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Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (9/16)

1gtandersonHiggins n’est pas au bout de ses peines. Derrière G.T. Anderson, c’est la division McLaws qui arrive au pas de course. Ses quatre brigades sont déployées en deux lignes : Christopher Sanders à droite, William Barksdale à gauche, Joseph Kershaw et Paul Semmes, respectivement, derrière eux. Cette fois, McLaws obtient l’aide de Hood pour le guider vers la position souhaitée. Malgré cela, la progression ne se fait pas sans accroc.


 

Alors que la division marche vers l’église, puis oblique à gauche pour frapper le flanc de Sedgwick, Sanders n’entend pas l’ordre correspondant de McLaws et poursuit sa route avec une partie de sa brigade, qui ira ainsi rejoindre la division D.H. Hill. La brigade Semmes, pour sa part, est presque immédiatement prélevée et envoyée tout à gauche en soutien des batteries de Stuart, face à Gorman.

 

Une division en déroute

La manœuvre est judicieuse, car les hommes de Grigsby sont en train de craquer – Leroy Stafford récoltant au passage une blessure au pied – et la brigade Gorman avance à travers la ferme A. Poffenberger. Les deux brigades marchent à la rencontre l’une de l’autre et s’engagent mutuellement, mais l’issue du combat va se décider ailleurs. Le 34ème New York, le 125ème Pennsylvanie et leurs soutiens, seules forces nordistes couvrant la gauche de Sedgwick, sont submergés par l’arrivée de Barksdale et ne tardent pas à s’enfuir. Les Confédérés lancés à leur poursuite font alors irruption sur les arrières de la division fédérale, où leur feu fauche leurs ennemis en masse et sème le désordre. Napoleon Dana est touché à la jambe gauche, et John Sedgwick reçoit pas moins de trois balles au poignet, à la jambe et à l’épaule, mais ni l’un ni l’autre ne se font évacuer immédiatement – ils survivront tous les deux. Dana tente d’organiser tant bien que mal la défense de son flanc gauche, mais les brigades nordistes sont trop proches les unes des autres et se gênent pour manœuvrer.

Gorman tente d’y remédier de sa propre initiative en décalant sa brigade vers la droite, mais dans le tumulte, un seul de ses régiments reçoit son ordre. Sumner, qui galope partout pour encourager ses soldats flanqués, donne oralement à Oliver Howard l’ordre de faire face à l’attaque ennemie en réorientant sa brigade vers la gauche. Mais là encore, le fracas des coups de feu limite la compréhension : le bruit est si fort que Howard a compris davantage les gestes que la parole. Interprétant de travers les intentions de Sumner, il emmène sa brigade vers la droite en tournant le dos aux Confédérés, en dépit de l’opinion du colonel Joshua Owen, du 69ème Pennsylvanie, qui lui suggère de faire front dans l’autre sens. Dans son rapport, Howard atténuera la portée de ce mouvement en le réduisant à un « changement de position »… Aggravée par cette fausse manœuvre, la situation des Nordistes tourne à la débâcle. Sans Howard pour couvrir ses arrières, Dana n’a plus qu’à se retirer lui aussi, sous le feu infernal des Sudistes. La brigade Gorman recule aussitôt après.

2attaque_mclawsBataille d'Antietam (17 septembre 1862), 9h30 - 9h45.

1. La division McLaws arrive enfin sur la zone des combats.

2. Alors que la division tourne à gauche pour frapper le flanc de Sedgwick, Sanders emmène par erreur une partie de sa brigade vers la droite.

3. Parallèlement, la brigade Semmes est envoyée couvrir l'artillerie de Stuart.

4. Attaqué par Gorman, Grigsby recule.

5. Semmes et Gorman se rencontrent et s'affrontent dans la ferme A. Poffenberger.

6. Submergées, les maigres forces qui couvrent la gauche de Sedgwick craquent et s'enfuient.

7. Emmenée par Barksdale, la division McLaws s'abat sur le flanc et les arrières de Sedgwick.

8. Gorman tente de se décaler vers la droite pour permettre au reste de la division Sedgwick de se déployer face à l'assaillant, mais un seul de ses régiments exécute son ordre.

