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Guerre de Sécession : retour sur le Bull Run (6/7)

James_Longstreet30 août 1862, 16 heures. La partie occidentale de Stony Ridge est noyée dans la fumée que dégagent les combats acharnés accompagnant l’attaque de Porter. Un Lee anxieux observe les hommes de Jackson résister tant bien que mal à la poussée nordiste. Il vient d’accéder à sa demande de renforts en ordonnant à Longstreet de faire avancer la division Wilcox. Pourtant, rien ne se passe. Le commandant de l’aile droite confédérée a une toute autre opinion sur la question : il pense que son infanterie arrivera trop tard. En revanche, Longstreet estime que la position qu’il occupe est idéalement placée pour permettre à son artillerie d’intervenir efficacement et sans délai.

 

Mortel barrage

De fait, les batteries confédérées que Jackson avait fait placer sur sa droite ne peuvent plus intervenir, car elles risqueraient de faire pleuvoir leurs obus au mileu de leurs propres fantassins, engagés à quelques mètres de distance seulement par les hommes de Porter. En revanche, d’autres canons sudistes sont en meilleure position, sans qu’on sache précisément sur l’ordre de qui elles y ont été déployées. Longstreet s’en attribuera le mérite, mais Stephen D. Lee (simple homonyme du chef de l’armée de Virginie septentrionale), le chef de l’artillerie de la division R.H. Anderson, contestera cette version des faits dans une série d’articles publiés après la guerre – donnant lieu à une vive controverse entre les deux vétérans, teintée de politique car Longstreet était entre temps devenu républicain.

SDLeePour en revenir à la situation sur le terrain, Longstreet résumera son point de vue de la manière suivante : « Les masses de Porter étaient presque directement face au point où je me tenais, en enfilade. Il était évident qu’elles ne tiendraient pas quinze minutes sous le feu des batteries placées là, alors qu’une division traversant le terrain à la rescousse de Jackson ne l’atteindrait pas avant une heure, probablement plus qu’il ne puisse tenir sous la pression qui pesait sur lui. L’audace était la prudence ! » Il ordonne donc aux batteries de S.D. Lee et aux siennes de faire feu sans délai sur l’assaillant. L’effet du tir est rapidement meurtrier et les soldats de l’Union tombent en nombre. Wilcox : « Ils furent pris en terrain découvert. L’effet de chaque tir pouvait être vu. Un feu nourri de boulets, d’obus explosifs et d’obus à mitraille, délivré avec une précision admirable, stoppa leur avance. Alors que les obus et les shrapnels explosaient devant et autour d’eux leurs lignes se disloquaient, hésitaient et s’éparpillaient. Ce tir d’artillerie dispersa à lui seul régiment après régiment et les rejeta dans les bois ».

Privés de soutien, les Nordistes qui sont au contact de Jackson ne tardent pas à battre en retraite à leur tour au milieu de cet enfer. Pour les Confédérés, c’est la revanche de Malvern Hill. Par trois fois, les Fédéraux tentent de se rallier pour repartir à l’attaque, mais ils sont à chaque fois accablés de projectiles et doivent se replier. Wilcox ordonne à quatre reprises à la brigade Featherston d’avancer aussitôt que le bombardement commence à montrer son efficacité, mais celle-ci ne bouge pas avant que les Fédéraux ne soient en pleine retraite. Dans l’intervalle, Jackson a lancé la division Starke à leur poursuite, avec la brigade Stonewall en tête. Les Nordistes, cependant, tentent de faire face en s’appuyant sur le couvert que fournit le bois qu’ils ont traversé à l’aller, et son chef William Baylor est tué. Les Confédérés reprennent leur progression peu après quand la division Wilcox entre en jeu et repousse à nouveau l’ennemi. Ils s’arrêtent alors momentanément à l’orée d’un vaste champ battu par l’artillerie nordiste.

bullrun2_30_16h_16h30Seconde bataille de Bull Run, 30 août 1862 : la contre-attaque sudiste, peu après 16 heures.

