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Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (12/16)

1jrcookeBien que de courte durée, l’alerte qu’a représentée l’entrée en jeu de la brigade Irwin a pourtant été chaude pour les Confédérés. Longstreet, qui n’avait plus aucune réserve à lui opposer, a regardé avec anxiété la ligne bleue avancer vers le sud. Des différentes unités sudistes engagées dans ce secteur, seul le 27ème Caroline du Nord du colonel Cooke – fils du général Philip Cooke resté fidèle à l’Union et, par conséquent, beau-frère de J.E.B. Stuart – s’est retiré en combattant et en bon ordre, mais les Caroliniens n’ont pratiquement plus de munitions.


 

Longstreet manque également de canons, car ses artilleurs sont eux aussi à court de projectiles et souffrent beaucoup des tirs de contre-batterie adverses. Alors que le général sudiste et son état-major observent les combats depuis les collines situées immédiatement au nord de Sharpsburg, Longstreet avise la batterie du capitaine Carter, dont les caissons sont encore bien remplis, et lui ordonne de tirer aussi vite que possible sur la brigade Irwin.

Bataille pour un chemin, querelles d’historiens

Malheureusement, Carter manque d’hommes pour servir toutes ses pièces, tant et si bien que Longstreet doit lui envoyer ses aides de camp pour l’aider dans cette tâche pendant que lui-même tient leurs chevaux par la bride. Connaissant la propension de Longstreet à se mettre en avant, l’anecdote, qu’il rapporte dans ses mémoires, aurait pu être apocryphe, mais elle est corroborée par d’autres récits, de surcroît contemporains des événements. Cela ne l’empêchera pas d’attribuer à cette action – et à celle du 27ème Caroline du Nord, dont les dernières salves font vaciller momentanément les Nordistes – tout le mérite d’avoir stoppé la progression d’Irwin, ce qui n’est au mieux, comme on l’a vu, qu’une vision partielle – et, dans ce cas précis, partiale – de la réalité. C’est, du reste, une constante dans les rapports d’officiers, ces derniers justifiant plus volontiers le repli de leur unité par le manque de munitions ou l’absence de soutien que par l’action directe de l’ennemi. Dans un camp comme dans l’autre, ce genre d’euphémisme est, dira-t-on sans mauvais jeu de mots, de bonne guerre.

2pryorToujours est-il que l’arrêt de la brigade Irwin marque pour de bon la fin des combats d’envergure autour de l’église Dunker, l’affrontement s’y poursuivant seulement sous la forme d’un bombardement d’artillerie dont les hommes de Hood, installés en lisière du bois Ouest, souffriront beaucoup durant le reste de la journée. Pourtant, un changement décisif se produit, au même moment, un peu plus à l’est. Longstreet ne profite pas longtemps de son soulagement : la position confédérée sur Bloody Lane est en train de s’effondrer, mettant en péril le centre de l’armée confédérée toute entière. Encore aujourd’hui, deux versions circulent sur la cause de cet effondrement, leur prévalence dépendant des informations accessibles aux auteurs qui les diffusent et de leurs orientations et parti-pris éventuels. La version nordiste affirme que c’est la brigade Caldwell qui a proprement enfoncé la droite de la position adverse. Quant à la version sudiste, elle soutient que Bloody Lane était solidement tenue par les troupes confédérées, et qu’elle n’a été prise par les Fédéraux que parce que les soldats sudistes s’en sont retirés par erreur, à la suite d’un ordre mal compris, mal interprété et mal exécuté.

