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Guerre de Sécession : retour sur le Bull Run (7/7)

Bull_run_bridge_1862Le long du Bull Run, des coups de feu continuent à résonner jusque vers 20 heures 30, mais pour l’essentiel, la bataille est terminée. Les unes après les autres, les formations fédérales encore présentes décrochent et franchissent le pont de pierre, malgré l’énorme embouteillage de chariots que cause ce goulot d’étranglement. La dernière réserve de l’armée de Virginie, la brigade d’Abram Sanders Piatt, est arrivée trop tard pour prendre part aux combats et se contente de couvrir la retraite. Les Black Hats de Gibbon sont les derniers à se replier, sous la protection des cavaliers de Beardsley et Bayard. Puis, pour la deuxième fois en moins de six mois – les Confédérés l’avaient fait sauter une première fois lorsqu’ils avaient évacué Manassas, en mars – le pont de pierre est détruit. Avant minuit, le gros de l’armée nordiste s’est regroupé autour de Centreville.

 

Victoire incomplète

Le lendemain, 31 août 1862, Robert Lee peut télégraphier triomphalement à Richmond qu’il a remporté une grande victoire sur l’ennemi : pas moins de 30 canons et 20.000 armes légères ont été capturés, et il s’en faut de peu pour que l’armée fédérale ne soit pratiquement chassée du nord de la Virginie. Plus de 4.000 soldats fédéraux sont également restés entre ses mains, et au moins 10.000 autres ont été tués ou blessés depuis le 16 août. Les pertes, toutefois, sont lourdes. En moins d’un mois, Lee a perdu une demi-douzaine de généraux, morts ou blessés, sans parler des colonels et des autres officiers supérieurs. Les hommes du rang, bien sûr, ont également beaucoup souffert. Depuis le 21 août, près de 8.500 d’entre eux ont été victimes des combats. Rien qu’au cours des deux dernières journées, l’aile de Jackson déplore la perte de 4.400 soldats dont 800 ont été tués. Au moins le rapport de pertes est-il nettement plus favorable, pour le Sud, qu’il ne l’avait été deux mois auparavant devant Richmond.

Le prestige militaire de Lee s’est encore accru, au point de lui donner une influence politique dont il saurait faire bon usage le moment venu. Sa victoire, pourtant, n’est pas complète, et il le sait. Très attaché à son État, Lee, comme la plupart des Virginiens, voue une haine farouche à Pope, un « mécréant » qui doit être « supprimé ». S’il lui a infligé une défaite humiliante, il n’a cependant pas réussi à détruire son armée, qui menace à présent de retrouver une nette supériorité numérique une fois qu’elle aura fait sa jonction avec le reste de l’armée du Potomac. L’objectif initial de la campagne, détruire l’armée de Virginie pendant que cela était encore possible, n’est donc pas atteint. Toutefois, les deux armées nordistes ne se sont pas encore rejointes. Il subsiste donc une petite opportunité de parvenir au but que s’était fixé Lee, et la campagne de Virginie septentrionale n’est, par conséquent, pas encore terminée.

manoeuvre_chantillyOpérations autour de Centreville du 31 août au 2 septembre 1862.

1) 31 août : les IIème et VIème Corps de l'Union arrivent de Washington.

2) 31 août : le 2ème Corps de l'armée de Virginie revient de Bristoe Station.

3) 1er septembre : précédé par la cavalerie, Jackson se met en route pour s'interposer entre Washington et l'armée nordiste.

4) 1er septembre : Jackson fait bivouaquer ses hommes à Chantilly.

5) Nuit du 1er au 2 septembre : la cavalerie sudiste lance des actions de harcèlement contre Germantown.

6) 2 septembre : une reconnaissance menée par des éléments du IIème Corps confirme la présence de Jackson à Chantilly.

7) 2 septembre : Jackson se remet en route et atteint Ox Hill.

8) 2 septembre : la division Stevens (IXème Corps), suivie peu après par la division Kearny (IIIème Corps), marchent sur Ox Hill pour barrer la route aux Confédérés.

9) 2 septembre : Stevens et Kearny livrent à Jackson la bataille de Chantilly (ou Ox Hill).