9. Suite à une erreur de compréhension, Howard envoie sa brigade vers la droite, et non vers la gauche, comme le lui a ordonné Sumner.

10. Incapable de faire face à McLaws, la division Sedgwick s'écroule et s'enfuit vers le bois Nord.

 

3hinksMalgré les pertes, la discipline des soldats demeure impeccable, comme le mentionnera le lieutenant-colonel John Kimball, du 15ème Massachusetts : « L’ordre interdisant de transporter les blessés vers l’arrière fut obéi scrupuleusement à la lettre. » Alors que les régiments situés les plus à gauche refluent en désordre vers le nord, ceux les plus à droite conservent leur cohésion et tentent de faire face. Après avoir replacé correctement son 19ème régiment du Massachusetts, le colonel Edward Hinks lui ordonne de résister sur place. Le 1er Minnesota, commandé par Alfred Sully, réussit à s’accrocher à sa droite. Emportés dans leur élan, les hommes d’Early subissent de lourdes pertes en attaquant de front les deux régiments nordistes et le second d’Early, William Smith, reçoit trois blessures. Les Confédérés, toutefois, ont reçu des renforts – la brigade Armistead, détachée de la division R.H. Anderson – et ne tardent pas à renouveler leur pression. Hinks est blessé. Sully prend le commandement des deux unités fédérales, puis les replie sur la ligne tenue par la brigade Patrick, au nord du bois Ouest, où ils sont rejoints par un autre régiment de Gorman, le 82ème New York.

Ceux de la brigade Goodrich – les 60ème et 78ème New York – ont été emportés par la déroute de la division Sedgwick, si bien que la situation demeure préoccupante pour Sumner. La fougue de l’attaque sudiste conduit ce dernier à surestimer largement l’ennemi, et il craint que toute la droite nordiste ne soit submergée. À son tour, il fait demander par sémaphore des renforts à McClellan, demande auquel le chef de l’armée du Potomac répond en faisant traverser l’Antietam à la dernière division du IIème Corps, ainsi qu’aux éléments disponibles du VIème Corps. Parallèlement, Sumner ordonne au XIIème Corps de charger l’ennemi, pour ralentir sa progression et couvrir la retraite de Sedgwick. La division Williams s’exécute à travers le champ de maïs Miller, mais les choses tournent mal. Déjà diminuée de plusieurs détachements, la brigade Crawford est rapidement entraînée par les soldats de Sedgwick en déroute, et Crawford lui-même est blessé à la cuisse droite en tentant de la rallier.

George H. Gordon, quant à lui, parvient à préserver la cohésion de ses forces, pourtant elles-mêmes déjà diminuées de deux régiments trop éprouvés et laissés en soutien de batteries. Toutefois, regrouper les trois autres prend du temps et lorsque sa brigade atteint la partie occidentale du champ de maïs, il n’y a plus rien à soutenir : la division Sedgwick s’est réfugiée dans le bois Nord et au-delà, où ses officiers tentent de regrouper leurs hommes avec l’aide de ce qui reste du Ier Corps. Son attaque n’en a pas moins le mérite de soulager la pression exercée sur les forces qui, autour de la brigade Patrick et des hommes de Sully, tiennent toujours les abords de la ferme Miller. Contraint de faire face, Barksdale laisse deux de ses régiments sur sa gauche et emmène les deux autres à la rencontre de G.H. Gordon. Avec l’aide de G.T. Anderson, il finit par le repousser et le poursuit à travers le champ de maïs, jusqu’à menacer les batteries avancées nordistes. Gordon ayant pris la tête de la division après la blessure de Crawford, il est remplacé par Thomas Ruger, qui est lui-même blessé dans l’action.

4attaque_williams2Bataille d'Antietam (17 septembre 1862), 9h45 - 10h, autour du champ de maïs Miller.

1. Le 19ème Massachusetts et le 1er Minnesota parviennent à former une ligne de défense dans le bois Ouest et stoppent la brigade Early.