1) L'artillerie confédérée prend en enfilade les forces de Porter, leur causant de lourdes pertes.

2) Les Nordistes reculent pour se mettre à l'abri.

3) Jackson lance ce qui lui reste de forces à leur poursuite.

4) La division Wilcox vient prêter main forte à Jackson.

5) Les Nordistes se reforment momentanément sous le couvert des bois, mais sont repoussés de nouveau.

6) L'intervention de Buchanan et l'artillerie nordiste stoppent la poursuite confédérée.

 

De nouveau, la bataille atteint un point critique, mais cette fois les rôles sont inversés et c’est le Sud qui a l’avantage. Les hommes de Porter ont été repoussés de manière si soudaine que le général nordiste ne peut qu’essayer de limiter les dégâts en engageant une des brigades de Sykes, celle de Robert Buchanan. Avec l’aide de l’artillerie fédérale, elle réussira à tenir à distance, pour un temps, l’avancée sudiste. Les pertes sont élevées, et de l’endroit où il observe le combat, McDowell craint que le repli des soldats de Porter ne se transforme en fuite éperdue si personne ne vient à leur secours. De sa propre initiative, il prend une décision lourde de conséquences : il ordonne à Reynolds d’abandonner la position défensive sur laquelle il s’était installé un peu plus tôt et de se diriger vers le nord, de l’autre côté de la route à péage de Warrenton, pour assister Porter. Ce mouvement est immédiatement noté par les cavaliers sudistes qui tiennent toujours la ferme Britt, et Lee en est avisé dans les minutes qui suivent.

corsemd1sBataille pour Chinn Ridge

Cette erreur allait avoir des conséquences tragiques pour l’Union, car elle laissait toute la gauche nordiste quasiment vide de troupes. Lee a tôt fait d’ordonner à Longstreet de faire avancer en masse l’intégralité de ses forces. Pour faire face à cette écrasante supériorité, les Nordistes n’ont plus au sud de la route que la seule batterie du lieutenant Hazlett, sans soutien. Son commandant demande désespérément de l’aide en voyant approcher la division Hood, et finit par en obtenir lorsque G.K. Warren, de la division Sykes, décide de sa propre initiative d’aller lui porter secours. Sa brigade comprend deux régiments de zouaves aux uniformes flamboyants, les 5ème et 10ème New York, qui totalisent environ 1.000 hommes. La Texas Brigade les submerge en quelques minutes. Posté en avant, le 10ème régiment s’enfuit presque immédiatement, bloquant la ligne de mire du 5ème pendant sa retraite.

Bientôt, Warren et ses hommes se retrouvent assaillis sur leurs arrières et leur gauche par trois régiments rebelles. « Non seulement les hommes étaient tués, ou blessés, mais ils étaient criblés de balles », écrira un survivant du 5ème New York. Ses camarades ne peuvent supporter cet enfer plus de quelques minutes. Les officiers finissent par ordonner aux serre-files de laisser les soldats s’enfuir avant de sonner le sauve-qui-peut général. Tous les préposés aux drapeaux – un régiment nordiste en portait toujours deux – sont tués ou blessés à l’exception d’un seul, mais ils parviennent miraculeusement à sauver leurs couleurs. Warren a lui aussi la chance de s’en tirer indemne, mais en tout, sa brigade a perdu 431 soldats tués, blessés, ou capturés pendant la poursuite à laquelle les rebelles hurlants le soumettent. Le seul 5ème régiment a 120 tués et 180 blessés sur 490 hommes.

bullrun2_30_16h30_18hSeconde bataille de Bull Run, 30 août 1862 : les combats pour Chinn Ridge, entre 16 heures 30 et 18 heures.

1) La brigade Warren s'avance en soutien de la batterie de Hazlett.

2) Elle est submergée en quelques minutes par la brigade Hood.

3) Sigel envoie la brigade McLean occuper Chinn Ridge.

4) McLean stoppe l'avancée de Hood.