Aucune des deux armées, pourtant, n’est réellement en état de combattre en ce 31 août. De l’aveu même de Pope, les soldats nordistes n’ont pas vu une ration depuis deux jours, et il est probable que les Confédérés n’aient été, à ce moment précis, guère mieux lotis. Les uns et les autres sont épuisés par plus de deux semaines de marches et de combats incessants. Dans la cavalerie nordiste, les chevaux sont à ce point fourbus que les missions les plus élémentaires de reconnaissance sont confiées à des unités d’infanterie. Pour ne rien arranger, une atmosphère orageuse a succédé à la chaleur écrasante des jours précédents, et la matinée est pluvieuse. Lee sait pertinemment que ses hommes, à qui la seconde bataille de Bull Run a demandé beaucoup, ont besoin de repos. Pourtant, il sait aussi que le temps joue contre lui : s’il ne tente pas quelque chose très vite, Pope aura tôt fait d’être renforcé.

C’est, du reste, précisément ce qui était en train de se passer. Pope avait rappelé à lui le 2ème Corps de l’armée de Virginie, que Banks avait conservé sur le Rappahannock en couverture. Surtout, Halleck avait dépossédé McClellan de la quasi-totalité de ce qui restait de forces à l’armée du Potomac – au grand déplaisir de Little Mac. Le IIème et le VIème Corps étaient en train d’arriver à Centreville, renforçant l’armée de Pope de 20.000 combattants aguerris et frais. Halleck enjoignait également Pope à profiter de ces renforts pour repartir à l’attaque, et le général nordiste faisait effectivement des préparatifs en ce sens. Qui plus est, la pluie menaçait de rendre le Bull Run infranchissable à plus ou moins brève échéance. L’autre option pour Lee aurait été de se replier face à cette menace, mais elle aurait équivalu à rendre l’initiative aux Nordistes, annulant tout l’avantage stratégique que la victoire de la veille avait amené. Le général sudiste n’hésite pas longtemps. Dans l’après-midi du 31 août, il envoie la cavalerie de Stuart en éclaireur vers le nord, puis le corps d’armée de Jackson le suit dans la foulée.

hampton1vLa bataille de Chantilly

Le plan de Lee est essentiellement une réédition de la manœuvre lancée le 25 août, mais à plus petite échelle : Jackson doit contourner l’aile droite des Fédéraux par le nord, puis obliquer vers l’est et s’immiscer entre l’armée nordiste et Washington. Traversant le Bull Run à Sudley Springs, les Confédérés ont pour objectif de rejoindre la route à péage de Little River, puis de la suivre jusqu’à ce qu’elle croise celle de Warrenton à Germantown, non loin de Fairfax Court House – à l’est de Centreville, et à quelques kilomètres seulement de Washington, où ne demeure que la – puissante, cependant – garnison de la ville. Toutefois, les hommes de Jackson sont épuisés comme les autres. La pluie n’arrange rien et les empêche de rééditer leurs exploits passés : au soir du 31 août, ils sont encore à plusieurs kilomètres de Germantown. Jackson n’a d’autre choix que de les faire bivouaquer dans une localité nommée Pleasant Valley, à faible distance d’une plantation répondant au doux nom de Chantilly.

L’épuisement de la cavalerie nordiste implique que Pope est momentanément « aveugle » sur les faits et gestes de Lee. Les cavaliers de Stuart masquent les mouvements de Jackson avec d’autant plus de facilité qu’ils viennent d’être renforcés par une troisième brigade, aux ordres de Wade Hampton – qui a profité de sa convalescence, après la bataille de Seven Pines, pour changer d’arme et passer de l’infanterie à la cavalerie. Durant la nuit, les cavaliers confédérés lancent en toute impunité des actions de reconnaissance et de harcèlement contre Germantown. Pope, qui sous-estime la menace, croit qu’il s’agit simplement de patrouilles isolées, mais des estafettes nordistes isolées finissent par lui rapporter dans les environs la présence, non seulement de cavaliers en nombre, mais également de fantassins. Inquiet, Pope envoie sur place une brigade du IIème Corps pour confirmer la chose, à 3 heures du matin le 1er septembre.