Cette dernière vision des événements est basée principalement sur le rapport de D.H. Hill, lui-même reposant en substance sur celui de Robert Rodes. Alors que la division J.G. Walker est engagée autour de la ferme Roulette, Rodes est atteint par des éclats d’obus. Craignant d’être sérieusement touché, il se retire pour se faire soigner, mais l’examen de ses blessures révèle qu’elles sont en réalité superficielles. Dans l’intervalle, le lieutenant-colonel James Lightfoot, qui a succédé à John B. Gordon à la tête du 6ème Alabama, est confronté de nouveau à un tir d’enfilade meurtrier qui vient de sa droite. En l’absence de son supérieur direct, ce jeune officier d’à peine 23 ans sollicite de D.H. Hill l’autorisation de faire manœuvrer son régiment de manière ce qu’il fasse front dans la direction d’où proviennent les tirs, et l’obtient. Toutefois, l’ordre transmis aux soldats par les officiers a été compris par erreur « face about » – « demi-tour » – et le régiment commence à reculer au lieu de simplement se replacer. Interpellé par ce mouvement inattendu, un officier d’un régiment voisin demande alors à Lightfoot si l’ordre est valable pour toute la brigade, et ce dernier – peut-être occupé à donner des contrordres pour rectifier le placement de ses troupes – répond par l’affirmative, si bien que toute la brigade se met à décrocher. Lorsque Rodes revient auprès de ses hommes, le retrait s’est transformé en déroute et il n’y a plus rien qui puisse être fait pour ramener la brigade sur sa position initiale.

3attaque_caldwellBataille d'Antietam (17 septembre 1862), 11h45 - 12h15, face à Bloody Lane.

1. La division Hood, envoyée se positionner autour de l'église Dunker, prend la brigade Irwin en enfilade.

2. Servie par l'état-major de Longstreet, la batterie Carter concentre son feu sur Irwin.

3. Le 27ème Caroline du Nord contre-attaque avec ses dernières cartouches. Accablée et sans soutien, la brigade Irwin se met sur la défensive.

4. Pendant ce temps, la brigade Caldwell attaque Bloody Lane.

5. La brigade Wright, la plus exposée, craque la première.

6. Son repli entraîne celui d'une partie de la brigade G.B. Anderson, qui craint d'être débordée.

7. Ce recul permet à Barlow de positionner ses deux régiments de manière à prendre le reste de la ligne confédérée en enfilade.

8. Pour y faire face, le 6ème Alabama manoeuvre, mais l'ordre est mal compris et toute la brigade Rodes recule.

9. La deuxième ligne sudistes tente d'enrayer la retraite, mais elle est emportée à son tour dans la débâcle.

10. Des unités éparses de la division French appuient l'attaque de Caldwell.

11. La position confédérée sur Bloody Lane s'effondre, entraînant avec elles les réserves sudistes. Les éléments confédérés qui n'ont pas fui se rendent aux Nordistes.

4arwrightL’examen minutieux des rapports, y compris celui de Rodes, montre que les choses ne se sont pas tout à fait passées ainsi. Plus exactement, cette version des faits pèche par omission. En effet, Rodes écrit lui-même qu’au moment de la fausse manœuvre initiée par Lightfoot, les troupes placées sur sa droite – c’est-à-dire la brigade G.B. Anderson – étaient déjà en train de se replier. Ce fait paraît confirmé par le major William Sellers, du 30ème Caroline du Nord, qui rapporte que les forces sur sa droite se sont dérobées en premier. Or, le 30ème forme l’extrémité droite de la brigade G.B. Anderson, ce qui implique que les premiers à avoir craqué sont, selon toute vraisemblance, les hommes d’Ambrose Wright. C’est d’autant plus probable que la ligne qu’ils tiennent ne s’appuie pas complètement sur Bloody Lane, qui marque à cet endroit un tournant très prononcé vers le sud. Bien que placée derrière une clôture qui court dans le prolongement du chemin creux, la brigade Wright n’y bénéficie donc pas d’un couvert aussi bon que les deux unités placées sur sa gauche.

Dès lors, il devient possible de déterminer un enchaînement plausible aux événements. Sa droite moins protégée martelée par le feu nordiste, Wright est blessé et ses hommes commencent à reculer. Leur repli découvre la droite de G.B. Anderson ce qui affecte autant leur position que leur moral. En effet, le capitaine Andrew Griffith, du 14ème Caroline du Nord, rapporte avoir dû battre en retraite sur l’information que l’ennemi était passé dans le dos des Confédérés. La brigade G.B. Anderson commence alors à s’effondrer, de manière inégale car certains détachements – notamment sur la droite de la brigade – continuent à résister. La brigade Caldwell est prompte à exploiter cette situation, profitant des brèches ainsi ouvertes. Le colonel Francis Barlow, qui exerce le commandement combiné de deux régiments de l’État de New York – le 61ème et le 64ème – et dirige de ce fait l’aile droite de la brigade nordiste, fait manœuvrer ses hommes de sa propre initiative, de manière à prendre en enfilade la position ennemie. L’effet de son feu concentré est quasi immédiat, transformant Bloody Lane en piège mortel. Frappant latéralement, les balles qui manquent leur cible ricochent sur les talus du chemin creux et font mouche en deuxième intention, fracassant qui une jambe, qui une cheville, qui un pied sudistes. C’est sans doute en voulant faire face à cette tempête de plomb que Lightfoot a commis sa bévue.

