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Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (14/16)

1sturgisPendant que la division Sturgis luttait pour s’emparer du pont, celle de Rodman n’était pas restée inactive. Sa tâche, pourtant, n’avait pas été facilitée. Harcelée par les tireurs embusqués sur l’autre rive, elle avait aussi été ralentie par un terrain tout aussi escarpé et boisé que celui qui commandait l’accès au pont inférieur, mais dépourvu de chemins et de voies carrossables. Pire, le premier gué, situé dans un coude de la rivière, s’était avéré impropre au passage d’une division en raison de la hauteur des rives à cet endroit. Il avait fallu en chercher un autre, qui s’était finalement présenté plus de 500 mètres en aval, à la hauteur de la ferme Snavely.


 

Tout ceci avait pris beaucoup de temps, et il était presque 13 heures lorsque le 9ème New York, déployé en tirailleurs, avait commencé à le franchir sous le feu de l’artillerie et de l’infanterie ennemies. L’affaire, cependant, avait duré moins longtemps que celle du pont : aussitôt après que les Fédéraux avaient mis le pied sur l’autre rive, les Sudistes du 50ème Géorgie s’étaient repliés. Malgré les tirs des canons sudistes, la division Rodman avait pu traverser la rivière à peu près au moment où les hommes de Sturgis franchissaient en force le pont inférieur.

Pause inattendue

Les officiers confédérés concernés, à commencer par Toombs et Benning, ont donné leur propre version de ces deux événements : pour eux, c’est l’épuisement de leurs munitions, et l’irruption de Rodman sur leur droite, qui les a obligés à abandonner le pont, et non l’assaut de la brigade Ferrero. Quoi qu’il en soit, les deux régiments de Benning reculent en bon ordre tandis que le 50ème Géorgie rejoint la brigade Drayton. Toombs fait alors sa jonction avec Benning sur une position située dans un vaste champ de maïs, toujours avancée par rapport à la ligne principale qu’occupe la division D.R. Jones. Pendant ce temps, Sturgis et Rodman se rejoignent sur les collines qui surplombent l’Antietam. Ils y sont immédiatement soumis à un feu violent de l’artillerie sudiste, notamment de batteries du bataillon Washington, positionnées juste à la sortie de Sharpsburg. Sturgis : « Trop faibles pour avancer, nous pouvions seulement nous mettre à couvert et attendre des renforts, et ici nos troupes montrèrent leur héroïsme peut-être plus encore qu’auparavant, car l’ennemi ouvrit le feu à mitraille, obus et boulets, et les vecteurs de la destruction tombèrent comme la grêle au milieu d’elles, tuant et blessant en grand nombre et nous couvrant de poussière, et pourtant pas un homme ne quitta sa place si ce n’est pour évacuer un camarade blessé. »

2chariotsBSi le propos du général nordiste confirme son goût pour les phrases longues, il souligne également l’impossibilité pour sa division d’exploiter sa propre percée, face à des troupes sudistes dont il ignore la force réelle. Burnside est du même avis. Il décide de suspendre les opérations offensives en attendant d’avoir fait passer l’intégralité du IXème Corps sur l’autre rive. Cela inclut aussi les chariots de munitions, car les combats pour le pont ont bien vidé les cartouchières, et quatre ou cinq batteries d’artillerie. Le tout devant transiter uniquement par le pont, on ne tarde pas à assister à un interminable embouteillage. Il faudra deux heures pleines pour que le corps d’armée nordiste achève de se redéployer et soit prêt à attaquer de nouveau. Ce délai supplémentaire – après les quatre heures qui s’étaient écoulées entre l’ordre d’attaque de McClellan et la prise du pont – provoquera là aussi, a posteriori, de vives controverses. Burnside sera sévèrement critiqué – à commencer par McClellan, dont on a vu où se situait l’intérêt – pour ces deux heures perdues.

Si l’idée d’attendre la traversée de l’intégralité du IXème Corps pour frapper l’ennemi en force était louable, le délai nécessaire pour y parvenir allait s’avérer capital en regard de l’issue de la bataille. Certes, la division Sturgis était trop éprouvée pour continuer à avancer immédiatement, et elle avait tiré la plupart de ses cartouches. Mais la division Rodman n’avait été que légèrement engagée, et celle de Willcox était entièrement fraîche. Moyennant une attente plus courte, ces deux unités auraient pu poursuivre l’attaque, avec des chances raisonnables de repousser la division D.R. Jones, très étirée, et de prendre à revers le reste de l’armée confédérée sans rencontrer d’autre opposition. Une victoire décisive pour l’Union aurait alors pu être remportée… Mais les choses ne se sont pas passées ainsi, et de toute manière, ce ne sont pas les spéculations a posteriori qui font l’histoire. D’autant que le résultat de la bataille d’Antietam sera malgré tout décisif à bien des égards.