oxhill-stevensBataille de Chantilly, 2 septembre 1862 : l'attaque de la division Stevens (carte de la Fairfax County Park Authority).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il devient très vite évident que la menace est des plus réelles : les Sudistes sont en passe de tourner son aile droite. Inquiet, et beaucoup moins sûr de lui depuis sa dernière défaite, Pope annule toute action offensive et ordonne à l’armée de se replier sur Fairfax Court House. Dès l’aube, toujours pluvieux, du 1er septembre, Jackson se remet en marche. Quelques miles seulement le séparent de Germantown, où il pourra couper la retraite de Pope et lui infliger une défaite décisive. Le reste de l’armée sudiste, suivant ses traces, s’est mise en marche à son tour et ne tardera pas à le rejoindre. Mais ses soldats sont trempés, épuisés et affamés. Lui-même tombe de sommeil, et ne résistera pas à la tentation de s’accorder une sieste. Accessoirement, Pope a envoyé la division Hooker à Germantown pour sécuriser sa position, et celle-ci arrive sur place avant Jackson. Ce dernier estime alors plus prudent de s’arrêter à distance respectueuse, laissant ses troupes au repos à proximité d’une hauteur baptisée Ox Hill.

Governor.Gen.Stevens

Durant toute la matinée, les patrouilles nordistes accrochent sporadiquement les cavaliers de Stuart. Manquant de renseignements précis, Pope décide de renforcer Hooker en envoyant le IXème Corps explorer les approches de la route à péage de Little River et en prendre le contrôle. Vers 13 heures, la division Stevens quitte Centreville. Trois heures plus tard, la cavalerie sudiste la repère en train d’approcher des positions de Jackson à Ox Hill. Les brigades Branch et Field sont envoyées à sa rencontre afin d’évaluer le danger, déployant leurs tirailleurs à proximité de la ferme Reid. Les Confédérés sont repérés peu après par les éclaireurs nordistes, et le combat s’engage non loin du talus de la même voie ferrée inachevée le long de laquelle s’était livrée la seconde bataille de Bull Run. Prenant l’avantage, les Fédéraux refoulent leurs vis-à-vis et s’emparent de la ferme Reid.

Faute de renseignements adéquats, Stevens sous-estime certainement les forces qui lui font face, et décide de pousser son avantage en attaquant sans plus attendre. Rapidement renforcé par les premiers éléments de la division Reno (la brigade Ferrero), il déploie ses trois brigades l’une derrière l’autre face à la position sudiste, tout en envoyant Ferrero couvrir son flanc dans les bois situés sur sa droite. Jackson, constatant que l’ennemi est présent en force, fait dans le même temps déployer les divisions Lawton et Starke sur une position en arc de cercle courant jusqu’à la route de Little River. Le reste de la division A.P. Hill, plus éloigné, est pour sa part envoyé vers la droite. Pour rester alignées avec le reste des forces sudistes, les brigades Field et Branch reculent de quelques dizaines de mètres. Protégés par une clôture, masqués par le champ de maïs et le verger qui jouxtent la ferme Reid, les Sudistes se soustraient ainsi momentanément à la vue de leurs adversaires.

stevens_alonzo_chappelMort de deux généraux

Il est 16 heures 30 lorsque Stevens ordonne malgré tout une attaque « à l’aveuglette », qu’il mène personnellement depuis l’avant, avec la brigade d’Addison Farnsworth. Parallèlement, la pluie se mue soudainement en violent orage, aggravant encore le manque de visibilité sur le terrain. Les Fédéraux sont accueillis par les Tigres de la Louisiane, qui ont pris position derrière une barrière immédiatement à l’est de la ferme Reid. Également pris à partie par les brigades Branch et Field renforcées par celle de Gregg, Stevens fait déployer la brigade Christ sur la gauche. Ce mouvement met les hommes de Gregg, déjà durement éprouvés les jours précédents, en fuite, mais ils sont immédiatement remplacés en ligne par la brigade d’Edward Thomas. Plus à droite, cependant, la brigade Farnsworth est en mauvaise posture, car elle est sans protection au milieu d’un pré. Constatant que son seul espoir d’éviter l’anéantissement est de charger droit devant elle, Stevens envoie demander des renforts en urgence, fait mettre baïonnette au canon et s’élance à la tête de ses soldats. Quelques instants plus tard, il est tué d’une balle dans la tempe.