2. Attaqués de nouveau par la brigade Armistead, les deux régiments se replient.

3. Ils se reforment sur la ligne tenue par la brigade Patrick.

4. La division Williams est envoyée soutenir la division Sedgwick en pleine retraite, mais la brigade Crawford est rapidement prise dans la déroute.

5. Pour faire face à la division Williams, Barksdale emmène une partie de sa brigade et celle de G.T. Anderson vers la droite.

6. Les Sudistes affrontent G.H. Gordon dans le champ de maïs et l'obligent à reculer.

7. Un ordre impromptu ramène G.T. Anderson en arrière, obligeant Barksdale à se retirer du champ de maïs.

8. Patrick et les trois régiments rescapés de la division Sedgwick repoussent deux assauts confédérés.

9. Ils sont finalement flanqués par deux batteries sudistes (non figurées sur la carte) et par la brigade Semmes.

10. Les Fédéraux se replient sur le bois Nord, tenu par les restes de la division Doubleday.

11. La brigade Semmes occupe la ferme Miller, dont elle se retirera vers 10h45.

5ghgordonL’extrême violence des combats et leur caractère fluctuant a été décrit, avec un lyrisme inhabituel pour un rapport administratif, par G.H. Gordon lui-même : « De l’aube au crépuscule les vagues de la bataille déferlèrent et refluèrent. Les hommes s’affrontèrent en lignes de régiments, brigades et divisions, pendant que ces régiments, brigades et divisions fondaient sous un feu terrible, laissant de longues lignes de morts marquer l’endroit où s’étaient tenus les vivants. Des champs de maïs furent piétinés, des forêts débitées, d’énormes branches furent jetées à terre, abattus par des obus ou des boulets. La mitraille mêla ses cris sifflants à ce carnaval infernal […]. » L’avance confédérée, toutefois, finit par se gripper. La brigade G.T. Anderson est inexplicablement retirée du combat et renvoyée de l’autre côté du champ de bataille, sur la foi d’une information erronée, par un officier non identifié. Brusquement privé de soutien sur sa droite,  incertain quant au résultat des combats autour de la ferme Miller, et confronté à l’artillerie nordiste face à lui, Barksdale est stoppé et décide prudemment de ne rien tenter de plus.

Pendant ce temps, Patrick et Sully continuent à s’accrocher au muret qui borde la grange Miller et ses meules de foin, au milieu de rochers qui constituent autant de retranchements naturels. Les Nordistes repoussent une première attaque contre leur gauche, puis une seconde contre leur droite. Les pertes confédérées sont sévères, et Lewis Armistead est blessé à la tête de sa brigade. C’est finalement la brigade Semmes qui réussit à tourner la droite nordiste, avec l’appui de deux batteries que Stuart a audacieusement fait avancer jusque sur Nicodemus Hill. Prise en enfilade, la ligne nordiste est intenable, et les tuniques bleues doivent se replier jusqu’au bois Nord. Les Confédérés s’emparent de la ferme Miller et y font quelques dizaines de prisonniers. Il est approximativement 10 heures. La division Sedgwick a été intégralement chassée du bois Ouest et mise hors de combat, avec pertes et fracas, en une demi-heure à peine. Elle y a laissé la moitié de ses effectifs. Les Sudistes ne pousseront pas plus loin. Eux aussi étrillés, ils resteront environ trois quarts d’heure sur leur position, mais celle-ci est trop exposée à l’artillerie nordiste, et Lee les fera replier dans le bois Ouest pour les mettre à l’abri.

Combats pour une église

6greeneCe mouvement laisse le champ de maïs aux mains des Fédéraux, la parcelle changeant ainsi de propriétaire pour la neuvième – et dernière – fois. Non loin de là, les Confédérés n’ont pas eu autant de succès qu’à la ferme Miller. Lorsque la division McLaws enfonce les maigres forces qui gardent le flanc gauche de Sedgwick, elle est elle-même confrontée à la menace que représente la division Greene sur son flanc droit. Aussi McLaws fait-il obliquer dans cette direction la brigade Kershaw, ainsi que la portion de celle de Sanders qui est resté au contact de l’élément principal. Parallèlement, Greene exécute l’ordre de Sumner d’attaquer pour soulager Sedgwick. Il n’a avancé que de quelques mètres lorsque la brigade renforcée de Kershaw surgit du bois Ouest de part et d’autre de l’église Dunker. Après une brève fusillade, le général nordiste décide d’attirer son adversaire dans un piège. Il fait reculer ses forces à l’abri du relief et se contente de pilonner les Sudistes avec l’artillerie dont il dispose, les laissant venir à lui.