5Francis_C._BarlowAutre champ de maïs, autre carnage

Des éléments des brigades Pryor et Posey sont lancés en avant pour colmater les brèches dans la ligne sudiste, mais ils ne tiennent pas plus de quelques minutes face aux Nordistes qui les fusillent à bout portant, et à la peur plus ou moins déraisonnable d’être tournés – rien n’indique en effet qu’à ce moment, les hommes de Caldwell soient déjà en train de poursuivre la brigade Wright en fuite. La panique et la confusion s’installent, le retrait inopiné de la brigade Rodes ne faisant qu’aggraver la situation. Les groupes de soldats sudistes qui tentent de résister se font massacrer, à tel point que Barlow finit par ordonner à ses deux régiments de cesser le feu pendant que son second, le lieutenant-colonel Nelson Miles – sans parenté avec le vaincu d’Harper’s Ferry – somme les Confédérés de se rendre. Ces derniers obtempèrent, laissant Barlow maître de Bloody Lane. Les Nordistes feront à cette occasion 400 prisonniers et s’empareront de deux drapeaux – maigres consolations symboliques aux lourdes pertes qu’ils subissent. Leur prestation d’Antietam vaudra à Barlow et à Miles de poursuivre tous les deux une brillante carrière d’officiers, mais pour eux, la journée n’est pas encore terminée.

De son côté, D.H. Hill a bien tenté de renverser la vapeur en jetant dans la bataille ses dernières réserves – les brigades de William Parham et Alfred Cumming – mais elles ont vite été noyées dans le flot des soldats déconfits qui refluent à travers les terres de la ferme Piper et sont incapables d’opposer une résistance sérieuse. Pour ne rien arranger, ses officiers tombent les uns après les autres. Cumming est blessé, de même que John Hately qui avait remplacé Roger Pryor à la tête de sa brigade, et Robert H. Jones qui avait pris la succession de Wright. Il est approximativement 12 heures 30 et l’évidence s’impose : le centre confédéré est en passe d’être complètement enfoncé. Le seul espoir de D.H. Hill réside dans la capacité de ses officiers et serre-files à rallier au moins une partie de leurs forces le long du chemin qui mène de la route à péage de Hagerstown à la ferme Piper, où un petit mur de pierres offre une bonne protection. Le général sudiste peut toutefois compter sur la brigade Sanders, qui s’accroche à sa position le long de la route de Hagerstown, et sur la batterie Miller, que le bataillon de la Washington Artillery vient de lui envoyer en soutien rapproché.

6combats_ferme_piperBataille d'Antietam (17 septembre 1862), 12h15 - 13h.

1. Les régiments de la division French qui accompagnent Caldwell s'arrêtent, laissant vulnérable la droite des Nordistes.

2. La brigade Sanders réussit à maintenir sa cohésion, tenant à distance les régiments de la brigade Brooke que commande le colonel Frank.

3. Alors que la résistance sudiste se ressaisit, le 7ème New York panique momentanément avant d'être rallié par Caldwell.

4. D.H. Hill tente d'exploiter la situation en flanquant les Nordistes avec les restes de la brigade Rodes.

5. Le colonel Barlow déjoue son attaque, l'obligeant à se retirer.

6. Richardson engage le reste de la brigade Brooke pour colmater la brèche que la manoeuvre de Barlow a ouverte dans la ligne nordiste.

7. Une tentative sudiste pour flanquer la gauche nordiste est prise de vitesse par le colonel Cross avec deux régiments.

8. D.H. Hill rassemble ses dernières forces dans une attaque frontale dans le verger Piper, mais Barlow fait face avec le soutien de Brooke.

9. Peut-être échaudé par les multiples contre-attaques ennemies, Richardson ordonne à ses forces de reculer sur une position plus sûre. Il est mortellement blessé peu après.