Rendus furieux par la mort de leur chef, qui fut aussi leur colonel au début de la guerre, les hommes du 79ème régiment de New York – les Cameron Highlanders, majoritairement écossais – poursuivent leur charge, obligeant les Louisianais à se replier. Toutefois, la brigade Early contre-attaque aussitôt, et les Nordistes sont forcés de reculer. Ferrero, après avoir échangé quelques salves dans les bois avec la brigade Trimble, couvrira le repli fédéral. Un peu avant 18 heures, Benjamin Christ regroupe ce qui reste de la division Stevens au sud-est de la ferme Reid. L’arrivée de la brigade Nagle met le IXème Corps au complet, mais il est en bien piteux état et pour ne rien arranger, son commandant Jesse Reno, épuisé et malade, n’est pas davantage disposé à renouveler l’attaque.

oxhill-kearnyBataille de Chantilly, 2 septembre 1862 : l'attaque de la division Kearny (carte de la Fairfax County Park Authority).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

kearny1tNéanmoins, l’appel de Stevens n’est pas resté sans réponse. Retrouvant ses bonnes habitudes, Philip Kearny a emmené sa division à son secours et arrive à la rescousse à 17 heures 15 avec la brigade Birney. Il l’emmène aussitôt dans une manœuvre destinée à flanquer l’ennemi par la gauche, laissant à Reno le soin de couvrir son propre flanc droit avec le IXème Corps. Or, Jackson est justement en train de renforcer le centre de sa ligne, qui n’est pas sorti indemne de l’attaque de Stevens, et le redéploiement qui en résulte laisse sa droite à découvert. Peu après 18 heures, Birney assaille la brigade Branch et la prend en enfilade, la mettant rapidement dans une situation très délicate. Toutefois, l’inaction de Reno, qui n’a en fait pas bougé d’un pouce, laisse exposée la droite de Birney, qui ne peut pousser son avantage. Kearny galope alors vers l’arrière pour rameuter lui-même des renforts.

Les hommes du IXème Corps, toutefois, sont hésitants et manquent de munitions. Il parvient finalement à trouver un unique régiment, qu’il tente de ramener au plus vite en soutien de Birney. Galopant pour inspirer un pas plus rapide aux fantassins qu’il guide, mais gêné par l’orage et le jour déclinant, Kearny va trop loin et tombe nez-à-nez avec des soldats sudistes qui le mettent en joue et le somment de se rendre. Peu disposé à se laisser capturer, le général nordiste tourne bride, mais les Confédérés sont les plus prompts et l’abattent. « Kearny le Magnifique », comme Stevens un peu plus tôt et à quelques dizaines de mètres de là, est tué sur le coup. Le lendemain, le général Lee fera respectueusement ramener sa dépouille dans les lignes nordistes, avec un mot de condoléances.

David_B._BirneyTriomphe sudiste

La bataille de Chantilly ne « survivra » guère à Kearny. Les hommes de Branch réussissent à tenir et, au bout de quelques minutes, Birney finit par décrocher. Il est rejoint peu après par le reste de la division, et les Nordistes s’installent en position défensive pour la nuit. Jackson, qui juge sa position trop avancée et ignore si d’autres renforts fédéraux sont en route, décide de réduire la distance qui le sépare du reste de l’armée sudiste et décroche à partir de 23 heures. Il fera sa jonction avec Longstreet le lendemain matin. Pour les Confédérés, l’affrontement du 1er septembre est, semble-t-il, un nouvel échec stratégique : même si Jackson a repoussé les attaques nordistes, ce fut non sans mal, et sans parvenir à l’objectif que Lee lui avait assigné – couper la retraite de Pope. Match nul tactique, Chantilly ne semble pas avoir eu beaucoup plus d’effet que simplement rallonger de près de 1.300 noms la déjà longue liste des pertes subies par l’Union, et d’environ 800 autres celle de la Confédération.