3slocumAinsi, en l’absence de combats majeurs impliquant de l’infanterie, une accalmie s’installe sur le champ de bataille d’Antietam entre 13 heures et 15 heures. Accalmie toute relative, car les artilleurs des deux camps continuent à s’affronter sans relâche, visant les canons adverses… ou toute autre cible lorsque l’opportunité s’en présente. D.H. Hill manque ainsi de peu d’en faire les frais, sous le regard à demi amusé de James Longstreet, qui rapportera l’anecdote. Alors qu’il s’expose au sommet d’une colline pour mieux embrasser du regard la position que tiennent les restes de sa division, il est ajusté à longue distance par une pièce d’artillerie fédérale. Le boulet sectionne les deux jambes antérieures de son cheval, laissant le général sudiste dans une position inconfortable, mais sans autre conséquence pour lui que la perte de sa troisième monture depuis l’aube. Le champ de bataille demeure des plus dangereux pour tous : la division Richardson est accablée presque continuellement par l’artillerie sudiste, et les hommes de la brigade Irwin sont abattus par des tireurs d’élite confédérés ; de leur côté, les batteries nordistes déployées autour du bois Est et de la ferme Mumma s’en donnent à cœur joie contre les lignes ennemies qui leur font face.

Ce bombardement est d’ailleurs si meurtrier que les hommes de la division J.G. Walker, les plus exposés, reçoivent à deux reprises l’ordre de se tenir prêts à les charger, avant d’être rappelés à la dernière minute. Dans le camp nordiste aussi, on hésite à relancer l’offensive dans ce secteur. En début d’après-midi, la seconde division du VIème Corps, celle d’Henry Slocum, franchit l’Antietam à son tour par le pont supérieur. Franklin et Sumner s’opposent aussitôt sur l’usage qui doit être fait de ces troupes fraîches. Le commandant du IIème Corps souhaite envoyer immédiatement une de ses brigades vers sa droite, qu’il juge toujours excessivement faible. Franklin, pour sa part, veut envoyer la division Slocum à l’attaque contre l’église Dunker et le bois Ouest, utilisant les brigades de John Newton et Alfred Torbert en premier échelon et celle de Joseph Bartlett en réserve. Les deux généraux finissent par demander à McClellan de trancher la question. Le général en chef nordiste donne raison à Sumner : il ne souhaite pas gâcher les progrès déjà effectués depuis l’aube, et risquer de perdre le terrain conquis, en lançant inconsidérément à l’attaque de précieuses réserves. La division Slocum ne sera pas engagée.

4Battery_KnapLa marche sur Sharpsburg

À 15 heures, le IXème Corps est enfin prêt à reprendre sa marche victorieuse contre Sharpsburg. Laissant en réserve la division Sturgis, Burnside a fait monter en ligne celle d’Orlando Willcox, qui formera la droite du corps d’armée, la brigade Christ à droite de la route qui monte du pont inférieur vers la ville, et celle de Welsh à gauche. En arrière, la brigade Crook leur servira de soutien. Rodman constituera, comme précédemment, la gauche. Gardant Ewing en deuxième échelon, il avancera avec les brigades Fairchild à droite et Harland à gauche. Burnside pourra compter sur le soutien partiel, le long de la route à péage de Boonsboro, du Vème Corps. Porter, en effet, est en train de faire traverser l’Antietam à deux batteries supplémentaires par le pont médian, dans le but de relever celles de l’artillerie à cheval. Elles sont accompagnées par quatre nouveaux bataillons de l’infanterie régulière, détachés de la division Sykes. Ces unités, toutefois, n’ont pas vocation à participer directement à l’attaque.