La manœuvre est judicieuse, car Kershaw est en train d’être renforcé par la petite division de J.G. Walker, avec les brigades de Robert Ransom à gauche et Van Manning à droite. Les rapports de ces unités sur la bataille étant fragmentaires, le déroulement précis de l’attaque demeure incertain. Il semble que Manning se soit déployé sur la droite de Kershaw et que Ransom soit demeuré en réserve derrière celui-ci. Les Sudistes chargent avec impétuosité la batterie qui coiffe la hauteur derrière laquelle s’abrite la division Greene. Les canons nordistes leur adressent une, puis deux charges de mitraille, mais ils continuent sur leur lancée et s’approchent à une trentaine de mètres, commençant à abattre les artilleurs. Ces derniers doivent s’abriter. Greene donne alors le signal de la riposte : ses deux brigades – Tyndale à droite, Stainrook à gauche – se lèvent, avancent de quelques mètres, et déchargent à bout portant une salve meurtrière.

7attaque_kershawBataille d'Antietam (17 septembre 1862), 9h45 - 10h, autour de l'église Dunker.

1. Greene attaque sur l'ordre de Sumner mais se ravise aussitôt pour laisser venir les Confédérés.

2. La division J.G. Walker arrive en soutien de Kershaw.

3. Les Confédérés assaillent la hauteur tenue par Greene, mais sont repoussés par un feu nourri à bout portant.

4. La brigade Manning se désagrège : le 46ème Caroline du Nord rejoint les forces de Kershaw...

5. ... tandis que le colonel Cooke rallie le 27ème Caroline du Nord et le 3ème Arkansas...

6. ... et que le reste de la brigade s'enfuit.

 

Le feu nordiste est d’autant plus nourri que dans l’intervalle, les hommes de Greene ont pu être ravitaillés en munitions. Presque vides, les cartouchières – qui peuvent porter quarante coups – ont été remises à plein, ainsi que les poches, dans lesquelles les soldats ont fourré un surplus de vingt cartouches. Les Confédérés sont abattus en masse : « Si terrifiant était notre feu que l’ennemi tombait comme l’herbe sous la faux » écrira le major Orrin Crane, du 9ème régiment de l’Ohio. Dans la brigade Kershaw, le 7ème Caroline du Sud est décimé, les préposés au drapeau sont tous abattus, et le drapeau lui-même est perdu car sa hampe a été brisée par les balles. La brigade bat en retraite. Celle de Manning connaît un 8kershaw
sort moins enviable encore : les Nordistes la prennent à partie alors qu’elle est en train de franchir une barrière. Elle se désagrège immédiatement sous la densité des tirs ennemis. Deux de ses régiments déroutent et ne seront pas ralliés. Manning est blessé et transmet le commandement au colonel Edward Hall, du 46ème Caroline du Nord, qui se retrouve seul avec son régiment et se replie avec Kershaw. Les deux derniers régiments – le 3ème Arkansas et le 27ème Caroline du Nord – reculent en bon ordre sous la direction du colonel de ce dernier, John R. Cooke, vers le sud-ouest. Ils s’y abritent derrière la clôture d’un vaste champ de maïs situé au sud de l’église Dunker.