Toutefois, la mort de Stevens et Kearny porta un nouveau rude coup au moral déjà en berne de Pope et de son armée. Manquant de renseignements, craignant la reprise imminente des attaques sudistes contre Germantown, le chef de l’armée de Virginie n’attendit même pas le lever du jour pour prendre une décision lourde de conséquences sur le plan stratégique. Abandonnant pour de bon l’initiative à son ennemi, il ordonna à ses forces de se replier intégralement jusqu’à Washington – mouvement entamé dès le 2 septembre à 2 heures 30 du matin. La campagne de Virginie du nord s’achevait en triomphe pour la Confédération. De vastes zones de l’État, précédemment occupées, étaient à présent libérées de toute présence fédérale. L’Union étant désormais sur la défensive, Lee gardait la main, et il n’allait pas hésiter longtemps pour décider ce qu’il convenait d’en faire.

Ce dénouement jeta la consternation à Washington, en vue de laquelle le gros des troupes nordistes arriva dès le 3 septembre. Même s’ils avaient gardé cette fois leur cohésion et ne s’étaient certainement pas enfuis devant l’ennemi, les régiments battus et démoralisés de Pope ne manquèrent pas de rappeler aux habitants angoissés de la capitale fédérale les heures sombres qui avaient suivi la première bataille de Bull Run, un peu plus d’un an auparavant. La crainte de voir les rebelles menacer la ville refit surface, même si elle n’avait rien de rationnel : puissamment fortifiée, Washington était une trop grosse proie pour l’armée sudiste et Lee le savait pertinemment. De toute manière, il avait d’autres projets en tête. Dans le camp nordiste, pourtant, on trouvait au moins un homme avec des raisons de se réjouir : George B. McClellan. La défaite de Pope éclipsait désormais la sienne, et Little Mac n’était pas très éloigné de la position de sauveur qu’il affectionnait tant.

mac42wSes anciens soldats, du reste, lui réservèrent un accueil tonitruant lorsqu’il vint chevaucher au milieu d’eux, au soir du 3 septembre. William Powell, alors capitaine dans la division des troupes régulières de Sykes, décrivit ce moment, bien des années plus tard : « Quelques minutes s’étaient écoulées, toutefois, lorsque le capitaine John D. Wilkins […] accourut vers le colonel Buchanan, criant Colonel ! Colonel ! Le général McClellan est ici !" Les hommes du rang saisirent ce cri ! Quiconque était debout réveilla son voisin. On se frotta les yeux, et ces types épuisés, à mesure que la nouvelle parcourait la colonne, sautèrent sur leurs pieds, et poussèrent un hourrah comme l’armée du Potomac n’en avait encore jamais entendu. L’un après l’autre, les cris résonnèrent dans le silence de la nuit, et à mesure qu’ils étaient portés le long de la route et répétés par régiment, brigade, division et corps, nous pouvions en entendre le rugissement s’évanouir dans le lointain. L’effet de la présence de cet homme sur l’armée du Potomac – sous le soleil ou la pluie, dans l’ombre ou la lumière, dans la victoire ou la défaite – était électrique, et trop merveilleux pour qu’il vaille la peine d’essayer d’y trouver une explication. »

Il était évident que la seule présence de McClellan suffisait à faire remonter en flèche le moral des soldats nordistes. Alors que ces derniers pansaient leurs plaies autour de Washington, une nouvelle menace ne tarda pas à se matérialiser pour l’Union : Lee faisait route vers le nord. Lincoln n’eut bientôt plus d’autre choix que de rappeler McClellan aux affaires. Le 12 septembre, l’armée de Virginie fut dissoute, et ses troupes furent réaffectées à l’armée du Potomac. Privé de commandement, John Pope ne dut qu’à l’amitié de Lincoln d’obtenir un autre poste : transféré dans l’Ouest, il allait devoir faire face à l’insurrection que les Sioux, mécontentés par le non respect des traités signés avec le gouvernement fédéral, avaient déclenchée dans le Minnesota et le Dakota en août 1862. Quant à l’armée du Potomac, elle n’allait pas se reposer très longtemps, ayant de nouveau une campagne décisive à mener – cette fois dans le Maryland.

 

Sources

Organigrammes des armées nordiste et sudiste pour la seconde bataille de Bull Run.

Article général sur la campagne de Virginie septentrionale.

Animation figurant les principales opérations de la campagne.