Côté sudiste, on s’apprête à faire face à cette nouvelle action avec les moyens du bord. La brigade indépendante d’Evans, qui soutient les batteries affrontant l’artillerie nordiste autour du pont médian, est déployée entre la ferme Piper et la route de Boonsboro. La division D.R. Jones prolonge sa ligne, avec en premier lieu la brigade de Richard Garnett, également en soutien de batteries, qui se tient immédiatement à l’est de Sharpsburg. Viennent ensuite les hommes de Joseph Walker, qui se tiennent de part et d’autre de la route venant du pont inférieur ; celle-ci remonte le long d’un profond ravin, lui-même creusé par un ruisseau. Plus au sud, de l’autre côté d’un verger, les brigades de Thomas Drayton et James Kemper forment la position principale, au sommet d’une colline. Plus au sud encore, en avant et à droite de Kemper, s’est positionné Toombs, qui a été renforcé par un régiment isolé – le 11ème Géorgie, détaché de la brigade G.T. Anderson. C’est une ligne bien mince, mais qui n’est plus tout à fait seule. À 14 heures 30, au grand soulagement de Lee, on a annoncé au quartier général de l’armée de Virginie septentrionale que la division A.P. Hill venait de franchir le Potomac. Elle est aussitôt envoyée vers la droite.

5attaque_evansBataille d'Antietam (17 septembre 1862), 14h - 15h.

1. D.H. Hill renforce la brigade Evans, restée pratiquement seule pour défendre le centre sudiste, par la brigade G.T. Anderson.

2. S'y joignent des groupes de traînards ralliés et commandés par Colquitt et Iverson, le tout formant une division ad hoc aux ordres d'Evans.

3. Les tirailleurs nordistes - l'infanterie régulière de la division Sykes - menacent les batteries confédérées placées à l'est de Sharpsburg.

4. Evans les refoule avec trois régiments confiés au colonel Stevens.

5. Stevens prend une position défensive avancée près de la ferme Sherrick.

6. Lorsque Burnside lance le IXème Corps en avant à 15 heures, Stevens est rapidement flanqué par la brigade Christ.

7. Pendant que la légion Holcombe et le 17ème Caroline du Sud se replient vers le nord, le 1er Géorgie recule vers l'ouest et s'appuie sur le moulin Newcomer.

8. Dès que Stevens est attaqué, les brigades Garnett et Joseph Walker se portent à son secours pour contenir l'attaque nordiste.

 

6Newcomers-MarylandUne demi-heure plus tard, le lieutenant du corps des transmissions Joseph Gloskoski en repère, depuis sa station de la rive orientale de l’Antietam, les éléments de tête qui progressent sur la route de Harper’s Ferry. Il signale aussitôt cette information capitale à Burnside, lui indiquant que sa gauche risque d’être flanquée par les nouveaux arrivants. On ne saura pas si c’est faute de l’avoir reçue ou d’en avoir tenu compte, mais le général ne fera rien pour se couvrir – une erreur qui allait s’avérer lourde de conséquences. Alors qu’A.P. Hill approche, l’attaque de Burnside a été légèrement anticipée par un mouvement confédéré sur sa droite. La brigade Evans ayant déployé trois de ses cinq régiments en tirailleurs, elle est exagérément étirée et ne parvient plus à tenir suffisamment à distance les réguliers de Sykes, qui viennent menacer les artilleurs sudistes. Elle doit être renforcée. D.H. Hill lui envoie la brigade de G.T. Anderson et, malgré la répugnance qu’ils lui inspirent – « Le traînard est généralement un voleur et toujours un lâche, éperdu de honte ; il ne peut être maintenu dans les rangs que par une discipline stricte et sanguinaire », écrira-t-il d’eux – réussit à « ramasser » environ 250 isolés dans les rues de Sharpsburg, qu’il confie à Colquitt et au colonel Alfred Iverson Jr., le fils d’un sénateur de Géorgie.

Ces diverses unités forment une division ad hoc dont le commandement est confié à Evans. Les renforts envoyés par D.H. Hill lui permettent de faire avancer le reste de sa brigade, désormais dirigée par le colonel Peter Stevens, contre les tirailleurs nordistes. Les deux régiments de Caroline du Sud – le 17ème d’infanterie et la légion Holcombe – se voient adjoindre le 1er Géorgie, détaché de la brigade G.T. Anderson. Attaquant droit devant eux, les soldats sudistes réussissent à refouler leurs adversaires, franchissent la route de Boonsboro, et les poursuivent au-delà d’un champ de maïs situé à l’est de Sharpsburg, qui s’étire entre ladite route et celle qui mène au pont inférieur. Ce champ est flanqué d’un petit verger à sa lisière sud. Les soldats de Stevens finissent par s’arrêter en faisant face au pont médian. Quelques minutes plus tard, ils sont attaqués sur leur droite par la brigade Christ, et rejetés sur leur position de départ, Stevens récoltant une blessure au passage. Garnett et Joseph Walker avancent aussitôt pour s’interposer. Burnside a entamé sa marche vers Sharpsburg.