5) Les hommes de McLean repoussent également la brigade Evans.

6) Mené par Corse, un troisième assaut sudiste réussit à repousser la brigade McLean.

7) Les brigades Towers et Stiles, de la division Ricketts, interviennent alors et parviennent à conserver Chinn Ridge.

8) Jenkins et Hunton les assaillent et gagnent du terrain.

9) Les Nordistes sont relevés par Koltes et Krzyzanowski, qui stabilisent la situation.

10) G.T. Anderson et Toombs attaquent à leur tour, s'emparant finalement de la colline.

NB : dans un souci de clarté, les positions des brigades sont données de manière schématique et ne correspondent pas nécéssairement à leur situation réelle.

 

koltesL’un des premiers généraux nordistes à réaliser la gravité de la situation est Sigel. Les cavaliers qu’il a envoyés un peu plus tôt vers l’ouest sont aux premières loges et l’informent rapidement de l’attaque massive qui est en train de tourner l’aile gauche fédérale. Sigel ordonne aussitôt à la brigade McLean, que Pope avait fait placer un peu plus tôt sur Chinn Ridge, d’aller à la rencontre de l’ennemi et de couvrir la fuite de Warren ; la brigade Milroy est envoyée le rejoindre dès que possible, mais son chef aura des difficultés à la rallier. Malgré cela, les hommes de McLean réussissent à stopper les Texans, puis à repousser un deuxième assaut mené par la brigade Evans. Les pertes sont lourdes : Schenck, venu rameuter autant d’hommes que possible, est grièvement atteint au bras, blessure dont il gardera des séquelles à vie. Finalement, la division Kemper arrive en soutien de celle de Hood, avec de l’artillerie et la brigade de Montgomery Corse. Cette dernière réussit à s’approcher suffisamment près des hommes de McLean pour les déloger de leur position, mais son chef est blessé dans l’action.

La résistance de McLean et de ses soldats a permis à l’armée nordiste de gagner une précieuse demi-heure, ce qui va s’avérer vital dans l’organisation d’une défense digne de ce nom sur son aile gauche. Il est maintenant 17 heures. Les deux brigades détachées plus tôt de la division Ricketts, celles de Tower et Stiles, interviennent à présent pour affronter le reste de la division Kemper – les brigades Hunton et Jenkins. Ce nouvel affrontement est tout aussi sanglant que le premier : Tower est sérieusement touché au genou gauche, tandis que dans l’autre camp Jenkins reçoit deux blessures à la poitrine et à l’épaule. Les Nordistes sont sur le point de craquer quand l’arrivée de deux autres brigades du 1er Corps, celles de Koltes et Krzyzanowski, repousse les hommes de Kemper. Longstreet renouvelle alors l’assaut en engageant cette fois la division D.R. Jones. Les brigades de G.T. Anderson et Toombs réussissent finalement à emporter la décision. Koltes est tué dans l’attaque et à 18 heures, les Confédérés sont enfin maîtres de Chinn Ridge.

1wvi-thoburnRetour à Henry House Hill

Ce succès a néanmoins coûté cher aux Sudistes. La brigade indépendante d’Evans, la division Kemper et la moitié de celle de Hood ont été à ce point étrillées sur Chinn Ridge qu’elles sont pratiquement incapables d’action pour le reste de la journée – qui, du reste, touche à sa fin. Les réserves sudistes ne sont pas extensibles, et Longstreet doit ordonner à Cadmus Wilcox d’emmener sa propre brigade au sud de la route à péage de Warrenton. Elle n’y sera d’ailleurs d’aucune utilité : contrainte de faire un détour considérable pour ne pas traverser la ligne de tir de l’artillerie sudiste, elle ne s’approchera pas suffisamment près de l’action pour y prendre part sérieusement avant la nuit. Pendant que les combats font rage sur Chinn Ridge, Jackson est occupé à rassembler ses forces, passablement désorganisées par les attaques de l’après-midi, et durant deux heures l’action se limite, au nord de la route de Warrenton, à un bombardement d’artillerie nordiste que le reste de la division Wilcox soutient stoïquement à une distance d’un kilomètre.