7Col_Edward_E_CrossAprès en avoir chassé les Sudistes, la brigade Caldwell a franchi Bloody Lane jonchée de cadavres et avance à présent dans le champ de maïs Piper. Deux des régiments de la division French, le 132ème Pennsylvanie (brigade Kimball) et le 108ème New York (brigade Morris), le soutiennent un moment sur sa droite, mais le reste des forces de French est à court de munitions et doit se replier sous la protection de la brigade Irwin et des trois régiments que Brooke a envoyés sur sa droite. L’intervention des réserves sudistes n’a pas été sans effet : le 7ème New York, qui tient le centre de la brigade Caldwell, a été mis en déroute et se replie, mais Caldwell arrive en personne et parvient à le rallier pour le ramener en avant. Face à la progression nordiste, D.H. Hill n’a pratiquement plus aucune carte à jouer mais, sans se démonter, il va… bluffer. Rodes ayant réussi à rassembler quelques traînards d’unités éparses, guère plus de 200 hommes, D.H. Hill les emmène personnellement dans une contre-attaque destinée à flanquer Caldwell par la droite. Il compte profiter du couvert que lui fournit la hauteur située dans la partie ouest du champ de maïs. Malheureusement pour lui, Barlow l’a repéré et, toujours de sa propre initiative, fait marcher ses régiments vers la droite. Leur manœuvre déjouée, les Confédérés doivent se replier après une fusillade prolongée.

L’action de Barlow ayant ouvert une brèche dans la ligne nordiste, Richardson, qui suit toujours de près la progression de sa division, s’empresse d’y envoyer ses dernières réserves, en l’occurrence les 57ème et 66ème New York, de la brigade Brooke. Alors que les Nordistes sont en passe de sortir du champ de maïs, leurs ennemis déclenchent une nouvelle contre-attaque destinée à les flanquer, cette fois par la gauche. Les forces sudistes, qui comprennent notamment des survivants des brigades G.B. Anderson et McRae, progressent au pas de course vers une élévation située au coin sud-est du champ de maïs Piper. Là encore, c’est l’initiative d’un officier nordiste qui va les prendre de court. Le colonel Edward Cross, qui commande le 5ème New Hampshire et tient la gauche de la brigade Caldwell, détecte le mouvement ennemi et réagit aussitôt. Entraînant avec eux le 81ème Pennsylvanie, Cross et ses hommes prennent les Confédérés de vitesse et atteignent le mamelon avant eux. Les Sudistes sont contraints de se replier, mais pas avant d’avoir vainement tenté par deux fois de prendre d’assaut la position tant convoitée. La brigade G.B. Anderson perd à cette occasion un nouveau commandant, Risden Bennett étant sonné par le souffle d’un obus nordiste.

8richardsonPercée sans lendemain

Les contre-attaques énergiques mais désespérées développées par D.H. Hill sur les flancs de Caldwell ne sont pourtant pas vaines. Elles permettent au général confédéré de gagner le temps nécessaire pour organiser un nouveau contre, cette fois en plein centre. La brigade de G.T. Anderson, que Longstreet est parvenu à lui envoyer, la mènera avec l’aide des hommes de Sanders et les restes de la brigade Pryor. Les Sudistes chargent à travers le verger Piper où s’est déployée la batterie Miller, dont les pièces de bronze vomissent des doubles charges de mitraille. Malgré la fatigue et le danger, les soldats en gris continuent à se battre avec férocité. Ils n’en sont pas moins soumis à un besoin physiologique impérieux, compte tenu de l’heure et des combats épuisants qu’ils livrent : manger. D.H. Hill s’en fera le témoin : « En chargeant les Yankees à travers un verger de pommiers, même face à la perspective immédiate de la mort devant eux, je remarquai des hommes dévorant avidement des pommes. »