7pendletonLa droite sudiste en danger

Malgré le feu de contre-batterie des Fédéraux, l’artillerie sudiste fait tout son possible pour entraver la progression du IXème Corps. À court de munitions, le bataillon Washington a été relevé par celui de Stephen D. Lee. De son côté, Robert E. Lee a ordonné au général Pendleton de rassembler autant de canons à longue portée que possible, pour les déployer le long de la route de Harper’s Ferry. La brigade Fairchild est la plus exposée aux projectiles sudistes, avec plusieurs centaines de mètres de terrain découvert à franchir avant d’atteindre la position tenue par Kemper et Drayton. Progressant par bonds, au pas de course, elle marque une pause dans une première dépression, puis une seconde. Elle n’est reste pas moins exposée aux obus ennemis. Allongé comme ses camarades du 9ème New York, David L. Thompson regarde un de ses officiers placé derrière lui quand un shrapnel explose non loin de là : « Pendant que je le regardai, je vis passer entre lui et moi un manteau, plié et sanglé, volant et roulant jusque dans les fourrés. Un des obus à mitraille ennemis avait ouvert un sillon dans le crâne d’un jeune camarade et arraché son manteau de ses épaules. » Sous le feu, les minutes paraissent des heures. Thompson poursuit : « Un moment plus tard, j’entendis un homme maudire un camarade qui pesait un peu trop sur lui. Il maudissait un homme mort. »

La progression reprend bientôt. On doit à David L. Thompson un des témoignages les plus significatifs sur l’expérience du combat durant la guerre de Sécession : « Nous entendîmes durant toute la guerre que l’armée "brûlait du désir" de marcher à l’ennemi. Ce devait être vrai, car des correspondants de guerre fiables l’ont dit, et des rédacteurs en chef l’ont confirmé. Mais quand vous cherchiez qui souffrait de cette singulière démangeaison, c’était toujours ceux du régiment d’à côté qui l’avaient. La vérité, c’est que lorsque les balles s’enfoncent dans les troncs d’arbres et que les boulets brisent les crânes comme des coquilles d’œuf, le désir qui brûle dans le cœur de tout homme est de se trouver ailleurs. Entre la peur physique d’avancer et la peur morale de reculer, on se trouve exposé à un dilemme exceptionnellement embarrassant, auquel un trou dissimulé dans le sol fournirait une solution merveilleusement opportune. » Les combats livrés au sud de Sharpsburg ne seront pas moins acharnés que ceux ayant fait rage un peu plus tôt dans le champ de maïs Miller, près de l’église Dunker ou autour de Bloody Lane. Des affrontements d’une violence rare, faisant appel à des mécanismes primaires dépassant de loin les ressorts idéologiques traditionnels. Ici, plus de défense de sa patrie, de ses droits, ou même simplement de sa famille. Mus par la peur de passer pour des lâches, de faire défauts à leurs camarades, David L. Thompson et ses compagnons avancent.

Mus par les mêmes craintes, Alexander Hunter et les autres soldats de la brigade Kemper tiennent leur position. Eux aussi subissent le terrible feu de l’artillerie nordiste. « Durant le bombardement un obus explosa pas plus de dix pieds au-dessus de l’endroit où se tenait [le] 17ème, à plat ventre, et réduisit littéralement le pauvre Appich, de la compagnie E, en morceaux, le mutilant affreusement, et éclaboussant de sang tous ceux que se trouvaient autour. Le corps eut un sursaut, puis resta immobile. Un autre obus tomba en hurlant là où nous étions et explosa, et deux hommes de plus furent évacués ; mais à aucun moment la ligne ne bougea ou n’émit le moindre son. » L’épreuve dure un quart d’heure, puis un silence irréel s’installe. Alors que la brigade Fairchild approche, il s’installe une tension palpable dont Alexander Hunter rendra compte : « Les visages des hommes sont pâles, leurs traits figés, leurs cœurs palpitants, leurs muscles raides comme l’acier. Les officiers crient sur un ton de basse "Debout, les gars ! Debout ! Ils arrivent, tenez-vous prêts !" Le cliquetis des chiens de fusils qu’on arme court le long de la ligne, un bruit empreint de solennité – car lorsque vous l’entendez, vous savez que l’instant suprême est arrivé. »

8attaque_finaleBataille d'Antietam (17 septembre 1862), 15h - 15h30.