C’est au moment où D.R. Jones s’empare de Chinn Ridge que les combats reprennent dans ce secteur. Côté nordiste, l’autre moitié de la division Ricketts, ainsi que les IIIème et IXème Corps, ont conservé leurs positions, derrière lesquelles les survivants de l’attaque de Porter essayent de reformer leurs rangs. Hatch, qui a été légèrement blessé dans l’action, a cédé le commandement de sa division à Doubleday. La position nordiste est bien pourvue en artillerie, mais Lee a fait avancer la sienne le long de la route, si bien que les soldats de Jackson bénéficient également d’un soutien efficace. La bataille fait à présent rage tout le long de la ligne. Après Baylor, la brigade Stonewall perd à nouveau un commandant, le colonel Andrew Grigsby étant blessé à sa tête. De leur côté, les Nordistes perdent Joseph Thoburn, également blessé. Malgré les pertes, les Fédéraux tiennent bon.

Evander_M._LawToutefois, les combats sur Chinn Ridge ont laissé à découvert le flanc gauche de la division Hooker. Percevant là une opportunité, Lee ordonne à l’autre moitié de la division Hood (la brigade Law), qui a jusque-là progressé le long de la route de Warrenton sans rencontrer d’opposition sérieuse, de flanquer la position de Hooker. Mais cette manœuvre est contrée par la brigade Gibbon, la moins éprouvée des unités ayant pris par à l’assaut de Porter, et les Black Hats repoussent les assaillants. Toutefois, la perte de Chinn Ridge rend cette résistance futile : si les Confédérés poursuivent sur leur lancée en s’emparant de Henry House Hill dans la foulée, ils menaceront de couper la dernière voie de repli de l’armée nordiste – le fameux pont de pierre qui enjambe le Bull Run. Pope comprend alors que la bataille est perdue. Lui qui croyait encore tenir son adversaire à sa merci quelques heures plutôt doit à présent se résigner à sonner la retraite. Elle s’effectue à peu près en bon ordre, solidement couverte par les hommes de Kearny, Reno et Gibbon.

Les combats livrés au sud de la route vont déterminer si cette retraite va se transformer ou non en déroute. Comme pour la première, l’issue de la seconde bataille de Bull Run va se jouer sur les pentes de Henry House Hill. La situation est encore critique pour les Nordistes, qui n’ont plus beaucoup de forces prêtes à se battre à cet endroit. Du 1er Corps ne reste disponible que la brigade Milroy, que son commandant a finalement réussi à déployer le long de la route de Manassas à Sudley Springs, au pied de Henry House Hill. Dans un premier temps, Milroy est seul pour faire face à la poussée renouvelée de la division D.R. Jones. Il galope, hystérique, à la rencontre de McDowell, qui est justement en train de rameuter la division Reynolds. Le commandant du 3ème Corps rapportera ainsi la rencontre : « [Milroy] arriva dans un état de frénésie absolue, l’épée à la main, et avec force gestes, hurlant de lui envoyer des renforts, pour sauver l’armée, sauver le pays, etc. Sa manière de s’exprimer par des généralités, en ne donnant aucune information, et qui, de la façon dont il les proférait, montrait seulement qu’il était dans un état d’esprit aussi inapte à juger des événements qu’à commander ses hommes […], fit que je le reçus froidement. »

bullrun2_30_18h_nuitBSeconde bataille de Bull Run, 30 août 1862 : les combats de 18 heures jusqu'à la tombée de la nuit.

1) Jackson lance une attaque générale, initialement tenue en échec, contre la droite nordiste.

2) Law tente de déborder les positions fédérales, mais l'intervention de Gibbon l'en empêche.

3) Malgré tout, la perte de Chinn Ridge oblige Pope à sonner la retraite générale.

4) Les troupes nordistes se retirent en bon ordre, couvertes par les divisions Keanry et Reno et la brigade Gibbon.