Greene ne les poursuit pas dans cette direction. Dès que l’ennemi a craqué, sa division a mis baïonnette au canon et s’est mise à progresser vers l’ouest, en direction de l’église. Elle attaque bientôt la lisière du bois Ouest, où Kershaw tente de rallier ses hommes. Sa résistance sera brève, car il n’y trouve aucun soutien pour venir à son aide : il semble qu’à ce moment la brigade Ransom ait déjà été retirée pour une raison non spécifiée – peut-être envoyée vers la gauche pour venir en aide aux unités engagées autour de la ferme Miller. Greene s’empare ainsi de toute la partie orientale du bois Ouest, puis s’arrête, car sa progression l’a laissé excessivement avancé par rapport au reste des positions sudistes. Qui plus est, il a dû laisser une partie de ses forces en soutien des canons qui garnissent encore sa position précédente, et Sumner, toujours préoccupé par la situation globale de l’aile droite nordiste, n’autorise G.H. Gordon à lui envoyer des renforts qu’au compte-gouttes : le 13ème New Jersey, le 27ème Indiana, et pour finir la légion Purnell.

9attaque_greeneBataille d'Antietam (17 septembre 1862), 10h - 10h30.

1. La division Greene passe à l'attaque et s'empare des abords de l'église Dunker.

2. Sumner lui envoie trois régiments en renforts.

3. Kershaw et les régiments qui l'ont rejoint se replient à l'ouest du bois.

4. Les deux brigades de la division Hood se déploient de manière à rassembler autant de fuyards que possible sur les arrières sudistes.

5. Le reste des forces sudistes engagées contre Sedgwick reculent pour se mettre sur la défensive.

 

Côté sudiste, on n’a plus guère de réserves à lancer en avant dans l’espoir de reprendre le terrain perdu. Les brigades qui ont combattu dans le bois Ouest et autour de la ferme Miller ont été très éprouvées et leurs effectifs ont fondu. Certaines sont à ce point éclaircies qu’elles ne permettent même pas de tenir un front continu. Seule celle de Ransom n’a, semble-t-il, pas été trop durement engagée, mais elle est insuffisante, à elle seule, pour monter une contre-attaque. Les Confédérés se contentent donc de tenir une ligne discontinue, orientée globalement vers l’est, en attendant d’hypothétiques renforts que l’arrivée future d’A.P. Hill, ou l’évolution de la situation dans les autres parties du champ de bataille, permettraient d’envoyer vers l’aile gauche de l’armée de Virginie septentrionale. En résumé, aucun des deux camps ne se sent en mesure de continuer ses attaques, de sorte qu’à partir de 10 heures 30, la situation dans ce secteur devient stable pour la première fois depuis cinq heures de temps.

10churchCette accalmie allait durer presque deux heures. Pendant que McClellan fait affluer ses réserves pour renforcer une aile droite qu’il croit, tout comme Sumner, menacée par une attaque massive et imminente de l’ennemi, Lee, qui n’a pas cette possibilité, doit recourir à divers expédients. Le général sudiste tente de regrouper les soldats isolés qui, dispersés par la violence des combats, errent sur les arrières du champ de bataille. Il est contraint de chevaucher en compagnie d’un aide de camp qui tient les rênes à sa place : trois semaines plus tôt, il s’est sévèrement blessé aux deux mains dans une chute provoquée par sa monture favorite, un imprévisible cheval gris baptisé Traveller. Lee ordonne à la division Hood, laissée en arrière pour se reformer, de se déployer en un large chevron destiné à « cueillir » autant d’isolés que possible. D’ici à l’après-midi, elle rassemblera plusieurs milliers d’hommes qui seront organisés en une brigade ad hoc.

Lee les fera même monter en ligne vers 16 heures, accompagnant son ordre d’un encouragement que rapporte J.S. Johnston, un soldat de la brigade Law : « Messieurs, je veux que vous remontiez en ligne et que vous montriez que les traînards de l’armée de Virginie septentrionale valent mieux que les meilleures troupes de l’ennemi ! » Toutefois, cette « brigade des traînards » ne sera finalement pas engagée car l’épicentre des combats se trouve désormais ailleurs et ce, depuis plusieurs heures. De fait, au moment où Greene prend le contrôle de l’église Dunker, le point focal de la bataille d’Antietam est déjà en train de se déplacer de plusieurs centaines de mètres vers le sud-est. L’affrontement entre alors dans sa deuxième phase majeure.

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