1. Les observateurs nordistes repèrent les premiers éléments de la division A.P. Hill en train d'arriver de Harper's Ferry, mais Burnside néglige de couvrir sa gauche en conséquence.

2. Christ et les deux régiments réguliers de Buchanan affrontent les brigades Joseph Walker et Garnett, mais la progression lente de Welsh sur leur gauche les dissuade d'attaquer plus franchement.

3. Relativement inexpérimentée, la brigade Harland se disloque rapidement et lance des attaques décousues que Toombs tient facilement à distance.

4. Cette situation créée une brèche entre Harland et Fairchild, poussant Rodman à la combler avec le 8ème Connecticut.

5. La brigade Fairchild prend d'assaut la position tenue par Drayton et Kemper.

6. Les deux brigades sudistes réussissent à former une nouvelle ligne de défense sur la route de Harper's Ferry.

7. Libérée de la menace que représentait Drayton sur sa gauche, la brigade Welsh peut flanquer la position tenue par les hommes de Joseph Walker, entraînant la retraite de tout le dispositif sudiste dans ce secteur.

8. La brigade Garnett se réfugie dans les rues de Sharpsburg.

9. En se retirant, Joseph Walker positionne sa brigade perpendiculairement à sa ligne précédente, de manière à prendre Welsh en enfilade pendant qu'il progresse vers Sharpsburg.

 

9ChristBenjaminLes Sudistes retiennent leur feu jusqu’à ce que leurs ennemis débouchent sur un replat, à une cinquantaine de mètres de la position confédérée. Non loin de là, David L. Thompson et le 9ème New York reçoivent leur salve : « En un instant l’air était empli du sifflement des balles et du bourdonnement de la mitraille. La tension mentale était telle que je vis alors l’effet singulier mentionné, je crois, dans la vie de Goethe en une occasion similaire – le paysage entier, l’espace d’un instant, se teinta légèrement de rouge. » S’ensuit une meurtrière fusillade dans laquelle les Confédérés ont le dessous. Privés de leurs soutiens rapprochés d’artillerie, qui se sont repliés quelques minutes plus tôt devant l’avancée de Fairchild, les hommes de Kemper tombent comme des mouches. Le colonel du 17ème Virginie, Montgomery Corse, est blessé au pied. Des 48 hommes du régiment, 13 échapperont à la capture, la blessure ou la mort. C’en est trop pour les Virginiens, qui craquent et se replient, les Fédéraux finissant par charger la position. Hunter et deux de ses camarades jettent leurs fusils et se rendent, et le jeune soldat sudiste assistera à la fin de la bataille en prisonnier. La retraite de Kemper entraîne celle de la brigade Drayton. Leur reflux est marqué par la confusion mais le 15ème Caroline du Sud, qui se replie en bon ordre, permet aux deux brigades de se reformer plus à l’ouest, le long de la route de Harper’s Ferry.

Face à la division Willcox, la situation des Confédérés n’est guère meilleure. Lorsque les régiments de Stevens ont craqué, seule une partie du 17ème Caroline du Sud est parvenue à garder sa cohésion. Reculant vers le sud-ouest, elle se retranche autour d’un moulin de pierre situé le long de la route menant au pont inférieur, à droite des hommes de Joseph Walker. Poursuivant sa progression, Christ attaque ces derniers et la brigade Garnett avec, sur sa droite, le soutien actif des 2ème et 10ème régiments d’infanterie régulière de la brigade Buchanan. Toutefois, les Nordistes s’arrêtent bientôt, car Christ ne voient pas arriver Welsh sur sa gauche. Craignant de se trouver en position trop avancée, il décide d’attendre, engageant l’infanterie ennemie dans une fusillade à longue distance. Toutefois, la situation se débloque bientôt. Le repli de Kemper et Drayton, ainsi que le mouvement préalable de Joseph Walker, ont ouvert une large brèche dans laquelle ne tarde pas à s’engouffrer, justement, la brigade Welsh. Voyant que leur droite est tournée, Joseph Walker, Garnett et le 17ème Caroline du Sud décrochent en direction de Sharpsburg. Il semblerait que l’aile droite de l’armée sudiste soit en train de s’effondrer.

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