5) La division J.F. Reynolds vient se placer à droite de la brigade Milroy, sérieusement malmenée.

6) En difficulté, la brigade Hardin est relevée par celle de Seymour.

7) L'attaque de D.R. Jones contre Henry House Hill est finalement repoussée.

8) La division Sykes vient à son tour couvrir la gauche de Milroy.

9) Les hommes de R.H. Anderson attaquent à leur tour et réussissent à flanquer la brigade Chapman, l'obligeant à reculer.

10) Armistead n'exploite pas la percée sudiste en raison du jour déclinant.

11) Les cavaliers sudistes repoussent ceux de Buford au gué Lewis, mais ne franchiront pas le Bull Run.

Heureusement pour l’Union, George Meade n’a pas attendu confirmation pour se porter, de sa propre initiative, au secours de Milroy. Sa contre-attaque, rapidement soutenue par le reste de la division Reynolds, refoule les Sudistes et sécurise le flanc droit de la brigade Milroy. Des affrontements confus sont livrés à cet endroit durant les deux heures qui suivent. La brigade de Conrad Jackson, en particulier, est passablement étrillée. Son commandant s’est fait porter pâle quelques heures plus tôt : ses deux successeurs, Martin Hardin et James T. Kirk, sont blessés tour à tour. La brigade finit par être relevée par celle de Seymour, et cette portion de la ligne nordiste, en fin de compte, tiendra le coup. Parallèlement, McDowell, qui conserve son sang-froid, s’efforce de coordonner la défense de Henry House Hill. Il obtient de Porter ce qu’il reste de la division Sykes, soit les deux brigades d’infanterie régulière de Buchanan et William Chapman, et l’engage immédiatement sur la gauche.

mahone2qTandis que Buchanan demeure en réserve, Chapman vient se placer aux côtés de Milroy, qui est toujours sous pression et a eu un cheval tué sous lui. Voyant que l’attaque de D.R. Jones est arrivée en bout de course, Longstreet se résout alors à jouer sa dernière carte : il envoie la division de Richard Anderson attaquer l’extrémité gauche de la ligne nordiste – précisément la position que tiennent les hommes de Chapman. La manœuvre peut réussir, car le flanc des Nordistes est en l’air et aucune défense naturelle ne vient le couvrir. Il est à présent 18 heures 45, et il ne reste que quelques minutes de jour, tout au plus. Pour les Sudistes, c’est l’attaque de la dernière chance. L’affrontement va durer trois quarts d’heure : assailli par les brigades d’Ambrose Wright et William Mahone, Chapman finit par céder, et les réguliers reculent. Les assaillants, toutefois, ont beaucoup souffert, et ne peuvent poursuivre. Mahone lui-même a reçu une balle dans l’estomac. Il survivra, mais demeurera dyspepsique pour le restant de ses jours.

Reste la brigade de Lewis Armistead, encore à peu près fraîche. J.E.B. Stuart, qui se trouve justement dans ce secteur du champ de bataille à ce moment-là, fait remarquer à son chef qu’il y a là, semble-t-il, une opportunité d’exploiter la percée réalisée. Mais le soleil est déjà couché, et Armistead se refuse à lancer une attaque dans l’obscurité grandissante. Stuart n’étant pas son supérieur direct, il estime ne pas avoir l’autorité nécessaire pour lui ordonner formellement d’attaquer malgré tout, et n’insiste pas. Quelques minutes plus tard, des éléments du IXème Corps viennent colmater la brèche. Un peu plus à l’est, le dernier engagement significatif de la journée met aux prises les cavaliers de Robertson avec ceux de Buford. Les cavaliers sudistes chargent leurs homologues, qui tentent de les empêcher de franchir le Bull Run au gué de Lewis Ford. Les Confédérés ont le dessus et Buford reçoit une balle de révolver dans le genou, mais il est désormais trop tard pour exploiter ce succès et les cavaliers gris ne perturberont pas le passage de l’armée nordiste sur l’autre rive.

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