Face à cette nouvelle menace, Barlow et ses hommes changent à nouveau d’orientation. Accablés de mitraille, ils s’abritent comme ils le peuvent derrière les arbres fruitiers. Barlow lui-même est atteint par un petit éclat au visage et une balle de mitraille au bas-ventre. Alors que Miles le remplace, ses hommes tiennent bon. Richardson, qui n’a reçu jusque-là aucun soutien rapproché d’artillerie et en réclame frénétiquement depuis un long moment, finit par en obtenir avec la batterie du capitaine William Graham. Cette dernière se met en place sur une position exposée, mais parvient à concentrer son feu, avec celui d’autres unités nordistes, sur la batterie confédérée. Celle-ci finit par être réduite au silence, le feu nordiste faisant même exploser un de ses caissons à munitions – un événement suffisamment spectaculaire pour être remarqué sur une bonne partie du champ de bataille, à tel point que sa destruction sera revendiquée par plusieurs batteries nordistes. Ainsi privée de soutien, l’attaque sudiste finit par être repoussée. Rien ne semble empêcher les Fédéraux de s’emparer des bâtiments de la ferme Piper, dont ils s’approchent déjà, et où s’accrochent les restes durement étrillés du centre confédéré.

9avance_pleasontonBataille d'Antietam (17 septembre 1862), 13h - 14h.

1. La division Richardson assume une nouvelle position près de Bloody Lane. L'Irish Brigade relève les hommes de Caldwell tandis que W.S. Hancock reprend la division en main.

2. Pour dissuader les Nordistes de lancer une nouvelle attaque, D.H. Hill, qui possède un avantage local en artillerie, maintient la pression à distance.

3. Pour contrebattre les batteries sudistes, McClellan ordonne à Pleasonton de faire traverser le pont médian à son artillerie à cheval, sous la protection de ses cavaliers.

4. Les batteries nordistes sont menacées par l'avancée des tirailleurs sudistes.

5. Pour contrer la menace, Porter envoie à Pleasonton des détachements de fantassins réguliers de la division Sykes, qui prennent l'avantage.

 

10Middle-BridgePourtant, les coups de bluff répétés de D.H. Hill finissent par payer, semble-t-il. L’agressivité des Sudistes inquiète Richardson, qui craint que l’ennemi ait encore des réserves à lui opposer alors que lui-même n’en a plus aucune. Pour ne rien arranger, c’est la batterie Graham qui est à présent accablée par l’artillerie sudiste. Pris sous le feu croisé de deux batteries de canons rayés confédérés placées à longue distance, Graham n’a à leur opposer que des pièces de bronze, dont la portée est insuffisante pour riposter. Bientôt, son feu faiblit. Richardson réclame derechef des renforts en artillerie à McClellan, et décide de faire reculer la brigade renforcée de Caldwell sur une ligne moins exposée, située juste en arrière de Bloody Lane. C’est en rejoignant Graham pour lui ordonner de mettre sa batterie à l’abri que Richardson est frappé par une bille de shrapnel. Au premier abord, la blessure n’est pas mortelle, mais le général nordiste, comme tant d’autres, sera victime d’une infection qui finira par entraîner une pneumonie. Transporté dans la maison où McClellan a établi son quartier général, il y mourra le 3 novembre.

La mise hors de combat de Richardson met fin à la lutte entamée moins de quatre heures plus tôt pour Bloody Lane. Alors qu’il semblait sur le point de s’effondrer sans rémission, le centre de l’armée confédérée est sauvé lorsque les Nordistes se mettent sur la défensive. McClellan songe à présent surtout à consolider ses modestes gains dans ce secteur du champ de bataille, tout en économisant ses forces dans l’optique d’une contre-attaque massive de Lee, qu’il croit imminente. Relevant le général Hancock du commandement de sa brigade, il lui confie le soin de reprendre en main la division Richardson. Il cherche également à lui expédier des batteries en renforts, mais la réserve d’artillerie n’en a plus une seule à sa disposition. Pour compenser ce manque, il ordonne à Pleasonton de faire traverser le pont médian à son artillerie à cheval, afin de soumettre le centre sudiste à un bombardement constant. La manœuvre s’effectue prudemment à partir de 13 heures, sous la protection de la cavalerie nordiste. Les Confédérés ne sont guère en mesure de s’y opposer, hormis par le biais des tirailleurs de la brigade de Nathan Evans. Les fusils de ces derniers ayant le dessus sur les carabines des cavaliers fédéraux, Pleasonton réclame, et obtient le soutien de la division Sykes, du Vème Corps, qui envoie à son secours plusieurs détachements d’infanterie régulière.

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