extérieures. Elle renvoie en outre à des pages consacrées aux principaux engagements des Sept Jours :

-      Beaver Dam Creek

-      Gaines’ Mill

-      Glendale

-      Malvern Hill

Autre page du CWPT présentant quelques images de cette campagne abondamment photographiée.

Ce site a numérisé l’ensemble des numéros de l’hebdomadaire illustré nordiste Harper’s Weekly consacrés à la guerre de Sécession. Les numéros de juillet 1862 abordent massivement les Sept Jours.

L’article du Wikipedia anglophone consacré aux Sept Jours s’appuie sur une bibliographie des principaux auteurs ayant étudié la question, dont Stephen Sears. Il renvoie également vers l’organisation de l’armée du Potomac et de l’armée de Virginie septentrionale, ainsi qu’à des articles connexes consacrés à chaque bataille de la campagne :

-      Oak Grove

-      Beaver Dam Creek

-      Gaines’ Mill

-      Garnett’s Farm et Golding’s Farm

-      Savage’s Station

-      White Oak Swamp

-      Glendale

-      Malvern Hill

Une animation permettant de comprendre les Sept Jours (cliquer sur l’onglet Seven Days en bas à droite).

Ce site a réalisé l’énorme travail de mettre en ligne le contenu des Official Records (129 volumes !). Il est toutefois d’emploi malaisé, et il vaut mieux avoir une référence précise à l’avance.

Lien direct (sur un autre site du même type) vers le rapport du général McCall sur la bataille de Glendale.

Article sur la bataille de Glendale.

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