Brochure éditée par le Center for Military History de l’armée des États-Unis et consacrée à la seconde bataille de Bull Run – ainsi, plus généralement, à la campagne qui la précède. Elle fourmille d’information sur les événements et sur la période.

Page présentant de nombreux documents sur la seconde bataille de Bull Run et la campagne l’ayant précédée, dont :

-      La situation de l’armée de Virginie en juillet 1862.

-      Une chronologie des principaux événements de la campagne (du 16 août au 2 septembre 1862 seulement)

-      Les ordres de Pope relatifs à l’occupation de la Virginie

-      La proclamation de Pope à l’armée du Virginie

Une large part des documents cités sont extraits de John Codman ROPES, The Army under Pope, New York, Charles Scribner’s Sons, 1881.

Article détaillé sur la bataille de Cedar Mountain.

Page du Civil War Preservation Trust, riche en documents connexes, sur la bataille de Cedar Mountain.

Cette page du service des parcs nationaux sur la bataille renvoie vers plusieurs rapports officiels à propos de la bataille de Cedar Mountain.

Article sur les accrochages de Rappahannock Station.

William B. TALIAFERRO, Jackson’s Raid around Pope, Battles and Leaders of the Civil Wars, New York, The Century Company, 1887-88.

Le document précédent est extrait d’une vaste série d’articles publiés dans la revue The Century entre 1884 et 1887. Ces travaux, écrits par les protagonistes du conflit eux-mêmes (donc non exempts de partialité) ont été regroupés en quatre volumes parus en 1887 et 1888. Battles and Leaders of the Civil War forme une compilation précieuse en termes de sources, et un pilier de l’historiographie de la guerre de Sécession. L’intégralité est désormais accessible en ligne via cette page.

Article sur les opérations de Jackson autour de Manassas.

Page du Civil War Preservation Trust sur la bataille de Thoroughfare Gap.

Robert THOMPSON, A Legend is Born at Brawner’s Farm, the Iron Brigade at Second Manassas, en ligne [accédé le 15 juillet 2012].

Todd S. BERKOFF, Battle of Brawner’s Farm, Black Hat Brigade’s Baptism of Fire, America’s Civil War, septembre 2004.

Article général, abondamment illustré et source, sur la seconde bataille de Bull Run.

Page du Civil War Preservation Trust sur la seconde bataille de Bull Run.

Extrait des mémoires de Longstreet sur la seconde bataille de Manassas.

John POPE, The Second Battle of Bull Run, Battles and Leaders of the Civil Wars, New York, The Century Company, 1887-88.

De nombreux rapports extraits des Official Records :

-      Samuel Heintzelmann (IIIème Corps, armée du Potomac)

-      Philip Kearny (IIIème Corps)

-      Irvin McDowell (3ème Corps, armée de Virginie)

-      John F. Reynolds (3ème Corps)

-      George Meade (division Reynolds, 3ème Corps)

-      James Ricketts (3ème Corps)

-      John Gibbon (division King, 3ème Corps)

-      Franz Sigel (1er Corps, armée de Virginie)

-      George Sykes (Vème Corps)

-      Gouverneur Kemble Warren (division Sykes, Vème Corps)

 

-      Robert Lee (armée de Virginie septentrionale)

-      James Longstreet (aile droite, armée de Virginie septentrionale)

-      Cadmus Wilcox (aile droite)

-      Thomas Jackson (aile gauche, armée de Virginie septentrionale)

-      Leroy Stafford (division Starke, aile gauche)

-      J.E.B. Stuart (cavalerie, armée de Virginie septentrionale)

John J. HENNESSY, Return to Bull Run, the Campaign and Battle of Second Manassas, University of Oklahoma Press, 1993. Cet ouvrage est souvent cité comme le plus complet existant sur le sujet.

Récit de Luther B. Mesnard, soldat au 55ème régiment d’infanterie de l’Ohio, sur la seconde bataille de Bull Run.

Brian C. POHANKA, Second Battle of Bull Run : Destruction of the 5th New York Zouaves, America’s Civil War, septembre 2002.

Page du Civil War Preservation Trust sur la bataille de Chantilly.

Animation du CWPT sur cette même bataille, permettant de bien comprendre son déroulement et mettant en exergue l’emprise du développement urbain sur ce qui reste aujourd’hui du champ de bataille.

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